‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 3)Chapitre 34 sur 44 · DE LA. SUPPRESSION DE L*URI1VE · texte numérisé non relu

DE LA. SUPPRESSION DE L*URI1VE

s'élevât de Talbuginée, là où elle couvre le testicule, de petits corps que j'ai coutume de prendre pour des restes d'hydatides rompues. Mais la paroi antérieure de la vessie ayant été coispée en long, il se présenta à la partie de la paroi opposée, qui est très-près de l'orifice, et au milieu même de cette partie, une éminence arrondie de la grosseur d'un grain de raisin médiocre, et couverte par la tunique interne de la vessie. Persuadé de ce que c'était, je coupai cette éminence en même temps que la prostate contigué avec mon scalpel, et je fis voir qu'elle était de la même nature que cette glande, et qu'elle se continuait très-manifestement avec elle, et je ne doutai nullement que si elle eût: grossi davantage, elle n'eût dû être un grand obstacle à la sortie de l'urine.

19. Si vous examinez attentivement les exemples que j'ai cités (i) d'après le Sepulchretum , celui que j'ai rapporté plus haut (2) d'après Valsalva, et tous les miens, vous remarquerez qu'ils existèrent tous sur des vieillards, et que dans tous les miens où il y avait un commencement de caroncule, celle ci se formait au milieu même de la partie postérieure de la circonférence interne et supérieure de cette glande. Les observations qu'on recueillera par la suite feront voir si ce fut par hasard ou non qu'il en fut ainsi. En attendant vous

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pourrez ajouter à ceci robservatioii de ce vieux médecin, qui est Tune des histoires que j'ai indiquées (i) dans Vallisnieri, et dans laquelle on voit que la prostate était bien tuméfiée en entier, mais qu'elle se trouvait aîigmentée d'une sorte de lobe provenant de sa propre substance glanduleuse, qui avait la forme et la grosseur d'une noix, et qui montait dans l'intérieur de la vessie, non point par la partie antérieure, mais par celle à laquelle l'intestin rectum est adjacent. Au surplus ce prolongement arrondi de la même glande dont il a été parlé dans les Adversaria (2) , occupait également le milieu de la partie postérieure et supérieure, si ce n'est qu'il s'élevait du côté externe de la circonférence, et qu'il parut être encore dans l'état naturel.

Du reste les excroissances intérieures de cette glande, qui sont contre nature^ ne se trouvent pas toujours simples, mais elies sont aussi quelquefois doubles; tels étaient ces deux tubercules composés dune substance glanduleuse et blanche^ que Th. Brtrtlîohn trouva à Padoiie dans l'intérieur d'une vessie , qui étaient de la forme et de la gros^ seur des testicules^ qui se roulaient comme eux au* dessus du trou ^ qui cédaient à V introduction dune seringue y mais qui retombaient à leur première place aussitôt quon retirait celle -ci y comme on le voit

(i) Suprà, ad n. 17.

(2) IV, aniraad. i4»

DE LA SUPPRESSION DE l'uRIN"E. l[Gî'

dans cette vingt-quatrième section (i) du Sepuichretum.Terriineus(^2) n'aurait jamais pris ces deux tubercules pour la tuméfaction des glandes de Cowper, qu'il s'appropriait, si en lisant Bartholin il eût remarqué qu'ils avaient été trouvés dans la vessie. Mais il est vraisemblable qu'il ne le lut pas (et plût à Dieu que ce fût le seul auteur qu'il n'eût pas lu!), puisqu'en s'occupant de rassembler des observations de tous côtés et de les transcrire, il a écrit que celle-ci de Bartholin se trouve être la vingt-troisième histoire de la première Centurie, tandis que c'est la cinquante-deuxième histoire de la deuxième Centurie. Au reste, si ces tubercules provenaient de la glande prostate, comme leur nature, leur couleur, leur siège l'indiquent, et comme les deux dont je vous ai fait ailleurs (3) la description le démontrent proportionnellement, j'ai aussi un exemple récent de cette glande qui commençait à envoyer deux caroncules, dans l'intérieur de la vessie. Comme cet exemple appartient à la Lettre suivante (4) sous un autre rapport, je le renvoie à cette Lettre, qui sera d'autant plus longue, que celle-ci a été plus courte. Adieu.

(i)Obs. 12, § 9.

(2) De glandul. , c. 5.

(3) Epist. 39,11.33.

(4) Fid. n. 11. . :;;

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XLIP LETTRE AN ATOMICO -MÉDICALE.

De la Djsurie, de Verdeur, et des autres vices

de r Urine,

I. Je vais vous écrire une Lettre longue , parce qu'elle embrassera toutes les autres observations faites par YaJsalva ou par moi sur les vices relatifs à l'excrétion de l'urine. Voici ce qui lui appartient.

