‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 4)Chapitre 25 sur 41 · UI^IMI · texte numérisé non relu

UI^IMI

(i) C. cit. suprà, ad n. 1.

{2)Epidem., 1. 3^, s. 2,

(3)N. Il-

320 TRT=:iVTF-QUATRTÈME LETTRE.

semblable que Tintestin avait été moins serré sur cette femme que sur le jeune paysan (i), en sorte que le poids du mercure, aidé du changement de situation du corps, et de l'agitation et de la pression produites par le vomissement, aura pu parcourir ce court trajet de l'intestin, et ensuite faire ^sortir avec le secours des parties saines ce qui était au-dessous de la constriction. Mais je veux aussi rapporter un de ces exemples dans lesquels les évacuations ne cessèrent point pendant tout le temps de la maladie.

j5. Marie, épouse d'Ant. Franciscati, cocher de Padoue (car le nombre extrêmement rare de valvules que je trouvai dans son artère pulmonaire, fît que je m'informai avec soin de son nom et des autres circonstances qui la regardaient), âgée de trente-neufans,d'unehabitudedecorps moyenne, d'un teint qui n'était pas mauvais, loin qu'il fut ictérique, mère de plusieurs enfans vivans, dont elle allaitait le dernier déjà depuis six mois lorsqu'elle fut prise de cette dernière maladie, n'ayant jamais été sujette à aucune autre affection, si ce n'est à une petite hernie crurale, c'est-à-dire fémorale, qui donna enfin naissance à celle-ci, était accoutumée à replacer elle-même dans le ventre tout ce qui tombait dans cette hernie; mais n'ayant pu y parvenir cette fois après avoir déjà fait des efforts pendant quelques jours, elle fut attaquée

(le fièvre, de vomissement et des autres symptômes qui se joignent ordinairement à cette affection, si ce n'est pourtant qu'il lui fut toîjjours possible d'avoir quelques évacuations. Ehe fut enfin transportée plus tard qu'il ne l'aurait fallu dans cet hôpital, où semblable à une personne qui allait expirer promptement, elle traîna sa vie pendant plusieurs jours, dans les derniers desquels elle pouvait paraître se trouver un peu mieîix, et avoir été soulagée par des lavemens qui lui furent ad-» ministres, jusqu'à ce qu'elle mourut le 20 novembre de l'an 1704.

Examen du cadavre. Le ventre ayant été ouvert le lendemain , et en même temps lé petit sac herniaire qui était épais et tju'on pouvait sans beaucoup de difficulté diviser en plusieurs lames qui formaient comme des tuniques, ayant été mis à découvert, je remarquai que ce sac était entièrement séparé du ligament rond de Uutérus, et qu'il était attaché aux vaisseaux cruraux, au côté interne desquels il était situé; que son orifice n'était pas étroit, mais que tout l'étranglement était formé par le bord inférieur du muscle oblique externe de l'abdomen, lequel bord on appelle ligament de Poupart, ou plutôt de Fallopia, puisque c'est en effet le tendon de ce muscle (i), opinion que partagent avec moi des hommes très-savans, et

(1) Advers. anat. 3, animad. i.

SiS TRENTE-QUATRIÈME LETTRE.

entre autres Ileister (i), et Platner (2) lui-même, comme on le verra si on le lit attentivement. Ainsi, au-dessous de ce bord était interceptée une portion de l'intestin colon située près de lui, de telle sorte cependant qu'il restait une voie assez ouverte à travers cet intestin , la paroi correspondante à l'orifice du petit sac étant seule enfermée dans la hernie. Cette paroi adhérente au petit sac était noire et putréfiée, et la partie voisine de Tin testin hors de celui-ci était verte. Les parois intérieures du ventre étaient vertes aussi, et répandaient uneforte odeur en plusieurs endroits. Cependant je ne remarquai rien de morbide dans les viscères dé cette cavité, si ce n'est que la vésicule du fiel, qui était un peu plus grosse que dans l'état naturel, contenait avec de la bile qui n'était pas d'une couleur noire, seize calculs d'une grosseur à peine différente; ils étaient tous petits, sans cependant l'être extrêmement, et leur surface était jaune et formée de plusieurs faces planes. Ayant approché d'une flamme l'un de ces calculs qui était humide, je le vis brûler non sans jeter des étincelles, et se liquéfier; mais je ne le vis pas entretenir la flamme. Comme je disséquai avec soin le reste du corps le même jour et les jours suivans (car tous les autres viscères étaient propres à faire des observations et des leçons, et tous les muscles étaient

(i) Coin pend. anat. , not. t\* (2) Insti!. cliir. , ^. 793.

