‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 3)Chapitre 42 sur 44 · VI · texte numérisé non relu

VI

6lO QUARA]\"TE-DEUX1ÈME LETTRE.

Le reste du canal jusqu'à la vessie , examiné et in^ cisé avec la plus grande attention, ne présenta aucune lésion , pas plus que le larynx, si on excepte l'épiglotte qui n'était pas saine. Quant à l'aorte, elle était inégale intérieurement, et elle offrait des commencemens d'os, et des indices d'érosion, quoiqu'un peu obscurs; en outre elle était plus grosse que dans l'état naturel un peu au-dessus du cœur.

[\o. Je disséquai au même endroit, à peu près dans le même temps, le cadavre d'un vieillard étranger, dont je n'ai pas noté sur mes feuilles quelles avaient été les autres maladies. Ce que je décrirai fera voir suffisamment qu'il avait été infecté de la maladie vénérienne, ainsi que le jeune homme dont j'ai parlé tout à l'heure.

Examen du cadaK>re. En effet, ayant trouvé à l'ouverture du ventre l'un des reins très-gros, et l'autre plus petit que dans l'état naturel, tandis' que l'uretère de ce dernier était dilatée presque tout entière, au point qu'elle recevait le bout de mon petit doigt, et que la vessie dont les parois se trouvaient épaissies était purulente, je tournai mes' regards du côté de l'urètre et de la verge. Le gland de celle-ci était creusé par plusieurs cicatrices profondes, et l'urètre était excessivement rétrécie , de telle sorte que je pus à peine y faire voir un de ces conduits que j'ai nommés plus haut. Le reste ne parut pas s'éloigner de l'état naturel, si ce n'est que l'épiglotte n'était pas très-saine, et, que

DE LA DYSURIE ET DE L* ARDEUR DE l'uRIIS^E. 6î Î

la partie voisine de la langue qui est couverte de glandes, était souillée çà et là de petits ulcères. 4i. De même qu'il était facile de comprendre par quelle cause était survenu ce que je remarquai dans l'urètre de ces deux sujets, de mêrpe il ne fut pas possible de savoir quels effets résultaient de ces lésions, c'est-à-dire quelles incommodités elles produisaient en urinant, comme je n'ai pas pu connaître non plus les effets d'autres vices que j'ai trouvés par la dissection dans d'autres urètres, et sur lesquels je vous ai écrit ou je dois vous écrire ailleurs. En effet (i), je vous ferai savoir lorsque je traiterai de la gonorrhée (2), que j'ai rencontré sur un jeune homme mort à la suite d'une blessure du cou, une ligne oblongue blanchâtre, légèrement saillante, et se dirigeant obliquement du milieu de l'urètre vers la partie posté* rieure, et sur un asthmatique (3) certaines autres peti tes cordes, non sans un rétrécissement de ce canal. Je vous ai écrit d'ailleurs dans la quarantième Lettre (4) comme j'ai trouvé sur un vieillard qui avait été enlevé par la rupture d'un anévrisme, l'urètre offrant des cicatrices çà et là, et en outre des fibres qui formaient des saillies obliques entre la caroncule séminale et la vessie; dans la qua-

(i) P^id. eliam Epist. 63, n. i3.

(2) Epist. 44^ n. 7.

(3) Ibid., n. 10.

6l2 QUARANTE-DEUXIÈME LEÏTllE.

tiième (i) comme j'ai vu sur un palefrenier apoplectique des lignes oblongues blanchâtres, obliquement saillantes à deux endroits de l'urètre, et s'opposant certainement à l'un de ces endroits à l'introduction d'un stylet; enfin dans ia dixième (2) comme j'ai rencontré sur un paralytique qui était mort de convulsions, des espèces de fibrilles charnues également obliques à cet endroit de l'urètre où quelque obstacle s'opposait habituellement au cathéter.

