DE L^HYDROPISIE ET DE LA TYMPANITE
insupportable, et que toute cette tuméfaction se dissipa de cette manière.
Mais pour ce qui regarde les tumeurs venteuses, je voudrais que vous lussiez ce qui a été publié sur leur formation par Littre dans l'Histoire de l'Académie Royale des Sciences de Paris (i). Vous trouverez d'ailleurs dans les Mémoires de la même Académie (2) quelques propositions que le même Duverney amises en avant, soit pour distinguer la seconde espèce de tympanite qui se joint de temps en temps à Fascite , soit pour empêcher qu'on ne prononce quelquefois à cause de quelque apparence de fluctuation , que c'est une ascite plutôt que la première espèce de tympanite, ou réciproquement qu'on ne nie que c'est une ascite, parce qu'il n'y a aucun indice de fluctuation; méprise contre laquelle une de mes observations (3) peut encore prémunir. Le grand médecin Werlhof (4) a également dit quelques choses utiles à ce sujet, en indiquant comment la tympanite n'exclut pas la sensation de la pesanteur, surtout lorsqu'elle est ancienne.
Relativement au traitement, en lisant qu'un gonflement tympanitique de l'abdomen existant déjà depuis huit ans ne fut guéri qu'au moyen
(4) Commerc. litt^ a. 1735, hebd, 36;, n. 4'
48 TRENTE- HUITIEME LETtRE.
d'une large saignée du pied prescrite par Christ. Mich. Adolphi (i), qui avoue que ce gonflement n était pas produit par des vents ^ vous réfléchirez qu'elle en était donc la cause. Mais rien ne prouve mieux combien est difficile le traitement de l'une et de l'autre espèce de tympanite, que le moyen que des hommes du plus grand mérite ont été forcés d'imaginer, la paracentèse. Toutefois il ne s'est encore trouvé personne, que je sache, parmi les chiriugiens prudens qui ait voulu introduire l'aigu ilie dans une partie où il ne verrait pas qu'elle pénètre. Certes il n'était pas du nombre des praticiens sages celui qui ayant perforé l'abdomen d'un tympanitique qu'il avait pris pour un ascitique, en présence de Van-Helmont (2) encore jeune, attendit inutilement la sortie des eaux. En effet, ayant retiré le phléhotome , V abdomen s'af^ /hissa aussitôt , et le malade mourut très-prompte^ ment; il sortit d'ailleurs des vents excessivement puans , et le cadavre était fétide. Au surplus le corps ne fut point disséqué après la mort; mais il peut arriver très-facilement que l'aiguille une fois retirée la sortie de l'air produise quelquefois un soulagement de courte durée, et qu'il sorte aussi bientôt après d'autres matières qui en tombant dans le ventre produiront sans tarder une lésion mortelle sur les viscères. Que sera-ce, si
(i) Act. N. C , tom, i, obs. 2/j4.
(2) Ignot. h5^drop. , n. 44-
DE l'hYDROPISIE ET i3E LA. TYMPAIYITE. 4<)
l'aiguille peut être enfoncée dans cette partie de Fintestin où l'on croirait qu'il se trouve beaucoup d'air à raison de l'énorme distension qui y existe , tandis qu'il y en a très-peu? Car il n'est pas constant, comme il est arrivé à Littre (i) de l'observer, que les intestins des tjmpanitiques contiennent beaucoup d'air, et peu de matière^ laquelle est presque toujours visqueuse. En effet, Duverney le jeune (2) trouva au contraire les intestins remplis à moitié de cette matière, et le célèbre Léon. Hurter (3) s'étonnant de ce que sur un enfant ty m panilique les gros intestins surtout étaient distendus au point que le colon avait fait violence au foie par sa masse, et l'avait poussé à gauche, observa dans leur intérieur une matière asseÉ abondante pour avoir pu produire cet effet, puitacée, écumeuse, et d'un blanc jaunâtre. Or cette disposition doit surtout être conjecturée, je pense, dans une maladie qui est accompagnée de serrement du ventre, lorsque les malades ont beaucoup mangé peu de temps avant que l'affection n'ait commencé d'une manière évidente, ou qu'ils ont continué à manger en assez grande quantité après qu'elle a eu commencé.
Vous comprenez d'ailleurs d'après ce qui a été dit un peu plus haut, quel danger peut résulter
(i) Mém. de l'Acad. Roy. des Se. ^ a. 1 7 13=
(3) Eph. N. G,, cent. 1 et 3, obs. 184.
5o TREINTTE-HUITIÈME LETTRE.
de la perforation de l'abdomen pour détruire la seconde espèce de tympanite, si par hasard la première espèce coexiste avec la seconde, ou si la première en impose pour la seconde, ce qu'il est très-difficile de distinguer. Mais lisez sur ce moyen , et sur le traitement de la tympanite en général, sur la distinction à établir par conjecture, autant que possible, entre les deux espèces, et sur la nature et les causes de cette maladie; lisez, dis-je, ce qui a été écrit avec science, avec esprit et avec art, par le célèbre Zeviani (i), qui par une amitié toute particulière pour moi a voulu que ces écrits parussent en mon nom, quel qu'il soit. Au reste s'il avait pu me les envoyer avant que je vous adressasse celte Lettre, vous n'auriez point à regretter quelques objets qui m'ont échappé. Yous les trouverez donc dans cet écrivain; car pour moi, après vous avoir décrit plusieurs observations d'hydropisie de Yalsalva, je passe maintenant à la description d'un petit nombre des miennes, afin que cette Lettre ne soit pas trop longue.
26. Un homme était affecté d'une ascite, et d'une grande anasarque, qui paraissait d'autant plus considérable que comme elle n'occupait pas la face qui était amaigrie, ni le reste de la tète, les membres, surtout les inférieurs, étaient en apparence d'une grosseur monstrueuse comparati- ■vement à cette dernière partie.
(i) Del flato, etc. ^ 1. 2, c. i^S, et 1. j, c. 27, 28.
DE l'hYDROPISIE ET DE LA TYMPAN ITE. 5l
Examen du cadavre. Le sujet étant mort en 1 70/î, si je m'en souviens bien, à l'hôpital des Incurables (le Bologne, je le disséquai plus pour faire des recherches sur ]a nature de l'anasarque que sur celle de Fascite. Or, je les fis dans les cuisses et dans le scrotum; car les jambes commençaient déjà à se putréfier. L'épiderme des cuisses était soulevé çà et là par de l'eau, et formait des vésicules, dont une était de la grosseur du poing. Après avoir enfoncé le scalpel jusqu'à l'os, je trouvai, en examinant les parties divisées, que la membrane adipeuse était épaissie, et que les cellules de Mal^ pighi étaient remplies d'une graisse aqueuse, oii plutôt d'une matière formée d'eau en très-grande partie, et qui ressemblait à de la gélatine, comme je l'ai écrit dans les Adversaria (i)-) ^ raison du très-grand nombre des petites membranes intermédiaires des cellules. Or comme la membrane adipeuse s'étend non- seulement entre les muscles, mais encore entre les petits faisceaux dé fibres dont ils sont composés ^ elle avait également dans tous ces endroits la même apparence de gélatine. Telle était aussi la disposition qui se présenta à moi, lorsque je coupai le scrotum qui était extrêmement tuméfié ; car l'eau avait distendu seâ cellules, surtout celles qui forment le dartos, parce qu'elles se continuent avec la membrane adipeuse. Aussi l'eau s'écoulait-elle d'un côté et
(i) II; aiiimad. 16*
5^ TKEWTE-HBIÏIEME LETTRît,
d'autre par toutes les incisions, et l'on pouvait même en exprimer facilement quelque portion si on le voulait, mais non pas toute; car une grande quantité restait entre les petites membranes'des cellules. C'est pourquoi lorsque je portai le scalpel sur l'abdomen, quoique je ne trouvasse presque pas d'eau entre les tégumens de cette partie, cependant je ne crus pas que la sérosité s'était écoulée aussi promptement par les incisions des cuisses et du scrotum; mais je jugeai plutôt qu'ayant été chassée de ces tégumens par la grande quantité des eaux qui remplissaient le ventre et qui distendaient l'abdomen , elle s'était transportée pendant la vie du sujet aux membres inférieurs : ou, si vous l'aimez mieux, j'admets que comme elle aurait du monter de ceux-ci pour se porter au milieu des tégumens de l'abdomen, elle ne l'avait point fait à raison de la pression indiquée tout à l'heure et exercée sur ces tégumens par les eaux soujacentes. Du reste, je ne notai pas avec soin dans quel état étaient les viscères du ventre; car je ne me l'étais pas proposé, comme je l'ai dit un peu plus haut.
27. Vous voyez donc que le siège et la cause de la tuméfaction dépendante de l'anasarque, sont non-seulement sous la peau dans la membrane adipeuse, mais encore (surtout lorsque le gonflement n'est pas peu considérable), dans t<jus les prolongemens de la même membrane; en sorte que ces prolongemens étant distendus aussi-bien
DE LHYDROPISIE ET DE LA TYMPANITE. 53
qu'elle, soit entre les muscles extérieurs et ceux qui sont placés au-dessous d'eux, soit entre leurs petits faisceaux, il se forme une grande tuméfaction. Vous voyez en même temps ce qui en impose assez souvent sous une apparence de gélatine; car les mêmes petites membranes intermédiaires font aussi que l'huile de la graisse paraît moins liquide sur les cadavres des sujets sains, qu'elle ne l'est en effet pendant la vie. Je ne nierais cependant pas qu'il n'y ait quelquefois, outre les membranes, quelque chose qui nous présente cette apparence; et je parle soit de plusieurs restes de cette huile interposés entre elles, soit de la plus grande viscosité de Feau renfermée dans les cellules, ou de son épaississemenî produit par la stagnation et par la saison de l'année. Vous apprendrez dans le Se^ pulchretum (i) que Glaser approuva uniquement cette dernière cause , tandis que d'autres auteurs, surtout Peyer (2) et Wepfer (3), semblent avoir mieux aimé admettre les mêmes que moi.
