N. II
(4) III ^ animad. g.
se rompt ou se paralyse sur les sujets atteints (Vun iléus.
Au reste, je crois que cette dernière conjecture n'a même pas lieu lorsqu'on admet que le commencement du colon est dilaté outre mesure par l'accumulation d'une grande quantité de matières. En effet, quand même la valvule perdrait la force de contraction, quelle qu'elle fût, par la paralysie des fibres charnues des deux intestins dont elle est composée, cependant les deux freins que j'ai découverts et ajoutés à cette valvule, sont tellement placés (i) en travers de part et d'autre sur la face interne du colon, que par une fonction admirable ils resserrent d'autant plus la fente de la valvule que l'intestin est plus dilaté, usage qu'ils remplissent, à ce que je crois, très-souvent dans la vie, lorsque par hasard une grande quantité de matières se trouve dans cette partie du colon, et que les muscles de l'abdomen font de grands efforts. Quant à ce que j'ai écrit et dessiné dans les Âd^'ersaria relativement à la structure de cette valvule et de ses freins, de même que je ne doute pas que vous'ne l'approuviez, de même je voudrais que ces objets et quelques autres qui m'appartiennent eussent été considérés avec un peu plus d'attention par quelques auteurs. Mais passons sur ceci.
Enfin, pour omettre d'autres considérations, relativement à ce que l'auteur de l'explication rap-
(i) Advers. 3^ fjg. i.
porte aux muscles de l'abdomen et au diaphragme cette action que l'on a coutume d'attribuer au mouvement anti-péristaltique des intestins, il ne le fait pas sans raisoii , comme peuvent le confirmer les cas dans lesquels il a été dit plus haut (i) d'après l'opinion de Salins et de Ruysch , que l'iléus a lieu par l'abolition de la force expultrice ou par l'atonie des intestins. On peut produire ici aussi l'autorité de Boerhaave (2), qui prétend qu'^7 n a jamais vu le mouvement péristaltique des gros intestins sur beaucoup d animaux vivans quil avait ouverts y et qui s'étonne par cela même que les clystères venant des gros intestins soient néanmoins rejetés par la bouche; car il ne doutait pas que cet accident n'eût lieu quelquefois d'après le témoignage d'hommes très-graves,
3i. Mais après avoir remarqué que ces considérations étaient en faveur de Texplication proposée, il s'en présenta d'autres qui étaient évidemment contre elle, et surtout celle-ci, pour ne pas être trop long : si l'on admet que tous les intestins sont pleins, ou presque pleins, on ne peut pas concevoir comment les clystères sont vomis tout purs, et non mêlés avec d'autres hurneurs, comme on le dit, et cela sans un long intervalle-, et sans qu'il y ait eu depuis leur injection des vomissemens énormes des humeurs qui remplissent,
(2) Praelect, ad Instit. , 5. 816 in fin.
OU à peu près, les intestins depuis le rectum jusqu'à l'estomac. En effets lisez les observations de Roscius, de Schroecke le père, des Editeurs de la Bibliothèque Anatomique (i), que j'ai indiquées plus haut, et qui ont été recueillies dans des cas de volvulus; lisez aussi celles que j'ai citées (2) d'après Lossius, Séger, Chauder, Rommelius, et dans lesquelles il n'existait point de volvulus, de telle sorte qu'on pouvait croire que la compression des muscles était plus forte, et qu'il n'y avait pour tout obstacle sur un ou deux sujets qu'une légère constipation qui arrêtait les humeurs dans presque toute la longueur du tube intestinal : vous trouverez ça et là que des clystères tout entiers et purs furent rejetés par la bouche dès qu'ils eurent été administrés j sans avoir éprouvé absolument aucun changements et après avoir été retenus une heure dans les intestins ^ après V intervalle d'environ une heure s après un quart d'heure y lorsquun quart d'heure se fut à peine écoulé ^ en un instant; sans qu'il ait été fait mention nulle part d'aucun vomissement d'humeurs, dans l'intervalle de l'injection et du vomissement des clystères, et bien moins encore d'un vomissement aussi considérable que vous concevez qu'il aurait dû l'être si tous les intestins eussent été pleins.
Ainsi, puisque ceux-ci n'étaient ni pleins, ni
(2) Ibid.