Maintenant, si vous comparez avec cette ligne que j'ai dit un peu plus haut (3) être formée par une légère excroissance de chair boursouflée, ces espèces de fibrilles charnues, et ces fibres, et avec ces deux dernières les lignes saillantes également obliques, vous soupçonnerez peut-être avec moi que certaines érosions de l'urètre sont remplacées assez souvent par quelques excroissances légères, qui en se con tracta !it représentent d'abord des fibres ou des fibrilles charnues, et qui en se desséchant de plus en plus forment enfin des lignes blanchâtres légèrement saillantes; et que par conséquent j'aurais dû voir plus souvent des excroissances de cette espèce, si j'avais pu faire l'examen des cadavres pendant que le mal était plus récent. Cependant il peut se faire aussi que de même j'ai

m ■ I ■■! I I ■' ..II» . I '1

-DE LA DYSURIE ET DE l'aRDEUR DE l'uRINE. 6i3

VU plus d'une fois l'urèlre couverte de cicatrices, et très-manifestement rétrécie, de même vous pensiez que ces lignes appartiennent au même genre de lésion.

42. Quant aux urètres des femmes, quoique je n'en aie pas ouvert très-souvent comme des uretères d'hommes, cependant j'en ai fréquemment ouvert et examiné avec soin. Néanmoins je ne suis encore tombé sur aucune (à moins que vous ne vouliez peut-être en excepter Une dont je parlerai bientôt), qui présentât des cicatrices, et bien moins encore des excroissances; et cela n'est pas étonnant dans un canal très-court et moins étroit, qui ne reçoit pas autant d'humeurs capables de le corroder, et qui loin de former une aussi grande courbure que l'urètre de l'homme, n'en forme aucune. Cependant il peut aussi se développer quelquefois dans l'urètre de la femme, des ulcères, des excroissances, ou du moins certains obstacles de longue durée, comme je l'ai appris d'Astruc et d'AIghisi, dont le premier (i) a vu plus d'une fois le corps qui entoure l'urètre attaqué de suppuration , fistuleux , s'ouvrant dans ce canal , et répandant du pus, et d'autres fois l'urètre rétrécie outre mesure par le même corps tuméfié et calleux, tandis qu'Aighisi (2) parle d'une fille chez laquelle une petite bougie qu'on avait laissée dans l'urètre

(i) §. 4 suprà , ad n. 38 cit.

(2) Lithotom. , c. 3.

pour détruire une carnosité de ce canal, était entrée dans la vessie. A cela ajoutez V excroissance charnue qui a été décrite par MuUer (i) sur une veuve dont il sera bientôt question.

Quant à moi, il m'est arrivé une fois en examinant le cadavre d'une vieille femme, au com-^ mencement de l'année lySi, de trouver une petite excroissance triangulaire dans l'intérieur de l'orifice externe de l'urètre, où pourtant elle n'était pas saillante; mais j'ai remarqué très -souvent, surtout après des fièvres aiguës , que les petits vaisseaux sanguins qui rampent en grand nombre et presque parallèlement sur la tunique interne de l'urètre, étaient tellement engorgés et serrés , qu'ils rendaient toute cette membrane presque noirâtre. Il m'est également arrivé une fois de voir sur une jeune fille, ainsi que sur une vieille femme, dont il sera peut-être fait mention ailleurs (2) , une portion de cette même tunique suspendue hors de l'orifice du méat. Toutefois j'ai bien pu conjecturer quelles incommodités ces dernières femmes ou les premières éprouvaient en urinant, mais cependant je n'ai jamais pu le savoir d'une manière certaine.

Relativement à la cause qui avait produit la sortie d'une portion de cette membrane par l'orifice de l'urètre chez ces deux femmes, il n'y avait égale-

Wp— — — ~ Il I I II ly

(1) Eph. N. C. , cent. 8, obs. 38.

(3) Vid, Epist. 5o, n. 5i, et Epist. 56^ n. 21.