2. Un chevalier âgé de quarante-six ans, gras autrefois, maintenant maigre et d'un teint jaune et pâle, avait commencé à éprouver en outre des incommodités nombreuses et variées huit ans auparavant, à la suite de beaucoup d'excès de différens genres dans la nourriture, dans l'exercice, dans l'application de son esprit, dans les veilles et dans les plaisirs de Tamour. Avant lout ayanr communiqué avec une femme infectée de Ja maladie vénérienne il fut pris d'une gonorrhée, qui fut guérie par l'art, et remplacée par une autre beaucoup plus grave qui fut produite par la même cause. En effet, outre la douleur qu'il éprouvait en pissant, l'excrétion de l'urine qui se faisait contre sa volonté, son sédiment purulent, une douleur d'estomac, et des vomissemens qui lui faisaient rejeter quelquefois de la viande de veau qu'il avait mangée cinq jours auparavant , sans

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qu'elle fût chajigée en aucune manière, lui étaient extrêmement incommodes. Délivré de toutes ces incommodités avec des remèdes, il eut une communication semblable quelque temps après, et il fut pris d'une troisième gonorrhée, qui fut accompagnée de douleurs spasmodiques pendant l'excrétion de l'urine, et de veilles continuelles. A ces symptômes il s'était joint certaines tumeurs, comme des condylomes, dans la cavité de l'extrémité de l'intestin; et il s'écoula chaque jour de ces tumeurs pendant quelques semaines et même pendant des mois, environ cinq ou six onces de sang, de sorte que toutes les fois que le malade voulait se promener, il tombait en syncope. Cet écoulement de sang était accompagné d'une diarrhée dans laquelle le malade rendait tantôt des matières jaunes et tantôt des matières autrement colorées. Celle-ci dura jusqu'à la mort, tantôt en diminuant, tantôt en augmentant, ainsi que le sédiment purulent de l'urine, et l'évacuation de cette dernière, qui avait lieu souvent avec douleur, et presque toujoîirs contre la volonté du sujet; et si Furine restait stagnante un peu de temps dans la vessie à cause de la ténacité die la matière, elle causait une douleur extrêmement vive, surtout pendant qu'elle cherchait à sortir. Quoique tous ces symptômes eussent existé pendant plusieurs années , et cpie le pouls fût toujours vif, fréquent et plein, il manquait cependant d'autres signes pour confirmer qu'il y avait de la fièvre.

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Seulement quarante jonrs environ avant sa mort, le malade qui avait veillé au jeu, et qui était fâché d'y avoir perdu de l'argent, se coucha avec un vomissement, et de la fièvre qui se manifesta par un frisson et par une pesanteur de tête. Cependant le sédiment de l'urine augmenta, et les douleurs augmentèrent aussi pendant l'excrétion de celle-ci ; et ces douleurs devenant toujours de plus en plus violentes excitèrent le hoquet. Cependant ce dernier s'apaisa phisieurs jours après, pendant qu'il se fit une éruption de pustules autour des lèvres, et vraisemblablement aussi à la gorge, comme l'annonçaient une douleur pongilive qui existait à cette partie, la difficulté d'avaler, et des crachats visqueux et tenaces. De plus, un prurit de la peau des lombes qui avait été léger pendant environ deux ans, tourmenta le malade quelques semaines avant sa mort, tantôt plus souvent, tantôt plus violemment. Enfin , le hoquet revenan t et les forces s'affaiblissant de jour en jour, il mourut dans ua état de convulsions.

Examen du cadavre. La poitrine ayant été ouverte, parce que le sujet se couchant plus difficilement sur l'un des côtés les derniers jours, les poumons furent trouvés sains, à Texcepiion de quelques petites concrétions pierreuses, qui mé- ^ ritaient à peine d'être notées. Mais à l'ouverture du ventre, on remarqua que les reins étaient plus petits que dans l'éïat naturel, qu'ils avaient une forme extraordinaire, et qu'ils présentaient çà et

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là extérieurement plusieurs protubérances. Cellesci disséquées laissèrent voir une humeur sanieuse, qui avait une voie ouverte dans le bassinet. Mais dans la vessie urinaire, dans laquelle et aux environs de laquelle on croyait d'après le consentement unanime de plusieurs hommes savans que se trouvait le principe de la maladie, il ne se présenta nulle part rien de remarquable, si ce n'est une légère érosion vers les orifices des uretères.

3. Valsalva pensait, non sans raison, que cette dissection était très- propre à nous apprendre à être prudens quand il s'agit de caractériser des maladies relatives aux organes nrinaires, parce qu'il n'est pas très-rare que leur diagnostic, même quand on a cherché à l'établir avec le plus grand art, soit faux, comme il le fut dans ce cas, ainsi que dans un autre dont je me souviens qu'il me fit le récit de la manière suivante.