DE LA. DOULIiUR DES INTESTINS. 867
presque pleins, on voit assurément qu'il faut chercher une autre explication, d'après laquelle ou voye clairement soit la cause qui poussait les clystères (lu rectum à l'estomac, soit celle qui maintenait la valvule de Bauhifn ouverte. Or il faut voir, surtout maintenant qu'il ne manque pas d'auteurs qui révoquent en doute les forces du diaphragme et des muscles de l'abdomen pour produire le vomissement; il faut voir, dis-je, pour ce qui regarde la première cause, si on n'a pas rejeté avec trop de précipitation celle qu'on plaçait dès les temps anciens dans le mouvement anti-péristaltique des intestins. En effet, quoiqu'il ne faille point admettre facilement ce mouvement lorsque les intestins sont liés, distendus, enflammés, paralysés, pourquoi faudrait-il le nier lorsqu'il n'existe rien de tout cela? Or il ne pouvait exister aucune de ces lésions dans les observations qui ont été recueillies sans aucun volvulus, et iln'en existait aucune non plus, même avec un volvulus (ou du moins il n'était pas toujours nécessaire qu'il en existât quelqu'une), dans une grande partie des intestins, et nommément dans celle que je considère principalement ici, c'est-à-dire dans les gros intestins. Pourquoi donc rejetterions -nous constamment cette cause d'une manière absolue, et ne lui accorderions-nous aucune influence? Serait-ce par hasard parce que le mouvement péristaltique est à peine admissible maintenant? Quoi donc! la nature des animaux est-elle tellement
changée, que Ton voye à peine encore de îlotre temps ce qui fut très-bien remarqué par ces anciens observateurs, dont l'opinion a été adoptée par Clcéron (i), qui a écrit positivement que les intestins tantôt se resserrent ^ et tantôt se relâchent , soit pour dissoudre et digérer les alimens, soit pour chasser leurs restes?
Mais pour qu'aucun de ceux que j'ai désignés presque à la fin de la Préface de la seconde partie des Adversaria ne trouve quey^ cite aussi ce passage de Cicéron ^^oxxx faire un reproche assez amer^ il vaut mieux omettre beaucoup de choses que je pourrais répondre ici., et passer des anciens aux modernes. Oublierai-je donc tant d'observations que d'autres et moi avons faites sur des chiens, sur des brebis, sur des lapins, qui fuirent disséqués vivans, et sur lesquels ce mouvement se présenta souvent à nous, lors même que nous ne le cherchions pas? il était même alternativement antipéristaltique, comme cela eut lieu principalement sur un lapin. Mais il ne m'appartient déjà plus de faire voir que l'on a aussi reconnu l'un de ces mouvemens chez les hommes, et quelquefois*tous les deux, puisque le célèbre de Haller (2) en a rapporté des exemples, auxquels vous pouvez cependant ajouter, si vous voulez, celui d'une dame qui avait une énorme omphalocèle, et qui fut ob-
(1) L. 2, de Nat, Deor.
(?.) Ad Boerh. praelect., §. gS, not. 6.
DE LA. DOULEUR DJiS iNTirlSÏIJCS. ô6c)
servée par les Éditeurs de la Bibliothèque Anato* îïiique (i). D'ailleurs le même de Haller (u) fit en sorte, même avant de publier ce grand nombre d'expériences (3), qu'on ne crût pas que parce qu'il était arrivé à son grand maître de ne jamais voir, comme je l'ai dit, le mouvement péristaltique dans les gros intestins, personne ne l'avait vu; car il cita particulièrement Wepfer^ qui observa très-bien anssi dans ces organes non-seule-* ment le mouvement péristaltique, mais encore le mouvement an ti-péristai tique, comme vous l'apprendrez par le passage de Wepfer, qui est également rapporté dans le Sepulchr^tutn, (4)
3,2. D'après ce que j'ai examiné pour et contre, vous pourrez comprendre qu'il ne faut rejeter facilement aucune cause probable d'une manière absolue, pour expliquer ce qui a lieu dans le volvulus, surtout les points difficiles et qui ne sont pas encore assez clairs. Quant aux causes qui sont un obstacle à la descente des matières à travers les intestins, si par hasard vous rhe demandez si j'ai jamais observé la contorsion de ces organes autrefois si fameuse, ou du moins ce qu'on appelle leur intus-susception , qui a été confirmée aussi par les modernes encore plus souvent, je répon-
(i) Tom. 1^ p. 1^ adnot. penult. ad Warthon. de mesent
(2) Ad cit. praelect. ^ J. 107, n. 3 , et 5. 10g, not. 3o.
