‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 3)Chapitre 22 sur 44 · VI · texte numérisé non relu

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fût pas absolument mauvaise il ne restait des niameîles que Jes aréoles et les papilles, et 2". que rabdomen n'était sillonné {)ar aucunes rides, en sorte qu'il paraissait qu'il n'y avait jamais eu de grossesse, je remarquai en même temps une tumeur non pointue, mais d'une surface plane, qui soulevait légèrement l'hypogastre et la partie voisine de la région ombilicale.

Examen du cadavre. Le ventre ayant donc été ouvert, je vis que ce qui était cause de la tuméfaction de l'abdomen à cet endroit, était un corps du volume d'un très-gros poing, qui poussait en dehors et en haut les intestins placés sur lui. Ce corps situé au milieu du bassin, était arrondi, d'inie surface tubéreuse, mais plane et lisse en quelques endroits, de telle sorte qu'il pouvait sembler au premier abord que ce n'était autre chose que l'utérus tuméfié. Mais en effet c'était l'ovaire gauche qui était parvenu à cette masse par son développemcTit. Sa tunique dense présentait çà et là des inégalités formées par certains petits abcès, dont quelques-uns qui s'étaient ouverts d'eux-mêmes laissaiesit écoiiîer un pus blanc, tel que celui qui était contenu dans la plupart d'entre eux. On exprimait du corps même de l'ovaire \\x\ ichor ténu, peu abondaiit, sanguinolent et mêlé avec du pus. Mais lorsque j'eus entièrement ouvert cet organe, et que je l'eus suffisamment agité dans de l'eau, je vis très-clairement qu'outre quelques fibres et des vaisseaux, et une ou deux cellules de

]a grosseur tVun grain de raisin médiocre, qui embrassaient dans une tunique noire quelque chose cjui était parfaitement semblable à du sang concrète; je vis, dis-je, très-clairement que la partie restante qui était de beaucoup la plus considérable, puisqu'elle formait ce corps presque tout entier, n'était autre chose qu'un assemblage de vésicules rougeâtres serrées, de sorte qu'il y en avait un nombre incroyable à cause de leur petitesse, et que toutes étaient distendues par une sérosité sordide. Cependant la fétidité de l'odeur n'était pas très-grande; la trompe voisine n'était pas lésée, quoiqu'elle eût des liydatides à l'extérieur, ainsi que l'autre; et l'utérus lui-même, au côté duquel le corps décrit était attaché, n'en avait contracté aucune lésion , si ce n'est dans sa membrane extérieure. Car je le coupai, et je ne remarquai qu'une chose qui n'appartenait nullement à ceci, savoir qu'aux côtés de sa cavité la paroi antérieure était vmie à la pos'érieure au moyen de petites membranes intermédiaires. L'autre ovaire, qui était petit, et d'une surface inégale, ne présenta qu'une seule vésicule un peu grosse, qui était contiguë à cette surface, et qui contenait un peu d'humeur sous une tunique blanche et épaisse; du reste il était blanc et dur; cependant il s'écoula tant soit peu de pus blanc de quelqu'une de ses petites parties.

38. Il survient si souvent des lésions des ovaires chez les femmes, comparativement surtout aux

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femelles des autres animaux, et principalement des tumeurs hydropiques ou d'une autre nature, qu'il est facde de conjecturer que la plupart d'entre elles n'ont pas lieu sans l'influence des affections de l'âme. En effet on n'ignore pas ce dont ces affections sont capables en retardant ou en troublant le cours des humeurs. Cependant il s'y joint Pafflux du sang qui se fait chaque mois vers l'utérus et vers les parties adjacentes, et nous savons que cet afflux s'éloigne fort souvent et d'un grand nombre de manières de l'état naturel. Ajoutez-y la masse de ce viscère dans la grossesse, ainsi que son poids, par lequel les ovaires sont appliqués contre les os du bassin quand la femme est debout ou assise, et beaucoup plus encore quand elle fait de très-grands efforts dans un accouchement difficile, ou qu'elle en fait à contre-temps dans un accouchement qui aurait été facile, s'il n'eût été accéléré par trop de précipitation de la part des accoucheuses, qui sont pour la plupart des ignorantes. Il n'est donc pas étonnant pour ces motifs et pour d'autres, qu'il arrive fréquemment que les ovaires des femmes se vicient, se tuméfient, et grossissent au point qu^ils simulent assez souvent une ascite, comme dans l'observation suivante qui fut recueillie dans le même hôpital de Bologne par un homme Irès-savant et trèsexact^ Hér. Manfrédi , qui avait recueilli avec moi la première et tant d'autres.

DES TUMEURS INTEIINES DU VENTRE. 3o9

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