DE LA FAIM ET DES LÉSIOJYS DE LA DEGLUT
siôii Oh lit improprement jr^e^c/a/zi^ au lieu de in^ ficiant.
J'ai voulu intercaler ici ces réflexions, de crainte qu'en lisant des doutes ou des critiques de cette espèce dans les dissertations que j'ai citées et examinées plus d'une fois, on ne crût qu'ils fussent fondés, d'après mon silence continuel, et plus encore d'après l'autorité de ceux qui les ont écrits. Car, relativement à ce que quelqu'un dont je n'ai même pas voulu chercher le nom, mais à l'égard duquel j'ai désiré savoir seulement s'il pouvait direi qu'il eût été provoqué par moi , ce que l'on a nié ; relativement, dis-je, à ce que quelqu'un que je ne sais si j'appellerai plutôt inepte ou injuste, a, m'a-t-on dit les années précédentes, parlé avec témérité et avec injures de la manière dont j'écrivis autrefois contre certains livres j critique que des savans du premier mérite et des juges compétens ont regardée comme nécessaire, et non comme inutile, jamais je ne divaguerai au point de croire que les hommes sages attendent que je lui réponde quelque chose; ainsi je le laisserai lui et ses semblables, s'il en existe, à leurs rêves, dont les interprétations ridicules font, à ce que j'apprends^ le charme de cet homme. Quant à ceux qui sont dignes que je leur réponde, s'ils' me font quelques objections avec honnêteté (et plût à Dieu qu'il n y eût pas beaucoup de choses qu'on pût m'objecter! ) je me ferai un plaisir de les satisfaire , sinon autrement, du moins par la modération dans ma réponse Y. 4
DO VIJVGT-HUITIÈME LtTTRE.
Maintenant revenant au sujet, outre les glandes dorsales par le gonflement desquelles Manget a vu. aussi l'adhérence de l'œsophage avoir lieu , comme le rapporte Mauchart (i), je dis qu'il en est d'autres qui ne se présentant pas toujours aux anatomistes (quoique les dorsales ne s'offrent pas toujours non plus à leurs recherches), et qui étant même plus tôt ou du moins plus souvent affectées , pourraient produire le même effet, comme l'auraient produit celles qui furent observées par le même Mauchart (2) très-près de l'extrémité de l'œsophage et à son extrémité même, si elles s'étaient gonflées davantage et autant que celles que Vallisnieri (3) rencontra en même temps que cette transformation en cartilage. D'ailleurs des observations de Bonet (4) et d'un chirurgien cité par Mauchart (5) prouvent surtout que la même chose a eu lieu à l'extrémité même de l'œsophage par une tumeur soit squirrheuse, soit formée d'une graisse dure.
Du reste il est une partie qui existe sur tout le monde, et qui en serrant la partie basse de l'œsophage outre mesure, porte obstacle à la déglulition. Cette partie est le diaphragme , entre les
(1) Diss. cit.^ §, 12.
(?) §.fi.
(3) Obs. suprà cit. , ad n. 1 5.
(4) Sect. liâc iSi^pulchr. , obs. 22^ §.
(5) Diss. cit., S'. 9.
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piliers duquel l'extrémité de l'œsophage passe. D'après cela vous voyez pourquoi ce domestique dont le célèbre Heister (i) vit le diaphragme extrêmement enflammé , ne pouvait pas avaler ^ et pourquoi certaines femmes hystériques sentent dans le lieu désigné tout à l'heure un obstacle qui s'oppose à la déglutition , comme celle (2) sur laquelle j'ai rapporté cette disposition aux convulsions des piliers mêmes du diaphragme, entre lesquels est le trou qui laisse passer la partie basse de l'œsophage ; car cette femme ressentait un obstacle à cet endroit lorsque déjà elle avait poussé la nourriture jusqu'auprès de l'estomac. Au reste ayant trouvé moi-même ce trou beaucoup trop court sur quelques sujets, comme sur un vieux portefaix (3)^ etTayant vu très-grand , surtout en largeur, sur un autre vieillard dont je parlerai ailleurs (4), et chez lequel l'œsophage était également beaucoup trop ample et trop rouge à la partie correspondante , je fus fâché de n'avoir pu m'assurer ni pour l'un ni pour l'autre s'ils avaient éprouvé à cette région quelque malaise, ou quelque difficulté en avalant, 17. Outre ce qui a été dit, j'ai remarqtié qu'il est un autre viscère qui peut comprimer l'œsophage dans sa partie basse. Ce viscère est le foie.