(3) De respir. , p. 3.
(4) Schol. ad 5. 2, obs. i, hujus «eôt.
370 treivte-qtjatrième lettre.
drai tranchement que je n'ai encore rencontré ni Vune ni l'autre, mais de la manière dont je l'expliquerai plus bas (i). Cependant, pour ce qui regarde la première disposition , aucune des espèces de contorsions qui ont été décrites ne m'est suspecte, si ce n'est qu'on ne peut pas les concevoir quand le mésentère res.te attaché aux intestins. Pour la seconde, c'est-à-dire pour l'intus-susception d'un intestin dans un autre intestin, nonseulement on la conçoit lorsque le mésentère reste attaché à ces organes, mais encore elle est extrêmement nuisible par cette circonstance même. En i^ffet, lorsqu'une portion d'intestin entre dans la portion voisine, il est nécessaire que la portion du mésentère qui lui est attachée entre en même temps. C'est pourquoi si elle s'y fixe un peu trop long-temps, et s'il s'y joint quelque cause qui exerce une constriction, le mouvement du sang se trouvant retardé dans ses vaisseaux, il en résultera une telle turgescence, qu'elle empêchera la sortie de l'intestin q^fi est entré, *et le passage de la matière qui doit descendre dams sa cavité; pour ne rien dire du sphacèle qui survient enfin par l'interception entière de la circulation du sang, et qui fait périr le sujet, comme de Haller (2), déjà cité, l'a vu. Or il existe une cG^nstriction d'autant plus considérable de toutes les parties à cet en-
(2J Streua anat.^ u. {^.
DE JLA DOULEUR i^ES INtÈStmS. 3jt
droite qu^une plus grande portion d'intestin s'est Jetée dans la portion voisine; car cette portion a été si considérable quelquefois, que retirée d'un trajet d'intestin long d'un demi-pouce, elle a égalé près de deux palmes (i)* Au resle elle est d'autant plus grande, que les causes qui poussent la portion qui entre, et celles qui dilatent la portion qui reçoit^ sont plus considérables, ou de plus longue durée. Parmi celles qui dilatent on compte le plus souvent des vents, et parmi celles qui poussent on reconnaît quelquefois un poids, comme dans une observation des Éditeurs de la Bibliothèque Anatomique (2), que j'ai citée une première et une seconde fois; observation rare non-seulement à cause de cette circonstance, tnais auss^ parce que Tintus-susception avait eu lieu dans le colon, où je me souviens que très^peu d'auteurs l'ont observée, sans compter Ruysch (3) , qui, d'après son aveu, ne l'y a vue qu'une fois, tandis qu'il l'a rencontrée tant de fois dans les intestins grêles, que personne ne l'a trouvée plus souvent que lui. Du reste, on croit qu'il n'y a pas de cause plus fréquente d'intus-susception que les mouvemens convulsifs; et en effet ils sont capables de la produire, comme le prouve une expérience de Peyer, qui irrita les intestins d'une grenouille vivante en
( 1 ) Fiel. Sepulchr. , §. 2 , modo dit
(2) Adnol. cit. suprà, ad n. 29,
(3) Advers. anat.^ dec. 3, 5- . .
•plus d'un endroit. Vous lirez cela dans le Sepuî-- -chretum (i). 11 me semble que la même chose est confirmée par les observations , soit de Peyer luimême (2), soit surtout de Ruysch (3). Car le premier vit dans Tiléon d'une jeune fille, où il existait trois intus-susceptions , des lombrics qui étaient comme pelotonnés en quelques endroits; tandis que Ruysch rapporte que dans Tintus-susception de l'iléon d'un homme, la portion même qui était entrée se'trouvait remplie de vers placés circulairement ^ et qu'il dit dans une autre occasion que Xintus'Susception du même intestin était ver»^ mineuse depuis r enfance. Or il est évident que les intestins peuvent être violemment irrités par des vers. Bien plus, le grand médecin Heister (4) ayant vu une double intus-susception dans les intestins grêles d'un enfant de douze ans, et remarquant que les mêmes intestins étaient tout à-fait pleins de lombrics^ pensa qu'il était digne de remarque dans la pratique^ surtout si nous traitons des sujets jeunes^ que la passion iliaque pouvait aussi être produite par des vers. Et c'est peut-être pour cela que j'ai remarqué que la plupart des intus suscep^ lions avaient été observées sur des enfans. En examinant avec un peu plus d'attention certains objets
(i)Scliol. ad §. 8, obs. 20.
