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pital, et à peine appris-je des domestiques, en m'informant de tout, qu'on l'avait quelquefois entendu se plaindre de l'acrimonie de son urine. Comme je trouvai sur le cadavre la cause de cette acrimonie, qui était aussi manifeste que celle de la mort subite était obscure, j'ai pensé que je devais pour cette raison vous raconter plutôt ici qu'ailleurs tout ce que j'observai le sixième jour environ après la mort; car je ne pus pas faire la dissection plus tôt pour des motifs qu'il n'est pas nécessaire de faire connaître ici. Néanmoins le cadavre se conserva si bien par un temps froid (c'était déjà au milieu de décembre de l'année 1749)? que les intestins et le méseritère qu'on enleva un jour avant que je vinsse pour examiner le corps, non -seulement ne présentèrent aucune lésion, mais ne sentaient même pas très-mauvais. Au reste voici les autres objets que je remarquai en commençant par la tête.
Exaînen du cadavre. L'hémisphère gauche du cerveau qui présenta à l'extérieur un eîigorgement sanguin dans plusieurs troncs des vaisseaux qui rampent à travers la pie-mère, offrit aussi dans le ventricule soujacent une eau un peu trouble qui n'était point tiès-abondante, il est vrai, mais qui l'était beaucoup plus que dans le ventricule droit. Au reste les plexus choroïdes étaient pâles dans tous les deux. Et tandis (|ue la substance médullaire du cerveau était un pen dure, le cervelet était très-mou. Dans la poitrine, la face postérieure du
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poumon du côté gauche également, était forle- DQent adhérente à la plèvre; et sa base ainsi que celle du poumon droit présentaient au loin leurs vésicules distendues par de l'air. Du reste, ni la trachée-artère, ni le larynx, qui furent examinés aussi en dedans , n'offrirent aucune lésion , pas plus que l'aorte, et le cœur lui même, dans lequel il n'y avait rien de polypeux. Une eau trouble existait dans le péricarde en assez petite quantité ; mais les deux cavités de la poitrine et le ventre luimême en contenaient si peu, qu'elle n'excédait pas en totalité le poids de quelques onces. Enfin, dans le ventre, à l'exception de quelques-uns des organes génitaux, et surtout des organes urinaires, et de quelques artères, toutes les parties étaient presque dans les limites de l'état naturel; car le foie, et l'estomac à demi plein d'alimens et de boissons, parurent un peu plus gros qu'ils n'auraient dû l'être. D'un autre côté le tronc de l'aorte placé sur les vertèbres des lombes, présenta en quelques endroits des-commencemens blancs d'ossification , ainsi que ses branches; il y avait même un os véritable, comme je le trouvai surtout à l'endroit où Tiliaque droite se divisait en deux branches. Pour ce qui regarde les parties génitales, le testicule droit était trois fois plus gros que celui du côté gauche. Mais cette disposition était peut-être naturelle, car tous les deux furent trouvés sains à la dissection. Ce qui était morbide, c'était un petit corps qui était suspendu à
l'une et à l'antre tnniqne albnginée, et an même endroit de part et d'antre; il était peu volumineux, arrondi et.rougeâtre, tandis que cette tonique était blanchâtre; je le regardai comme les restes d'une hydatide qui avait existé antérieurement, quoiqu'il n'y eût point d'eau dans l'intérieur de la tunique vaginale. Enfin la structure intime de l'un et de l'autre rein parut confuse, et elle ne manquait pas de petites cellules pleines d'humeur, dont une (car toutes les autres étant un peu plus intérieures se trouvaient cachées) se montrait en partie à la surface. Les deux bassinets après être descendus des reins à la distance de deux travers de doigt en présentant une ampleur plus considérable que dans l'état naturel, se contractaient pour former les uretères. Et les uretères après avoir fourni près de la moitié de leur trajet, s'élargissaient, surtout celle du côté