DE LA DYSURIE ET DE l'aRDEUR DE l'uRINE. 6l!j

ment lieu qu'à une conjecture. Et comme je ne voulais pas me servir de celle qu'on aurait pu déduire de la fréquente irritation de cet orifice et de cette membrane produite par une petite tête (i) d'aiguille, il en restait une autre fondée sur une strangurie qui avait peut-être existé antérieurement. En effet, la raison indique, et l'observation citée de Mu lier confirme que cette membrane est poussée en bas par les efforts trop violens qu'on fait pour chasser l'urine. Car une excroissance qui en sortant par l'orifice de l'urètre avait bouché ce canal, ayant été détruite en grande partie, une portion intérieure qui restait ne devenait remar" quahle que par V effort que Von fait ordinairement pour décharger la vessie» Si vous réunissez cette observation d'une excroissance charnue, rouge ^ fongueuse y grosse comme une fève ^ qui était sortie par cet orifice, à un autre exemple que rappporte le célèbre Goulard (2) sur une carnosité qui était quelquefois si saillante dans l'urètre d'un homme , qu'elle sortait par son orifice, et qu'il fallut la couper , vous partagerez d'autant plus volontiers l'opinion de ceux qui mettent encore les caroncules au nombre des autres obstacles que l'on rencontre dans le méat urinaire.

Mais pour ne pas m'éloigner de l'urètre de la femme, que dirai-je d'une observation extrême-

(1) Suprà, n. 19 et seq.

(a) Tract, suprà, ad n, 38 cit.

6l6 QL ÀRANTE- DEUXIÈME LETTKE.

mentraredeCorsi. Soliugen queSalzmann (i)cite, et clans laquelle il est dit que le méat urinaire renversé était suspendu dans la longueur d' un petit doigt? La membrane du méat était-elle relâchée et éteudiie à ce point? Ou bien le col, ou la partie inférieure de la vessie étaient-ils tombés par là , comme Salzmann (2) semble le croire? Toutefois cet auteur indique son doute (3) de la manière suivante, sîpourtajît une autre partie s' offrant aux jeux d'ellemême , nen imposa point à Solingen sous V apparence de la vessie.

Il est encore une autre maladie, et pour démontrer sa rareté dans l'urètre de la femme, je dirai quelques mots de ce canal, ainsi que des calculs qui sont rejetés par cette voie. Cette urètre, comme le dit Celse (/{), et comme je l'ai avancé un peu plus haut, est plus courte et plus lâche que chez les mâles, et en même temps plus droite^ comme cet écrivain l'avait déjà dit (5). Donc le calcul, ajoute le même auteur avec raison, tombe souvent de luimême^ lorsqu'il est très petit. Bien plus, cela a lieu aussi quelquefois quand il n'est pas petit, comme celui que j'ai vu ici d'après ce que j'ai écrit précédemment (6), et surtout comme ceux que j'ai ob-

(i) Disiert. de Hernia Vesicae iirinar. , thés. 18.

(2) Thés. 26.

(3) Thés. 19.

(4} De meclic. , 1. 7, c. 26, n. 4- (5) Eod, c. , n. I.

(6)N. lo.

DE LA DYSTJRIE ET DE l'aRDEUR DE l'uRINE. 617

serves à Bologne. Il n'est pas nécessaire d'en dire davantage sur ces calculs, ou sur d'autres, au sujet desquels Langelotti (i), Jœggerschmid (^) , Dillen (3), Schmieder (4), Trew (5), et d'autres ont rapporté qu'ils avaient été expulsés sans le secours de la chirurgie, attendu qu'il est constant que Sennert (6) et Tulpius (7) en ont vu de plus gros que ceux-là; car celui du premier était presque de la grosseur d'un œuf de poule ^ et celui du second, comme le dessin qui est joint à la description le fait voir, était plus gros et pesait trois onces et deux drachmes. Je crois que ce dernier est le plus gros de tous ceux dont je me souvienne qu'il ait été fait mention ; je parle des calculs de la femme qui ont été rejetés, ou portés, attendu que je sais qu'ils sont parvenus à \\\\ poids énorme dans la vessie de l'homme. En effet je passe sous silence celui qui pesait une livre anglaise et deux drachmes de plus , et dont Van-Hel mont ne se souvenait pas d'avoir jamais uu Ik pareil , puisque dans la même section (8) du Sepulchretum où sont rapportées ces paroles,

(i)Eph. N. Q. , dec. 1, a. 6 et 7, obs. 7.

(2) Dec. 3, a. 3, obs. loi.

(3) Dec. ead. , a. 9 et 10, obs. 242.

(4) Cent. 3 et 4j obs. 161.

(5) Commerc. iitt.^ a. lySS, hebd. 39, n. 4-

(6) Medic. pract, 1. 3^ p. 8, s. i^ c. 2^ cire. fin.