(2) §. modo cit.
(3) Tlies. anat. 4, n. 14, et thés. nov. , n. 57.
(4) Epb, N. C, cent, i et 2, obs. 198^ n. 3.
de ceux dont j'ai parlé jusqu'à présent, je ne puis m'empécher d'ajouter ici une observation de moi; et si par hasard en la lisant vous commencez à vous étonner de ce que j'ai dit un peu plus haut n'avoir vu aucune intus-susception d'intestin, votre étonnement cessera lorsque vous aurez réfléchi à ce que j'écrirai après robservation.
33. Uue fille âgée de quarante-cinq ans, s'étant frappé très-gravement la tête en tombant, éprouva des vomissemens, non-seulement dans les commencemeus, mais dans tout le cours de la maladie; néanmoins elle vécut dans cet hôpital plus de virjgt-un jours, de telle sorte cependant qu'elle semblait être souvent sur le point de mourir.
Examen du cadavre. Dans le ventre ( car je n'examinai que les viscères de cette cavité, et ce n'était pas à cause de la maladie) les intestins étaient tièdes encore dans ce moment, quoique je les touchasse \\n assez grand nombre d'heures après la mort, et qu'il s'en fût certainement écoulé unç^ depuis que l'abdomen avait été ouvert et ses parois mises de côté, pendant que je préparais autre chose, et quoique ce fût dans une saison froide de l'année (vers le milieu de décembre de Tan 1724), et que la température se trouvât extrêmement froide. Une partie d'intestins grêles était distendue par des vents; c'était principalement ceHe qui se trouvait au-dessous du cœcum, ce qui était cause que cet intestin était tourné en avant avec son appendice; la partie restante était un peu rouge et non san&
374 TREJVTE-QUATRI EME LETTRE.
quelque fétidité. Je vis dans cette dernière portion l'inluS'Susception dont je parle; elle était non moins évidente et un peu plus longue que celle qui a été dessinée (i) par Ruysch. Mais tan^lis que je cherchais à reconnaître d'une manière plus distincte en quel endroit des intestins elle se trouvait, et jusqu'à quel point elle était serrée, et que pour y parvenir j'écartais légèrement ces organes d'un côté et d'autre, comme cela se fait, afin de commencer par l'une des extrémités des intestins grêles, je compris très-bien, il est vrai, le degré de constriction de Tintus-susception , mais je ne pus reconnaître son siège. En effet, en parcourant avec soin tous les intestins grêles, depuis une extrémité jusqu'à l'autre, et une seconde fois depuis celle-ci jusqu'à celle-là, je ne vis nulle part cette intus-susception , je nen vis même auciine trace; preuve bien évidente qu'elle n'était nullement serrée. Continuant alors ce qui restait à faire , j'ouvris les intestins grêles, et je vis dans le duodénum ime matière semblable à des excrémens liquides, et dans le trajet voisin du jéjunum un lombric cylindrique; ce même trajet et la partie voisine du duodénum présentaient çà et là des taches rouges, dont l'intérieur des deux intestins était parsemé, comme à la suite d'une inflammation qui commencerait à succéder à ui\g irritation. Je remarquai d'ailleurs, et je fis voir plusieurs au-
(i) Obs. chir. anat.^ fig. 74»
très objets dans les autres intestins et dans les viscères du ventre, mais ce n'étaient point des états morbides, à l'exception de quelques-uns qui furent observés dans les organes génitaux , et dans la vessie, ou plutôt dans Furètre. En effet, celle-ci ayant été incisée en long, il semblait que les vaisseaux sanguins que l'on voyait disposés parallèlement dans sa face interne, offraient çà et là des saillies formées par certaines espèces de petits corps noirs, en sorte que je les pris au premier aspect pour des varices. Mais en les examinant le matin à la lumière du soleil , je compris que ce n'en était pas; je doutai même beaucoup qu'ils appartinssent à ces vaisseaux. Car je remarquai que les deux plus gros qui se trouvaient sur les limites communes de la vessie et de l'urètre, étaient de petits corps particuliers, bruns et un peu arrondis, et en les touchant, je sentis qu'ils étaient durs; en sorte que je pensai que c'étaient des calculs sui generis ^ qui s'étaient concrètes sous cette tunique interne, et qui la soulevaient; tandis que les autres qui étaient plus bas, se trouvaient plus petits, moins durs, non arrondis, et étaient composés d'une matière de Ja même nature, se comportant de la même manière^ mais n'étant pas encore parvenus à leur degré de perfection. Après avoir observé ce genre de maladie, peut-être nouveau, qui aurait rétréci l'urètre par les progrès du temps, et qui déjà la blessait: sans doute légèrement, je coupai l'utérus pour
