‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 3)Chapitre 8 sur 44 · VI · texte numérisé non relu

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a pensé que ces hydatides sont les extrémités des vaisseaux sanguins qui ont changé leur première nature^ et qui ont dégénéré en une structure vicieuse. Il en est aussi qui croient que si une hutneur aqueuse venant à s'écouler non-seuleraent des parois des conduits de la lymphe légèrement lésées, mais encore de quelque endroit que ce soit, se répand entre les petites membranes environnantes, elle les soulève et les transforme en hydatides. Si quelqu'un éclaircit leur opinion avec un peu plus de soin, il la rendra peut-être propre à expliquer ]a plupart des hydatides, et il comprendra sans difficulté, à raison de la structure celluleuse intermédiaire entre les membranes, et des vaisseaux sanguins qui la traversent, ce qui fait que quelques-unes (i) paraissent divisées en cellules, et pourquoi (^) des vaisseaux passent par le milieu de leur cavité. Or si par hasard il rapporte à ces derniers ces deux petites fibres observées par Tyson (3) sur tant d'hydatides, et qui s'étendaient de l'une de leurs extrémités à l'autre çn flottant dans le liquide qu'elles contenaient, il pourra paraître dire des choses un peu plus vraisemblables que cet auteur qui conjecturait que les hydatides de cette espèce étaient des insectes, qui, après avoir sucé leur nourriture, la faisaient passer dans leur

(2) lUd.

(3) In addit. ad hanc Sepulch. , sect. append., ad obs» 49»

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ventre par ces deux sortes de petits tubes. Que s'il a à expliquer des hydatides suspendues par un péliole mince et long, telles que celles que Ruysch (i) a vues et même dessinées (2), qtie d'autres ont observées, et que j'ai rencontrées moimême non-seulement sur Tovaiie de ce pigeon, mais encore dans plusieurs autres occasiofis , et principalement sur les ovaires <les femmes ou sur leurs parties voisines, il pourra soupçonner que ton tes les au 1res cellules d'une hydatide quelconque ayant été rompues par un petit tronc sanguin , et s'étant affaissées par l'effusion du liquide qu'elles contenaient, il en reste à l'extrémité une qui y est attachée et qui conserve encore son humeur. Et effectivement, j'ai vu (3) quelquefois évidemment un petit vaisseau sanguin se porter avec le filament par lequel une hydatide de cette espèce était suspendue.

39. Mais il y a à considérer d'autres hydatides qui sont d'un plus grand intérêt, soit à cause de la lésion des viscères dans lesquels elles se développent, soit à raison de la production plus facile de la maladie dont il s'agit ici. Jusqu'à présent j'ai presque toujours parlé de celles qui existent sur la surface des viscères, ou qui sont suspendues à cette surface. Mais d'autres sont cachées au-des-

(i) C. 2 cit.

(2) Obs, anat. chir. , fig. 68.

(3) /^iW.Epist. 43et 19.

lOO TRENTE-HUITIÈME LETTRE.

SOUS d'elle, ou ne proéminent pas beaucoup la plupart du temps; je parle surtout de celles des reins. J'en ai décrit autrefois dans les Adversa" ria{\) sous le nom de grandes cellules, et je vous ai souvent fait connaître dans les Lettres que je vous ai écrites (2), la disposition de celles que nous avons observées sur différens cadavres Valsalva et moi. Au reste, j'en ai vu aussi d'autres qui étaient assez grosses, savoir une qui aurait presque contenu une noix sur un cochon , et quelques autres sur des corps humains. Toutefois aucune de ces dernières, si vous exceptez celle que j'ai indiquée sur le palefrenier (3), ne s'élevait au-dessus de la surface des reins, pas même celle qui fut observée par Valsalva sur \\\\ vieillard (4), et qtii occupait la moitié du rein. J'en ai vu néanmoins d'autres qui étaient saillantes, principalement sur deux vieilles femmes; et je vais vous décrire ici en peu de mots l'observation de l'une uniquement pour ce motif.

40. Une vieille femme bossue et boiteuse était morte après le milieu de mars de l'an 17471 ^ l'hôpital de Padoue, où elle avait été transportée depuis peu pour \\n^ affection d'une espèce apo-

(1) III, animadv. 33.

(2) Epist. 4, n. 19; Epist. 10, n. 19; Epist. 17, n. 14 ; Epi^t. 'i\ , n. i5; Epibt. 24^ n. 6; et Epist. 25, n, 4.

(3] Epist. 4, H- cit.

(4; Epiùt. 17, n. cit.