(7) Obs. med. , 1. 3, c. 7.

(8) 23, obs. 1, J. 9.

6l8 QUARANTE-DEUXrÈME LETTRE.

il est question de calculs de trente-deux (i) et de trente-quatre (2) onces, etque le célèbre Ta rgioni (3) assure qu'il y en a un à Florence qui pèse trenteneuf onces, et qui est encore plus remarqtiable par la circonstance qu'il fut trouvé sur un homme qui était mort de maladie après une vieillesse heureuse et vigoureuse, et chez lequel il exista phitôt de légers soupçons que de véritables indices d'une lithiasie. Je vois qu'un autre calcul du même poids est cité d'après Verduc (4), et un autre de cinquante-une onces d'après Lauuay (5), et enfin ce qui vous étonnera beaucoup, que celui que Resselring (6) dit avoir vu lui-même, égalait six livres et trois onces ^ comme on le voit dans le célèbre Morand; et pour que vous ne soupçonniez point par hasard que je me sois trompé en transcrivant ceci, vous trouverez aussi ce même poids indiqué dans l'analyse de cette dissertation qui a été publiée dans le Connnerciuin litterarium (7),

Mais à quoi pensez-vous qu'on doive attribuer la cause pour laquelle nous lisons qu'aucune de ces pierres si grosses ne fut trouvée dans la vessie d'une

(1) Obs. ead, §. i.

{1) Ihid, , §. 1.

(3) Prima raccolta di osserv. nied.

(4) F'id. apud Boretium de Opérât, alti adparat.

(5) J^id. apud Pall. , Dissert, suprà , ad n. 35 cit., in adnot. ad 5. 19.

(6) Dissert. ibid. suprà cit., ad n. 53.

(7) A. 1739, hebd. 9.

DE LA DYSURIE liT DE l' ARDEUR DE l'uRINE. 619

femme? C'est parce que, ou je suis dans Terreur, la voie de l'urine étant plus droite et plus courte, comme je l'ai dit, mais surtout plus large sur le sexe féminin , reçoit facilement et laisse passer une partie beaucoup plus considérable de cette matiète visqueuse et tartareuse, qui en s'arrétant dans la vessie des mâles par différentes causes, augmente de plus en plus le volume du calcul, principalement sur les corps de certains sujets, et porte sa masse à ce point. D'après cela on doit regarder comme plus rare le cas publié par le célèbre Adolphi (1) siir un calcul ohlong développé dans Vu^ retre d'une vieille femme et fermement attaché à ce canal. Car comment les parcelles dont ce calcul était composé purent- elles s'arrêter dans un canal de cette espèce, et ne pas être entraînées par le cours de l'urine? Cependant, ou la force qui poussait ce liquide étant plus languissante parce que la femme était âgée de soixante-seize ans, ou la membrane de l'urètre étant ulcérée en quelques endroits et retenant par conséquent ces parcelles entre ses petits conduits et ses inégalités, ou enfin le calcul s'étant développé d'abord dans la vessie, puis étant entré dans l'urètre par quelqu'une de ses parties, s'y étant arrêté, et ayant reçu incessam* ment des parcelles de la même espèce qui passaient lentement par cet endroit et pour ainsi dire goutte à goutte, comme il arrive presque toujours

(1) Act. N. C, tom. \, obs. 239.

620 QU A:RA]>rTE-DEUX lÈME LETTRE.

alors; quelques-unes de ces causes, ou toutes, purent faire suffisamment ce qui nous étonne, et ce qui néanmoins est rare. Ce qui est en faveur de cette explication , outre l'âge de la femme, ce sont Vobstruction de Vurine qui avait déjà existé par intervaiies pendant plusieurs années , et surtout le calcul lui-même qui était recourhé jusque dans la vessie. Voyez, en effet, ma première observation (i) sur le calcul qui s'était développé sur une aiguille dans la vessie d'une fille. Comme il avait nae partie recourbée dans le méat urinaire, il est certain qu'il n'avait pas commencé par cette partie, mais par l'aiguille qui était éloignée de cet endroit; et cette même partie, qui était comme un appendice du calcul, et comme une addition à ce corps, s'était formée peu à peu dans le méat contigu, en sorte qu il fallait évidemment la regarder comme la fin, et non comme le commencement du calcul.