28. En disséquant à l'hôpital de Padoue vers la fin de l'année 1716, une viejlle femme morte d'une hydropisie ascite, qui n'était pas très-considérable, voici ce que j'observai.
Examen du cadavre. Dans le ventre, après que l'on eut enlevé Feau qui y était épanchée, le foie
(i) Sect. hac 21, obs. 2i et schol.
(2) Tbid., obs. 3, §. 1 et schol.
(3) Ibid, y obs. I 7j §. 5.
54 TREIYTE-KUITIÈME LETTRE.
se présenta assiégé en dedans et en dehors d'un grand nombre de tumeurs blanches, qui cependant n'étaient pas très-dures; et dans le pancréas il y en avait une semblable, mais plus dure et beaucoup plus grosse, puisqu'elle occupait toute la partie de ce viscère par laquelle il s'attache à rintestin duodénum. La membrane propre de Tun des deux reins (car je n'examinai pas l'autre), était épaissie, et suivait très-^facilement quand on la tirait; les petits conduits de ce viscère étaient également plus gros qu'à l'ordinaire, et beaucoup plus évidens. L'utérus n'était pas en mauvais état à l'intérieur. Mais à l'extérieur il présentait à l'un de ses côtés, une cicatrice remarquable, comme à la suite d'une blessure , quoiqu'il n'en existât aucune à la peau du ventre; et au côté opposé, non loin du col, il offrait une tumeur arrondie qui après avoir été divisée avec la paroi du fond qui était placée au-dessous d'elle, et qui la renfermait en grande partie, laissa voir une sub-^ stance d'un rouge livide, mais pas plus dure que le reste de l'utérus. Dans les ovaires, il existait des' vésicules grosses, blanches, qui n'avaient rien dans leur cavité; une d'entre elles beaucoup plus volumineuse que les autres, contenait une humeur aqueuse. La poitrine était saine, si ce n'est qu'il y avait de Teau épanchée, mais non pas eu grande quantité. Dans le cerveau , qui était en bon état et ferme, il uj avait même pas de l'eau. 29. Il y avait assez de causes (pour omettre
DE l'hYDROPISÏF; ET DE LA. TYMPAIN^TTE. 55
maintenant le reste) dans le pancréas et dans le foie, soit pour que le chyie et le sang ne se formassent point d'après le voeu de la nature, soit pour que le mouvement de la lymphe et du sang fut retardé dans le ventre. En parcourant un jour la campagne dans ma jeunesse pour étudier, il m'arriva par hasard de rencontrer un troupeau de brebis, que des bouchers achetaient, les unes à un prix convenable, les autres à un vil prix. Je leur demandai la cause de cette différence; c'est que celles-là, me dirent-ils, sont saines, et que celles-ci ont le foie <]ur, et qu'il y a de l'eau dans leur ventre. Comme l'abdomen n'était pas plus tuméfié sur les dernières que sur les premières, et qu'on ne voyait aucun autre indice de maladie, j'aurais cru qu'ils se trompaient, si je n'eusse bientôt été convaincu du fait en les examinant moimême après qu'elles eurent été tuées et ouvertes. Or voici de quel signe ils s'étaient servis : en soulevant la paupière supérieure de ces animaux, et en considérant la couleur des parties environnantes de l'œil, ils avaient reconnu les brebis qui étaient saines par la couleur ronge de ces parties, et celles qui étaient malades par leur couleur blanchâtre. Ainsi comme tout le reste du corps était couvert de laine, ils examinaient les parties qui en sont dégarnies, comme les médecins ont coutume d'examiner la face, et ils le faisaient avec d'autant plus d'avantage, que les petits vaisseaux se trouvant plus nombreux et plus évidens^à cet
56 TREWTE-HUITIJÈME LETTRE.
endroit, laissent voir d'une manière plus manifeste la nature du sang.
Je ne vous rapporterais pas ceci, si je n'avais vu dernièrement que Boerhaave (i) indique le même signe, à ce que je crois, et le transporte positivement de la médecine vétérinaire à la médecine humaine; de telle sorte qu'il enseigne que la couleur pâle de la tunique conjonctive et de la caroncule de l'œil annonce une cacochjcmie aqueuse , et que lorsque nous reconnaissons par ce signe que le sang rouge inanque, toutes les lésions qui sont la suite de cette pénurie existent. En effet, plusieurs d'entre ces lésions peuvent exister, ou s'ensuivre peu de temps après. C'est ainsi que parmi les brebis que j'ai dit avoir examinées dans cette circonstance, il y en eut une qui, quoique n'ayant pas le foie meilleur que les autres et n'étant pas moins hydropique qu'elles, se trouvait cependant très-grasse, avait une graisse blanche et ferme, et un épiploon très-beau. C'est que chez elle la maladie était plus récente; et si elle eût vécu avec cette affection aussi long-temps que les autres, elle aurait eu up épiploon et une graisse moins beaux. En effet, aux premières lésions il s'en joint de temps en temps d'autres, et d'autres encore ^ comme on le voit sur les cadavres des hommes, auxquels je reviens, et qui présentent la plupart du temps une altération des viscères d'autant plus
(i) Pftelect. ad Instit. ;, §. 868.
DE l'uYJ)ROP1SIE JIT J)E LA TYMPANITE. 67
grande, qu'ils ont été amaigris plus long-temps soit par une hydropisie, soit par des maladies antérieures à l'hydropisie. Je rapporterai un exemple de l'un et de l'autre cas, et d'abord du second.
3o. Gasp. Lombria, sénateur de Venise, d'un tempérament qu'on appelle bilieux, d'un corps gros et robuste, et par cela même faisant moins de cas des préceptes de la médecine pour tout ce qui concerne le genre de vie, ayant été pris après avoir passé sa quarantième année, d'une maladie longue et variée, et ayant fîiit usage outre mesure de boissons rafraîchissantes, fut bien guéri de cette affection, mais il conserva une légère tuméfaction du ventre. Cette tuméfaction ayant cédé à quelques remèdes, il ne présenta rien de remarquable jusqu'à ce que certains flux du ventre commencèrent à revenir par intervalles, non sans violence quelquefois. x4près ces flux du ventre, la soif qui du reste était pour ainsi dire innée en lui, augmentait, et les urines qui avaient coutume d'être rendues en grande quantité, devenaient alors très- foncées en couleur et diminuaient. Cependant les forces n'éprouvaient aucune diminution, jusqu'à ce quevers la fin de l'hiver de Fan 1722, qui était la quarante-septième année de son âge, ime diarrhée dans laquelle il avait rendu auparavant pendant huit ou dix jours une grande quantité de matières jaunes et liquides, le tourmenta pendant près d'un mois en donnant lieu à des évacuations d'une matière de différentes couleurs ,
îïjais la plupart du temps crue, séreuse, et non sans écume. Cette diarrhée ayant cessé au moyen d'un traitement convenable, redevint bientôt encore plus grave par suite de négligence dans le régime. Elle s'était calmée une seconde fois , lorsqu'un tremblement qui existait déjà à un trèsfaible degré depuis la naissance, et qui devint ensuite plus manifeste dans tout le corps après cette première maladie, et de temps en temps plus grave à la suite des flux du ventre, fut accompagné de nouvelles affections de la tête. Comme les médecins auxquels il aurait fallu obéir avec plus d'exactitude, lui avaient interdit autrefois l'usage des vins généreux à cause de ce tremblement, et qu'ils lui avaient fait pratiquer une petite saignée à raison de ceà nouvelles affections, ils remarquèrent au-dessus du caillot du sang, une couenne qui avait une couleur verte dans sa moitié. Cependant par l'emploi d'un traitement convenable déjà les forces, le teint, l'appétit, la quantité des urines semblaient s'être assez bien rétablis, lorsque le malade commença à s'en ennuyer, et ne voulut pas faire usage au-delà du trentième jour de remèdes qui n'étaient pas sans utilité. A l'omission de ces remèdes succédèrent bientôt des mouveraens violens du corps et de l'esprit, lesquels , quinze jours après la cessation des médicamens , furent remplacés tout à coup par le commencement de la maladie qui lui fut funeste. L'abdomen qui était gonflé souvent auparavant par beaucoup
JDE l'hYDROPISIE ET DU LA TYMPANITE. 5q
de vents, et qui se désenflait bientôt après, commença à se tendre et à présenter une tuméfaction continuelle et très- incommode , et à résonner comme un tambour à la percussion; les pieds commencèrent aussi à se tuméfier légèrement, les urines à prendre une couleur de flamme et à diminuer considérablement, et la soif à devenir pressante. Comme ces symptômes avaient déjà été remarqués à la fin de mai, et que Michelotti qui avait commencé à attaquer inutilement cette tympanite, et qui devait partir pour la France avant le milieu de juin avec des ambassadeurs de Venise, personnages d'une très -haute distinction, m'avait vivement recommandé le malade qui passait par Padoue dans le même temps, en me priant, si je ne pouvais le visiter assidûment avec son médecin, de l'aider au moins fort souvent de mes conseils, lorsque les autres occupations me le permettraient, je conjecturai sans avoir encore vu le sujet, uniquement d'après la lecture attentive de ce que je vous ai transcrit ici sommairement, qu'il existait une lésion de quelques viscères et une faiblesse de quelques autres, et je désespérai de le guérir; ce que je ne cachai pas aux parens, qui savaient bien qu'il n'avait presque jamais été sans quelque maladie depuis sept ans entiers, et qui en répondant à mes questions confirmèrent ce qui se trouve à la fin des livres sur les maladies, que le corps épuisé était passé cVune autre maladie à celle-ci. C'est pourquoi je leur annonçai positive-
6o TRENTE-HUITIÈME LETTRE.
