‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 4)Chapitre 10 sur 41 · DE LA. FAIM ET J3ES LÉSIONS DE LA DÉGLXJT · texte numérisé non relu

DE LA. FAIM ET J3ES LÉSIONS DE LA DÉGLXJT

dans cette même section. En effet, vous verrez que l'observation quatrième qui s'y trouve, ne diffère que par très-peu de mots de la dix-septième; et vous serez beaucoup plus étonné de la même répétilionen comparant la dix-neuvième avec celle qui est placée immédiatement après elle, la dixhuitième. D'un autre côté dans les supplémens eux-mêmes une partie de l'observation deuxième ne répète-t-elle pas en autant de mots ce qui avait déjà été suffisamment décrit à la même section dans une autre partie de la scholie de la huitième? Quant à moi, je ne répéterai même pas ici ce que j'ai rapporté dans d'autres Lettres d'après l'observation de Valsalva et d'après la mienne. Mais tout ce qui me reste, je l'ajouterai, et j'indiquerai à peine les autres objets. Or il me reste de Valsalva deux observations. Voici la première.

9. Un homme âgé de cinquante ans commence à se plaindre d'avoir la déglutition embarrassée. Cet embarras augmente peu à peu ; la voix se perd ; une douleur assez forte se fait sentir pendant la déglutition ; une portion de la nourriture s'arrêtait à la gorge, et revenait ensuite insensiblement dans la bouche, quelquefois avec une apparence d'altération; le corps maigrit; on ne voit rien contre nature à l'extérieur; on sent seulement un en-^ durcissement de la glande maxillaire interne gauche. Il meurt subitement comme suffoqué.

Examen du cadavre. La glande que je viens de nommer et qui était dure, avait à son côté interne

3o VINGT-HUITTÈME LETTRE.

une matière semblable à de l'albumine. Mais on voyait dans le pharynx et au sommet du larynx plusieurs tumeurs qui avaient la nature du carcinome.

10. Un jeune homme mort également presque de la même manière, après des symptômes semblables, présenta des tumeurs de la même nature, surtout à la partie supérieure du larynx et aux côtés voisins du pharynx. Mais les tumeurs étaient déjà ulcérées en quelques endroits, et un ulcère avait perforé l'épiglotte elle-même.

11. Pour ce qui regarde la mort subite de ces deux sujets, vous pourrez confirmer ici ce que Valsalva, qui avait peut-être en vue ces deux cas, m'a raconté, comme je l'ai écrit ailleurs (i), savoir, qu'il avait vu deux fois une mort de cette espèce produite par une lésion grave du larynx. J'ai aussi observé cette mort sur une fille dont j'ai parlé au même endroit, et peut-être aussi sur un célèbre chanteur, qui était tourmenté par un ulcère manifeste à la gorge, lequel donnait lieu à une grande difficulté d'avaler. Mais comme il ne fut pas possible de déterminer pendant la vie, ni de chercher âpres la mort, jusqu'à quelles parties cet ulcère s'étendait, je ne regardai pas le fait comme certain et évident, attendu surtout que les ulcères de cette espèce ne parviennent pas quelquefois là où l'on croirait qu'ils arrivent, et réciproquement.

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(i)Epist. 0.2 , n. 25.

DE LA FAIM ET DES LÉSIONS DE LA DÉGLUT. 3r

Ceci sera très-clairement démontré par l'observation d'un homme que le même genre de mort enleva; car quoique j'en aie parlé en partie dans les Lettres Anatomiques (i), et en partie dans une autre Lettre que je vous ai envoyée ('^), cependant je n'ai exposé nulle part son histoire en entier, l'ayant renvoyée ici à dessein, comme appartenant aux lésions de la déglutition.

12. Il existait un homme chez qui une partie des boissons revenait par les narines dans la déglutition. Son palais osseux était intact; mais les parties molles avaient été enlevées en même temps que le voile, par un ulcère assez ancien déjà parvenu à la cicatrisation j autant qu'on pouvait le reconnaître à la vue; néanmoins il existait encore alors à un endroit où il n'était pas possible de le voir, comme l'indiquait même ce qui était rendu par les crachats. Avec cela une toux par intervalles, et d'autres symptômes analogues quoique légers et équivoques, faisaient naître le soupçon d'un ulcère qui s'étendait en-bas. La mort subite du sujet, qui fut comme suffoqué, augmenta ce soupçon.

Examen du cadavre. Cependant la partie inférieure du pharynx, et le larynx qui est en rapport avec elle, ainsi que le conduit soujacent de ]a trachée-artère, étaient parfaitement sains; tou-

(i) Epist. 9, n. get lo, (2) Epist. 13 > n. 5o.

tefois en touchant le lobe supérieur du poumon gauche, je le trouvai dur, et en le disséquant je vis qu'il était considérablement altéré dans une grande partie. Quant à l'ulcère, il s'était étendu jusqu'aux parties les plus élevées du pharynx et jusqu'aux ouverturespostérieures du nez, et il y existait encore. Du reste le ventre ayant été ouvert, je trouvai le foie, les intestins et les muscles intérieurs de l'abdomen, livides et fétides comme à la suite d'une inflammation.

i3. Vous trouverez dans les Lettres que j'indiquais tout àTheure (i), dans quel lieu et dans quel temps j'ai disséqué ce cadavre; et dans ces Lettres ainsi que dans la vingt-deuxième (2) que je vous ai écrite, vous verrez ce que j'ai dit de l'origine et des causes de cette lésion des poumons. Relativement aux causes, et au mode dont la déglutition était lésée sur cet homme ou sur les deux dont j'ai rapporté les dissections faites par Valsalva , ce sont des choses si évidentes pour celui qui n'ignore pas quelesmouvemens de tout le pharynx et du larynx sont nécessaires pour l'exercice de celte fonction, qu'il n'est nullement besoin de les expliquer. C'est à ceci que se rapportent, dans cette quatrième section du Sepulchretujn y l'observation dix-septième et celles qui se trouvent dans les deux appendices placés après la vingtième. Pour moi , quoique dans

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