‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 4)Chapitre 12 sur 41 · DE LA. FAIM ET DES LESIONS DE LA DÉCLUT · texte numérisé non relu

DE LA. FAIM ET DES LESIONS DE LA DÉCLUT

per, dans laquelle je pense que le cartilage thy ^ roïde était séparé du cricoïde ; car je n'ai pas entre les mains le livre oùCowper indique ce fait. Vous réfléchirez à quel cas appartient ce que vous pouvez lire dans les Actes de TAcadémie de Vienne (i); toutefois le mode de traitement se rapproche de la méthode de Valsalva.

Quant aux convulsions ou à la paralysie des muscles de l'œsophage lui-même, il convient de nen dire presque rien, puisque les exemples des premières se rencoptrent très-souvent chez les hystériques , et qu'il ne manque pas d'observations de la dernière, qui, si elle est plus rare, est aussi beaucoup plus longue , comme c'est l'ordinaire des affections paralytiques; car ou bien les malades sont morts de faim, comme on le voit dans Willis (2) , dans Helwich (3) et dans d'autres auteurs , ou bien on les a fait vivre quelquefois pendant douze ou quatorze mois, et même pendant seize années, en leur introduisant des alimens dans l'estomac au moyen d'un instrument chirurgical : le dernier de ces exemples se trouve dans Willis (Pharmaceut. ration. , partie première, section a, chapitre i, et non pas, comme on le voit dans le Sepulchretum (4) , section 3 , chapitre 3), et le pre-

(i) Tom. 6, obs. go.

(a) Pharm. rat. , p. i ^ s. i , c. 2.

(3) Eph. N. C, cent, i et 2, ol>s. 147.

(4) Sect. hâç 4 , in adclit , obs. 2 m fin.

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lîîier dans lequel le même moyen trionjpha de la maladie fut communiqué à Stalp^rt (i) l'an 1682 par Job. Baster, et à l'Académie de Vienne (2) l'an 1 744 P^ï* 1^ même praticien , qui est un exemple rare de vieillesse. Ramazzini (3) a vu une paralysie moins longue à la vérité , mais surmontée sans l'introduction incommode de cet instrument dans l'œsophage, ayant fait vivre pendant soixante-six jours la malade sans qu'elle prît absolument aucune nourriture ni boisson, au moyen de lavemens nourrissans, dont je ne me souviens pas d'avoir lu qu'on ait fait un usage plus long et plus utile, et qui sont un genre de*secours que les médecins doivent toujours tenter dans le cas d'empêchement de la déglutition dépendant non-seulement d'une paralysie, mais encore d'une autre cause quelconque, soit parce qu'il est facile, soit parce qu'il est innocent.

Vous croirez d'ailleurs avec moi, je pense, qu'il faut rapporter à une paralysie légère ce que vous lirez dans une dissertation de J. Ch. Spies (4), d'après le rapport du célèbre Heister. Un homme ioble , déjà vieux , était atteint depuis long-temps d'une telle affection, qu'il pouvait avaler tout ce (ju'il prenait, excepté le dernier bol, qui d'après

(^i) Cent. post. ^ p. 1 , obs. 27.

(2)Act., t. 8^ obs. 21.

(3f) Consl. epid. , a. 1691 , u. 22.

(4) De'Degl., c. 3, n. 9,

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cela restait souvent dans la gQrge dans l'intervalle d'un repas à un autre, jusqu'à ce que dans le repas suivant il était poussé en bas, à moins que par hasard il ne fût rejeté auparavant par des crachats, ou par une toux légère. Il arrivait ici, à ce que j'ai cru , ce qui a lieu sur les vieillards chez lesquels toute l'urine est^chassée parja pression qu'une portion exerce sur l'autre, jusqu'à ce que viennent les dernières gouttes, que la force affaiblie des nry^iscles ne peut plus absolument pousser comme dans un âge plus vigoureux. C'est ainsi également que sur ce sujet les premiers bols étaient poussés par le poids des suivans, jusqu'à ce que le dernier privé de ce secours, et n'étant pas suffisamment aidé par les muscles du pharynx, était forcé de s'arrêter.