ment ce qu'on .lit au même endroit immédiatement après : Si donc cette maladie attaque le sujet subitement^ il meurt parce que Vautre affection existe déjà depuis très-long-temps. Au reste, je ne changeai pas d'opinion après avoir vu ie malade, et tous \e& médecins de Padoue les plus célèbres de cette époque se rendirent dans la suite à mon avis. En effet, quoique les vents sortissent de temps en temps par en haut et par en bas, et que Fabdomen ne résonnât plus à la percussion , cependant son gonflement et les autres symptômes qui ont été indiqués, non-seulement ne diminuaient pas^ mais encore augmentaient de jour en jour, quelque moyen de guérison qu'on employât; en sorte que le malade paraissait avoir apporté ici, non plus une tympanite, mais une ascite formée précipitamment, et à laquelle se joignirent bientôt après une hydropisie de la poitrine, et enfin une hydropisie du cerveau, comme vous lé reconnaîtrez d'après les signes que je vais décrire.
D'abord, si embrassant un côté de l'abdomen avec la main gauche, on donnait de petits coups répétés sur l'autre côté avec la main droite, on sentait la fluctuation de l'eau qui frappait contre la main gauche. Mais peu de jours après le ventre qui était non-seulement rempli d'eau, mais encore tuméfié outre mesure et distendu, résistait à la main qui le frappait; et en même temps une œdématie considérable existait non-seulement aux pieds ou aux jambes, mais encore aux cuisses,
DE l'hYDIIOPISIE ET DE LA TYMPANITE. 6l
tandis que la face et les membres supérieurs maigrissaient Dans les commencemens il exista une toux, qui se (lissipa ensuite; mais comme le malade pouvait d'abord se coucher sur l'un et l'autre côté à volonté, il ne le put plus tard que sur le côté droit, et bien que le décubitus eût été possible pendant tout le cours de la maladie, cependant il fut forcé deux fois avant les dernières semaines de sauter de son lit à raison d'un sentiment de suffocation imminente, qui se dissipait aussi subitement qu'il était venu. Enfin, pendant les dix derniers jours environ il fut pris d'une sorte d'assoupissement, et souvent de quelque délire, mais très-léger. Alors aussi les forces du cœur, qui avaient été considérables pendant longtemps , s'affaiblissaient par intervalles ; mais celles des autres muscles ne manquèrent presque qu'au dernier moment. Le pouls n'avait jamais présenté aucune lésion , si ce n'est qu'on le trouvait souvent trop fréquent, surtout vers le soir, et que les chairs étaient trop chaudes; j'excepte pourtant deux accès de fièvre qui avaient eu lieu plusieurs jours avant la mort, l'un avec des frissons et un tremblement de longue durée, mais qui se termina en deux jours, et l'autre plus léger et plus court. Il existait au commencement un sentiment fort incommode à l'épigastre, et même une douleur entre le cartilage xiphoïde et l'ombilic. Cette douleur se fit sentir ensuite, non pas à cet endroit, mais çà et là dans le ventre, tandis qij'il
restait un sentiment de piqûre à la région du foie. Le sommeil et l'appétit, qui avaient été assez bons àès le principe, manquèrent le plus souvent dans le progrès de la maladie; mais la soif devenait dd plus en plus pressante. Le ventre rendait de luimême beaucoup de matières qni étaient liquides et jaunes la plupart du temps, et quelquefois vis^ queuses. Au contraire, Furine fut toujours trèspeu abondante, enflammée et foncée. Gommé le malade, les parens et les médecins ne désiraient rien tant que de voir celle-ci couler plus abondam^ ment, je ne puis dire combien et quelles espèces de médicamens il prit pour exciter cette excrétion* Je crois qu'il n'existe aucun remède faible, fortj simple, composé, à quelque règne qu'il appartienne, comme l'on dit, et passant pour jouir de la propriété diurétique, qui ne fût proposé par tant de médecins, ou que le malade ne prît. Tvlais tous furent inutiles, comme c'est l'ordinaire lorsque la nature résiste; jamais l'urine n'augmenta ni ne fut changée le moins du monde, si ce n'est que quinze jours environ avant la mort, et une seconde fois dans les derniers jours elle déposa au fond du vase quelque chose qui avait la couleur du tabac; en examinant ce dépôt avec plus de soin , je trouvai que c'était du sang mêlé avec un ichor, et je le fis voira ceux qui avaient inté-= rét à le savoir, pour qu'ils missent enfin un terme à l'usage des diurétiques. J'avais loué moi-même quelques-uiis de ces médicamens j et entre autres
DE l'hydropisii; et de la tympanjte. 63 quelques remèdes légers formés avec la résine de térébenthine; mais c'était dans un temps moins inopportun, d'ailleurs ces diurétiques étaient îDoins suspects, et je ne les avais pas conseillés dans l'espoir de la guérison, mais pour faire comprendre au malade que je ne désespérais pas de son état. Au reste, lorsque j'eus remarqué qu'ils n'avaient même pas donné aux urines cette odeur des violettes de mars qu'ils leur donnent ordinairement, je me défiai encore plus qu'auparavant de ces remèdes, et même de la voie des reins, et je pensai qu'il fallait plutôt revenir à celle des intestins, attendu surtout que ce qu'on appelle tartre purifié, dont nous nous servions par intervalles, produisait des évacuations alvines abondantes et souvent aqueuses sans aucune incommodité, et qu'il apportait toujours un soulagement de quelques heures contre le sentiment incommode qui existait à la région de l'estomac. Mais cette voie ne fut pas utile non plus. Le malade avait appris de Michelotti que l'urine de génisse lui avait réussi plus d'une fois contre l'anasarque. C'est pourquoi il voulut en faire Fessai; et quoique la saison de l'année et quelques autres circonstances analogues ne fussent pas telles que Lémery (t) les voulait, je me rendis cependant à son désir pour un remède qui est de la même espèce (^uer urine des brebis ou V urine des ânes ( que j'avais
(i; Mém. de l'Acad. Roy, des Sa, a, 1707,
lu dans Avicenne (i) avoir élé recommandées autrefois par certains médecins contre cette maladie ), et qui enfin chasse les eaux des ascitiques nonseulement par les reins, mais encore par le ventre, comme l'apprennent les observations de Lémery ; mais je m'y rendis à condition qu'il n'en boirait pas plus de sept onces le premier jour, et qu'il augmenterait ensuite la dose de deux onces chaque jour. Le premier jour il éprouva quelque chose que Lémery n'a pas noté , quoiqu'il passe en revue d'autres effets de ce remède; car peu de temps après avoir bu de cette urine, sa tète fut prise d'une sorte d'ivresse, mais cette ivresse ne fut pas longue à se dissiper, et elle ne revint pas les jours suivans , bien qu'il en bût davantage. Comme nous étions arrivés à treize onces le cinquième jour, et qiie le malade u'urinait pas davantage, tandis que les dé-- ' jeclions étaient plus abondantes, au point que ce jour-là il rendit quatre ou cinq livres d'eau par le ventre sans aucun préjudice pour les forces; on n'observa pas néanmoins que ce médicament fût autrement avantageux que le tartre, la tuméfaction du ventre ne diminuant eu aucuue manière, et celle des membres inférieurs devenant même plus considérable. C'est pourquoi nous suspendîmes alors l'usage de ce reniède. Quelque temps après le malade voulut y revenir; il en but pendant cinq jours consécutifs huit onces par jour.
(i) Canon., 1. 3, Fen. 14, tr. 4? c. i3.
DE l'hYDROPISIE ET DE LA TYMPANITE. 65
Il n'en fut pas plus avancé. Il fut même obligé de l'abandonner ) parce que la seconde fièvre dont j'ai parlé, survint. Il fit aussi us^ge inutilement, et plût à Dieu que c'eût été innocemment dans une maladie qu'il était plus facile d'augmenter que de diminuer; il fit, dis-je, usage inutilement d'autres remèdes de la même espèce, soit par la bouche, soit en lavemens, soit aussi en topiques sur le ventre. En effet un vieux médecin ayant ordonné d'appliquer sur celui-ci des sucs d'hièble et d'absinthe, il n'en résulta qu'une envie inutile d'évacuer^ et un prurit de la peau à la région du foie, où il se manifesta de petites veines livides. C'est pourquoi il ne voulut plus de^es sucs; et si quelquefois il fallait adoucir ses douleurs du ventre , aucune application sur l'abdomen ne lui était utile, si ce n'est celle d'un épiploon de mouton imbibé des huiles de violettes ^ d'absinthe et d'amandes douces. Mais ceci eut lieu auparavant. Arrivons maintenant à la fin de la maladie et à la dissection. Il mourut comme suffoqué, ayant la face et les épaules extrêmement livides; et après sa mort l'eau et le sang lui sortaient par la bouche et par le nez.
