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IH. ÉTUDES, — SC. NAT, IT

82 G. RIOQUEN-TANDON.

pour se continuer en dedans avec le canal de la poche copulatrice.

C’est dans le coude qu'il forme ainsi que viennent déboucher à côté l’un de l’autre le canal commun et les canaux excréteurs des glandes du talon, de l’albumine et du coude.

Ses parois sont peu épaisses et marquées à l’intérieur de plis longitudinaux, dont deux surtout sont ni An

Le premier (1) est très-large ; 1l s'insère dans toute l'étendue du canal sur la paroi droite et se continue dans le col de la poche copulatrice. El divise ainsi le vestibule en deux gouttières, l’une supérieure, l’autre inférieure, qui communique avec le canal commun et les canaux excréteurs des trois glandes annexes.

Le second repli (2) est beaucoup moins considérable; il est situé sur la paroi opposée, au niveau du coude; il se réunit à la lamelle qui recouvre au-dessus la terminaison du canal commun. Au delà du coude, il RotDRE disparaitre.

Glande du coude. — À l'appareil reproducteur se trouve annexée une troisième glande, dont il à déjà été parlé plusieurs fois sous le nom de glande du coude (3).

Elle est située à la partie antérieure de la masse génitale, entre la base de la glande Ge l’albumine et la paroi inférieure du vestibule, à laquelle elle est assez intimement unie. A droite et en avant, elle est apniffée contre les parois de la cavité du corps, avec lesquelles elle contracte des adhérences. Elle est en rapport à gauche avec la poche copulatrice et son canal, dans une portion de leur étendue.

Sa couleur est d’un jaune sale, ce qui permet généralement de la distinguer à première vue de la masse orangée sur laquelle elle repose.

Sa structure montre encore une fois, comme dans toutes-les glandes précédentes, la disposition en grappe. On y retrouve des lobes, des lobules et des acimi dont les tubes excréteurs se réunissent de proche en proch:: puur se déverser dans deux ou

(4) Voy. pl. E, fig. 4, c.

(2) Voy. pl E, fig. 4, d.

(3) Voy. pl. E, fig. 2, / ARTICIE N° G,

trois trones principaux. L’orifice terminal de ces conduits se voit dans le vestibule, au centre d’un enfoncement qui est situé au-dessous du repli longitudinal, à droite de l’endroit où débouche le confluent du canal commun et des canaux excréteurs des glandes du talon et de l’albumine (4).

Le contenu des acini se compose de grosses cellules polyédriques, à contours irréguliers, renfermant dans leur intérieur de nombreuses granulations de taille variable, qui entourent un ou deux gros noyaux sphériques ou ovalaires, jaunâtres, pourvus eux-mêmes d'un ou deux nucléoles plus clairs et plus brillants. On y voit aussi des amas de granulations libres, animées du mouvement moléculaire, au milieu desquelles nagent des noyaux libres et de grosseurs diverses (2).

Poche copulatrice. — La poche copulatrice (à) a la forme d'un matras, dont le col étroit se continue avec l'extrémité postérieure coudée du vestibule. Située à la partie antérieure de la masse génitale, elle est en rapport en dedans avec le bulbe et se trouve revêtue par la membrane qui limite la cavité dans laquelle est contenu cet organe. Sa face antérieure adhère, à l’aide d’un tisse connectif abondant, aux parois de la cavité du corps. En dessus, elle est croisée par l’intestin, et plus en arrière par le nerf branchio-palléal.

Elle est volumimeuse et parfaitement sphérique quand elle est libre. Ses parois de couleur grisâtre sont très-minces et se laissent difficilement isoler des organes voisins sans se déchirer.

Sa cavité contient une matière brunâtre plus ou moins foncée, quelquefois divisée en petites masses rondes, dans laquelle l'analyse microscopique fait reconnaître des granulations et des débris de spermatozoïdes, le plus souvent à peine reconnaissables.

Je n'y ai jamais rencontré de filaments spermatiques vivants.

Le canal de ia poche copulatrice (4) a environ 2 centimètres

(4) Voy. pl. E, fig. 4, 7.

(2) Voy. pl E, fig. 41.

(3) Voy. pl. E, fig. 4,d,et pl. G, fig, 2 et 3, a, (4) Voy. pl. E, fig. 1, e, cl fig:-3 et 4, à,

ou 2 centimètres et demi de long. Il est dirigé en haut et transversalement en arrière de la poche, et appliqué sur les glandes de l'albumine et du talon. Ses parois sont sillonnées en dedans de nombreux plis et très-épaisses, surtout la paroi postérieure, qui est obliquement traversée dans une partie de son étendue par un tube aboutissant à un second réservoir de la semence.