1)E LA DOUMUR BES ÎNTESTIIVS. 829

d'un beau rouge ), il ne s'offrit nulle part à mes recherches rien qui appartienne à ce sujet, si ce n'est peut-être des points rouges nombreux dans la substance médullaire du cerveau, et beaucoup de sang qui en était la cause, comme l'indiquaient la distension des deux veines-caves , et celle des autres veines qui se déchargen t dans celles-ci , surtout de la veine azygos. D'ailleurs le poumon gauche tOL entier était adhérent d'une part à la plèvre, et de l'autre au médiastin, et enfin la glande thyroïde était un peu plus grosse qu'elle ne devait l'être. Du reste il se présenta plusieurs objets qui mériteront d'être cités ailleurs. De ces objets il en est un que je ne passerai point sous silence ici, non -seulement parce que je ne l'avais pas vu auparavant, mais encore parce que je n'avais point appris ni lu que quelqu'un l'eût rencontré, comme je ne l'ai pas appris non plus postérieurement des savans étrangers qui ont eu rhonnêteté de me visiter. C'est là le motif pour lequel en indiquant au célèbre Morand (i) quelques-unes de mes observations en moins de mots possible, comme c'est l'ordinaire (car j'omis positivement toutes les autres qui avaient été recueillies par d'autres ou par moi), je fis une exception pour celle-ci seulement. Ainsi, sur cette femme qui était parvenue à l'âge que j'ai indiqué plus haut sans avoir été sujette k aucune maladie relative à la circulation

(i) Hist. de TAcad. Roy. des Se. ^ aun, 1741 9 obs. <inat. 7»

33o TRENTE-QUATRIEME LEtTRE.

du sang, et chez laquelle toutes les petites parties du cœur et des vaisseaux annexes que j'examinai «vec soin ne m'avaient présenté aucune lésion ni rien contre l'état ordinaire, je Irouvai à l'entrée de l'artère pulmonaire quatre valvules au lieu de trois, et je les fis voir à une assemblée extrêmement nombreuse de docteurs et de jeunes étudians qui étaient présens; elles étaient semblables à celles qni se trouvent ordinairement à cet endroit, si ce n'est qu'une seule était de beaucoup plus grande que les autres dans toutes les dimensions, comme vous le verrez un jour, lorsque vous viendrez ici (car je la garde encore dans un liquide convenable) : elle avait son siège entre les autres à la partie antérieure gauche. Au reste je me suis réjouis en revoyant ceci, de ce que j'ai dit plus haut que cette observation était très-rare à la vérité, mais non pas unique. Car je suis tombé enfin au milieu de tant d'histoires différentes que le célèbre Je.-Zach. Petsche (i) a recueillies avec son maître Cassebohm , et qu'il a publiées, sur une observation d'une autre femme dont Vartère pulmonaire avait quatre valvules^ savoir trois plus grandes ^ et la quatrième plus petite. On y lit que l'aorte de cette femme n'envoyait que deux branches en haut; mais il n'est pas dit combien d'années elle vécut, ni si elle fut bien portante, ni de quelle maladie elle mourut.

(i) Disserl. quû sylloge anat. obs., etc., §, 47»

i6. Maintenant laissant de côté une disposition à laquelle il ne faudrait pas faire beaucoup d'attention si elle se trouvait ailleurs que dans le cœur, où la nature est ordinairement si constante à elle-même, je reviens à la hernie qui fut mortelle quoique petite. En effet, plus les hernies sont négligées par les malades à cause de leur petitesse, plus elles finissent souvent par devenir dangereuses, comme celle dont le petit sac recevait (i) à peine V extrémité du doigt indicateur. Car Tintestin s'agglutine plus facilement avec le petit sac, et y éprouve une plus forte constriction. A la négligence que les malades ont pour les hernies à cause de leur petitesse, se joint leur silence , alors même qu'ils commencent à être tourmentés par des douleurs du ventre; en sorte que le célèbre Werlhof (ti) avertit savamment les médecins de ne "pas négliger dans les coliques de s'informer s'il existe des hernies^ qui souvent sont petites et négligées par les malades , ou bien cachées par pudeur; et il rapporte qu'il lui est certainement arrivé plus d'une l'ois, malgré ses questions réitérées, de voir les malades nier l'existence de cette incommodité presque jusqu'à l'extrémité.

Quant à moi , il m'est arrivé de soupçonner sur un jeime homme aussi pieux que noble et savant,

— « I ■' I ■ ■ ■■■! ■II. MIK ■■ I II .,11,1 III Mil I

(i) Fid, Act. Lips. suppL, t. i, s. 12^ in relat. libelli Launay.

(2) Commerc. lilt.;, a. lySS, hebd. i , n. 3.

aujourd'hui grand personnage, chez lequel phis nous cherchions , d'autres médecins et moi , la cause des douleurs du ventre qui revenaient de temps en temps, moins nous pouvions la trouver; il m'est arrivé , dis-je, de soupçonner d'après cette absence même des autres causes, que celle dont il s'agit existait peut-être. Or je reconnus que ce soupçon n'était nullement mal fondé, en demandant si par hasard la situation du corps en supination procurait du soulagement. En effet, le malade répondant d'une manière affirmative, je trouvai une tumeur qu'il n'avait même pas remarquée lui-même à cause de sa petitesse, et bientôt après rintestin ayant été remis et maintenu constamment à sa place, les douleurs ne revinrent plus. Mais celles-ci avaient été plutôt incommodes que graves.

