DES MALADIES DES PARTIES GÉNITALES
le nombre des exemples des fœtus trouvés dans la trompe de Follopia.
Quant aux observations d'un accouchement malheureux, le célèbre Kierling(i) en a rapporté deux, que vous réunirez, comme les antres, au Sepulchretuin. L'une est celle d'une accouchée, qui mourut d'une inflammation de l'utérus, le neuvième jour de raccouchemeiit. L'autre est celle d'une femme en couches, qui mourut avec ses deux enfans dont elle accoucha. Pour moi , il m'est arrivé de n'avoir qu'une seule observation qui se rapporte à ceci; et, quelle qu'elle soit, je vous la décrirai ici d'autant plus volontiers, que j'ai promis ailleurs (2) de le faire peut-être.
17. De jeunes étudians m'avaient apporté d'ailleurs un fœtus du sexe féminin, pour en faire la dissection dans l'hôpital , vers le milieu de mars de l'an i^Si. Celui qui le leur avait donné avait dit qu'il avait neuf mois, qu'il avait vécu deux heures, et que sa mort avait été assez promptement suivie de celle de la mère; qu'il ignorait de quel genre de maladie celle-ci était morte, mais qu'il était certain que ces accidens avaient eu lieu deux jours auparavant. Ces dernières circonstances pouvaient être vraies , mais je doutai beaucoup que les premières le fussent aussi; car la grandeur de tout le corps du fœtus semblait
(1) Dissert, de utero post partum inflaram. , %^k et 16.
(2) Epist. 39 , n. 28.
annoncer qu'il était beaucoup plus jeune, et le cordon ombilical qui n'avait point été lié paraissait démontrer qu'il n'avait pas vécu, ce qui semble en outre confirmer ce que je trouvai en le disséquant.
Examen du cadavre. En effet, à l'ouverture de la poitrine, je trouvai les poumons d'un rouge très-brun, et je vis des portions de ces viscères, posées sur l'eau, s'enfoncer aussitôt. Quand l'abdomen eut été ouvert, un grand épanchement de sang s^ présenta dans la cavité du ventre. Ce sang ayantété enlevé, on ne voyait aucun intestin, à l'exception du rectum et d'une certaine portion du colon qui se continuait avec lui; mais on ne voyait nulle part ni le mésentère , ni la plus grande partie du mésocolon. Ayant alors remarqué que toute la face convexe du foie était adhérente au diaphragme et aux muscles voisins de l'abdomen, tandis que l'autre face, c'est-àdire la face concave, était assez inégale, je fus persuadé de ce qui était, c'est-a-dire que je trouvai rassemblé au - dessous de cette face tout ce qui semblait manquer des intestins et du mésentère, et qui était couvert d'une membrane un peu épaisse, tenace, que des espèces de petits grains de sable rendaient rude au toucher, et qui était attachée à cette face du foie. La même face, qui était corrodée ou déchirée dans une assez grande étendue, fit voir d'où une si grande quantité de sang s'était écoulée dans le ventre. Néanmoins le
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sang s'écoula en grande quantité de la veine-cave, quand on la coupa bientôt après à la région du diaphragme; ce sang était noir, ainsi que celui qui était épanché dans le ventre, et que celui qui se trouvait dans les vaisseaux de tout le corps. Je passe sous silence les autres objets qui ne sont point de ce sujet, puisque je démontrai qu'ils étaient dans Tétat naturel sur ce fœtus. Je rappellerai seulement que, comme il y avait du méconium dans quelques intestins supérieurs, il n'y en avait point dans le rectum; ce qui, joint à la petitesse des viscères, qui répondaient au reste du corps, confirmait que le fœtus n'avait pas neuf mois, surtout quand on considérait en outre l'extrême mollesse des parties, principalement du cerveau. En effet, quand j'eus ouvert le crâne, je vis la substance du cerveau et du cervelet, qui était presque diffluente comme de la gélatine. Du reste, on n'observa aucu:ne fétidité sur tout le corps, ni aucun indice de putridité; mais toutes les membranes résistaient outre mesure au scalpel, et aux oogies, quand par hasard on voulait les déchirer.
i8. Celui qui saurait d'une manière certaine ce qui avait précédé ou accompagné l'accouchement, ou qui aurait examiné le placenta , pourrait peut-être conjecturer la cause des objets que je vis sur ce fœtus, non pas de tous, mais de quelques-uns, et surtout de Fépanchement de sang. Vous vous souvenez que je vous ai parlé
ailleurs (i) de cet épanchement de sang sur le fœtus par suite d'une déchirure du foie; mais il faut passer actuellement à un genre de maladies bien différentes. Adieu.
(/i) Epist. 4^* »• '9 et seq.
Dî:S FIEVRES KT DES TUMEURS.