i5. Mais si cette lésion et la plupart de celles dont il a été parlé jusqu'ici appartenaient au pharynx et aux parties voisines, on en rencontre également d'autres dans l'oesophage hii- même et dans son voisinage. Il n'est point nécessaire de répéter à ce sujet ce qui a été dit sur les convulsions et sur la paralysie. Mais il est deux autres vices également opposés entre eux, qui peuvent rendre la déglutition difficile, l'aridité (i) des glandes de l'œsophage et leur engorgement œdémateux (2). En

(i) Eph. N. C. cent, i^ append. n. 10^ oLs. 167. (2) Earumd. cent. 5, obs. S^, nbi h M. Hoffm. et Benedict. Sylvatic. citantur.

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outre l'œsophage s'ulcère quelquefois, et vous eu avez un exemple mémorable dans le Sepulchrefum (i). Au reste quoiqu'un ulcère i^mpéche la déglutition par lui-même s'il est douloureux, ou an moins s'il est grand, ou s'il a les bords saillans, comme celui qui a été observé par Bruur ner (2) et que vous devez lire ici, cependant lors même qu'il n'existe rien de cela, et que l'ulcère lui-même commence à guérir, ou même est parvenu en partie à la guérison, il peut en résulter assez'souvent des lésions qui s'opposent à la déglutition, comme une caroncule, une callosité, uv\ rétrécissement, ou enfin une adhérence, semblable à celle qui a été citée par Franc. Sylvius (3). Quant à la caroncule , Galien (4) semble l'avoir indiquée autrefois à l'extrémité de l'œsophage, lorsqu'il a écrit c\\xil arrive quelquefois qu il naît dans V estomac quelque chose de charnu {comme nous le vojons souvent au dehors) y qui obstrue entière* ment ou embarrasse jusqu à un certain point la voie des alimens. Du reste vous voyez d'une manière certaine dans cette section du Sepulchretum (5), que l'on a observé une caroncule née d'un ulcère de l'œsophage après sa guérison.

fi) In additam. ad hanc sect. , obs. i

(2) Giandul. duoden. , ç. 10.

(3) Prax. med., 1. i , c. 5.

(4) De sympt. caiis.^ 1. 3, c. ?..

(5) Obs. 21.

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Relativement aux callosités de l'œsophage, bien qu'il ne faille pas les rapporter toutes à des ulcères, comme celle à 1 égard de laquelle on lit dans Cœlius (i), callosité du commencement et de la sommité de VestoinUf^y pas plus que tous les rétrécis-^ «emens, comme celui qui a été décrit dans cette section (2) comme ayant eu lieu après une fièvre ardente, à moins que par hasard il n'eût existé à cet endroit des aphthes ou une variole interne (3); cependant lorsqu'un ulcère a précédé, ou qu'il existe encore en partie, comme sur un soldat (4) qui éprouvait une grande difficulté à avaler sans ressentir absolument aucune douleur, j'attribuerais le rétrécissement de Tœsophage et sa callosité à l'érosion qui n'était pas détruite de toutes parts, et qui aurait été trouvée en même temps dans co conduit.

Il n'est pas douteux non plus que la même cause ne puisse produire l'adhérence, aussi bien que le rétrécissement; or par cette dénomination j'entends ici avec le savant Mauchart (5) ce resserrement qui ne laisse aucune voie, ou qui en laisse à peine quelqu'une. En effet l'adhérence qu'il vit lui-

(i) Morb. chron. , I. 3^ c. 2.

(2)Obs. 14.

(3) P^id, Act. Hafn. , t. i^ obs. 109, et Eph. N. C. , dec. 2, a. g, obs. 45.

(4) Commerc. liu., a. 1741 , hebd. 26 , n. i.

(5) Diss. de struma œsoph. ,5, 18, 22.

même dans un état calleux (i), et qui permettait à peine l'entrée d'un petit stylet, n'existait pas sans un ichor purulent. Cependant l'adhérence a lieu quelquefois aussi par d'autres causes (peut-être celle-là se forma- t-elle ainsi), dqpt j'indiquerai quelques-unes plus bas (a), et dont les autres appartiennent aux tumeurs qui se développent dans les tuniques mêmes de l'oesophage, cas auquel se rapportent des observations décrites dans cette section àix Sepulchretum (3), et une autre du célèbre Widmann (4) qui mérite d'être lue.