Au reste les coliques, comme j'avais commencé de le dire, dépendent souvent de hernies, ce que l'expérience prouve fréquemment, et ce que confirme une femme disséquée parle célèbre Weiss (i), laquelle avait souvent éprouvé de ces douleurs causées par une hernie qui était située au même endroit où j'ai dit que se trouvait aussi celle de notre femme, et qui renfermait une portion nonseulement du colon, mais encore de l'iléon et de l'épiploon; chez elle la vésicule du fiel était également chargée de calculs, mais ils étaient beau-

(i) Commerc. cit. ^ a. i7/|5^ hebd. 2/»^ n. i.

coup plus nombreux que sur la femme dont j'ai fait la description. Nous pouvons dire que la hernie de celle-ci était rare, d'après l'expression de Litire (i), si on la compare avec les hernies trèsfréquentes que forment les intestins grêles. Il en décrit lui-même une sur une dame noble, et cette hernie est semblable à la mienne, soit que l'on ait égard à ce qu'il trouva dans la dissection après la mort, soit que l'on considère la faculté d'évacuer qu'il avait observée pendant la vie; seulement le siège en était plus élevé. Il est question d'une autre hernie du même genre dans Palfyn ('^), qui ne paraît pas avoir lu celle de Littre, laquelle fut recueillie l'an 1714- Mais il avait lu une observation de Fabrice de Hiiden (3), que l'auteur luimême avait expliquée de la même manière que Littre, après l'avoir examinée avec plus d'attention : je vois même qu'une autre histoire recueillie également à Paris déjà dès Tan 1671 , avait été expliquée (4) de cette manière par Bienais, comme J. H. Lava ter (5), qui était présent, l'écrivit l'année suivante. En effet, V opérateur cité trouva dans la constriciion d^une partie de V intestin , la cause pour /r/^i/e//d la malade attaquée d'un bubonocèle, avait

(1) Mém. de l'Acacl. Roy. des Se, ann. 1714»

(2) Anat. du corps lium- , tr. 1, ch. 8.

(3) Cent. 1, obs. chir. 55.

(4) Cent. 6, in obs. 71.

(5) Dissert, de intest, compress. , t]ies. 6.

rendu -par le ventre des excrément liquides pendant tout le temps de la compression [jusqu'au septième jour). Mais j'ai remarqué en outre que Baillou (i) ayant écrit que quand V apophyse de Vintestin cœcum tombée dans Vaine se putréfie, il ne s'ensuit pas nécessairement les symptômes qui surviennent ordinairement dans une affection des autres intes-^ tins soit petits soit gros ^ a indiqué d'une manière non équivoque que si une portion quelconque soit des gros soit des petits intestins, étant suspendue comme cet appendice, se trouve interceptée dans quelque hernie, il peut y avoir des évacuations alvines, ce qui n'a pas lieu lorsque le tube de quelque intestin est intercepté tout entier. Or, il est certain qu'outre cet appendice naturel, il en existe dans certains cas quelques autres que l'on appelle diverticulum y et qui entrent dans le sac de la hernie, soit que ces autres appendices se soient formés insensiblement contre nature, soit qu'ils existent chez quelques sujets dès la naissance. En effet, gardez -vous de croire qu'ils soient tous contre nature, et surtout qu'ils ai eut tous été for mes par un coté de l'intestin tombé dans le petit sac de la hernie; car quelquefois, comme cela sera dit plus bas (2), ils appartiennent à des intestins qui sont éloignés des endroits où les hernies surviennent.

(0 L. i, consil. medic. io3.

Ainsi vous penserez bien avec LiUre (i) et Méry (2) que ces appendices qu'ils virent euxmêmes, avaient été formés ou du moins agrandis de cette manière; et même si vous voulez que ces trois autres que Schroeke (3) vit sur un petit jeune homme qui avait éprouvé fort souvent des douleurs du ventre, mais non point par des hernie^ qui n'existaient nulle part, se fussent aussi développés ou eussent grossi par quelque cause morbide, je ne m'y opposerai peut-être pas beaucoup. Mais si vous dites que quelques autres, comme celui qui a été décrit par Weitbrecht (4) sur une femme, et qui avait des fibres aussi remarquables que les autres intestins, n'existaient pas depuis la naissance, certes je ne pourrai me rendre à votre opinion. Je ne doute pas qu'il ne fût de celte dernière espèce, celui que je trouvai sur une vieille femme; car ses parois étaient de la même substance et de la même épaisseur que celles de riléon, et il était suspendu perpendiculairement à cet intestin, à un endroit plus proche du colon que du jéjunum. Je désirerais que vous ajoutassiez ces détails à la description très -courte que j'en ai faite dans les Adversaria (5), puisque Hu-

(i) Mém. de TAcad. Roy. des Sc.^ ann. 1700.

(2) Mém. , a. 1701^ obs. 1.

(3) Eph. N. C, cent. 8, obs. 5o.

(4) Comment. Acad. Imp. Petrop., t. 4-

(5) III , animad. 5.

336 TREKTr-QUATRiÈME LETTRE.

nanld (i) en décrivant un autre appendice qu'il avait vu, a témoigné le désir que ceci ne fut point passé sous silence. 11 n'était peut-être pas d'une autre espèce celui que je vis sur un lainier (2), et qui différait de celui-là en ce qu'il était plus court, hémisphérique, et placé vis-à-vis l'insertion du mésentère, là où l'iléon se fléchissait de manière à former un angle , qui existait encore même après la séparation du mésentère; car cet appendice s'élevait sur la saillie même de l'angle, de même que celui qui a été dessiné par Ruysch dans le Muséum Anatomique (3), eu égard seulement à la position. Quant aux autres appendices que j'ai vus, je n'en ai pas la description; au reste j'en ai vu extrêmement peu, quoique j'aie examiné \ç^^ intestins de tant de cadavres.