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plectique , dans laquelle aucuti organe îi'élait malâifeslement lésé, si ce n'est la langue. Comme on n'avait pas pu, d'après cette circonstance, connaître suffisamment ses autres incommodités, et comme j'étais alors occupé à faire d'autres obser- A'ations sur les parties qui soîit dans l'état naturel, je remarquai à peine ce qui suit contre nature, tout en cherchant aussi sur ce cadavre ce qui avait rapport à ces observations.

Examen du cadavre. Dans le ventre , le tronc de l'aorte à partir presque des émulgentes commençait à i^e dilater insensiblement, et il se dilatait d'autant plus qu'il descendait davantage , jusqu'à ce que parvenu un peu au-dessus de sa division il s'élargissait tout entier et formait un anévrisme d'un diamètre de deux doigts dans tous les sens; ensuite il se rétrécissait de nouveau insensiblement, de telle sorte cependant que les iliaques elles-mêmes paraissaient beaucoup plus grosses qu'elles ne devaient 1 étie dans uiie grande étendue. La face interne de ces dernières était inégale; mais celle de l'anévrisme l'était davatitage, et nonseulement il y avait des concrétions polypeuses, mais encore on voyait des concrétions osseuses dans quelque partie des tuniques. Je croirais que la cause de ces lésions de laorte dépendait en grande partie de la distorsion de l'épine qui avait sa convexité tournée à droite dans la poitrine, et à gauche dans les lombes, et qui entraînait cette artère avec elle. D'après cela je fus moins élouDé

que le rein gauche présentât les iésions ponr lesquelles je vous décris ici cette observation. En effet, de Textrémité inférieure de ce rein s'élevait une hydatide de la grosseur d'une pomme médiocre. Éile était pleine d'une eau qui était rougpâlre, quoiqu'en l'examinant à travers les tuniques elle p.irùt noirâtre. Ces tuniques hors du viscère étaient au nombre de deux, dont l'extérieure n'était autre chose que la membrane adipeuse du rein, privée ici de toute sa graisse à cause de l'extrême maigreur du cadavre, et dont Fauîre était sa membrane propre qui avait été tiraillée nonseulement par la quantité d'eau qu'elle renfer^ niait, mais encore par son poids, parce que dans cetie place et dans cette situation le liquide la poussait d'en haut. Aussi quoiqu'il y eût ailleurs deux autres hydatides |>lus petites dans le même rein, elles n'avaient point soulevé cette membrane au-delà de la surface du viscère; car elles étaieni renfermées au-dessous d'elle, ainsi que d'autres cellules fort nombreuses, etelles s'étaient creu.>é une place dans la substance du rein. La gros.se hydatide s'y était aussi creusé la sienne qui avait presque une forme hémisphérique, en sorte que l'on comprenait qu'elle n'était pas d'une autre espèce que les petites. Le diamètre de cet hémisphère était d'un pouce.

4». Vous recevrez ailleurs (i) la dissection de

(i) Epibt. 60, n. 6.

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l'autre vieille femme chez laquelle le même rein gauche se prolongeait considérablement, mais par son extrémité supérieure, en une byflatide développée dans sa substance, qui contenait jusqu'à quatre onces d'eau légèrement jaunâtre. Vous rapporterez sans doute aux grandes hydatides de cette espèce ce que Harvey (i) appelait un grand abcès aqueux^ qui était gros comme un œuf de poule ^ et rempli d'une eau jaunâtre , laquelle avait formé une cavité orhiculaire dans l'un des reins,- tandis qu'il existait également d'autres abcès plus petits sur la face antérieure de l'un et l'autre de ces viscères; cette observation fut recueillie sur un homme très-avancé en âge, qui mourut non sans une suppression d'urine. Mais vous rapporterez certainement à ces hydatides une vessie du volume d'une grosse noix ^ distendue par une eau très- limpide^ et inhérente par sa moitié à la substance du rein^ queDoring (2) trouva sur Bucretius, dont le même rein contenait beaucoup de sable, tandis que l'autre reiifermait un calcul. Je me souviens d'avoir rencontré autrefois sur le cadavre d'un homme que je disséquai à Bologne dans Fvim phithéâtre d'Anatomie à la place de Valsalva qui était absent, deux vessies semblables à celle-là et remplies d'une certaine humeur aqueuse qui avait la couleur de l'uriné, ainsi que la dilatation du bas-

(i) Sepulcîir. , 1. 2, s. 1, obs. 17, (2) Ihid,, 1. 3, s. 14, obs. 48.

