DE LA FAIM ET DES LÉSIONS DE LA DEGLUT
laclie pour laquelle // n avait pas pris de nourriture déjà depuis cinq jours ^ était si éloigné de la mort, qu'il prenait les armes et qu'il repoussait les ennemis, parce qu'il était d'un âge tel qu'il avait rempli depuis assez peu de temps la charge de Centurion ; tandis qu'Atticus avait accompli sa soixante-dix-septième année. Ainsi il ne faut pas s'étonner de ce que Suétone (i) ayant écrit que Tibère s' abstint de nourriture pendant quatre jour s ^ non-seulement n'a pas ajouté qu'il en résulta quelque mal 5 mais encore a rapporté qu il alla aussitôt à Ostie; car Tibère était alors dans la plus grande force de l'âge. A ces exemples vous en ajouterez , vous-mêmes d'autres appartenant à des sujets plus jeunes; et lorsque vous serez arrivé aux adolescens et aux enfans, vous n'en trouverez pas facilement, je pense, qui aient ainsi supporté des abstinences de cette espèce. Au reste ne m'objectez pas d'après une observation de Fernel (2) un fœtus qui, par un exemple sans doute étonnant, paraît avoir supporté un jeûne de deux mois. En effet, quoique sa mère qui, au jugement de tous les assistans ^ n avait pris ni nourriture ni boisson pendant deux mois ^ eût mis au jour k la fin d'une fièvre dont elle mourut , son fruit qu elle laissa vivant; cependant il est croyable que toutes les fois qu'elle faisait descendre de la nourriture ou de la boisson jusqu'à la
(1) De duodecim Caesarib.^ 1, 3 , c. 10.
(2) Pathol. ^ 1. 6 , c. I ^ in fin.
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partie la plus basse de l'œsophage , d'où néanmoins elles revenaient et étaient rejetées bientôt après , quelque portion de ce qu'elle avalait et qui passait d'un endroit à un autre^ entrait toujours par les orifices absorbans de la bouche, de la gorge, de l'œsophage; et que c'est ainsi que cette femme se conserva avec son fœtus , semblable jusqu'à un certain point à une autre femme enceinte dont il est parlé dans Fabrice de Hilden (i), et qui •vécut pendant six semaines presque par le seul moyen de lavemens nourrissans. Il est même croyable que le tubercule qui fermait l'entrée de l'estomac, comme on le vit après la mort, n'était pas assez volumineux pendant la vie pour boucher complètement cet orifice, si ce n'est peut-être à la fin; car les lésions de cette nature croissent sans cesse, de sorte qu'elles finissent par s'étendre là où elles ne parvenaient pas peu de temps auparavant.
8. Cette observation de Fernel me rappelle la quatrième section du Sepulchretum ^ dans laquelle elle se trouve (2) aussi, et dont j'ai parlé au commencement (3)pour dire que je ne manquais pas d'objets relatifs à cette section, c'est-à-dire aux lésions de la déglutition. Et certes je n'en manque^ rais pas, si je voulais imiter ce qu'on a fait aussi
(1) Cent. 4> ol^s. 3o.
(2) Obs. 21.