Le repli longitudinal, qui divise le vestibule en deux gouttiéres, et le repli qui naît sur la paroi opposée au niveau du coude, se continuent dans l'intérieur du canal, et vont, en se rétrécissant, se terminer sur les bords de l'orifice de la poche.

Enfin, on voit encore extrémité antérieure de la lamelle, qui complète en dessus le canal commun à sa terminaison, se recourber en dedans et se perdre sur là paroi inférieure au point où le canal de la poche copulatrice débouche daus le vestibule.

Poche séminale. — La poche copulatrice n’est pas le seul réservoir de la semence; il en exisle un autre moins considérable et d’une structure toute différente. Cette seconde poche (1) est située derrière le coude du vestibule et au-dessus de la glande de Falbumine sur laquelle elle est couchée. Elle masque, par conséquent, la cavité où aboutissent le canal commun et les canaux excréteurs des trois glandes annexes.

Elle a une forme allongée et paraît bosselée à l'extérieur. À sa base, elle se continue avec un pelit tube qui décrit une sinuosité à double courbure, enfouie dans du tissu connect, et qui se réunit à la paroi postérieure du canal de la poche copujatrice, avee laquelle il se confond. Si on le suit dans l'épaisseur de cette paroi, on voit qu'il la traverse très-obliquement et qu'il vient déboucher à sa face interne au-dessous du grand repli longitudinal (2).

Ce tube est étroit; il n’a guère plus d'un millimètre de diainelre.

La poche séminale à des parois peu épaisses; elle présente généralement une teinte jaunàtre. Sa cavité n’est pas unique ; u) Vos. pl E, fig. 1, f, et pl. G, fig. 2, b, et fig. 2, ce.

(2) Voy. pl E, fig. 3,6, ctfig. 4, 6.

RECILERCHES SUR L'OMBRELLE DE LA MÉDITERRANÉE. 85 en effet, les parois se réfléchissent à l'intérieur de distance en distance, de manière à former des demi-cloisons plus où moins Saillantes, qui limitent une série de grandes loges incomplètes et irrégulières communiquant toutes entre elles en dedans. Ce sont ces loges qui déterminent les bosselures qu’on voit à l'extérieur.

Son contenu est uniquement composé de sperme très-pur et trés-blanc, dont les spermatozoïdes sont toujours animés de mouvements très-vifs.

3° Organe copulateur.

L'organe copulateur est extérieur. I est situé en avant ou au-dessous des deux grands tentacules, au point de jonction du sillon horizontal et du sillon oblique. H possède une structure spongieuse ; aussi son aspect est-il assez variable suivant que l'animal accumule le sang dans telle ou telle partie de son tissu. C'est ainsi que tantôt il est très-allongé, tantôt il est raccourci et plus épais (4). Il a cependant d’une manière générale la forme d'un cône à base rétrécie, à sommet aigu dirigé en bas et en avant et légèrement déjeté à gauche; en arrière et en dessous, il se rattache largement aux tissus pédieux.

Son organisation est assez compliquée. Il se compose essenliellement d'une lame épaisse et contournée dont les faces sont appliquées l'une contre l'autre dans leur longueur, de maniere à former une fente peu profonde en avant, s'élargissant à mesure qu'on se rapproche de la base. Si l'on vient à écarter les deux bords dé la fente, on aperçoit un large cul-de-sac et en avant une gouttière longitudinale étroite, séparés l’un de l’autre par un repli oblique en arrière et à droite, qui est la continuation de la lèvre gauche de la gouttière et qui va se terminer prés de l'orifice du vestibule.

Ce dernier canal (2) s'ouvre dans Ja paroi droite de l'organe copulateur qui se dédouble en ce point : la partie externe va se confondre en dehors avec la paroi de l'organe ; la partie interne

(4) Comparez pl, A, fig. 3, et pl. E, fig, 14, (2) Voy. pl E, fig. 14, N.

se courbe légèrement en dedans et finit en avant de la cavité en cul-de-sac.

Sur le plancher du canal se trouve une bande ou repli fibreux (1), libre par un de ses bords, qui le divise en deux demicanaux, l’un inférieur, l’autre supérieur. Au niveau de l’orifice, ce repli se bifurque en une branche externe courte qui vient se réunir à un angle aigu au dédoublement externe de la paroi et en une branche qui s'infléchit en dedans, passe au devant du dédoublement interne de la paroi, au devant aussi de la cloison oblique qui sépare la gouttière du cul-de-sac, et va se terminer vers le fond de la gouttière, sur la lèvre gauche. L'espace triangulaire qui sépare les deux branches de la bifurcation de cette lame est couvert de plis longitudinaux et divergents (2).