gauche, qui était également plus longue en raison de ses flexuosités. A les toucher extérieurement on aurait cru qu'elles contenaient l'une et l'autre des calculs médiocres dans quelques endroits rares. Mais en les ouvrant je trouvai dans tous ces endroits des hydatides, dont quelques-unes étaient arrondies, et d'autres ovales; elles se trouvaient suspendues à la tunique interne dans la cavité des uretères^ quoique ce ne fut pas par un pétiole. Celles qui étaient arrondies égalaient de petits grains de raisins, et celles qui étaient ovales se trouvaient deux fois plus longues que les autres. Les uretères étaient
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composées de tuniques fort épaisses, dont Finterne était teinte d'une rougeur continue; et elles s'ouvraient dans la vessie par des orifices oblongs. Celle-ci contenait une telle quantité d'urine, que dans la position du cadavre en supination elle s'étendait jusqu'à la dernière vertèbre des lombes. Bien plus, lorsqu'après l'expulsion de ce liquide elle eut été distendue avec de l'air qui y fut introduit, elle approchait bien de la forme que j'ai indiquée ailleurs (i), mais cependant elle était un peu plus longue qu'à l'ordinaire. Du reste ses tuniques n'étaient point épaissies, et elle ne présentait nulle part à l'intérieur de la rougeur, couleur dont l'urètre même n'était pas teinte. Enfin, je ne dois point omettre ce que j'ai promis dans la Lettre précédente (2). Du bord postérieur de l'orifice où commence l'urètre, s'éievaient dans l'intérieur de la vessie deux éminences contiguës entre elles, blanches, dures, hémisphériques, médiocres et de la même grosseur. En les coupant en long avec la glande prostate soujacente , je trouvai qu'elles se continuaient avec elle, et qu'elles étaient composées de la même substance; et quoique quelque partie de celte glande n'eût pas cette blancheur et cette dureté, cependant le reste, et surtout ce qui s'élevait de part et d'autre des côtés delà caroncule séminale ne différait pas de ces
(i) Epist. anat. i, 11. 61.
deuxéminences, qui en étaient desprolongemenSj de telle sorte que si celles-ci étaient squirrheuses, la plus grande partie de la prostate paraissait l'être tout autant.
12. Les autres objets que je fis voir sur ce cadavre dans le cerveau , dans le cœur et dans d'autres viscères, ainsi que dans les vaisseaux que je disséquai avec soin, n'appartiennent point à ce sujet, parce qu'ils étaient dans l'état naturel. Puisqu'il en était ainsi , je ne pus soupçonner la cause d'une mort aussi subite que dans une convulsion très-violente de la pie-mère, parce que la sérosité que sa longue stagnation dans la cuisse avait peutêtre rendue plus acre, n'avait point été assez évacuée par le ventre, et attaqua d'abord les membranes de l'œil, et enfin celles du cerveau au grand détriment du sujet. Au reste, les plaintes relatives à l'acrimonie de l'urine avaient précédé de beaucoup , à ce que je crois , l'empâtement de la cuisse ; ce qu'il y a de certain, c'est que l'origine de ces plaintes paraîtra avoir daté de loin , si l'on a égard à l'état des reins, des uretères, de la vessie. Toutes ces parties avaient peut-être été maltraitées autrefois par des calculs, qui blessèrent les reins en s'y développant et eu y grossissant, et qui, par leur différent séjour dans les uretères et la vessie, lésèrent de nouveau ces viscères, ainsi que les bassinets et les autres parties que je nommais tout à l'heure, tandis qu'ilsagrandirent la plupart d'entre elles en retenant l'urine, et qu'ils donnèrent lieu
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en outre dans les uretères à une lésion particulière que je ne me souviens pas d'avoir vue d'autres fois dans ces conduits; je veux parler des hydatides internes, qui pouvaient elles-mêmes retarder Tm'ine, et produire la plupart de ces effets, même sans calculs, ou du moins augmenter ceux que j'attribuais tout à l'heure à ceux-ci.
