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nique intérieure de l'intestin rectum, qui serait comparable à une sorte d'épiderme qui s'abcéderait, mais de toute cette tunique; or, il est difficile de croire qu'elle se sépare de la tunique musculeuse, de telle sorte cependant qu'elle ne soit pas frappée de mort et qu'il ne s'y joigne pas des symptômes très-graves, d'après ce qu'on lit dans ceux qui ont vu une infinité, je ne dis pas de fibrilles et de petits nerfs, mais seulement de petites artères et de petites veines, qui unissent l'une et l'autre membrane. Ainsi, il n'y a pas de moyen plus certain que la dissection soignée des cadavres pour apprendre i^. si ces petits vaisseaux peuvent se relâcher insensiblement et s'étendre au point qu'exigent surtout les grands renversemens de la tunique intérieure, qu'un assez grand nombre d'auteurs admettent dans ce cas ; 2°. si l'exemple des tumeurs dans lesquelles il est constant qu'il survient une énorme distension des vaisseaux, a lieu ici, où il est dit, il est vrai, que la tunique interne s'épaissit, mais qu'elle conserve cependant le plus souvent sa souplesse et son aptitude à être replacée ; S"", enfin, si ces renversemens, que l'on a coutume de décrire dans l'intestin rectum comme dans le vagin, s'accordent avec le fait même, et jusqu'à quel point cette analogie est fondée.
Au reste, l'occasion de disséquer des cadavres de cette espèce ne peut pas être très-rare, surtout dans les grandes villes. En effet, cette maladie est funeste à un assez grand nombre de sujets, parce
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que rinflamination et la gangrène attaquent l'intestin , que Ton néglige et que Ton retarde trop de replacer. Mais il arrive aussi quelquefois sur ceux qu'iii: autre genre de mort a enlevés, qu'il se présente quelques objets dont rexamen pourrait être utile pour ceoi, soit qu'ils eussent été sujets à la chute de 1 intestin rectum, soit que par une cause quelconque un trouve sur eux, comme on la trouva sur un simple soldat (i), la chute, ouïe déroulement du colon dans V intestin rectum ^ qui existait sur ce soldai à la longueur d'un empan. Au surplus Silmutlî (2) ne doutait pas que le colon lui-même ne tombât, aussi-bien que le rectum, puisqu'il a mis le titre suivant à l'observation (3) d'un petit enfant à la mamelle qui dans des accès très-graves d'épilepsie faisait sortir ses intestins dans une assez grande longueur : Chute de l'intestin colon à la suite d'une épilepsie. Et plût à Dieu qu'il eût disséqué une jeune fille (4) âgée d'environ quatorze ans, chez laquelle, à la suite d'un ténesme très-violent qu'on négligea, tout V intestin rectum finit par tomber ^ avec une partie du colon ^ à la longueur de deux empans et plus! Car ces parties n'ayant pu être remises assez bien à leur place, et la gangrène s'étant emparée du rectutn, elle mou-
(i) Act. N. C.^ t. 2, obs. io3.
(2) Obs. med. cent. i.
(4) Obs. 3o.
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rut, tandis que lui-nîême était étonné comment une si grande portion d'intestin avait pu tomber du mésentère. Que si des cadavres nombreux et variés peuvent enfin être disséqués avec soin , soit qu'ils appartiennent à des individus morts à la suite de la chute de l'intestin éprouvée alors pour la première fois ou ayant eu lieu plus d'une fois auparavant, soit qu'ils appartiennent à d'autres individus morts d'une maladie quelconque après avoir été sujets à la même chute parvenue insensiblement à une grande longueur (i), et après avoir éprouvé différentes incommodités et (Ufférentes affections produites par cette cause, il n'est pas douteux qu'il ne devienne plus facile de répondre aux consultans sur les causes et sur le traitement de cette maladie.
i6. Mais de même que les conditions du cas qui me fut proposé alors me conduisirent dans la partie théorique à certaines réflexions peut-être moins vraisemblables, de même elles me portèrent sans doute dans l'autre partie à quelques remèdes qu'on pourrait plutôt désirer que mettre en usagé. Que si le malade n'avait pas été dans cette nécessité particulière d'écarter tous les moyens artificiels, et de laisser tomber l'intes.tin quand il voulait rendre les excrémens, je n'aurais pas manqué de secours à proposer pour que cet intestin restât à sa place pendant l'évacuation. Il existait d'abord
(i) Fid.Epist, 65, n. 6.