De la disposition de ces divers replis il résulte que le demicanal supérieur va s'ouvrir à droite et en dehors, près de l’endroit où se termine le vestibule. Le demi-canal inférieur au contraire communique directement avec la gouttière antérieure et avec le cul-de-sac postérieur.

Les parois de la gouttière sont lisses, celles du eul-de-sac sont marquées de rides. Elles sont revêtues d’un épithélium ciliaire.

Telle est la description des organes qui compusent l'appareil reproducteur. Il reste maintenant à indiquer quel est le rôle physiologique que joue chacun de ces organes en particulier. Maïs s’il est facile de répondre à cette question pour quelques-uns d’entre eux, pour d’autres au contraire il n’en est malheureusement pas de même, et l’on est réduit à de simples hypothèses.

Il est certain tout d’abord que la séparation des deux éléments mâle et femelle doit s’opérer par le même mécanisme que dans les Gastéropodes androgynes, car la glande génitale de F'Ombrelle et les canaux vecteurs qui lui font suite sont construits sur le type général que nous offrent ces Mollusques. On y retrouve également un talon et un repli déférentiel divisant le canal commun en deux conduits, correspondant, l'un au canal déférent, le second à l’oviducte. De ce côté donc nulle difficulté.

(1) Voy. pl. E, fig. 44, 6, (2) Voy. pl. E, fig. 14, c.

+ ss “.

RECHERCHES SUR L'OMBRELLE DE LA MÉDITERRANÉE. 87 Quant à l’accouplement, il est très-probable, quoique je n’aie pu m'en assurer par l'observation directe, qu’il est double et que les deux individus, placés en face l’un de l’autre, introduisent chacun l'extrémité effilée de leur organe copulateur dans l’échancrure que présente l'organe copulateur opposé vers la base du bord droit, et qui correspond à l’orifice extérieur du vestibule. Mais on sait que ce dernier conduit est divisé en deux dans toute sa longueur par un large repli, et qu'il résulte des dispositions qu'affecte ce repli que le canal inférieur communique avec la gouttière de l'organe copulateur, tandis que le canal supérieur s'ouvre seul au dehors : c’est donc dans celui-ei qu’est versé pendant l'accouplement le sperme, qui se trouve ainsi conduit directement dans la poche copulairice, sans qu’il puisse pénétrer dans les nombreuses ouvertures qui débouchent dans le vestibule. La vésicule copulatrice sert de poche de dépôt au sperme déposé par chacun des deux individus dans les organes de l'autre. La seconde poche annexée à l'appareil reproducteur remplit-elle le même rôle? Je ne le pense pas. Et en effet on sait que le col de cette poche vient aboutir au-dessous du repli longitudinal ; on sait aussi que la communication entre le canal supérieur et le canal inférieur, séparés par ce repli, est à peu près impossible. D'un autre côté, je n’ai que rarement trouvé du sperme vivant dans la poche copulatrice; presque toujours ce liquide séminal avait perdu ses traits caractéristiques et était dans un état plus ou moins avancé de décomposition, ce qui tenait très-probablement au temps plus ou moins long écoulé entre le moment où j'examinais les animaux et celui où l’accouplement avait eu lieu; mais dans tous ces individus sans exception, la seconde poche renfermait un sperme parfaitement pur et blanc, et dont les spermatozoïdes étaient animés de mouvements trés-vifs. On s’expliquerait difficilement, si la semence eût été déposée simultanément dans les deux poches, que dans l’une elle fût dans un état parfait de conservation, tandis que dans l’autre elle fût déjà désorganisée et réduite à une masse brunâtre dans laquelle il est impossible de reconnaître un seul filament spermatique. Ne pourrait-on dès lors supposer que le

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second réservoir Joue le rôle d’une sorte de vésicule séminale, et qu'il sert à emmagasiner le sperme arrivé à maturité el à le conserver Jusqu'au moment où 1] pourra être expulsé au dehors ? A l'appareil reproducteur sont annexées trois glandes. L'une d'elles correspond à la glande de l'albumine; quant aux deux autres, leur détermination est fort incertaine. Je me bornerai à faire remarquer, sans en rien préjuger, que les éléments anatomiques de la glande qui est désignée dans ce chapitre sous le nom de glande du coude présentent certaines ressemblances avec les éléments que M. Baudelot a figurés comme venant de la prostate de l’Heliæ pomatia (1).

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