Une femme qui avait été jugée ascilique mourut
Examen du cadavre. Ce n'était pas de l'eau épanchée, mais bien une tumeur de Foyaire gauche, qui remplissait le ventre. Cette tumeur était du poids de vingt-quatre livres; elle était remplie dans sa p!us grande partie d'une humeur visqueuse et noire, qu'on pourrait comparer à Feau bourbeuse qui s'écoule lentement au milieu des rues d'une ville. I.e reste était occupé par des vessies d'une grosseur inégale, qui ne communiquaient point entre elles , et dont les unes étaient remplies d'une matière jaune et visqueuse, et les autres de lymphe, laquelle placée sur du feu ne se concréta point. Quoique cette tumeur ne fût attachée à aucune partie, excepté au côté gauche de la région supérieure de l'utérus, cependant elle était entièrement immobile de quelque côté qu'on tournât le corps, parce qu'ayant un prolongement inférieur composé d'un grand nombre d'hydatides et fixé entre Futérus et Fintestin, elle remplissait si exactement la partie déclive du bassin, que lorsqu'on l'arracha de force de cet endroit, on en-^ tendit un bruit comme lorsque les chirurgiens enlèvent leurs ventouses de dessus la peau.
40. En formant des conjectures soit sur les autres maladies cachées, soit spécialement sur celleci, il faut réunir plusieurs indices parce que quelqu'un d'entre eux peut manquer quelquefois par hasard, comme ici. En effet, au nombre de ces
3lO TRENTE-]Vr:UVlÈi\IE LETTRE.
indices Schorkopff a placé une certaine mobilité de la tusiieur dans une dissertation qu'il publia l'ati 168 j (i) à Bâ:e sur Vhydropisie de V ovaire de la femme, dissertation qui mérite phis que des éloges or linaires, surtout pour ce temps-là, par la raison même qu'elle contient des observations ('2) de cette maladie que l'auteur avait reçues du célèbre médecin et anatomiste WepFer; observations que Nuck (3) n'a point connues, ce qui m'étonne moins que l'omission qui en a été faite dans les supplémens de cette section du Sepulchretum ^ où l'ou rapporte (4) les paroles de Harder qui cite positivement cette dissertation et ces observations. Cependant il est possible que la mobilité de la tumeur eiit peut être existé sur la femme en question dans les premiers temps de la maladie, auxquels j'ai dit pour cette raison dans la Lettre précédente (5) qu'il fallait avoir égard dans les cas de celle espèce, comme il peut exister à la même époque dans Fbydropisie de la trompe une forme de tumeur demi-cir cul aire d'après la conjecture de Brechtfeld (6), qui a été adoptée par Schorkopff (7) pour n/»us apprendre à distinguer parce signe 1 by-
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(i)Thes. 21.
(2) Thés, (6, 17, 23.
(3) Adeiiogr. , c. 8.
(4) Schol. ad obs. 47 .
(6) Bartlioliii., Act. Hafn., v. i, p. 1, obs. loS.
(7) Tliea, 22. '
DES TUMEURS INTERNES DU VENTRE. 3l<
dropisie de l'ovaire de celle de la trompe; mais daiKs'Ie progrès de la maladie je ne doufe pas que la tumeur d'une hydropisie de la trompe n'approche d'une forme ovale ou sphérique, aussi bien que celle d'un anévrisme d'une artère, ce qui est confirmé par le dessin que Munnick a fait d'une trompe hjdropique, et qui se trouve réuni à l'observation c|ue j'ai citée dans la même Lettre, (j)
Du reste, en réfléchissant à plusieurs histoires d'une tumeur quelconque des ovaires des femmes, j'avais commencé à avoir l'idée qu'à ses autres signes on pouvait peut-être ajouter celui-ci, savoir qu'elle commence à la partie gauche de rhyp<^gastre. En effet, je remarquais que c^'était dans l'ovaire gauche, et non dans l'ovaire droit, que se trouvait la tumeur non-seulement dans les exemples de Manfrédi (2) ou de moi (3), mais encore dans ceux deRerckring(Zj), Wepfer (^), Harder (6), Nuck (7), Drelincourt (8), Reiselius (9), Gahrliep (10), Du* verney le jeune (ij) (celui-d avait fait cette ob-
(4) Spicileg. anat. , obs. 10. ^
(5) Apiid Schorkopff. , ih. 17.