Examen du cadavre. Le cadavre fut disséqué le lendemain, c'est-à-dire le 3 août de l'année que j'ai indiquée plus haut, pour êire embaumé. Les membres supérieurs étaient parsemés de quelques espèces de pétéchies noires^ Mais un œdème s'éten*
Vf* 5
66 ÏRENTE-HUITIÈME LETTKE.
dait à travers le dos des membres inférieurs jusqu'aux épaules. Le ventre contenait une quantité aussi grande que possible d'eau fétide d'un vert jaune, par laquelle il était distendu outre toute mesure. Au milieu de cette eau nageaient quelques flocons qui semblaient être formés d'un mucilage purulent, et qui, je crois, étaient des lambeaux de Tépiploon. L'estomac et les intestins qui n'étaient presque pas gonflés, étaient noirâtres, ainsi que le mésentère. Le foie était dur, et entièrement composé en dedans et en dehors de tubercules, c'est-à-dire de lobules glanduleux trèsapparens, et très-manifestement distincts; cependant il n'était pas plus gros que dans l'état naturel. Du reste la rate était volumineuse, et d'une substance compacte, laquelle après avoir été incisée ne laissa point écouler de sang. L'un des reins contenait un ichor dans le bassinet. Dans la poitrine, surtout à droite, il y avait beaucoup d'eau de la même qualité que' celle du ventre. Il y en avait également dans le péricarde, où néanmoins elle n'était pas très-abondante. Les poumons étaient engorgés et noirâtres. Le cœur était sans sang, et à plus forte raison sans concrétions poly penses. Comme on embaumait le cadavre pour ne le transporter qu'à Venise dans le tombeau du père du sujet, il ne nous fut ni nécessaire ni permis de torcher à la tête.
3i. Depuis le temps où J. Posthius observa, comme on le voit dans cette section du Sepiilchre-
DE l'hYJ^ROPISIE ET DE LA TYMPANITE. 67
tum (1), que dans une ascite la substance thi foie était entièrement granuleuse à V intérieur ^ puisqu'on 'voyait partout des grains de la grosseur de pois , on a recueilli beaucoup d'autres observations semblables dans la même maladie. Il y en a dans le même ouvrage quatre autres, une (2) de Wepfer dans laquelle le foie ou son corps parut composé de beaucoup de glandes ^ une autre (3) de Ruysch , une troisième (4) de Brown , et une quatrième (5) de Hartmann , dans lesquelles le même viscère parut composé tout entier de véritables glandes volumineuses , ou de glandes ^ ou de lobules. Or, les plus petites parties du foie ne peuvent pas grossir à ce point sans nuire considérablement aux fonctions de ce viscère et au mouvement du sang dans le ventre, en comprimant d'autres parties intermédiaires, ou du moins les petits vaisseaux sanguins. C'est pourquoi ce fut en vain que Posthius et Brown évacuèrent l'eau, qui revenait de temps en temps à cause de la lésion dufoie^ comme Erasistraîe en donnait l'avertissement d'après le rapport de Celse (6). Car relativement à ce que ce dernier répond qu'après avoir évacué le liquide la médecine peut opérer
(i)Sect. tii, oibs. t\,% au
(2) Obs. 32.
(3) In addit. , obs. 34»
(4) Obs. 49. !
(5) Obs. 5o.
(6) De medic, 1. 3, <î. ssii
la guérison du foie, il est certain qu'une lésion du foie de cette espèce n'est pas telle qu'elle admette les secours de la médecine; et quoique du reste elle ne se manifeste que par la dissection, cependant il y a tant d'autres maladies de ce viscère et d'autres organes qui n'admettent point de guérison, que lorsqu'il existe des indices de lésions de ces parties, il ne faut pas imprudemment recourir à l'évacuation des eaux. C'est pour cela que personne parmi un si grand nombre de médecins, ne la proposa au malade noble dont il a été question.
Du reste, relativement à ce que plusieurs médecins craignent avec Baillou (i) et Sanctorius (2), que l'inflammation et la gangrène du péritoine et des intestins ne soient la suite de l'évacuation de l'eau, ce n'est pas sans raison qu'ils peuvent paraître le craindre, quand on lit les exemples de ceux chez lesquels l'eau avait été évacuée, exemples dont un grand nombre sont rapportés dans le Sepulchretum (3). A ces cas vous en ajouterez surtout un autre qui est fameux, et qui a été décrit par le célèbre Scherbius {l\) sur un homme chez lequel un calcul formé dans le réservoir du
(i) In schol. f ad J. i, obs. 5 ^ hujus sect. Sepulclir.
(2) Ibicl.
(3) Obs. cit., et 2 et 4^ §. 1 et 6 j et obs. 11, §. i ; et in addit., obs. [^(^, et 64, et 76, et 86.
(4) De calcule receptac. chyli hydr. causa.
DE l'hYDROPISIE ET «E LA. TYMPAîflTE. 69
chyle avait donné lieu en s'opposant à la montée facile de celui-ci et de la lymphe dans le canal thoracique, à une ascile telle que les eaux furent évacuées sept fois par des chirurgiens, parce qu'il en revenait toujours de nouvelles, jusqu'à ce que la mort survint seize heures après la dernière évacuation. Mais bien que cette hydropisie n'eût point pour cause une altération des viscères, comme vous le voyez très-clairement, néanmoins VépU ploonfitt trouvé presque entièrement détruit^ et les autres viscères attaqués de gangrène; et cela n'est pas étonnant, dit Scherbius, puisque par le laps du temps ces lésions deviennent remarquables sur tous les hydropiques.
Mais l'amour de la vérité ne me permet pas de passer sous silence ce que l'on peut dire en faveur de la paracentèse, attendu que ces derniers mots eux-mêmes ne s'opposent pas absolument à cette opération, et même qu'ils la conseillent jusqu'à un certain point si l'on y fait bien attention, xiinsi , pour ne pas chercher si ces lésions sont toujours l'effet de l'évacuation de l'eau (quels que soient l'instrument et le mode que l'on emploie pour l'évacuer, et le nombre de fois qu'on l'évacué), et de l'introduction de l'air, elles qui sont assez souvent produites par la maladie elle-même, comme le prouvent les cadavres des hydropiques chez lesc|uels les intestins sont noirâtres comme sur notre sujet, bien que l'eau n'ait point été évacuée, il est certain que des guérisons complètes assez nom-
breoses obtenues de cette manière sont en faveur de cette opération, ainsi que les dissections ellesmêmes, lesquelles ont fait voir quand les malades étaient morts par une autre cause, que les intestins étaient en assez bon état, et qu'il n'existait dans l'abdomen ni même dans le péritoine à l'endroit où il avait été perforé, aucun vestige d'inflammation^ et bien moins encore de putréfaction sphacéleuse ^ pour me servir des expressions de Polyc. Schacher(i), quand il rapporte la dissection d'une fille qui était ascitique déjà depuis long-temps, qui mourut le huitième jour après l'opération, et chez laquelle on évacua beaucoup d'eau successivement. 02. Mais les exemples de succès de cette opération sont, ou du moins étaient si rares chez nous, qu'ayant resté long-temps à Bologne je n'ai entendu aucun médecin <issurer qu'il l'eût vue réussir, tandis que j'ai observé moi-même dans cette ville, et que j'ai appris de tout le monde, que des chirurgiens étrangers qui n'étaient pas des hommes ordinaires, avaient été malheureux en la pratiquant. Je me souviens même qu'Albertiiii comparant entre elles la phthisie et l'ascite, disait qu'il avait parfaitement guéri trois fois la première quoique confirmée, mais que jusqu'alors il n'avait guéri aucune hydropisie du Centre qui fût déclarée. En effet, disait-il, si l'eau est évacuée par le chirurgien , je vois que les malades
(i) Diss. suprà, î^d n. 8 cit.
J3E LHYDROPISIE ET DE LA TYMPANITE. yi
meurent; si elle est poussée avec trop de force par le médecin dans les voies des reins on des intestins, les remèdes qui chassent la sérosité vers ces voies agissent moins sur celle qui est épanchée dans le ventre que sur celle qui reste encore dans le sang, et ils ne la poussent pas plus dans ces voies que dans le ventre où elle a déjà une issue ouverte. C'est ce qui eut lieu dernièrement, à ce qu'il racontait, sur un homme noble chez lequel des remèdes de cette espèce administrés par un empirique avaient tellement augmenté la quantité des urines , en même temps que la tuméfaction , du ventre, qu'on ne put presque rien trouver dans les vaisseaux sanguins après la mort. Cependant il ne cachait point qu'il avait appris ou lu que des guérisons étonnantes d'ascitiques avaient été opérées, et que cinq l'avaient été, disait-on, à Bologne par la ponction du scrotum. Mais comme parmi ces sujets il croyait que les uns avaient été plutôt attaqués d'une anasarque que d'une ascite, que d'autres avaient bien été pris d'une ascite, mais non encore confirmée, et que quelques-uns avaient eu une hydropisie du péritoine, il n'en restait certes pas beaucoup qu'on pût véritablement citer, et encore leur guérison était-elle due plutôt à la nature qu'à l'art, d'après ce qu'il pensait. Effectivement les^ forces de la nature sont grandes, et elles guérissent souvent d'autres ma- , iadies, et quelquefois celle-ci.