4. Il était évident pour tout le monde qu'un homme élait atteint d'un vice de l'urine et d'une lésion des organes urinaires. Mais tandis qu'il ne se plaignait point ou qu'à peine des reins, ou de leur région , il éprouvait au contraire de telles douleurs à la vessie, que cinq ou six médecins, qui n'étaierjt pas de la dernière classe, ne doutaient pas que le siège de la maladie ne fût dans ce dernier viscère.

Examen du cadavre. Après la mort, la dissection fit voir qu'il n'y avait aucune lésion dans la VI. 3o

vessie, tandis qu'il existait des calculs volumineux et rameux dans les reins.

5. J'ai vu moi- même ces calculs que Valsalva gardait chez lui. Mais ces deux histoires en rappellent à ma mémoire une troisième, que vous trouverez décrite d'après Harder dans la vingtcinquième section (i) du Sepulchretuni qui correspond au sujet que je traite ici II y est question d'un enfant de trois ans, qui manifestait par des gestes la plus grande douleur en urinant, mais qui n'indiqua jamais qu'elle eût son siège dans les reins, d'après ce que nous lisons. Je passe sous silence que sur cet enfant, comme sur ce chevalier (2) , il exista une diarrhée continuelle , qu'il se manifesta des pustules peu de temps avant la mort, et que celle-ci eut lieu aussi dans des convulsions ; car ces symptômes peuvent varier sur les différens sujets pour différentes causes. Ce que je remarque, c'est c\uil ne fut pas possible de rien observer contre nature dans la vessie y tandis qu'il y avait dans l'un des reins une grande quantité de petits graviers enfermés dans des caroncules papillaires, et surtout qu'il existait devant l'orifice de l'uretère un calcul oblong^ pointu^ ayant la dureté du caillou^ et étroitement enveloppé dans des membranes , c'està-dire, comme Harder l'explique lui-même dans la scholie, embarrassé dans les membranes extrê*

(i)Obs. 10.

(2) Suprà , n. 2.

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meinent ténues du rein, o^xil fut obligé de séparer avec une lancette.

Ainsi, soit que l'irritation plus sensible là où. elle se termine, se propage des reins à la vessie par la continuité des membranes des uretères, comme je l'ai dit ailleurs (i), soit plutôt que dans ces cas de petits graviers, ou bien des matières acres (comme cela est indiqué dans la pré^nière histoire par la légère érosion qui existait aux environs des orifices des uretères) descendent dans la vessie, ils irritent tellement ce viscère en s'y arrêtant, qu'il en résulte des douleurs extrêmement vives, surtout pendant qu'il se contracte pour évacuer l'urine. Assurément une matière très-acre qui tombait des reins corrodés dans la vessie sur un certain homme, affectait cet organe et les parties voisines, de telle sorte que comme la douleur n'existait pas toujours aux lombes de même que dans la vessie , et qu'elle donnait lieu à tous les signes de la présence d'un calcul dans ce viscère, le célèbre médecin Holtis>ger (>.) ne doutait nullement de l'existence d'un calcul dans ce même viscère. Cependant on n'en trouva pas le moindre vestige dans la vessie après la mort. Et pour que vous compreniez de plus en plus avec quelle facilité nous pouvons nous tromper dans îe diagnostic de la cause de la dysurie, jetez les

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(i) Epist. 40 j n. 5.

(2) Ejjh. N. C, dec. 3, a. 9 et 10^ obs. a33»

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yeux sur les histoires de deux dames, qui ont été décrites, Tune par Schroeeke (i) , et l'autre par Bonfigli (2). La première de ces dames était tourmentée par une dysurie avec ténesme, et par des douleurs au pubis, et son urine était comme laiteuse; la seconde éprouvait une dysurie depuis le jeune âge, et à son urine qui était comme celle-là par iÎLilervalles, il se joignit enfin plusieurs petits fnigmens foliés ^ qui n'étaient pas expulsés sans le sentiment d'un poids très-lourd, sans douleur ni sans ardeur. Cependant on ne trouva ni sur l'une ni sur l'autre aucune lésion dans la vessie; mais sur la seconde l'un des reins était vicié intérieurement, et était tombé de son siège par l'effet de Faugmentation de son volume; tandis que sur la première un grand squirrhe qui occupait presque tout le bassin , et qui était adhérent au fond de la vessie, comprimait teilement ce viscère, que l'acrimonie de l'urine retenue par^ cette cause donnait lieu à une douleur lancinante.

6. Valsalva chercha avec sollicitude une autre cause qui produit quelquefois une irritation de la vessie, mais il ne put jamais la confirmer par la dissection ; je veux parler des vers nichés dans cet qrgane. Je sais qu'on lui montra plus d'une fois de ces insectes qui avaient été rendus avec l'urine, à ce que croj^aient du moins les malades et les gens

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