(1) Dissert. sist. obs. med. miscell., obs, i5.
(2) Epist. 23^ n. 4etseq.
(3) Epist. 10, n. 19.
(4)Epist. 37, n. 3o.
5iâ VlJVGT-IItJlTliME LKTTRË.
En effet, comme il existe à son bord postérieur une dépression indiquée par le célèbre Winslow ( i ), laquelle correspond soit à l'épine, soit à l'extrémité de l'œsophage quand il est sur le point de se déployer pour former l'estomac, on peut concevoir facilement que si le foie se tuméfie considérablement et devient dur principalement à cet endroit, il peut presser l'œsophage contre l'épine. Au reste je vois bien dans cette section du Sepulchretum (2) que l'on cite le foie parmi les causes des lésions de la déglutition, mais non comme étantnuisible de cette manière; quoiqueBaillou(3) semble se rapprocher im peu plus de cette explication.
Elle est bien vraie, mais en partie, cette explication toute différente du célèbre Fantoni (4) qui enseigne pourquoi l'estomac étant poussé à la région ombilicale par la grande masse et par le poids du foie, et son orifice supérieur se trouvant ainsi comprimé, les alimens étaient avalés avec difficulté, surtout les liquides. En effet il dit que la cavité de Vœsopliage allongé par force de cette ma* nière ^ était devenue trop étroite^ et que ce conduit lui-même rétréci par la compression s'était opposé aux alimens qui devaient entrer dans l'estomac. Te
(t) Expos. an«it. Ir. du bas-ventre, n. 269.
(2) Ob.s. 26, 5. 2.
(3) In scliol. ad obs. 25.
(4) In ôc^iol. ad palrisobs. anat. med. 2/|.
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pense qu'on peut ajouter la première partie d'une explication de cette espèce à toutes les autres , pour concevoir d'autant plus facilement dans la première observation de cette section pourquoi un soldat attaqué cVopisthotonos ne pouvait rien avaler. Car le cou étant fléchi en arrière, l'œsophage est distendu, et devient ainsi d'autant plus étroit qu'il est plus long, sa paroi antérieure s'approchant de la postérieure. Le même genre d'explication peut aussi avoir lieu en partie lorsque Hippocrate (j) parle du renversement du cou^ qui survient de telle sorte que le malade peut à peine avaler,
i8. Je n'ignore pas qu'on peut indiquer d'autres causes de lésions de la déglutition, dont vous trouverez quelques-unes dans le Sepulchretum luimême. Cependant vous ne rapporterez pas facilement parmi elles d'une manière certaine celle qui est promise dans l'observation treizième avec ce titre : Déglutition difficile par une séparation de V œsophage en deux parties. En effet, Blasius fait sur un enfant la description de cet organe qui était tellement divisé dans l'intérieur de la poitrine, qu'un peu plus bas il redevenait unique, c'est-àdire, d'après l'expression des anatomistes d'aujourd'hui, qu'il formait une île. Mais il ne dit pas un seul mot relatif à la difficulté de la déglutition j en sorte que cette conformation paraît avoir été plutôt extraordinaire que nuisible. Au contraire,
(i) Sec t. 4» aplxor. 35.
5/f VIJVGT-HUITIÈME LETTRE.
il faut avoir une opinion bien différente de celle que l'illustre J. Grash (i) trouva; c'était une dilatation morbide latérale de l'œsophage en fornfie de sac vers le milieu de la poitrine, de laquelle résultaient de temps en temps des symptômes variés dans la déglutition, qui n'auraient jamais pu être conçus sans la dissection. Vous recevrez incessamiDent une Lettre qui sera peut-être un peu plus longue. Adieu.
(i) Act. N. C, t. 6, obs. 73.
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