Mais il est un genre d'adhérence plus mémorable que tous les autres; je veux parler de celle qui se forme au moyen d'un cartilage, et dont le Sepulchretum fournit trois exemples (5), auxquels vous en réunirez surtout deux, dont l'un a été décrit avec exactitude par Vallisnieri (6), et dont l'autre a été éclairci par le célèbre Triller dans une dissertation (7) d'ailleurs très-savante. Il est des hommes du plus grand mérite qui croient que ce genre de lésion a pour cause la boisson d'une eajf bouillante y dont on fait un usage si fréquent dans

(,)§.ii.

(3) Obs. 22 , 5. I , et in addit. , obs. 2.

(4) Acl. N. C. , lom. 6, obs. i/jg.

(5) Obs. 8, 9 , 20.

(6) Opère, t. 3, obs. 36.

(7) De famé lelhali ex callosa oris ventric, angustia.

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ce siècle; ce que je ne nierai pas d'une manière absolue. Mais cependant je m'étonnerai de ce que les anciens, du moins les Chinois qui sont trèsconstans dans leurs habitudes, ayant fait et faisant souvent usage d'une boisson bouillante, on n'a pas trouvé et on ne trouve pas plus fréquemment chez eux des sujets ayant la déglutition lésée ou empêchée , et de ce qu'on n'observe pas non plus chez nous plus souvent l'œsophage cartilagineux, dont les cas sont même si rares, que je ne me souviens pas que quelqu'un en ait rencontré en Italie, excepté Vallisnieri, qui toutefois en observa un^exemple sur un homme, dans un lieu et dans un temps tels , qu'il ne paraît pas qu'on puisse Je rapporter (i) à l'abus du thé ou du café. Au reste je passe sous silence que Triller accusa sur son sujet une cause tout-à-fait contraire.

Quoi qu'il en soit, j'ai dit une adhérence formée au moyen d'un cartilage, parce que je remarque que l'œsophage était sinon entièrement bouché par un cartilage, comme dans une observation (i) de Sloffel, du moins tellement embarrassé dans d'autres exemples, qu'il restait à peine un petit trou. Mais qu'arriverait-il si le cartilage ne formait pas une saillie en dehors , et laissait la voie ouverte avec son ampleur naturelle? croyez-vous que la faculté de la déglutition resterait intacte?

(2) 20 hic in Sepulchr

44 VII^GT-HTTITIÈME LETTRE,

Ce qu'il y a de certain , c'est que Vict. Gornia . médecin d'une très-grande expérience, m'a communiqué l'histoire d'une dissection faite en Allemagne du cadavre d'un grand prince, dont l'œsophage était membraneux à l'extérieur, et cartilagineux à l'intérieur, et même osseux vers l'estomac dans la largeur d'un pouce. Cependant ce prince avait vomi tous les jours deux heures après le repas pendant les deux dernières années et auparavant , mais il ne s'était jamais plaint d'aucun malaise ni d'aucune difficulté en avalant. Est-ce donc que de même que le sang est poussé à travers une artère osseuse par la force du cœur , et par celle des autres artères placées derrière elle, les alimens peuvent également être poussés par les muscles les plus forts du pharynx à travers l'œsophage qui ne se ferme ni ne se dilate, mais qui reste constamment ouvert à cause de la rigidité de ses parois ?

Mais vous verrez cela vous-même, et après avoir réuni cette observation aux cinq que j'ai citées plus haut, vous réfléchirez en même temps de nouveau si l'on doit attribuer à l'abus d'une boisson bouillante cette lésion qui, comme le font voir quatre de ces six exemples, occupait non point la langue, ni la gorge, ni la partie supérieure de l'œsophage, mais la partie la plus basse de ce conduit. Quant aux deux autres e*emples, l'un indique que la lésion commençait à la région des clavicules, en sorte qu'il n'en est qu'un seul dans lequel on lise que le commencement de l'œsophage était fermé

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