17. D'après cela plus je réfléchis, plus je pense que les paroles de Ruysch (in thés, vu) (4), (j^ue des appendices de cette espèce se rencontrent le plus souvent^ sinon toujours^ sur V iléon ^ doivent être entendues autrement qu'il ne le semble au premier abord; c'est-à-dire que lorsqu'ils existent, ils se trouvent le plus souvent sur cet intestin. Certainement c'est sur lui qu'ils furent observés

par les auteurs que j'ai nommés ici ou ailleurs (5),

(1) Hist. de l'Acad. Roy. des Se, a. 1732, obs. aiiat. 2.

(2) De qiio Epist. 3G, 11. 22.

(3) Fig. 3 ad lliec. c. repos. 3 , n. II. (/,) N. XV, 3.

(5) Ad vers. III, auiniad. 5.

et autrefois par Henri Meibomius (i), plus tard par d'autres , au nombre desquels on compte des hommes d'une très-grande expérience, Walther (2) et Schlicthing (3), et dernièrement par le célèbre BonazoJi (4); pour ne rien dire de moi en partie, quoique (je n'omets pas ceci, parce que c'est relatif aux observations de ce dernier) les sujets sur lesquels j'en ai vu n'eussent point été maniaques, et que je ne me souvienne pas d'en avoir vu sur les maniaques que j'ai disséqués. J'en ai observé aussi deux fois sur des oies, principalement sur une chez laquelle l'appendice était d'une telle largeur, qu'à en juger par ses restes, on ne pouvait pas le regarder comme le conduit qui avait appartenu autrefois à l'œuf. Sur ces oies aussi il communiquait avec le tube intestinal qui répond à l'iléon , et même avec la partie de celui-ci qui est la plus proche du gros intestin ; or c'est, à ce que je vois, ce qu'il est arrivé d'observer sur l'homme, non-seulement à moi, mais encore aux autres qui ont indiqué positivement le lieu de l'iléon auquel l'appendice appartenait. Ceci vient confirmer la cause proposée par le célèbre Fabricius (5), pour laquelle les appendices morbides surviennent prin-

(1) Epist. de vas. palpebr.

(2) Progr. de aneur.

(3) Act. N. C. , tom. 6, obs. ao.

(4) Comment, de Bonon. Se. Acad. , t. 2, p. i, inter anat.

(5) Prog. Helmstad. editum Janu. 1750.

338 TRENTE-QUATRIÈME LETTRIt.

, cipalement sur Tintestin iléon. En effçt, si les matières qui descendent des intestins supérieurs vçrs lui, conuTiencent à acquérir, à cause du passage déjà opéré d'une très graude partie du chyle dans les vaisseaux lactés, une consistance trop épaisse qui les rende capables de presser les tuniques minces et de les distendre, il est certain que cette consistauce sera d'autant plus épaisse, que les matières se serout avancées davantage à travers l'iléon, et qu'elles auront ainsi envoyé plus de chyle, et nne pîiis grande quantité de l'autre partie qui est plus liquide. Aussi l'appendice qu'il vit lui-même n'élait-il distant que de deux palmes de l'extrémité de l'iléon.

Pourquoi donc, dites- vous, entends -je les paroles de Ruysch , comme si les appendices appartenaient quelquefois aussi à un autre intestin? C'est que lorsque je relis mes observations, je crois qu'il lui arriva quelquefois ce qu'il m'est arrivé à moi-même, qui ai vu quelque chose de semblable une fois sur le rectum , et une autre fois sur le duodénum. Sur le rectum, c'était comme je Tai exposé dans les Achersaria (i); mais sur le duodénum , j'ai vu chez un homme apoplectique, à deux doigts environ au-dessous du pylore, une cellule qui n'était pas très-saillante , mais qui avait un orifice capable de recevoir un doigt; elle n'était entourée d'aucune tunique, excepté de l'extérieure,

mt ^. I ■ ■ I - ' Il ■ ■ ■ ■ .1 . I I ■ ■ I .1 ■ ■ ■ I ■ iiiii I ■

(i) Animad. cit 5 in fin.

J)E LA DOULEUR DES INTESTINS. 33g

de telle sorte cependant qu'il n'existait ni à cet endroit, ni sur restomac, ni dans tout le trajet du tube intestinal, absolument aucune trace d'ulcération, soit présente, soit passée*

Mais comme ces appendices, quand ils existent, se trouvent la plupart du temps, comme je Fai dit, sur l'iléon, qui est le plus long de tous les intestins et qui est placé à un endroit où les hernies ont coutume de se former le plus souvent, il n'est pas étonnant que ce soit principalement à lui qu'appartiennent les parties qui entrent dans celles-ci. Or, Ruyscli a pensé (i) qu'il peut se faire alors qu'il ne s'ensuive aucuns des symptômes d'une hernie. D'ailleurs Littre avait positivement enseigné auparavant (2) que tous les symptômes d'une hernie de cette espèce se manifestent plus lentement, qu'ils sont moins violens que dans toutes les autres où tout le tube intestinal est étranglé, et qu'on la reconnaît surtout par la circonstance que les déjections ne sont jamais empêchées. Cet auteur donne encore d'autres caractères, et entre autres ceux-ci, que l'abdomen n'est ni gonflé, ni tendu, ni rempli de vents, comme dans les hernies ordinaires. Quoique ceci paraisse conforme à la raison, parce que la vî)ie des intestins se trouve libre alors, et quoique ce soit confirmé avec raison par l'approbation de Palfyn (3) et d'autres

(i)N. 3cit.