43. 11 me resterait à traiter du Diabètes, de l'Incontinence de l'urine, de son Excrétion par un endroit non-convenable, et des Urines non-naturelles, matières sur chacune desquelles il y a une sectioii dans le Sepuickretum. Cependant je ne le ferai pas pour deux motifs : le premier, parce que ni Valsalva ni moi n'avons disséqué aucun sujet mortni'un diabètes, ce que vous aurez facdement conjecturé de vous-même d'après ce que j'ai dit

(1) Suprà, n. 19.

DE LA DYSURIE ET DE l'aRDEUR DE l'uRINE. Gs l

de cette maladie dans la Lettre précédeiile (i); le second, parce que tout ce que nous avons trouvé sur les individus morts après les autres affections qui ont été indiquées tout à l'heure, je l'ai déjà rapporté avec les autres maladies desquelles elles dépendaient, comme vous avez pu le remarquer également dans cette Lettre-ci. Or je n'ai pas l'habitude de répéter quoi que ce soit. Que si on n'eût pas fait des répétitions dans le Sepulchretum ^ ces sections que j'ai indiquées se réduiraient à peu de chose, et d'ailleurs les deux premières sont tellement courtes , que toutes deux avec les schoiies remplissent à peine six pages. En outre, dans presque chacune des sections qui sont relatives aux urines, ou aux organes urinaires, on a répété nonseulement ce qui avait été rapporté dans d'autres, mais encore dans la même. Et vous savez déjà par le commencement de la Lettre précédente (2) combien il y a de répétitions dans la vingt-quatrième section. Mais voyez, je vous prie, dans celle qui la précède (la vingt-troisième), si les mêmes détails qu'on lit dans le §. i de la huitième observation, se lisent en partie dans la neuvième observation, et en partie dans les schoiies placées audessous de celle-ci; et dans la vingt -cinquièm'e section, du sujet de laquellç je me suis occupé jusqu'ici, si ce qui avait été rapporté dans les §. 'i

(2) Epist. /\i , n. î.

et lo de la huitième observation, est rapporté de nouveau dans les §. 19 et 17 de la même observation. Mais de plus, si par hasard vous doutez que dans l'une de ces sections extrêmement courtes, c'est-à-dire la vingt-septième, ce qui est décrit dans le §. 3 de la première observation soit la même chose que ce qui se trouve au §. 9 de la deuxième observation , et que dans cette même deuxième observation ce qui est décrit au §. 4 soit la même chose que ce qui se trouve au §. 11 , jetez les yeux sur les histoires rapportées plus longuement dans la vingt-quatrième section au §. 8 de la dixième observation , et au §. 4 de la seconde , et après les avoir lues eu entier, vous n'aurez plus aucun doute. Enfin, pour ne pas vous retenir sur lin plus grand nombre d'objets , si vous parcourez la vingt -huitième section, vous trouverez, non sans un grand étonnement, que l'on a répété plus bas dans une seule et même page, deux choses qui y avaient été placées plus haut, savoir d'abord une très-grande partie des scholies des sixième et septième observations, et ensuite dans l'observation douzième l'histoire d'une illustre Duchesse qui se trouve au §.2 et au §. 4-

. 44- Cependant pour ne pas paraître m'éloigner de ces sections sans payer mon tribut, je ferai un petit nombre de remarques sur la dernière qui traite des Urines non-naturelles , et je ne serai pas beaucoup plus long sur l'avant-dernière, dans laquelle j'ai dit qu'il était question de l'Excrétion

