jN^ous fûmes facilement d'accord, nous tous
DU lA SUPPRESSION DE L^URINE. ' 44^
qui étions présens, sur cette cause de la suppression qui a été indiquée tout à l'heure, soit parce que nous n'ignorions pas qu'elle a été aussi trouvée et reconnue d'autres fois par de grands hommes, comme je le dirai plus bas (i), soit parce qu'il était facile de comprendre que lorsque la tuméfaction et la dureté de la prostate commencèrent, le malade commença aussi à éprouver quelque première atteinte d'une rétention d'urine, et que l'urine ne put plus se frayer une voie par elle-même lorsque la tuméfaction fut enfin devenue si considérable, que le mouvement du sang dans cette glande et dans ses environs s'étant tout à coup ralenti, le méat qui la traverse ne put s'ouvrir suffisamment pour le passage de ce liquide que par l'introduction du corps solide d'un cathéter. Et ne dites pas que le sang recouvre la première vitesse de son mouvement par l'application de sangsues aux veines voisines (moyen que j'ai cité plus haut (2)), et qu'ainsi la tuméfaction avait dû diminuer. Car comme on n'avait pas commencé par tirer du sang des bras sur un corps plein comme celui-là, une quantité beaucoup plus considérable de ce liquide aborda facilement, par la diminution de la résistance, à un endroit d'où il aurait fallu l'écarter. J'omets de chercher si cet effet ne dut pas résulter aussi des bains qui furent alors
mis en usage, et s'il s'y joignit encore un stimulus provenant surtout des médicamens que l'on donnait pour lâcher le ventre. Je ne cherche pas non plus si l'urine commença à être évacuée plus tard qu'il ne l'aurait fallu, reprocheqne j'entendis faire publiquement, sans parler de toutes les autres choses qu'on blâmait et sur lesquelles je gardais alors le silence, comme j'ai coutume de le faire, attendu que le malade étant déjà mort ces blâmes étaient superflus.
Le mr)iif de ce premier reproche mérite d'être rapporté ici. 11 arriva par hasard à cette époque que quatre autres de mes compatriotes, outre celui dont il a été parlé, furent attaqués inopinément de la même maladie, et que ce que le célèbre Bassins (i) a vu ensuite à Magdebourg au printemps de l'année ij'do, comme une chose tout -à- fait inouïe, c'est-à-dire une A^éri table gonorrhée régner épidémiquement, comme il l'a confirmé par quatre observations qu'il a rapportées, je l'observai par un exemple peu commun au printemps de l'anyiée lyioàForli, ville qui n'est pas très^populeuse comme elle devrait l'être et comme elle le fut autrefois, relativement à une affection qu'on appelle ischurie vésicale, dont je^ pourrais décrire cinq observations qui furent recueillies en peu de jours, et qu'il serait peut-être possible d^expliquer en grande partie d'une manière peu différente de celle
(i) Dec. 4^ ob3. aiiat. chir. 5.