(2) Mém. de l'Acad. Roy. des So. ^ a. 1 700.

(3; C. cit. suprà, ad 11. 17.

34o TRENTE-QUATRIÈME LETTRE.

écrivains, cependant pour que vous compreniez qu'il n'est rien en médecine d'assez bien établi qui ne puisse tromper quelquefois, j'ajouterai ici une observation de moi, qui a bien été indiquée dans les Ad\^ersaria (i), mais qui n'y a pas été décrite en entier, et d'après laquelle on verra combien les choses se passèrent autrement sur le malade dont la hernie interceptait une partie de l'intestin, de telle sorte qu'elle laissait pourtant une voie ouverte à travers lui.

i8. Un porte-faix de Bologne, épuisé par des travaux continuels, au point que n'ayant que cinquante ans il paraissait beaucoup plus vieux, avait à l'aine droite une hernie de la grosseur du pouce, qui semblait disparaître quelquefois. Cet homme vers le milieu du mois de mars de Tan 1706, fut pris sans aucune cause antérieure, si ce n'est peutêtre parce qu'un jour neigeux avait succédé toutà coup à une température moyenne , d'une douleur du ventre, qui était vague, il est vrai, mais violente, comme s'il était mordu par des chiens; car c'est ainsi qu'il s'exprimait. Quoique celle-ci eût semblé éprouver une rémission après je ne sais quelle onction faite sur le ventre, cependant elle revint, et elle ne dimintia jamais ensuite. Ayant été transporté pour cette douleur à l'hôpital de Sainte-Marie de la Mort, lorsqu'il élait déjà au sixième jour de sa maladie, les chairs n'étaient pas

(i) Animad. ibid, cit.

Î>E LA DOTlLEim BES INTESTINS. 34 I

chaudes, ni le pouls très-fréquent; mais cependant ce dernier était petit et peu résistant aux doigts qui pressaient l'artère, et la force des pulsations était inégale ; tout le ventre était tendu comme un tambour, mais il Tétait davantage au-dessous de l'hypochondre droit, où il semblait que l'on sentît pour ainsi dire avec la main quelques cellules de l'intestin colon; d'ailleurs la hernie était devenue plus dure, quoique le malade niât que le siège principal de la douleur fût à cet endroit. Il vomissait les'alimens. Déjà depuis quatre jours il ne pouvait rien évacuer. Il s'efforçait même inutilement de chasser les vents. On lui donna de Fhuile fraîche d'amandes douces, et on lui administra un clvstère avec dix onces environ d'huile de graines de lin. Il rendit cette dernière huile telle qu'elle avait été injectée, et il vomit la première en se plaignant qu'il en avait éprouvé du trouble et de l'agitation. Quand on lui demanda quel goût avait sa bouche, celui du poison, répondit-il. Il était fort altéré. Le vomissement persistait. Les deux jours suivans, le septième et le huitième, on lui donna deux lavemens composés, l'un avec l'eau bénite laxatwe, et l'autre avec du lait et un jaune d'oeuf; mais ils ne produisirent pas plus d'effet que le premier. Comme il n'avait jamais d'évacuations, que les autres symptômes qui ont été indiqués persistaient, que le pouls, quoique n'ayant plus été inégal après le sixième jour, devenait plus faible et plus petit, de telle sorte que

nous pouvions à peine le sentir le neuvième jour au matin, et que le malade dont la peau était déjà ridée et dont le corps se refroidissait, ne pouvait plus élever les paupières ni presque plus parler, il demanda cependant du vin, et s'éteignant insensiblement il mourut enfin paisiblement la nuit suivante.

Examen du cadavre. Je disséquai la nuit sui-» Yante le cadavre qui était sale et desséché, et dont la peau était rude et non sans quelque trace de gale. A l'ouverture du ventre il s'exhala une odeur fétide, semblable à celle que produit ordinairement la gangrène. L'épiploon qui était étendu jusqu'à la hernie, était rouge tout entier par l'effet d'une inflammation , à l'exception de certaines espèces de lignes larges dirigées en travers. La rate était teinte en partie d'une lividité morbide, qui s'était aussi propagée à l'intérieur, quoique à une petite profondeur. L'estomac s'étendait à droite beaucoup plus qu'à l'ordinaire; il était distendu tout entier par une matière jaunâtre, qui ne ressemblait à rien tant qu'à des excrémens liquides, tels que ceux qui distendaient considérablement aussi les intestins grêles depuis l'estomac jusqu'à la hernie. Mais tout ce qui restait de tube intestinal depuis l'iléon jusqu'aux gros intestins (or il en restait beaucoup), et tous les gros intestins euxmêmes étaient contractés et blancs, en sorte qu'il était évident qu'il n'était rien passé par la partie de l'iléon qui appartenait à la hernie; quoique le tube