Il arriva dans mon pays qu'un enfant noble qui
7^4 TREJYTE-HUITIÈME LETTRE.
avait été pris deux fois d'une fièvre ardente, but beaucoup d'eau dans sa première et dans sa seconde maladie; l'une et l'autre furent suivies d'une asciîe, et l'une et l'autre ascites se dissipèrent par l'évacuation spontanée d'une grande quantité d'eau; je dis spontanée, car cela était connu de tout le monde, et me fut confirmé par son médecin, qui ne se serait pas facilement ravi l'honneur de ces cures. C'est que la nature s'était suffisamment ouvert les voies pour résorber le liquide stagnant dans le ventre, et pour le transporter ailleurs; et ces voies étaient les mêmes que celles doni elle se servit sur ce marchand de Méad (i), chez lequel les vaisseaux reçurent de nouveau dans une seule nuit et conservèrent toutes les eaux qu'on devait évacuer le lendemain en perforant l'abdomen. Mais lorsque la nature n'opère rien par elle-même, ni par des excitans légers, ni par des stimulus un peu plus actifs, faut -il agir avec la plus grande énergie et avec danger si elle résiste, ou plutôt faut-il, quand tout le permet, avoir recours à l'évacuation de Feau, qui est un moyen indiqué primitivement par elle, comme il est permis de le croire?
33. En effet, Beniveni et d'autres auteurs cités par Donatus (i) et par Gabelchover (3), ne sont
(i) Monit. medic. , c. 8 in fin.
(2) De medic, liist. mirab. , 1. 4^ c. 21.
(3) Sect. hac Sepulchr. in sçbol,, ad J. i, obs. 6.
DE l'hYOROPISIE ET DE LA TYMPANITE. 'j'^
pas les premiers, je crois, qui aient vu l'ombilic s'ouvrir par l'impulsion d'une quantité énorme d'eau, et la giiérison de l'ascite s'opérer par la sortie de celle-ci; mais les anciens l'observèrent autrefois, et ils remarquèrent que ceux chez qui toute l'eau sortait en même temps mouraient, tandis que quelques uns de ceux chez qui elle sortait peu à peu ou par parties gnérissaient. C'est pourquoi les médecins purent, comme à leur ordinaire, imiter la nature qui avait bien opéré, et ensuite Hippocrate (i) et Celse (2) purent avertir de ne pas évacuer tonte Feau en même temps, attendu que le cas est mortel. Au reste, les causes de ce phénomène ont été exposées par plusieurs hommes sa vans de notre siècle, et entre autres par Duverney le jeune (3), par Werlhof (4), par Méad (5), et plus longuement par l'illustre Senac (6). Leurs explications semblent être confirmées aussi par une observation (7) où toute la rjfiatière fut évacuée sans défaillance, mais avec tant de lenteur à raison de sa ténacité, qu'on y employa près de trois heures; ce qui vous paraîtra moi us étonnant lorsque vous aurez appris
j. - -.-.-.-- - . - -. . . . - — ■■■i^rw^-B-a-i ^
(i) Sect. 6, aph. 27.
(2) De medic ,1. 2 , c. 8.
(3; Méni. de l'Acad. Roy. des Se. , a. lyoS.
(4) Commerc, iilt. , a 1735, hebd. 87, n. 2.
(5) C. 8 suprà, ad n. 3?- cit.
(6) Traité du cœur, I. 4 ? c. lot , n. 3.
(7) Commerc. liu., a. 174^^ iisbd. 62, n. 3.
y4 TRENTE-HUITIEME LETTRE.
du célèbre Targioni (i) qu'il a existé un hydropique dont le ventre était rempli d'une gélatine si épaisse, qu'un chirurgien très- expérimenté ne put l'évacuer d'aucune manière. Mais rien n'a confirmé davantage ces explications, que le moyeu heureusement imaginé d'après elles pour faire sortir en même temps toute l'eau sans aucun accident; ce moyen consiste à serrer l'abdomen avec des bandes non-seulement quand l'eau est évacuée, comme Duverney (2) déjà cité l'ordonnait après une évacuation fort considérable, mais encore (et c'est surtout alors qu'il faut le serrer de plus en plus) pendant qu'on l'évacué.
Le grand médecin Méad (3), qui le premier a imaginé et employé ce moyen, rapporte qu'il a parfaitement guéri de cette manière plusieurs sujets, et entre autres une femme chez laquelle on évacua en même temps et d'une fois toute Feau qui pesait soixante li^^res ; il dit aussi qu'il en fit vivre une autre pendant six ans et sept mois, espace de temps pendant lequel on lui tira une quantité d'eau qui serait incroyable si la chose n'était pas connue de tout le monde à Londres, c'est-à-dire jnille neuf cent vingt livres. Au reste, les chirurgiens qu'il nomme et qui sont célèbres parmi les Anglais, ont dit avec quelle prudence il faut
(i) Prima raccolta di osserv. med.
(2) Mém. cit.
(3) C. B cit.
DE LHYDROPISIE ET DE LA TYMPANITE. 7 5
entreprendre et agir dans ces cas; quoiqu'il connût encore lui-même une hydropi(|ue qui survécut à une rupture spontanée de Tabdomen , à la suite de laquelle il s'écoula une grande quantité d'eau. Il existe d'ailleurs un exemple semblable à celui-là; c'est celui d'une autre femme dont vous lirez la description faite par Kebel (i). Chez l'une et chez l'autre l'abdomen excessivement distendu s'était rompu près de l'ombilic.
D'un autre côté, il y a d'autres observations dans lesquelles les sujets survécurent à l'évacuation des eaux qui sortirent spontanément par Fombilic lui-même, mais presque jamais elles ne furent évacuées toutes en même temps; ces observations ont été rapportées non-seulement par les auteurs que j'ai nommés plus haut, mais encore par d'autres (2). Cependant les médecins n'ont pas continué à ouvrir l'ombilic pour guérir l'asciîe, les uns parce qu'ils étaient arrêtés par des observations contraires, et la plupart parce qu'ils savaient par expérience que plus l'abdomen s'amincit à cet endroit avec facilité quand il est distendu par l'eau, plus il lui est assez souvent difficile de se guérir dans la suite, et de se fermer assez bien momentanément pour empêcherqu'ilnesorte plus d'eau que ne pourraient le supporter les forces du malade, et enfin parce qu'ils n'ignoraient pas
(i) Eph. N. C, dec. 3^ a. 9 et 10, in obs. 122. (2) Act. N. C. ; tom. 8, obs. 79.
qu'on ne peut Févacuer en totalité qu'en faisant coucher le malade sur le ventre, position trèsincommode. Car relativement à ce qu'il vaudrait mieux qu'elle fût évacuée par l'ombilic, par la raison que la veine ombilicale étant ouverte de cette manière, l'humeur aqueuse qui^ro viendrait du foie ne se répandrait pas dans le ventre, mais serait rejetée hors du corps; c'est une opinion à laquelle les hypothèses et les idées de quelques médecins dont parle Avicenne (i) ont donné naissance plus tard, et qui a paru enfin confirmée par quelques observations. En effet, il y a eu des auteurs qui, comme vous le voyez dans cett€ section du Sepulchretum (2), ont dit que cette veine contractée dès autrefois en ligament, se trouvant ramollie par l'arrosement continuel des eaux s'ouvre de nouveau, et rejette alors par Fombilic la sérosité qui provient du foie , et qu'ils l'ont vue tellement dilatée dans ces cas, qu'elle recevait le cathéter et une plume d'oie, et qu'elle était remplie d'une eau assez abondante. Quant à moi, quand même j'accorderais que sur quelques sujets elle se maintient ouverte comme elle l'est dès le principe plutôt qu'elle ne s'ouvre de nouveau avec facilité, et qu'après la naissance elle ne se rétracte pas en haut de l'ombilic vers le foie, comme Schulze (3)
(1) Tract, suprà, ad n. 3o cit., c. 5.
(2) Obs. i3 cum schol. , et obs. 14^
(3) Diss. de vasis umbilic. nator. et adultor.
DE LHYDllOPISIE ET DE LA TYMPANITE. 77
i'a rapporté, de manière à ne plus parvenir jus- <ju'à Torifice ombilical , je ne verrais pas pour cela comment elle recevrait seulement la sérosité au sinus de la veine-porte, et laisserait le sang. Je dis ceci moins à cause de Plater et de Fabrice de Hilden, qu'à cause de Rolfinck qui est plus moderne que l'un et l'autre. Cependant je ne nie pas leurs observations; mais je soupçonne seulement qu'ils trouvèrent, non pas la veine ombilicale, mais uniquement sa gaine ouverte et remplie d'eau, laquelle gaine est formée par une duplicature du péritoine qui augmente la grosseur de cette veine. En effet, les membranes se relâchent facilement sur les hydropiques, et leurs interstices se remplissent d'une eau surabondante. Ici mon soupçon est fortifié par une observation qui n'est pas de Riolan (i), comme Rolfinck ie Croyait, mais qui se trouve cependant dans Riolan. La veine ombilicale, dit-il, /w^ trouvée fistuleuse sur une femme hjdropique , et Veau se répandait par cette veine entre le péritoine et les muscles de V abdomen. Mais rapportons, comme je l'ai promis {2), le cas d'une hydropisie de longue durée.
34' Le sang ayant cessé de s'écouler par l'utérus deux ans auparavant chez une fille âgée de vingt ans, il se manifesta d'abord des douleurs aux hy-
(i) Anthropogr. 5 1. 2, c. 12.
