DES FIÈVRES ET DES TUMEURS. 1 QQ
la surface de la langue, et les autres sur presque toutes les parties du corps.
10. Dans le nombre des langues que j'ai disséquées cette année lySp au gymnase, au mois de février, il y en avait une qui était gonflée, et sa ligne, qu'on appelle médiane , formait d'abord dans un trajet d'un travers de doigt, à partir du bout, un sillon assez marqué et qui ne s'effaçait point quand on tirait les bords de la langue d'un côté et d'autre, et ensuite on ne la voyait nulle part. Bien plus, la partie moyenne et les parties latérales de la surface de cet organe étaient également occupées par des tubercules qui étaient disposés sans absolument aucun ordre, peu élevés, mais ayant l'épaisseur d'une ligne et demie de Bologne, d'une surface inégale et d'une couleur blanche , comme le reste de la langue. Ils s'arrêtaient près de l'endroit où auraient dû se trouver les dernières grosses papilles, dont la place était occupée par des tubercules très-petits , mais très-nombreux. Après ceux-ci venait toute cette partie sur laquelle s'élèvent d'ordinaire des glandes; mais elle n'en présentait aucun vestige; elle était entièrement plane et lisse.
11. On ne put pas savoir ce qui avait précédé, ni quelle était la cause de cet état de la langue, et quelle incommodité il produisait. On voit au contraire après quels accidens commença, et quels accidens produisit , non pas la destruction des glandes, mais leur augmentation de volume, et le
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développement très-prompt d'espèces de nouvelles glandes sur une grande partie du corps en dedans et en dehors; on voit cela, dis-je, d'après une histoire qui ne doit point être passée sous silence ici, qui me fut communiquée l'an 1762 par Laur. Mariani cité ailleurs, et par son gendre Jos. Boni , digne de lui, et qui me fit d'autant plus de plaisir, que j'avais pu voir les années précédentes une maladie peu différente, mais non avec la dissection du cadavre, comme je vous l'ai fait savoir en écrivant (i) sur les tumeurs.
12. Un jeune homme noble, âgé de quinze ans, bien portant depuis son enfance, et d'un teint animé, ayant reçu de dures réprimandes, et en ayant conçu une crainte d'autant plus grande, qu'il était naturellement rêveur, passa trois jours dans une sorte de stupidité, et trois mois après il commença à s'apercevoir qu'il avait sur le cou de petites glandes, qui grossirent d'abord insensiblement; mais bientôt après la maladie fit des progrès avec une telle rapidité , qu'outre les glandes salivaires et axillaires, il se développa bientôt sur le dos , sur la poitrine, et principalement autour des clavicules, des corps qui avaient la grosseur d'un œuf de pigeon, et qui ressemblaient à des glandes ©crouelleuses , comme on en observa aussi peu de temps après sur les tégumens de l'abdomen, et même comme
(i) Epist. 60, n. 28 in fin.