DE LA FAIM ET DES LÉSIONS DE LA DÉGLUT. J^S
par un cartilage ainsi que l'extrémité du pharynx; et c'est pour cela que Stoffel cherchait ce que les autres auteurs n'avaient même pas pu imaginer, si à l'imitation de ce qu'on appelle la laryngotomie, l'on pourrait pratiquer la phary ngotomie , ou plutôt l'incision de la partie supérieure de l'œsophage, au moyen de laquelle on introduirait une sonde pour porter les alimens, en préférant, dit-il, un remède incertain à une mort certaine : mais ce remède en même temps qu'il est douloureux, est difficile et dangereux , comme le comprennent tous ceux qui comparent avec la trachée-artère qui se présente d'elle-même, le siège profond de la partie supérieure de l'oesophage qui est accompagnée de tant de muscles, de nerfs, et de vaisseaux remarquables.
i6. Mais les parties voisines de l'œsophage peuvent empêcher la déglutition de plus d'une manière, comme le prouvent même les observations qu'il suffira d'indiquer ici comme je l'ai promis, puisque je les ai décrites ailleurs. En effet, nonseulement ces parties peuvent être nuisibles en exerçant une compression telle que la voie soit interceptée, comme une glande tuméfiée (i) sur une femme octogénaire, ou comme l'aorte dilatée (2) sur un joueur de flûte, ou comme ces deux lésions qui existaient vraisemblablement aussi sur
(1) Epist. i5, n, i5.
(2) Epist. 18, n. as.
46 TINGT-HTITTIEME LETTRE.
un homme disséqué (i) par Valsalva encore jetinè, mais elles peuvent Fétre également en empêchant les sujets d'avaier, parce que lors même que la voie est ouverte, la compression de ces mêmes parties donne lieu au danger de la suffocation après la déglutition des alimens, comme dans les cas où l'aorte était dilatée sur une femme qui fut disséquée (2) par le même Valsalva, ainsi que sur le marquis Paulucci (3) et sur le médecin Ferrarini. (4)
Mais pour revenir aux glandes qui compriment l'œsophage , cette section (5) du Sepulchretum indique, et une observation (G) de Verdries confirme ce que peut à cet égard le thymus tuméfié. Toutefois il existe d'autres glandes qui comprimant l'œsophage par leur distension sans l'intermédiaire d'aucun corps, donnent lieu aussi au rétrécissement et à l'adhérence; je parle surtout.de celles qu'on appelle dorsales. Vous comprendrez ceci d'après la même section (7), et plus encore d'après certaines observations de tant de prosecteurs que j'ai citées dans les Lettres Anatomiques (8) , et que
(i) Epist. 17, n. 19.
(2) Jbid. y n. 25.
(3) Ibid. , n. 26.
(4) Epist. 18, n. 17.
(5) Obs. 10.
(6) Eph. N. C. , cent. 8, obs. go.
(7) Obs. 16.
(8)Epist. 9, n. 46.
DE LA FAIM ET DES LESIONS DE LA DÛGLUt. 4 j?
VOUS pourrez réunir à celles du Sepulchretum ^ sans vous embarrasser de Thésitation de Mauchart (i), qui s'étonnait que celles du moins que j'ai indiquées d'après Laurent et Diemerbroeck (car il a suffisamment reconnu mes citations pour toutes les autres) ne se trouvent pas dans ses exemplaires, ce dont il n'aurait pas été étonné s'il eût remarqué que Laurent et Diemerbroeck ayant revu et augmenté leurs ouvrages, l'un après iSgS et l'autre après 1679, il était convenable que je me servisse non pas des premières éditions, mais des dernières dans lesquelles vous trouverez, si vous les lisez, les mêmes paroles que celles que j'ai rapportées d'après l'un et l'autre auteur. Du reste Mauchart non moins recommandable par sa prudence dans cette occasion que par son honnêteté, a dit du moins une chose qui , je crois , ne saurait être niée, savoir qu'il n'a pas trouvé ces paroles dans les exemplaires qu'il possède. Mais un autre écrivain , du reste très-savant, étant tombé par hasard, dans sa dissertation sur la fisfule lacrymale où se trouvent d'autres choses qu'il m'a empruntées, sur un passage d'Aristote que j'ai rapporté chemin faisant dans la sixième partie à^^ Adver-sana{pt) (ex libro ii, de Générât Animal. G. V. ), et ayant transcrit les paroles telles que je les avais écrites moi-même, a prononcé avec assez de con-
(1) Dissert, snprà^ ad n. i5 cit. , §, 6. (a) Animad. 65.
48 VINGT-HUITIEME LÈTTÏIE.
fiance qu on ne trouve pas ces paroles dans le lieti cité^ ne réfléchissant nullement qu'on peut se servir d'exemplaires autrement divisés que ne l'étaient peut-être les siens. Quant à moi, ayant adopté avec Sylv. Maurus, soit la division commune des Œuvres d'Atistote en livres et en chapitres ^ soit la version également commune^ ou plutôt les paroles mêmes d'Aristote, j'espérais que si quelques lecteurs voulaient comparer, ils chercheraient sans doute d'après la division commune, ou, si ptir hasard ils ne l'avaient pas, dans leurs éditions de ce second livre ^ le passage où il s'agit des preuves de la fécondité, et qu'ils y trouveraient les mêmes paroles, ou du moins la même pensée. J'ai dit pensée, de crainte que vous ne vous arrêtassiez peutêtre à ce seul mot colorent; car la raison indique qu'Aristote a voulu dire cela, et les médecins le confirment, entre autres Niphus (i) qui avait éclairci ce livre et ce passage d'Aristote cent vingt ans avant l'explication (2) de Maurus. Il y a plus, c'est qu'en regardant dans le texte grec, comme je devais le taire, le mot dont Aristote s'est servi, yj^od- (jLeni^œa-t^ qui signifie certainement colorent ^ teignenty donnent une teinture, je n'ai nullement douté qu'il ne fallut le rendre ainsi, et que ce ne soit évidemment la faute des ouvriers si dans la ver-
(1) Expos, in 1. 2, Arist. de générât, animal.
(2) Ejusd. l. 2 , c. 5 ^ art. 3 , ad n. i r.