(2) N. 29 in fin.
pochonrlres, et ensuite îe ventre se tuméfia. Elle éprouvait déjà depuis environ un an cette tuméfaction , contre laquelle elle avait fait inutilement usage de différens remèdes, lorsqu'elle fut reçue à cet hôpital de Padoue. Le ventre avait un volume considérable; cependant elle aussi put se coucher jusqu'à la fin, pendant tout un mois qu'elle y resta; or elle se couchait le plus souvent sur le côté gauche. Elle était altérée , mais pas beaucoup , si ce n'est lors de l'augmentation d'une petite fièvre qu'elle avait continuellement, et cette exacerbation avait lieu par intervalles. Elle rendait peu d'urine, laquelle néanmoins n'était pas très-roiigeo Elle se plaignait de temps à autre de ces douleurs des hypochondres dont il a été parlé, et qui semblaient être convulsives, mais qui n'étaient pas très-violentes. Plusieurs moyens ayant été mis en iisage,on n'en retiraaucun avantage; jamais l'urine n'augmenta de quantité. Parmi ces remèdes il y en avait quelques-uns qui produisaient au malaise, comme la gomme ammoniaque avec la résine de térébenthine; c'est pourquoi on les abandonna. Enfin , le ventre s'étant relâché de dur qu'il était, il commença à s'écouler des matières liquides fétides, mais non purulentes. Le flux de ces matières persistant sans que la tuméfaction du ventre diminuât, et pendant que les forces s'affaiblissaient de jour en jour, le pronostic qui se trouve à la fin du quatrième Livre sur' les maladies relativement à l'hydropique, se vérifia : mais des que le ventre
DE l'hYDROPISIE ET DE LA TYMPANITE. 79
est aussi extrêmement relâché , il meurt très-promp^ lement en sentant et en parlant. C'est pourquoi ses facultés intellectuelles s'étant conservées jusqu'à la fin, elle mourut vers le milieu de décembre de l'an i7/|4- I^e lendemain ayant appris ce qui a été rapporté, et l'ayant exposé à un grand nombre d'auditeurs, en annonçant d'avance quelques-uns des objets qui furent trouvés bientôt après sous leurs yeux, la dissection fut commencée incontinent à l'hôpital.
Examen du cadavre. Le cadavre était maigre, surtout dans ses membres supérieurs; cependant il ne l'était pas beaucoup. Lés membres inférieurs étaient affectés d'un œdème si léger, qu'on le distinguait à peine si on n'appliquait pas le doigt sur ces parties, et il ne s'étendait même pas jusqu'au haut des cuisses. Le ventre était très-gros, mais non tendu; l'ombilic n'était pas tendu non plus, quoiqu'il fût saillant. L'abdomen ayant été perforé à l'un de ses côtés, il en sortit peu à peu une grande quantité d'eau qui laissait dans les mains la même sensation qu'une eau de lessive dans laquelle on les aurait plongées. Celle qui s'écoula en premier lieu était jaunâtre et claire; le reste était moins clair et comme blanchâtre. En examinant des portions de l'une et de l'autre vingt-quatre heures après les avoir laissées dans un très-grand vase , tout le liquide me parut blanchâtre; mais en le versant peu à peu d'un vase dans un autre, il avait plutôt une apparence jaunâtre; d'ailleurs il n'y
8a TREWTE-HUITIÊME LETTRE.
avait point, comparativenietil à la quantité d'eau ^ un dépôt considérable crhumeur blanchâtre, laquelle était épaissie aussi par de petits morceaux d'épiploon qui étaient mêlés avec elle, et par d'autres corps dont je parlerai plus bas. Du reste, ni l'eau nir le cadavre n'étaient félidés, quoique les intestins grêles eussent commencé à devenir noirâtres en trois endroits, mais dans une étendue qui ne dépassait pas un travers de doigt. La plupart de ces intestins étaient gonflés par de l'air , mais pas beaucoup. Les gros intestins, de même que l'estomac, étant entièrement vides, leurs parois se touchaient. A l'exception d'une petite portion d'épiplooM qui était adhérente à l'estomac^ toutes ses autres parties étaient pour ainsi dire déchirées en morceaux, lesquels étaient entièrement séparés de celte première portion, et les uns des autres, tandis que i'un d'eux formait un corps cylindrique, rougeâtre, mou, qui avait presque la longueur d'une aune. Le foie était attaché au diaphragme par toute sa face convexe, et même par son bord antérieur; et dès qu'il en eut été se* paré, on vit que cette face était plus saillante que ne le comportaient ce viscère lui-même, et la sta* ture de la fille qui approchait de la petitesse. En le coupant je le trouvai un peu trop pâle et trop dur partout, excepté dans le lobe de Spigel ; d'ail^ leurs sa vésicule contenait une petite quantité de bile d\ni jaune brunâtre, trouble, visqueuse. La rate était saine à l'intérieur, si ce n'est qu'elle
DE l'hYDROPïSIE ET DE LA TYMPANITE. ^I
étaifplus vulumineuse que dans l'état naturel. Il existut une autre rate éi^alernent saine, mais beaucoup plus petite, puisqu'elle n'avait qu^m travers de doigt de diamètre; elle était arrondie, et se trouvait fixée entre les vaisseaux et les membranes attachées à la plus grande, de laquelle elle était très-près, mais entièrement séparée : du reste elles avaient absolument la même structure interne et la même couleur. Mais sur la tunique de la plus volumineuse il s'élevait çà et là, outre des hydatides, de petits corps arrondis, blancs, durs, et de différente grosseur; la plupart cependant étaient un peu plus^ros que des grains de millet. Des corps seJiiblaLles existaient en différens endroits à la face interne du péritoine, et à la face exter.ie des intestins , surtout des intestins grêles, où il y avait aussi des hydatides. T^a plus graiule de celles-ci égalait une petite pomme ronde du diamètre de deux doigts, et avait des vaisseaux sanguins qui de l'intestin s'étendaien t sur sa membrane, et se divisaient en branches. El!e contenait de l'eau qui n'avait presque aucune couleur, mais qui était muqueuse en partie. Le pancréas était un peu dur. D'ailleurs le mésentère était presque rempli de glandes développées au-delà de leur grosseur naturelle, et qui avaient une dureté et une blancheur tout-à-fait squirrheuses. Cependant je trouvai une lésion particulière, qui était la principale, dans les ovaires, dans les trompes et dans Tutérus lui-même; elle ne se manifesta dans ce Vf. 6
82 TREISTE-HUITIÈME LETTRE.
dernier que par la section du viscère, tandis qu'elle se présenta d'elle-même à la vue dans les ovaires et dans les trompes. En effet, ces dernières parties d'un côté comme de l'autre étaient tellement unies entre elles , et avec les ligamens larges , en formant par leur épaississement une masse tubéreuse , informe et assez considérable , qu'on ne pouvait absolument les distinguer l'une de l'autre, ni à plus forte raison les séparer. La surface des deux masses fut trouvée déchirée dans une assez grande éten*due, et s'était ouverte d'elle-même , comme si c'eût été un grand stéatome qui se fût rompu. J'ai comparé ces masses avec ce corps, parce qu'elles étaient composées d'une matière qui ne ressemblait à rien tant qu'à du suif à demi desséché, tant elle était blanche et onctueuse au toucher, et tant elle cédait facilement à un stylet qu'on y enfonçait. Quand on la déchirait, on reconnaissait qu'elle était formée comme d'autant de petits morceaux. Du reste elle était parfaitement inodore. De même que les parties que j'ai nommées paraissaient changées en suif, de même lorsque j'eus coupé plus profondément le fond de l'utérus qui était sain à l'extérieur ainsi que dans la plus grande partie de ses parois, je vis toute la substance restante de l'intérieur des mêmes paroles transformée en une matière semblable à celle qui a été décrite tout à l'heure, si ce n'est qu'elle approchait un peu de la couleur cendrée. La cavité du fond était aussi remplie de la même matière, dont la partie la moins
1>E L*HYf)ROPISlE ET DE LA TYMPANITE. 83
solide paraissait être tombée habituellement dans le vagin à travers le col, auquel les restes de la matière elle-même q!i'on pt)Mvait essuyer avec facilité, donnaient une couleur blanchâtre. Toutefois le col était parfaitement sain en dedans et en dehors, et son ampleur ainsi que celle du fond n'étaient pas plus considérables qu'elles ne devaient l'être sur une fille de cet âge, si ce n'est que l'orifice interne de l'utérus parut un peu trop large. Les autres parties du ventre, et surtout les reins, étaient sains. Cependant le tronc de l'aorte parut moins gros que dans l'état naturel. D'ailleurs le diaphragme montait fort haut dans la poitrine, et cela beaucoup plus dans le côté droit, où il était poussé par une protubérance du foie, comme je l'ai dit. Quand je séparai ce viscère du diaphragme en coupant la veine-cave, il ne s'écoula pas beaucoup de sang de ce vaisseau, et ce liquide était noir et non concrète. Les poumons étaient très-étroitement adhérens de toutes parts à toutes les parois de la poitrine, même aux inférieures. La partie supérieure de celui du côté gauche était un peu endurcie dans un endroit, sans néanmoins être évidemment altérée. Le péricarde contenait beaucoup d'eau de la même qualité que celle du ventre. Le cœur ésait flasque, et dans ses cavités ainsi que dans les gros vaisseaux il n'y avait pas beaucoup de sang, lequel était noir, mais moins liquide que dans la veine-cave inférieure, quoique sans aucune concrétion polypeuse. Peu-
danl qu'on séparait la tête du cou, il s'écoula un peu d'eau soit de la cavité des vertèbres, soit de celle du crâne. Mais les ventricides latéraux du cerveau contenaient aussi de la sérosité qui n'était pas absolument en petite quantité , et qui se trouvait brunâtre et trouble; d'ailleurs les plexus choroïdes étaient pâles en très-grande partie. Cependant le cerveau était assez ferme; le cervelet était très-mou.