376 TRElNTr^-QUATRlÈME LETTREE
voir si par hasard je trouverais d'une manière plus manifeste les sources d'une humeur blanchâtre et un peu épaisse par laquelle j'avais remarqué que le vagin était fort humeclé. Mais je ne vis rien contre l'état ordinaire, si ce n'est un amas de vésicules saillant et fort petit, en sorte que son aire n'excédait pas la circonférence de l'ongle du petit doigt. Il était situé à la face antérieure de la cavité de l'utérus lui-même, phjs à droite et plus près de la partie supérieure de la même cavité que de son col; de manière que je soupçonnai d'abord que c'était un commencement d'excroissance de l'espèce de celles dont vous avez lu les descriptions que j'ai faites souvent ailleurs dans la cavité de l'utérus. Ce soupçon était bien confirmé par la saillie, mais il n'était pas d'accord avec la nature des vésicules qui couvraient sa face; car ces vésicules et le mucus qu'elles contenaient étaient absolument de la même nature, et se comportaient de la même manière, que plusieurs autres situées plus bas au col, que j'ai suffisamment fait connaître (i) autrefois par la description et par le dessin, et qui n'étaient pas des hydatides, comme celles qui ne manquaient pas non plus ici aux trompes, et près des ovaires, lesquels étaient blancs, durs et amaigris. Au r.este je me souviens de n'avoir vu que rarcnient des vésicules contenant im mucus limpide qui se lais- ^.^ . — — ■■ I '■
fi) Adver*. anal. 1 , n. 32, et Jab. ?».
sait distendre en filamens, ayant leur siège aussi haut que sur cette fille et ramassées en un tas a cet endroit. Si elles se fussent toujours présentées de cette manière, l'opinion de Naboth (a) aurait une grande difficulté de moins.
34. Mais il sera question de ceci ailleurs. Revenons maintenant au sujet commencé. Vous voyez que sur cette fille une portion d'intestin se jeta dans la portion voisine; qu'il y eut d'une part des vents qui la dilataient, et de l'autre un lombpic qui pouvait la contracter en l'irritant, et donner lieu à une inflammation; qu'il exista un vomissement opiniâtre, et qu'il ne manquait déjà pas dans le duodénum des matières semblables à des excrémens liquides. Tout cela a fait que je n'ai ^ointomis cette histoire ici. Quant au coup trèsgrave de la tête, qui a coutume de produire le vomissement par lui-même^ et à l'inflammation de l'intestin grêle qui était légère, qui semblait avoir commencé tout récemment, et qu'on ne doit peutêtre pas expliquer autrement que je ne l'ai fait dans la dix-neuvième Lettre (i), quaut surtout à l'intus-susception qui était tellement lâche qu'elle se défit très -facilement, et sans laisser aucune trace après elle; tout cela m'a porté à ne point regarder cette intus-susception comme la cause du
(a) Naboth, professeur de Leipsick, donnait le nom d'ovaire à cet amas de vésicules. (Note des Irad. ) (i)N. 18.
vomissement, ni à la compter parmi celles dont je parle actuellement. En effet, je ne considère pas ici celles qui peuvent se dérouler avec facilité, que j'ai rencontrées assez souvent, et auxquelles je crois qu'appartiennent ces trois qu'Habr. Vater (i) vit sans aucuns signes de volvulus dans Tintestin jéjunum d'une jeune fille, et peut-être aussi, puisqu'il n'est fait aucune mention de ces signes, celles qui sont dites avoir existé dans le même intestin de trois cadavres d'après l'observation du célèbre Hommelius (2); et, pour ne pas être trop long, telles étaient certainement ces intus susceptions nombreuses et d'un siège différent (puisqu'il y en avait même une dans laquelle la partie inférieure du colon se trouvait dans la partie supérieure du rectum), qui ont été décrites par le célèbre de Haller, non pas dans ses Étrennes Anatomiques d'après lesquelles j'en ai cité une plus haut (3), mais dans ses Opuscules Anatomiques (4). Bien plus, il y en a quelques-unes dans lesquelles le déroulement ne fut pas aussi facile, comme celle qui fut trouvée assez serrée par le célèbre J.-Phil. Burgrav (5), qui néanmoins ne cite aucun signe de passion iliaque; est-ce parce qu'il
(i) Progr. edito, a. 1727 , m. april.