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siriel du rein dans lequel ces vessies se trouvaient elles-mêmes avec trois calculs blancs de la grosseur de grains de vesce; or le sujet était mort avec une suppression d'urine dans la vessie, mais non cependant de cette suppression , attendu qu'il existait d'autres causes beaucoup plus graves qu'il n'est pas nécessaire (i) de rappeler ici. Toutefois ces deux hydatides étaient retenues sous la membrane propre du rein, comme dans la plupart des cas. Il ne paraît pas d'ailleurs qu'elles se comportassent autrement que celles que Wiliis (2) écrit avoir souvent trouvées sur les hydropiques ^ lorsqu'il rapporte qu'il existait sur un bomme illustre au milieu du rein droit une grande cavité distincte du bassinet et beaucoup plus ample que lui, et remplie d'une eau limpide, tandis que le rein gauche contenait plusieurs hydatides et des cavités remplies dune eau limpide^ Or , il conjecture que la sérosité qui avait séjouriié en quelques endroits dans la substance des reins avait d'abord formé de petites cavités , et qu'ayant ensuite augmenté insensiblement, elle les avait dilatées de plus en plus; et certes vous voyez qu'on trouva dans ces cavités une eau limpide, très-limpide , jaunâtre.

Quant à moi (^) , quoiqu'il m'ait semblé fort souvent que ce liquide était de l'urine par sa couleur

(1) Vld. Epist. I\\, n. 10.

(2) Sepulchr., 1. \, sect. iB^ obs. 1.

(3) VicL animadv. supra, ad n. 89 indicat.

DE LHYDROPISIE HT J)E LA TYMPANITE. lOD

et par son odeur, cependant j'ai cru sans aucun doute fort souvent aussi que c'était plutôt une humeur très- semblable à de V urine ^ n'ignorant pas que la sérosité du saug est très-fréquemment jaunâtre ])ar elîe-méme, ou le devient dans les viscères par la stagnation , qu'il est certain qu'on trouve (i) assez fréquemment un liquide de cette couleur dans les hydatides, de quelque endroit qu'il y soit venu , et que les reins peuvent lui communiquer une odeur d'urine lorsqu'il y est retenu trop long-temps, et remarquant en même temps que les cavités de cette espèce étaient renfermées dans une tunique interne qui était uniforme de toutes parts, en sorte qu'il n'a jamais été possible ni à moi, ni à d'autres, que je sache, de trouver aucune communication manifeste entre ces cavités et le bassinet ou les petits tubes du rein. Ainsi relativement à ce qu'il en était bien autrement dans une observation de Plater (2) où après la dissection de vessies pleines de liquide et attachées au corps des reins, il s^ écoulait de Veau en même temps qu il y avait des trous ouverts^ il ne faut pas l'attribuer à ces vessies, mais à plusieurs ulcères, qui, dit-il, avaient perforé ces viscères de l'intérieur à l'extérieur ; car rien n'empêche qu'ils n'eussent ouvert de cette manière quelques trous jusqu'à la cavité des vessies.

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(i) Vid. suprà, n. 35^ 87.

' (2) Sepulclir. ^ s. liac 21, obs, 8, §.2,

D'après cette observation on voit qu'il y a un autre mode et une autre manière dont les hydatides des reins peuvent produire une ascite bien plus promptement et plus sûrement, lorsqu'il existe des ulcères qui communiquent avec lebassinet; car ces ulcères parviendront plus vite aux grandes cavités des hydatides qu'à la surface des reins, les rompront en y portant un icbor acre et beaucoup d'urine, et répandront continuellement cette dernière dans le ventre, comme ils durent l'y répandre par eux-mêmes dans une autre observation de Plater (i), et comme ils l'avaient fait dans une histoire que j'ai citée plus haut (2) d'après Piccolhomini avec cette première histoire de Plater. Du reste, si ces hydatides, même sans ulcères, sont en telle quantité ou d'une telle grosseur, qu'elles aient détruit ou resserré une grande partie de la substance de l'un et de l'autre rein , il n'est nullement douteux que la sécrétion du l'urine étant diminuée considérablement il ne survienne facilement une hydropisie. Que si elles s'ouvrent en outre, et qu'après l'effusion de l'humeur elles continuent à fournir continuellement un autre liquide, il est évident qu'il en résultera une ascite.

42. Mais si les hydatides ne continuent pas à faire ce que j'ai dit, et que leurs parois se réunissent par le développement d'une nouvelle substance

(i) Ibid.^ obs. iij 5. 4*

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