même de Tintestin n'entrât point dans l'orifice de celle-ci, et qu'il passât de l'antre côté sans y pénétrer et en n'y envoyant qu'une portion de sa paroi, qui s'était relâchée en forme d'une cavité demi-ovale. I^e plus grand diamètre de cette cavité, à l'endroit où elle commençait à l'intestin d'une manière insensible, était d'environ trois doigts dans le sens de la longueur de cet organe, et le plus petit était beaucoup plus court, puisqu'il s'étendait à travers la face antérieure de l'intestin , à la distance d'un petit doigt de l'insertion du mésentère, jusqu'à la face inférieure. Après avoir ainsi commencé, la cavité diminuait insensiblement et de plus en plus, comme l'exige la forme demi-ovale, jusqu'à présenter la profondeur d'un pouce dans son milieu. Ainsi, soit que vous aimiez mieux appeler cette profondeur une cavité ou un appendice, la hernie n'interceptait qu'elle, et non le reste du tube de l'intestin, et elle la renfermait avec l'extrémité de l'épiploon. Aucune des deux parties ne pouvait en être retirée, nonseulement parce qu'elles étaient interceptées par l'orifice du petit sac qui était comme nerveux, mais encore parce qu'elles se trouvaient attachées par des nœuds moins forts à la vérité, mais trèsnombreux, à l'intérieur de ce sac, lequel était ua peu rude à l'endroit de ces nœuds, et lisse partout ailleurs. Il était formé par le péritoine qui s'était relâché en dehors près du côté externe des vaisseaux spermatiques; et auprès de lui étaient de

part et d'autre deux glandes inguinales tuméfiées, dont l'une plus proche présenta une substance blanche en partie. La partie de l'intestin voisine du petit sac, et surtout l'appendice, étaient d'un rouge noirâtre. Depuis cet endroit, vers la partie supérieure, l'intestin était d'un rouge tendant au livide dans un grand trajet (car il était blanc vers la partie inférieure, comme je l'ai dit); mais tout ce qui s'étendait ensuite jusqu'à l'estomac était entièrement rouge par le grand nombre de petits vaisseaux sanguins qui étaient apparens dans la phipart des endroits. La même couleur se faisait remarquer dans le mésentère.

Je voulus ouvrir aussi la poitrine. Les poumons étaient adhérens de toutes parts à la plèvre, excepté par leur face antérieure droite; ils l'étaient principalement sur les côtés et au dos, où cette membrane se trouvait épaissie; mais cette adhérence n'était nulle part plus forte qu'à la partie supérieure droite de la poitrine où la substance du poumon était très-dure comme à la suite d'une lésion ancienne, tandis qu'inférieurement, du côté droit également , cette substance était un peu plus dense qu'à l'ordinaire. Du reste les poumons étaient abreuvés presque partout d'une grande quantité d'humeur. Le péricarde ne contenait point d'eau, mais le cœur était flasque , et renfermait des concrétions polypeuses dans chacun de ses orifices, ainsi que dans le ventricule droit et dans l'oreillette gauche; ces concrétions étaient toutes légè-

DE LA DOULEUR DES IiVTESTI1N\S. 345

rement compactes, et la plupart d'une grosseur médiocre; car la plus petite était celle qui se trouvait dans cette oreillette, et la plus longue, celle qui s'étendait dans l'artère pulmonaire et dans ses branches.

19. Je ne doute pas que vous ne me demandiez pourquoi rien n'était passé par l'intestin iléon, quoique sa voie restât ouverte. Je puis bien soupçonner à ce sujet un grand nombre de causes . mais je ne puis en donner aucune comme certaine. L'intestin était atteint d'une lésion très-grave à cet endroit par l'inflammation , et il se trouvait en même temps irrité par le tiraillement et par l'interception d'une portion de son tube. Est-ce donc que le mouvement péristaltique n'avait plus lieu à ce même endroit, pour pousser les matières plus avant? Existait-il quelque convulsion par laquelle cette portion du tube aurait été plus contractée sur le vivant que sur le mort? Ou enfin l'inflammation opérait-elle ce Jernier effet en tuméfiant davantage pendant la vie les vaisseaux et les parois, lesquels se seraient relâchés après la mort? Il est certain que Littre (i) indique quelque chose qui appartient à cette troisième cause, à l'endroit où il conjecture pourquoi cette femme noble chez laquelle une hernie interceptait une portion du colon , avait quelquefois des évacuations plus abondantes et plus fréquentes, et d'autres fois

(ï) ITid. suprà, n. 16,

moins copieuses et plus rares. Et ne m'objectez pas que sur elle cependant des matières plus ou moins abondantes avaient toujours-pu passer, quoique l'intestin fût enflammé et qu'une portion de cet organe fût interceptée, ce qui eut lieu aussi sur la femme dont j'ai rapporté l'histoire au numéro i5; car, pour omettre qu'il peut exister une différence sur les différens sujets dans le degré de la lésion, dans la force et dans la sensibilité des intestins , il est certain que sur ces femmes il est question du colon , tandis que sur l'homme il s'agit de l'iléon, qui, pour ne pas chercher s'il est d'une sensibilité plus exquise, est assurément beaucoup plus étroit que le colon ; en sorte que si une portion même plus considérable de celui-ci que de celui-là est interceptée en long, il reste une voie plus large dans le dernier, et une extension plus grande de ses parois dans lesquelles gît la force expultrice. Ajoutez à cela ces trois liganiens, c'està-dire ces trois bandes musculaires, dont l'interception dans ces sortes de hernies est d'autant moins vraisemblable, qu'il est plus difficile que la paroi du colon se relâche là où elle esl fortifiée extérieurement par quelqu'une d'entre elles: d'ailleurs ce siège extérieur des bandes et leur plus grande densité peuvent faire aussi qu'elles ne contractent pas elles-mênies la lésion aussi facilement.

