‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 4)Chapitre 11 sur 41 · DE LA FAIM ET DES LÉSIOIVS DE LA DÉGLUT · texte numérisé non relu

DE LA FAIM ET DES LÉSIOIVS DE LA DÉGLUT

les cas OÙ j'ai trouvé (i) sur des vieillards plusieurs cartilages du larynx ossifiés, comme je l'ai dit, je n'aie jamais rencontré l'épiglotte dans cet état^ cependant je ne doute pas qu'elle ne puisse devenir quelquefois moins flexible et moins facile à céder; ce qui d'ailleurs semble s'opposer davantage à la déglutition des alimens qu'à celle des boissons. En effet ^ dès que les boissons sont parvenues à la glotte, elles coulent des deux côtés là où il y a une espèce de sillon sur les parties latérales du larynx, et elles tombent au fond du pharynx; mais il n'arrive pas alors qu'elles entrent dans le larytix, à moins qu'elles ne regorgent des sillonspar leur trop grande quantité, ou queceux-^ ci ne soient détruits par une inflarhmation et par un engorgement^ ou que des convulsions excitées par une irritation, ou bien là paralysie de quelque muscle qui l'empêche de remplir ses fonctions, ne troublent l'écoulement facile des boissons. De ces deux dernières affections j'ai remarqué celle-ci sur une princesse après une espèce d'attaque d'apoplexie, et celle-là sur un noble comte, dont je vous ai décrit ailleurs (2) l'-affection très-incommode, et semblable en partie à une angine convulsive , mais de très-courte durées

Au resté je ne voudrais pas que vous regardassiez la considération de l'épiglotte comme inutile

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(1) Advers. I^ 3^ a3.

(2)Episl. 14, n. 37. :^

34 VIINGT-HUITIEME LETTRE.

ici OÙ il s'agit des lésions de la déglutition , depuis que le célèbre Targioni (i) est tombé sur le cadavre d'un homme qui, quoique privé entièrement de cette partie, laquelle avait peut-être été rongée autrefois par un ulcère, avait cependant conservé, au moins dans la dernière maladie aiguë dont il était mort, la force de parler et d'avaler sans aucune difficulté. Car quoique les muscles aryténoïdes qui étaient plus gros et plus forts qu'à l'ordinaire sur ce sujet, eussent pu fermer si exactement la glotte , que par un exemple extraordinaire chez les hommes ils fissent l'office d'épiglotte , comme d'autres parties ont rempli (2) quelquefois les fonctions du voile ou de la langue qui manquaient depuis la naissance ou depuis une maladie, ou bien que des observations et des interrogations faites avec soin pendant la vie eussent peut-être fait connaître autre chose; certes nous devons prendre garde, en considérant non pas ce qui fut monstrueux sur un individu, mais ce qui a lieu sur tout le monde dans l'état naturel, d'en venir à penser que l'épiglotte soit comme inutile dans la déghjtition.

Je n'ignore pas qu'il existe dans ce temps-ci des hommes célèbres qui croient que l'on doit expliquer la déglutition d'une manière si différente des

(1) Prima raccolt. di osserv. med. verso il fine.

(2) Eph. N. C, dec. 3, a. 9, obs, 2112, et Slevogt diss. degurgul., §. 61, 63. .^

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autres, que si vous partagez leur opinion, vous n'aurez pas recours à l'explication dont j'ai dit un mot un peu plus haut relativement à la différence avec laquelle les liquides et les solides passent de la bouche dans la gorge. Quant à moi, quoique ce ne soit ici ni le liéU ni le moment d'examiner* leur opinion en entier, comme la chose le demanderait , certes il y a plus d'un point que je ne saurais admettre. Je n'ignore pas non plus que ce qu'oVi lit aussi dans cette section du Sepulchretum (i^ avoir été remarqué par P. Barbette, ne s'accorde nullement avec l'explication qui a élé exposée plus haut. Mais si la perte de la parole existait en même temps, il est nécessaire qu'il y eût d'autres lésions que la rigidité, ou V endurcissement de Fépiglotte qui ne fermait pas assez le larynx dans le passage des boissons, endurcissement auquel seul Barbette rapporte tous les phénomènes. D'ailleurs je pourrais peut-être conjecturer quelle partie était lésée, outre l'épiglotté, dans une autre observation où je lis que la déglutition tant des solides que dés liquides était empêchée, si je savais ce qui fut trouvé sur le cadavre. Or il est écrit qu'on trouva Vépiglotte tellement rétractée vers V orifice de Vœsophtige par un spasnte catarrhal y que V orifice de la trachée^artère était entièrement ouK^ert y et que les liquides ni les solides ne pouvaient être avalés par la crainte d'une suffo^

{i)Obs. 6.

cation. En effet, je ne puis comprendre comment Tépiglotte étant rétractée à ce point dans cette direction, l'orifice du larynx pouvait être entièjrement ouvert, pendant qu'il aurait dû être entièrement couvert. Au reste j'aurais cru que l'auteur s'était peut-être servi de ce dernier mot, s'il n'eût fallu que le malade pensât uniquement alors non pas à avaler, mais à respirer.

14. Mais, pour revenir à l'observation de Barbette rapportée dans le Sepulchjetum , puisqti'on entreprend d'expliquer cette lésion de la déglutition , dans la scholie qui se trouve immédiatement après, par des coriK^ulsions des muscles hyoïdiens^ parce que le larjnx est alors porté en haut, il fallait l'exposer plus clairement, attendu surtout qu'il y a plusieurs muscles qu'on peut désigner par ce nom, et que quelques-uns parmi eux remplissent aussi une fonction opposée. Il n'est cependant pas douteux que non-seulement l'os hyoïde et le larynx, mais encore les parties qui en dépendent, peuvent empêcher la déglutition, si par hasard ils sont affectés d'une manière trop grave. En elïet, vous vous souvenez que cet empêchement a eu lieu par la luxation des apophyses supérieures de cet os, comme Valsai va (i) l'a rapporté, et par celle des cartilages du larynx, comme Boerhaave (2) l'écrit d'après l'observation de C>ow-

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(1) De aure hum. , c. 2 , n. 20.

(2) Prîelect. ad Imlil. , ^. 806.

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