DE LA DYSURIE ET DE l'aRDEUR DE l'uRTNE. 6^3

de Turine par un lieu non-convenable. Ce que je dirai sur ces deux sujets, quoique n'étant pas accompagné de l'examen du cadavre, ne sera pourtant pas exempt de toute utilité. J'ai observé des urines qui paraissaient mêlées quelquefois avec du ch^^le, et quelquefois avec du sang; de telle sorte que certains mé lecins prétendaient que les choses étaient absolument comme elles paraissaient être, tandis que d'autres soutenaient qu'elles étaient bien différentes. Si cette première controverse a jamais été agitée ailleurs, certes elle le fut surtout ici il y a quarante ans, lorsque le dernier rejeton de îa noble famille des Discalcio continua à rendre pendaîit long-temps dans cette longue maladie à laquelle il finit par succomber, l'urine dont une grande par tie était parfaitement semblable à du lait et formait un dépôt. Un de ses médecins, homme très-célèbre, lié avec moi par ses fonctions de professeur et par amitié, prétendait que comme ce sédiment n'avait aucune odeur ni viscosité, c'était du chyle. Un autre le niait, et soutenait que c'était du pus. Pour terminer, s'il était possible, ce différend qui dura long-temps, tous ceux qui avaient alors à Padoue quelque réputation en médecine, furent appelés à différens jours. Comme je n'évite rien tant que d'être impliqué dans des différends, et que je tergiversais depuis long-temps en donnant un grand nombre de différentes excuses, je cédai enfin aux instances du beau-frère du malade, Alex. Guarini, qui en mourant quelques années

624 QUARAINTE-DËIIXIÈME LETTRE.

après fut égalemenf le dernier rejeton de cette ancienne famille qui fut illustrée par un grand poète. Lorsque j*eus connu les raisons des médecins qui n'étaient pas d'accord, et que j'eus examiné les urines, et interrogé le malade avec soin , je répondis de manière à faire comprendre à tout le monde que je n'estimais pas peu l'un et l'autre adversaire en raison de leur lïiérite particulier, mais qu'accordant cependant plus à l'amour de la vérité qu'à l'amitié, comme je le devais, j'inclinais vers la seconde opinion. En effet, je dis que je n'ignorais pas que le chyle peut sans doute s'écouler par les reins, si toutefois les voies de la sécrétion sont trop relâchées dans leur intérieur (et vous expliquerez certainement de cette manière quelques-uns des exemples qui sont indiqués même dans cette vingt-huitième section (i) à\\ Sepulchretum)^ mais que quand même il y aurait une partie de chyle dans les urines de notre malade, il ne paraissait cependant pas que l'on pût dire qu'il n'y avait pas de pus d'après les indices non obscurs d'une lésion de l'un des reins, qui avaient existé pendant long-temps auparavant, et qui existaient encore alors. Que je savais quelle est souvent la fétidité du pus qui descend des reins altérés; mais qu'il y avait néanmoins aussi des exemples de pus inodore, non-seulement lorsqu'il venait d'autres

(1) Schol. 2 , ad obs. \/\.

DE LA DYSURIF. ET DE L ARDEUR DE l'urinf. 6iO

parties, comme dans les cas où (else (r) a écrit qiie le pus est ineilleitr s'il na pas (T odeur ^ mais encore des reins eux-mêmes; exem[)les que je citerai bientôt. Que relativement à ce que le sédijDent n'était pas visqueux, on trouve bien quelquefois aussi des matières très- visqueuses dans ]es reins (comme dans des exemples de la même section (2) du Sepulchretum) ^ mais que cependant toute espèce de pus n'est pas visqueuse, qu'on lit que celui qui est rendu avec les urines et qui est glutineux et ténu , est rapporté par des médecins (5) très-expérimentés à la vessie et non aux reins, et qjie Valsalva, instruit aussi par les dissections, avait coutume de le faire provenir plus rarement des reins que des parties soujacentes. Que quand Toême on négligerait toutes ces considérations, je ne pouvais cependant oublier un homme et un évêque, dont les histoires nous avaient été laissées par B. Silvaticus (4) et Laelius a Fonte (5), et ressemblaient à la nôtre autant que l'eau ressemble à l'eau; de telle sorte que j'avais peine à croire à raison de cette circonstance que dans une controverse si agitée personne n'en eût parlé avant moi, comme je l'appris ensuite. En effet, sur l'un et

(î) Ue medic, I. 5, c. 26, n. 20.

(5,) Obs. 9, 5. I, etobs. 22, §. i.

(3) V^id. ibid. schoL, ad obs. 10 et i5. (/i) P^id. ibid. cit., obs. lo cum schol. , et obs. 14 cum schol.

{5) Ibid.

Page 1