31 II y a dans l'observation qui a été rapportée beaucoup d'objets qui, si je les poursuivais chacun en particulier, rendraient cette Lettre beaucoup plus longue que la précédente. C'est ce que vous comprendrez d'après ce que j'écrirai seulement sur les hydatides. En effet, bien que cette lésion de l'utérus mérite beaucoup que j'en parle , cependant j'aurai une occasion plus favorable pour le faire dans d'autres Lettres, et peut-être dans la prochaine (i); car elle ne fut certainement pas la cause prochaine de l'hydropisie dont il est question dans celle-ci, comme les hydatides donnèrent lieu à cette affection par leur rupture, à ce que je crois. Car de même qu'il y en avait quelques-unes sur la face externe des intestins et de la rate, qui n'étaient pas encore ouvertes, de même je pense qu'il en avait existé presque une infinité soit sur ces viscères, soit sur d'autres parties, et que ces dernières s'étant rompues long-temps auparavant
(i) Epist. 39, n. 36.
DE l'hYOROPTSIE ET DE LA TYMPAKITE. 85
avaient répandu leur humeur dans !a cavité du ventre. Et pour ne pas vous retenir par beaucoup de raisonnemens , les observations (i) que j'ai faites fort souvent sur les tuniques albuginée et vaginale des testicules, me portent à croire qu'après que les lames membraneuses des hydatides, c'est-à-dire des tuniques dans lesquelles elles se développent, et qui embrassent leur humeur, ont répandu celle-ci par leur rupture, elles et leurs petits vaisseaux se contractent d'abord en forme de caroncules, et que si une nouvelle humeur ne continue pas à s'écouler par cette rupture, elles s'endurcissent et finissent par se dessécher, demanière à représenter des tubercules blancs, durs et arrondis, plus grands ou plus petits suivant la grosseur des hydatides, et tels que ceux qui existaient chez la fille en question à la face interne du péritoine, et sur son prolongement à l'extérieur de la rate et des intestins.
Lisez, si vous voulez, dans le Sepulchretum (2) une observation de Jac. Wolff , qui dit que des caroncules qui réjpandaient un ichor après leur ouverture, étaient adhérentes cà et là aux intestins d'une ascitique. Lisez ce qui y est rapporté d'après Bilger (3) relativement à une autre ascitique, savoir que tous les intestins étaient remplis de tous
(1) Vid. Epist. 43, n. 16 et seq.
(3) In addit. ad hanc seet. 21, obs. 65-
(3) Sect. eadem, obs. 20, J. 16.
cotés , ainsi que les deux flancs autour du dia-^ phragme, de plusieurs milliers de petits grains y seîU" hlahles aux pustules des cochons, k ces observations ajoutez celles qui furent publiées dans la suite sur d autres hydropiques, par exemple celle du célèbre Auhorue (i), qui vit sur un adolescent le péritoine parsemé de petits nœuds glanduleux qui rendaient une eau limpide si on les pressait , et qui remarqua que celte m^ruhr ^ue présentait çà et /^ sur une femme w/2 grand nombre de tubercules glanduleux ^ semblables à des fèves ^ plus ou moins gros, saillans y et rendant à la pression une eau limpide. Il en est de même des observations de Stegmann (2) et de Gœlz (3), dont le premier trouva sur un homme le pancréas comme parsemé de grains de millet, tandis que le second remarqua sur une filie qu'à l'intérieur d'un sac qui avait contenu un liquide, étaient attachés çà et là divers tubercules de différente grosseur , depuis celle d'un gros pois jusqu à celle d'un petit grain de chanvre , tantôt solitaires , tantôt rameux , squirrheux , durs, et ne répandant ni liquide ni gélatine quand on les coupait.
Relisez enfin ce que je vous ai écrit ailleurs (J\) sur de petits grains ou tubercules durs et saillans
(i) Eph. N. C. , cent. 9 , obs. 100, n. 2 et 7. (2) Earumd dec, 3, a. 5 et 6, obs. i68v (3") Act. N. C. , lom. SI, obs. 2o3.
(4) Episl. 16, n. 3o; elEpibt. 22, h. 18-
DE l'iIYDROPISIE ET DE LA. TYMPANITE. 87
que je trouvai à la face interne du péritoine ou de la plèvre, lorsqu'il y avait encore de l'eau épanchée dans les grandes cavités que ces membranes embrassent; vous reconnaîtrez fiicilement îa série des changemens successifs que j'ai indiquée. Il arriva par hasard les années précédentes qu'on trouva la tunique externe de tous les intestins parsemée d'un grand nombre de tubercules arrondis, sur une femme qu'une ascite avait enlevée. Une partie d'intestins grêles me fut apportée pour que je jugeasse ce qu'étaient ces tubercules. Au premier aspect ils ressemblaient à des glandes lenticulaires un peu engorgées, mais sans orifices et solides, et ils paraissaient formés d'une substance non pas glanduleuse ou charnue, mais intermédiaire jusqu'à un certain point entre l'une et l'autre. Je pensai que je ne pouvais rien établir de plus vraisemblable qu'en conjecturant que c'étaient des restes d'hydatides rompues, qui s'étaient contractés sur eux mêmes, mais non pas encore assez pour pouvoir être secs et durs. Et je ne fus pas détourné de mon opinion par le nombre extraordinaire d'hydatides qu'il fallait qu'il y eût eu, me rappelant bien la quantité infinie de celles qu€Coïter(i) trouva autrefois sur Pérégrini, professeur de Bologne. Des vésicules de différente grosseur ^ et remplies d'une eau limpide y étaient adhérentes partout^ dit-il, au mésentère, au péri-
(ij Obs. anat..
toine y aux intestins, à la rate , au foie y enfin à tous les viscères.
Mais pour ne pas trop vous éloigner des observations (l'anlres auteurs anciens, ni même du Se^ pulchretum ^ oix celle de Coïter n'a point été omise en entier(i), voyez comme Phii. Persius(2) trouva sur une femme, qui de même que notre fiiie avait été attaquée d'une hydropisie à la suite de la suppression des menstrues, dQs vessies de cette espèce {^leur nombre aurait excédé neuf cents) suspendues aux reins., à V utérus^ à V estomac ^ aux intestins , au cœur , au péricarde , au foie et à la rate; et comme Maur. Cordaeus (3) observa sur une autre femme toutes ces parties et d'autres (je ne parle pas de leur intérieur) couvertes et surchargées en dehors de ces kystes suspendus, de grosseur et de forme différentes, remplis d'eau citrine , et qui 2iura\ent facilement dépassé le nombre de huit cents; pour ne rien dire .d'une troisième femme (car le liquide n'était pas encore épanché dans le ventre) que Von croyait enceinte, et qui, d'après l'observation de Biillou (4), avait tout l'intérieur du corps y Vépiploon y le mésentère ^ le foie , la rate., les poumons ^ le cœur lui-même et le péritoine as^ sièges de vésicules remplies d'une eau très-pure.
(i) Sect. bac 21, obs. i\y%. 8.
(2j lbid.,%. 6.
(4; Sejjulcbr., 1. 3, s. 87, obs. 3, J. 12.
DE l'hYDROPISIE ET DE LA. TYMPANITt. 89
36. Vous voyez donc que les parties qui étaient hérissées de tubercules çà et Jà sur notre fille, étaient assiégées sur d'autres hydropiques d'un grand nombre d'bydatides; je veux parler des intestins, de la rate et du péritoine. Celui-ci en est même quelquefois couvert d'une si grande quantité, quon le voit à peine, comme Ruysch (i) l'a trouvé et dessiné, ou qu'il se résout en filamens et en vésicules pleines d'eau, comme Paaw (2) reconnut qu'il avait subi cette transformation dans la cavité du ventre, en même temps que î'épiploon, par la raison que l'un et l'autre n'existaient pas à leur place. Au reste, quoique I'épiploon soit une production du péritoine, comme la tunique externe de la rate et des intestins, et que des hydatides se développent aussi assez fréquemment sur lui, comme le prouvent plusieurs ol)servations, et entre autres celles de Bosch (3), de Malpighi (4), de Valsalva (5), de Goekel (6), cependant il est d'une structure si ténue, que le plus souvent il ne peut pas les retenir long-temps entre ses lames; ce qui fait que la plupart du temps elles s'ouvrent plus promptement en grossissant, et qu'elles dé-
(i) Thés. 7, n. 37, et tab. 2 , fig 3.
(2) Sepulchr. , s. iiac 21^ obs. 3, ^. 8.
(3) lùid, , obs. 2T, ^.2.
(/i) Exerc. de omento.
(5) Supra, n. 4.
(6) Eph. N. C. , cent. 6, obs. 94.
chirent en même temps le viscère lui-même et le •vicient. Or, je pense que c'estlà une des causes principales pour lesquelles l'épiploon ne reste pas intact le plus souvent chez les ascitiques, comme il ne l'était pas non plus sur notre fille.
Je crois que c'est aussi de là qu'Hippocrate (i) a pris occasion d'écrire que le ventre se remplit d'eau chez ceux dont le foie plein de sérosité s'est jeté sur Vépiploon. En effet, ayant vu des hydatides des poumons sur des animaux brutes, comme je l'ai dit (2) en vous écrivant ailleurs, il aura remarqué quelquefois sur ces bêtes ce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire des hydatides de l'épiploon, et plus souvent cette érosion que Galien (3) exigeait, et il aura pensé que l'épiploon avait reçu l'eau du foie situé près de lui, comme d'un viscère très-propre à faire naître des hydatides, d'après l'expression de Galien , sur cette membrane qui V entoure extérieurement; car on en voit aussi da?is quelques cas le foie rempli sur les animaux quon a tués. Mais de même qu'après qu'on a eu la faculté de disséquer des cadavres humains, les médecins ont confirmé par leur examen les observations des anciens maîtres recueillies sur les animaux, de même ils ont adopté leurs idées sur la cause de l'hydropisie qu'ils pensent devoir être rapportée
(i)S. 7,aph.54.