D'après cela, vous comprendrez non-seulement pourquoi le diagnostic des hernies de cette espèce

proposé par Littre,peutse vérifier plus facilement dans le colon que dans l'iléon, mais aussi pourquoi il peut se vérifier plus facilement dans l'iléon luj-même, lorsque l'orifice de l'appendice est plus étroit et tel que le même auteur (i) l'a dessiné, et non pas lorsqu'il est aussi ample qu'il l'était sur le porte-faix d'après ma description : je dis plus facilement; car je n'oserais pas mettre en avant qu'il se vérifie toujours bien que l'orifice soit plus étroit. Je vous avais écrit ceci, comme vous savez, lorsque je reçus du célèbre Bénévoli un livre (2) où il décrit en second lieu une hernie formée, comme la dissection même du cadavre le confirma, par un appendice de l'iléon qui s'étendait dans le scrotum. Quoique cet appendice communiquât avec l'intestin par un orifice qui n'était pas assez grand après la mort pour égaler le diamètre d'une noisette médiocre, cependant le malade qui n'avait rien rendu par le ventre les quinze premiers jours de la maladie, laquelle était extrêmement violente, avait rejeté par le vomissement en peu de temps toutes les matières qui étaient semblables à des excrémens. En outre, l'intestin iléon , dans la partie qui répondait à la hernie, n'était pas d'une couleur tout-à-fait naturelle, et il se trouvait extraordinairement ridé et rétréci, d'où on était porté à conjecturer qu'ayant été violemment

(1) Mém. de TAcad., 1700.

(2) Due relaz. chirurg.

tiraillé par l'appendice distendu et enflaminé, il avait été attaqué d'inflammation, déprimé et convulsé.

Je désire que vous réunissiez cette histoire à celle du porte-faix qui a été décrite, et que vous ajoutiez les conjectures appuyées sur ce qui fut observé dans la dissection, à ce que je soupçonnais sur les causes pour lesquelles le fait ne répond pas quelquefois au diagnostic de Littre dans les hernies de cette espèce. Que si non-seulement un appendice, mais encore l'iléon luimême est intercepté dans la hernie, et attaqué d'inflammation et de gangrène, comme dans l'observation (i) de Méry, il est évident que les évacuations se suppriment alors, et qu'on voit survenir les autres phénomènes qui ont lieu ordinairement dans ces sortes d'affections de l'iléon : je dis, ordinairement; car quoique ces phénomènes aient lieu sur la plupart des sujets, il en est cependant chez lesquels le ventre ne se serre même pas entièrement, loin qu'il y ait des vomissemens d'excrémens ou de matières semblables à eux, comme chez ceux dont des médecins célèbres, Wolf ('2) et Cohausen (3), ont décrit les histoires; en sorte qu'il faut moins s'étonner qu'il n'en soit pas arrivé autrement à ceux dont la maladie et la

(i) Cit. suprà, ad n. 16.

(2) Act. N. C. , lom. 4, obs. 68.

|3) Commerc. lilter.^ a. 1742, liebd. 26, n. II, ad 3.

dissection ont été rapportées par Storch (i) et par Baïer (2), lorsque la hernie interceptait une portion du colon, et non de l'iléon, lequel cependant était affecté tout entier d'une inflammation sur l'un des sujets avec une grande partie du jéjunum , inflammation dont le colon n'était point atteint.

20. Après avoir rapporté ou indiqué les observations dans lesquelles les douleurs des intestins dépendaient d'une cause qui se voyait, je passe à celles dans lesquelles la cause était entièrement cachée dans le corps. Or je commencerai par les histoires qui se rapprochent davantage parle vomissement et par l'inflammation, de celles qui ont été décrites jusqu'ici. Les deux premières appartiennent à Valsalva.

21. Un homme maigre, âgé de cinquante ans, commença à se plaindre, après s'être beaucoup fatigué à la chasse, d'une grande chaleur à la gorge et à la poitrine. Cette chaleur abandonnant ces parties se manifesta aux lombes, ainsi que dans le ventre, où elle tourmentait à un tel point le sujet avec une douleur pongitive qui s'y était jointe, qu'il n'y pouvait même pas supporter le toucher. Les premiers jours le malade était pris fort souvent de froid avec des frissons. Mais cinq ou six jours avant la mort, il s'y joignit un vol-

(i) Act. cit., t. 7, obs. 101.

(2) Commerc, cit., a. 1745, hebd. 4^^ n. 2.

35o TRENTE-QUATRTÈME LETTTxE.

vulus avec des vomissemens de matières fécales. Ce volvulus abattant insensiblement les forces du malade, le conduisit à la mort vers le trentième jour après qu'il se fut couché.

Examen du cadavre. Le ventre fut trouvé entièrement rempli d'une sanie, qui avait réuni entre eux Tépiploon et les intestins. Ceux-ci étaient extraordinairement enflammés, de même aussi que le foie et la rate; mais l'inflammation s'était étendue plus profondément dans celle-ci que dans le foie. Le rein gauche contenait du sang épanché au-dessous de sa membrane interne, mais non pas dans toutes les parties. On remarquait dans l'épiploon, et dans le bord du mésentère, surtout à l'endroit où il était attaché à l'intestin colon, beaucoup de petits abcès et de petits ulcères.