(2) Commerc. litler. , a. 1743 > hebd. l{2 in fin,
(4) Obs. 27.
(5) Act. N. C, tom. 7 , obs. 5.
ne s'y était joint aucune inflammation? Toutefois celle-ci n'avait pas existé non plus dans une autre intus-susceplion observée par le même (i) auteur, et cependant il y eut au moins quelques tranchées, et les remèdes avaient été vomis; était-ce parce que l'intestin s'était enfoncé deux fois davantage dans ce dernier cas?
Au reste Hartmann (2) ne trouva pas l'intestin enfoncé peu profondément, et cela en trois endroits; il n'était pas également facile de le dégager de tous ces endroits; il y était même unpeu tuméfié et sanguinolent à V extérieur^ et il restait encore dans une -poriion qui s'était dégagée une trace évidente de tuméfaction; et de plus il y avait un ver trèslong dans les mêmes intestins grêles : cependant il ne parle d'aucuns symptômes de volvulus; il note même que le ventre avait fait ses fonctions ^ parce que les intus-susceptions n avaient pas entiè-^ renient obstrué tout le passage. Une portion beaucoup plus longue du jéjunum (puisqu'elle avait plus d'un pied géométrique), qui était tombée dans la portion voisine de cet intestin, qui y était extrêmement serrée^ comprimée^ et qui y avait pris une couleur noire et livide^ fut trouvée par J.-Guil. Widmann (3) après des douleurs très-violentes et des vomissemens presque continuels ; toutefois les
(i) Eorumd. , t. 5 , obs. 80.
(2) Eph. N. C, dec. 3, a. 5 et 6, obs. 207.
(3) Earumd. cent. 6, obs. 8g.
38o TnENTE-QUATRlÊME LETTRE.
matières vomies n'étaient pas semblables à desexcrémens, et les évacuations alvines ne furent pas supprimées d'après ce qu'il dit; car la portion tombée, quoique serrée, était encore ou\>erte au moment de Texameu.
C'est pourquoi je croirais qu'elles furent beaucoup plus ouvertes, et par conséquent plus courtes et moins serrées, ces deux intus-susceplions qui furent observées dans l'intestin iléon avec un commencement de gangrène par un bomme célèbre, J. -Rod. Zw^inger (i), qui du reste n'aurait pas négligé de parler de quelques symptômes de passion iliaque, s'ils eussent existé; et je penserais au contraire que l'ouverture était moins considérable dans deux autres qui furent trouvées sur le même intestin par Valentini (2) , lequel rapporte les mêmes signes que Widmann, et ne doute pas qu'il ne s'y fût joint des vomissemens slercoraux, si le petit garçon eut vécu plus long-temps. Au reste, vous comprendrez que ces vomissemens existèrent sur \x\\ aulre sujet dont la description a été faite par Hoffmann (3) dans un cas d'intussusception dont était atteint le même intestin, parce que les intestins supérieurs étaient distendus par des vents, en même temps que la voie était interceptée par une liumeur putride, qui se ■ ■ ■ ■ . ■ ■ ' , Il I. I I I I »
(0 Earumd. cent. 7, obs. 83.
(2) Earumd. cent. 3, obs. i.
(3) Medic. rat. , t. 4^ P- ^ :» s. a ^ c. 4 > pb». 4-
présenta aussi clans l'estomac avec la même couleur que celle qui était rejetée par le vomissement.
A ces observations vous en réunirez surtout une du célèbre Weiss (i), qui trouva sur une femme morte après des douleurs atroces du ventre accompagnées d'une constipation opiniâtre et enfin d'un volvulus, l'extrémité de l'iléon tombée dans le colon; cette extrémité était attachée aux membranes de celui-ci , et tellement contractée, qu'elle fermait le passage à une humeur fétide et à demi stercorale par laquelle on voyait les intestins grêles extraordinairement distendus et enflammés. Enfin il ne faut pas omettre non plus, quoique recueillie sur un chien, une observation que le célèbre Wahrendorff (2) a rapportée. L'animal n'ayant évacué absolument rien déjà depuis quelques semaines, et vomissant tout ce qu'il prenait en poussant avec force des cris plaintifs, creva enfin, et ne présenta aucune inflammation, ni aucun obstacle dans les intestins, si ce n'est que vers le commencement du rectum on voyait une intus-susception de la longueur de deux lignes ^ qui bouchait d' une ma^ nière si étroite toute la voie^ quelle ne laissait même pas passer Vair.