Fanneau de Sarpi, sur lequel je me souviens d'avoir lu aussi les détails suivans dans la Vie de cet auteur, outre ce que j'ai rapporté plus haut (ij d'après Je. Rhodius : qu'ayant été affecté lui-même pendant long-temps de cette maladie, il essaya par intervalles un grand nombre de moyens, mais tous inutilement, et il se mit enfin à chercher quelque instrument pour contenir Tintestin; qu'après plusieurs recherches il avait fini par en trouver un qui était tellement propre à cet effet, que bien qu'il eût conservé cette incommodité jusqu'à sa mort, aucune de ses fonctions n'en fut cependant troublée, pas plus que s'il n'en eût pas été atteint; que ce moyen était d'ailleurs si facile et d'un usage si prompt, qu'il produisit le même effet sur ceux à qui il l'avait communiqué. Que si cette Vie (quel que soit celui qui passe aujourd'hui pour son auteur aux ycTix d'un grand homme qui doit être cité ailleurs) eût également été suspecte pour ceci à cause de l'ignorance de l'écrivain pour certaines choses, soit que cette ignorance fût véritable, soit qu'elle fût adroitement cachée, ce qui m'a engagé à ne me servir de cette pièce dans une Lettre anatomique (2) que pour réfuter par elle-même jus^ qii 'à son auteur, comme on dit, ceux qui lui avaient objecté cette ignorance, j'aurais eu à proposer un autre instrument que j'avais vu cité par Valsalva
DE r A CHUTE DE LïNTlîSTIN RECTUM. ^qS
dans un conseil. Le voici : lorsque le malade irait à la selle pour décharger son ventre, il se servirait d'un couvercle de siège qui aurait été troué à son Tnilieu,où l'on aurait assujetti d'une manière ferme un tube de plomb enduit de cire extérieurement à sa circonférence et à son bord supérieur, n'ayant pas plus de deux tiers de pouce de Bologne de largeur, et long d'environ deux pouces; mais ce tube ne devrait pas être introduit dans l'anus au-delà d'un demi-pouce, ni sans le secours d'un chirurgien prudent lorsqu'on en ferait les premiers essais; en sorte que si ces essais réussissaient heureusement, et qu'il ne fallût rien changer dans les dimensions du tube, les excrémens pourraient être rejetés de cette manière, sans que pour cela l'intestin pût sortir. Mais si ni l'un ni l'autre instrument n'avait répondu à mon espoir (car vous comprenez même d'après ce que j'ai dit dans le conseil, combien les secours de cette espèce pouvaient quelquefois être non- seulement incommodes, mais encore nuisibles), il y en avait encore d'autres qu'on pouvait imaginer. En effet, vous voyez, par exemple, quel anneau le célèbre Bassins (i) a inventé; cet anneau qui n oppose aucun obstacle aux excrémens qui doiK^ent être és^aeues y se porte facilement, comme il l'écrit, et s'enlève lorsqu'il a détruit la maladie; car cet auteur rapporte que lors même que celle-ci était de longue
(i)Dec. ï, obs. 4-
durée il l'avait détruite en peu de temps, et qui plus est dans l'espace de deux mois. Mais qu'il suffise d'avoir dit ceci sut la chute de l'intestin rectum. Je passerai à d'autres maladies dans les Lettres suivantes. Adieu.