22. Du moment que les abcès commencèrent à se former, il exista des douleurs, non-seulement dans le ventre, mais encore aux lombes où le mésentère s'attache. Lorsqu'ils parvinrent à la suppuration, celle-ci fut annoncée par le froid avec des frissons fréquens. Mais la sanie s'étant épanchée, laissa là les petits ulcères, et remplit le ventre. Quand cette dernière, devenue irritante j)ar la stagnation, eut irrité les tuniques des viscères, et surtout des intestins, elle excita Tinflammation dans toutes ces parties , et changea en outre le mouvement de ceux-ci ; de là le volvulus. Vous pourrez comparer cette observation avec

DE LA. DOULEUR DES INTESTINS. 35 l

celles des auteurs célèbres, Mauchart (r) et Verdries (2), non pas à cause du volvulus qui semhle être à peine indiqué dans l'une, n^ais à cause des douleurs du ventre, attendu surtout que dans toutes deux il existait également des abcès dans le mésentère; ces abcès étaient ouverts dans Tune, en sorte que le ventre était rempli de sanie; mais ils étaient fermés dans l'autre, tandis que les intestins qui avaient été attaqués de sphacèîe çà et là se trouvaient étroitement adhérens entre eux et avec Tépiploon.

23. Un autre homme du même âge que le précédent, et de la même habitude de corps, mais d'un teint pâle, ayant été pris deux ans auparavant d'une fièvre ardente dont il avait été enfin délivré sans aucun indice seusible de crise, éprouva ensuite une grande soif, une extrême faiblesse de la tête et de l'estomac, et un abattement des forces. En proie constamment à ces incommodités il était pris pendant le jour d'une grande oppression du cœur, quiétait remplacée pendant la nuit, lorsqu'il voulait prendre du sommeil , par un tremblement de tout le corps. D'autres médecins croyaient qu'il était attaqué d'une phthisie, tandis que Valsai va pensait qu'il avait de l'eau en surabondance dans le crâne, et il prescrivit les remèdes qui sont communs aux hydropiques. Mais cet homme s'étant

(i) Eph. N. C, cent. 1 , obs. 14.

(2) Act. cit. ^ t. 1 , obs, 87.

gorgé pendant ce temps-là d'une grande quantité de vin pur avec des compagnons de table, est pris d'une vive douleur du ventre, mais vague, à laquelle se joignent des vents, des vomissemens d'une matière bilieuse, et la vitesse du pouls. Le lendemain matin , comme la douleur était non-seulement plus considérable, mais encore fixe à une certaine partie qui était extrêmement douloureuse au toucher, Valsai va craignant une inflammation lit ouvrir la veine. Cependant tous les secours étant inutiles, le malade meurt au commencement du quatrième jour de la maladie.

Examen du cadavre. Les autres organes furent trouvés sains dans le ventre, mais une grande portion de l'iléon était enflammée. Dans la poitrine, une très-grosse concrétion polypeuse était renfermée dans le ventricule droit du cœur, et elle s'étendait de là dans la veine-cave. Enfin il existait dans l'intérieur du crâne une grande quantité de sérosité, dont les ventricules du cerveau étaient également remplis. Les glandes du plexus choroïde étaient très-volumineuses et remplies de beaucoup -de sérosité; le cerveau était mou.

24. La première partie de cette histoire confirme combien il y a de danger à ce que les grandes fiè- ATCS se dissipent sans aucune crise. Mais ce qui fut trouvé par la dissection dans la tète et. dans le ventre, fait voir combien étaient vrais les deux jugemens de Valsalva. Quant à ce qu'il exista sur ce malade non pas un volvul us, comme sur le premier,

DE LA DOULfiUR DES IJNTESTmS. 353

mais seulement des vomissemens, vous n'en demanderez pas la cause lorsque vous aurez comparé la dissection de ce sujet avec celle du précédent ou avec celle du suivant. Cette dernière, si je m'en souviens bien , fut faite par moi , Tan lyoS, à Thôpital des Incurables de Bologne.

25. Un vieillard âgé de soixante-quatorze ans, maigre, adonné au vin, avait commencé un mois auparavant à marcher de telle sorte qu'il s'appuyait principalement sur la cuisse gauche. Les gens de la maison en avaient fait la remarque plutôt que lui-même; du moins il n'en disait rien, et il était évident qu'il ne souffrait nulle part. Dix-huit jours après il fut pris d'une douleur vague du ventre^ qui ne fut accompagnée d'aucune fièvre, et qu'il dissipa lui-même en prenant de la thériaque sans avoir consulté personne. Mais douze jours après il se déclara vers midi, au haut de la région iliaque droite, une douleur qui était à la fois gravative, et semblable, d'après ses expressions, à celle que des chiens causeraient par leurs morsures. Cette partie était tuméfiée, mais elle n'avait point changé de couleur, et elle était molle au toucher; cependant en appliquant la main plus profondément, on sentait une dureté. Le pouls, du reste en bon état, était vif et fréquent. Les yeux s'affaissaient dahs l'intérieur des orbites. La langue était sèche. La nuit fut mauvaise. Le second jour de la maladie le pouls était plus grand, et vibrant. La douleur et la tumeur s'étendaient jusqu'au

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