Mais quelle que fut la cause de ces lésions, il n'est certainement pas étonnant qu'une urine plus acre que dans l'état naturel eût distillé des reins comme ceux-là, ni que des glandes des uretères de cette espèce eussent dû sécréter une humeur acre au lieu de l'humeur destinée à lubréfier ces conduits contre les parcelles salines de l'urine, ou qu'elles n'eussent plus été capables d'en sécréter d'aucune nature. Car on peut rapporter à l'une ou à l'autre de ces causes la raison pour laquelle les uretères étaient rouges tout entières en dedans, au lieu de présenter leur blancheur naturelle, et envoyaient à la vessie une urine qui était devenue plus acre dans leur intérieur, ou qui du moins n'avait pas été tempérée par cette humeur adoucissante qui se serait mêlée avec elle. Vous approuverez davantage ce que j'ai dit ici succinctement, si vous lisez les écrits de mes amis Pujati et Bénévoli, et si vous transportez à ceci ce que j'ai avancé dans la Lettre précédente (i). Car je dois actuellement, en conservant l'ordre promis, pas-
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ser à la dysurie qui dépend d'une pierre de la vessie.
i3. André Cortini, mon compatriote, père du très-révérend P. M. , qui est aujourd'hui inquisiteur de la religion à Ferrare, et aïeul d'Antoine, mon intime ami, lequel est très-instruit en pharmacie et en chirurgie, était un peu gras et faisait d'ordinaire peu d'exercices du corps, lorsqu'à Fâge de plus de soixante ans il commença à cendre en pissant une matière blanche et visqueuse, non sans douleur. Cette circonstance ayant donné lieu au soupçon d'un calcul adhérent dans la vessie, un chirurgien introduisit enfin un cathéter , et confirma ce soupçon pour lui, mais non pour le malade, qui pendant que le chirurgien disait qu'il touchait le calcul, prétendait, trompé qu'il était par le choc de ce corps, qu'il ne touchait pas une pierre, mais la vessie. Il s'entretenait d'autant plus dans cette idée, que l'excrétion de l'urine avait été rendue plus facile par l'introduction du cathéter. C'est pourquoi il se plaignait non plus de la dysurie, mais plutôt d'une douleur à la fossette du cœur, qui le forçait de s'arrêter s'il se promenait un peu trop vite. Les pulsations des artères étaient en outre grandes et vibrantes, telles qu'elles sont souvent lorsqu'elles dépendent d'un anévrisme. Ces derniers symptômes ne cessèrent pas, lorsque après un long espace de temps la difficulté d'uriner revint avec un sentiment d'ardeur aux environs du pubis. Le malade se plaignait même près-
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que continuellement de cette douleur de la fosvsette du cœur; l'état du pouls était le même. Il s'était écoulé trois ou quatre ans depuis lepremier commencement de la dysurie, et dix-huit mois au moins depuis les autres incommodités, lorsque je fus appelé moi aussi avant la fin de février de l'an 171 1 , plutôt pour consoler le malade, comme je le dis aussitôt aux personnes de la maison, que pour le guérir. Il urinait beaucoup plus qu'il ne buvait; et ses urines étaient d'un blanc jaunâtre, et semblables à du sérum avec lequel une portion de lait serait encore mêlée, tandis qu'il se déposait ensuite une matière blanche, quelquefois peu abondante et claire, et d'autres fois assez abondante, visqueuse et fétide; Texcrétion de cette matière s'opérait avec plus de douleur et de difficulté, et d'ordinaire elle avait lieu principalement vers l'aurore. Quant à la douleur de la fossette (hi cœur, elle était devenue plus vive, au point que le malade disait qu'il lui semblait, lorsqu'elle revenait avec plus de violence par intervalles, qu'il était déchiré par des chiens, ajoutant que dans ces momens le sternum ej les parties voisines de part et d'autre étaient douloureuses, que le membre supérieur gauche tombait dans l'engourdissement et l'inertie, et enfin que le cœur palpitait d'une manière incommode, surtout s'il se couchait sur le côté gauche. Ces symptômes devenaient de jour en jour plus graves, de telle sorte que la face n'était plus rouge au moment des exacerbations de la