(2) Epist. 16 j n. 3?).
(3) Comment, in aph. cit.
DE l'hYDHOPFSIE et de la TYMPANITF. 9I
Je pins souvent à un ëpanchement d'eau dépendant d'une rupture de vésicules, sur quelque viscère pourtant que celles-ci se trouvent; quoiqu'ils soient revenus de temps en temps ensuite aux animaux brutes, pour voir si par hasard ils apercevraient plus manifestement quelques objets relatifs à l'examen des liydatides; ce que je n'ai pas négligé de faire moi-même autant que je Tai pu, comme vous le comprendrez d'après ce que je vais rapporter.
3^. Certes cette hydatide que Caldési (i) vit sur ]e foie d'un bœuf était des plus grosses; car elle pesait tout entière neuf livres, mais les tuniques seules pesaient seize onces. Comme ces tuniques étaient au nombre de trois, presque chaciuie d'elles était composée de plusieurs autres lames; elles étaient fortes et cbartiues; l'extérieure surtout était plus ferme et plus muscuieuse que toutes les autres, et elle se trouvait formée de fibres extraordinairement entrelacées, tandis que l'intérieure était très-faible et mince, et qu'à la moyenne qui avait une couleur d'or et qui était rugueuse , étaient attachés quelques morceaux d'une matière gypseuse, ou plutôt osseuse. L'eau renfermée dans ces tuniques, limpide et un peu salée, ne fut nullement changée par le mélange de différentes liqueurs, de même qu'elle ne s'était pas concrétée par l'ébullilion, pas plus que celle d'autres hyda-
(i) Osservaz. int. aile tartarughe.
tides sur lesquelles il fit inutilement la même expérience. Si avec la structure que j'ai décrite vous comparez celle que Cordaeus (i) remarqua sur ce nombre si considérable de vésicules (car Persius (2) n'en dit rien, pas plus que Baillou (3) qui observa seulement une Uiple tunique dans chacune) , vous comprendrez facilement combien il fut avantageux pour Caldési que son bydatide fut grosse. En effet, Cordaeus vit seulement ceci : elles étaient for^ niées de deux membranes ; ï interne était très-blan^ che, et Vautre tout- à-fait semblable à la tunique de V estomac^ si ce nest quelle était un peu plus mince , mais de la même couleur qu'elle.
Quant à moi, qui ne puis pas douter que quelques-uns des objets que Caldési observa ne fussent particuliers à cette bydatide , il ne m'est point encore arrivé d'en rencontrer d'aussi volumineuses que je l'aurais désiré, et lorsque j'en ai rencontré je n'ai pu les examiner qu'à l'extérieur. Cependant j'ai remarqué même de cette manière quelques choses qili méritent peut-être qu'on fasse des recherches avec soin sur d'autres hydatides de cette espèce. En effet, j'en vis autrefois sur un veau de quinze jours une qui était arrondie, et d'un diamètre de six à sept doigts ; elle était suspendue à la partie concave et supérieure du foie, dans la
(1) Suprà, ad n. 35.
(2) Ihid,
(3) Ihid,
DE l'hYDROPISFE ET DE LA. TYMPAIVITE. qS
substance duquel elle s'introduisait un peu, et auquel elle était fortement attachée dans un trajet de deux ou trois doigts; elle recevait aussi des vaisseaux sanguins de cette partie, mais elle les recevait pour la plupart d'une manière qui est profondément gravée dans ma mémoire, et que je vous ferai connaître. En effet, de même qu'on pouvait apercevoir à travers la membrane de cette vessie, qui du reste n'était pas Irès-mince à en juger par ce que je sentais en la prenant entre les doigts, non-seulement l'eau qu'elle contenait et qui était d'une couleur verdâtre tirant très-légèrement sur le jaune, mais encore tout ce qui nageait dans cette eau, parce qu'elle était transparente; de même il semblait que certains petits troncs de vaisseaux se portaient du foie par le milieu de la cavité de la vessie, et qu'après avoir atteint la partie opposée de celle-ci ils se réfléchissaient sur sa face externe, et formaient une espèce de réseau en se divisant sur cette face en rameaux et en ramuscules. Au reste, si je voyais d'une manière certaine ce réseau et ces rameaux sanguins, ainsi que des espèces de stries de graisse très-minces qui les accompagnaient, je n'apercevais qu'à travers la membrane ces petits troncs qui étaient enfermés dans la cavité, qui y nageaient, et qui semblaient être accompagnés de stries de la même espèce. Du reste je demandai inutilement à ceux qui m'avaient fait voir cette vessie de me permettre de l'inciser; car ils me dirent qu'ils voulaient la montrer à d'autres
94 TREITTE-HUItrÈME LETTRE.
personnes à qni ils avaient promis de la laisser examiner lin peu auparavant. Or je ne pus savoir d'eux rien autre chose, si ce n'est que Teau était un peu salée, et qu'elle ne s'était nullement concrétée au feu, soit qu'ils n'eussent pas fait assez d'attention aux petits troncs intérieurs, soit qu'ils n'eussent pas bien considéré ce qui résultait du passage de ces petits troncs à travers la cavité de la vessie.
Peu de temps après l'hydatide du veau j'en vis une autre qui à la vérité était plus petite (car sa grosseur ne dépassait pas celle d'un œuf de poule), mais qui se trouvait tiès-volu mineuse eu égard au petit animal sur lequel je la rencontrai. C'était sur un vieux pigeon, qui cependant pondait encore à cette époque, et qui quoique paraissant très -bien portant, était mort inopinément dans son nid, où on l'avait trouvé. En cherchant à l'intérieur la cause de sa mort subite, attendu qu'on n'en voyait aucune à l'extérieur, j'avais trouvé le cerveau, les poumons et le cœur dans l'état sain, si ce n'est que les ventricules de celui ci étaient toul-àfiut vides, et que le viscère lui-même était décoloré; lorsqu'enfin j'arrivai au foie, je vis la cause de cet état du cœur, et de la mort. En effet, le foie était un peu livide, noirâtre à sou sommet et plus mou que dans l'état naturel; il avait répandu par un gros vaisseau sanguin qui s'était rompu à cet endroit , beaucojip de sang qui s'était tîoagulé aux environs de ce même viscère et entre
DE l'hYBROPISIE ET DE LA^ TYMPÀNITE. qS
les intestins. Je crus que la rupture du vaisseau avait été hâtée par la pression de la grande hydatide dont j'avais déjà commencé à parler. Celle-ci était fixée par Tune de ses extrémités à la substance intérieure de l'ovaire, ainsi que d'autres plus per tites dont il sera bientôt question; mais des vaisseaux sanguins se répandaient d'un côté et d'autre sur sa surface, et à son intérieur était une eau jaunâtre renfermée dans plus d'une cavité, autant qu'on pouvait en juger extérieurement, et divisée en plusieurs cellules qui se voyaient à travers les parois. Quelques petits œufs étaient attachés à la membrane même qui formait l'hydalide, dans cette extrémité que j'ai indiquée ; ces œufs étaient toutà-fait semblables aux autres dont l'ovaire était rempli, avec la différence cependant qu'ils étaient un peu plus durs, et qu'ils approchaient davantage de la couleur blanche. A l'ovaire étaient suspendus, outre un œuf un peu gros et qui était sur le point de tomber, quelques autres hydatides tout^ à-fait semblables à celle qui a été décrite, si ce n'est qu'elles se trouvaient environ trois fois phis petites, et qu'elles étaient fixées à l'ovaire, non point par elles-mêmes , mais par un long pétiole. Enfin il y en avait quelques autres qui n'étaient pas plus grosses qu'une petite fève, et qui se trouvaient placées entre les œufs eux-mêmes; mais ces dernières étaient beaucoup plus blanches que les autres, et remplies d'une eau limpide. Néanmoins ni cette eau, ni l'eau jaunâtre des autres, ne se
concréîèrenl par l'action du feu ; mais les œufs qui étaient fixés à Textrémilé de la plus grosse hydaîide, et qui^e trouvaient moins mous que les autres avant celte expérience, s'endurcirent aussi davantage. Comme je vouiais reconnaître bientôt après 1^ disposition des cellules que j'avais vues dans l'intérieur i]çs plus grosses hydatides, je fus détourné par hasard un moment de cet examen, et mon domestique par un soin intempestif, croyant que j'avais suffisamment examiné tous les objets, les jeta pendant ce temps-là, à mon grand regret, dans un endroit d'où on ne pouvait pas les retirer. 38. Ne vous étonnez pas de ce que je fus fâché de n'avoir pas pu examiner à fond ce que j'avais vu sur le veau et sur le pigeon. En effet, vous ne rapporterez pas facilement l'origine de ces hydatides qtii présentent des vaisseaux sanguins passant par le milieiî de leur cavité, ou cette cavité séparée en un grand nombre de cellules, soit à une simple vésicule glanduleuse dont l'orifice se serait fermé, seul à quelque interstice situé entre deux valvules d'un vaisseau lymphatique qui aurait fini par se boucher des deux côiés. Depuis que Warîhon s'est servi de ces interstices des conduits de la lymphe pour expliquer la formation des hydatides de la manière qui a élé rapportée dans cette section (1) du Sepulchretum y non pas iine fois, mais deux fois, il n'a peut-être pas eu
(i) Schol. ad §. 8, obs. 10, et ad §.2^ obs. 21.