(6) Ibid., th. i5.
(7) C. cit.
(8) Ihid.
(9^! Eph. N. C, dec. 2, a. 10, obs. 1^7,
(10) Earumd. dec 3, a. 2, obs. 61.
(1 1) Hist. de l'Acad. Roy. des Se., anm. 176^.
3l2 Tll£NTE-]JrEU VIÈME LETTRE.
servaîion sur deux femmes), Kod. Jac. Camérarius(i), Maggius et Dodius (2), Riedliii (3), Schacher (4), Alex. Camérarius (5), Gullmarin (6), Cutermann (7), Bassins (8), Yacher (9), Bénévoli (10) et Targioni (i i). Bien plus, dans un cas où il existait nue tumeur dans les deux ovaires, Hunerwolff(i 12) observa qu'elleétaitbeaucouj3plusgTosse dans celui du côté gauche; et je n'ai pas oublié moi-même que je vous ai écrit que j'avais vu (i3) des hydatides dans l'ovaire gauche seulement, ou que j'en avais vu de beaucoup plus grosses dans celui de ce côté («4).
V Comme je réfléchissais à un si grand accord entre tant d'observations, et que j'étais sur le point d'attribuer la cause de la différence à ce que le retour du sang de l'ovaire gauche dans la veine-cave
(1) Biga obs. med. , c. i.
(2) Apud Valiisner. , Istor. délia Generaz., p. 3, c. 5, et îab. 13.
(3) Eph. N. C. , cent. 7, obs. 56.
(4; Dissert, de Virg. ascitica.
(5) Act. N. C, tom. 1, obs. 160^ vers. fin.
(6) Eoriirad , t. 2, obs. 80.
(7) Eorumd , t. 3^ obs. io5.
(8) Dec. 4 , obs. anat. 8,
(9) Hisl. de l'Acad. Roy. des Se, a. 1739, obs. anat. 3. (10: Osservaz 9.
(1 1) Prima raccolta di osserv. med.
(12) Eph. N. C. , dec. 2, a. 9, obs. 99. (i3)Epist. j5, n. 8.
(14) Epist. 2J, n. 47'
DES TUMEURS INTERNES DTJ VENTRE. 3l3
était peut-être inoins facile, et s'opérait certainement par une voie plus longue, je me rappelai que j'avais lu néanmoins un assez grand nombre d'exemples de tumeurs qui appartenaient à l'ovaire droit. En effet, Vésale (i) observa que cet organe s'était développé en neuf ou dix grandes hydatides. Plus rard, Gasp. Bauhin (2) rapporta un exemple d'une hydropisie du même ovaire, qui était distendu par neuf livres environ de sérosité; et le même auteur (3) remarqua une autre fois avec Fabrice de Hilden (4) que l'ovaire droit pareillement était de la grosseur d'un œuf d'oie, et se trouvait rempli de poils oblongs, et d'une matière muqueuse. Blasius trouva aussi (5) de ces poils avec d'autres choses dans l'ovaire du même côté, qui avait acquis un volume extrêmement considérable. D'ailleurs comme d'autres auteurs encore, que je dois nommer plus bas (6), ont rencontré des poils dans les tumeurs des ovaires, il y en a bien, comme je le dirai alors, qui les observèrent dans l'ovaire gauche, mais un assez grand nombre les virent dans l'ovaire droif. Et pour ne pas vous retarder par de longs détails, vous lirez qu'une tumeur
du même ovaire a été observée par Christ. Har-
(i^^ De corp. liiim. fabr. , 1. 5, c. g. (:>) Theatr. anat. , i. 1, c. 35.
(3) Ibld.
(4) Cent. 5 , obs. 48.
(ô) Part. 1, obs. med. g.