D'après toute^s ces observations que j'ai citées, selon mon habitude, pour que vous puissiez les réunira celles du Sepulchretum y vous comprenez
(i) Commerc. liUer., a. ly/jS, hebd. 24, n. i, ad If. (2) Act. N. C, t. 3,obs. i32.
38î2 TRENtE-QUATRlÈME LETTRE.
facilement que Tocclusion ou le rétrécissement considérable et permanent de la voie, contribuent plus que l'inflammation à donner lieu au volvu-^ lus; et que par conséquent nous ne devons pas considérer ici V intus-susception qui ne produirait pas cet effet, ce qu'elle ne fait pas quand elle est légère, et qu'elle peut se défaire très-facilement* Je rapporte à cette espèce celles qu'il m*est arrivé de voir jusqu'ici, et j'avoue volontiers qu'elles sont du nombre de celles qu'un auteur d'anatomie et de chirurgie assez distingué de ce siècle disait qu'on rencontrait sur beaucoup de sujets morts naturellement, et sans aucune douleur. Mais lorsque cet écrivain accorde assez d'importance à ces sortes d'observations, pour regarder comme entièrement fausse la doctrine des autres auteurs qui placent l'intus-susception des intestins parmi les causes du volvulus, je ne puis partager son opinion , à moins de vouloir aller contre tant d'observations opposées d'autres médecins, et contre la raison ellemême. En effet, de même que je reconnais qu'il n'est nullement nécessaire qu'il survienne quelque incommodité très-grave lorsque l'intus-susception est fort lâche, et qu'elle ne rétrécit pas considérablement la voie; de même je prétends que si elle n'est pas lâche, et qu'elle bouche, ou \ peu près, la voie pendant fort long-temps, il en résulte un volvulus, ou des douleurs, ou des inflammations, ou d'autres affections de ce genre, comme vous le voyez xlans les histoires qui se
trouvent dans cette section du Sepulchretum sous le numéro 20, et dans d'autres, nommément dans celles de Ruysch (1), et dans quelques-unes encore parmi celles qui ont été citées ici ou plus haut. \'x)
35. Au reste, il est évident soit par les observations des autres, soit aussi par les miennes que je vous communiquerai une autre fois, que le volvulus est produit non-seulement par l'intussusception, parles hernies, ou par l'inflammation des intestins, mais encore par d'autres causes qui bouchent ou irritent ces organes; les causes qui les bouchent donnent lieu nécessairement à cette affection, pourvu que la vie se prolonge un peu de temps, et celles qui les içyitent la développent quelquefois. Les premières appartiennent dans certains cas aux tuniques mêmes de quelque intestin, comme cet anneau squirrheux cité dans la trente -deuxième Lettre (3); car il fut suivi à la fin de vomissemens stercoraux ; mais d'autres fois elles appartiennent à des corps contenus dans les intestins; et je ne parle pas seulement des excrémens, comme dans l'exemple rapporté par Hoffmann (4), où se trouvant accumulés au poids de
(ï) Obs. anat. chir. 91, et advers, anat. > dçc. 3^ 5, et thés. anat. 10, n. 62, et alibi.
(4) C, 4 paulo ante cit.^ 5. i3.
vingt livres environ, ils avaient tellement distendu tout le colon, qu'ils finirent par le rompre sur un grand prince attaqué d'un iléus, mais je parle aussi d'une matière pierreuse formée tout autour de calculs biliaires, ou de pièces d'argent qu'on a avalées, laquelle matière est parvenue par lin long séjour dans les intestins.au point de pro* duire la même maladie en interceptant la voie. Vous trouverez dans les livres (i) de l'Académie de Vienne des exemples de ces accidens, pour ne pas citer d'autres cas.
D'un aujre côté, vous trouverez encore dans les mêmes livres des histoires (2) que vous pourrez rapporter aux causes irritantes, comme celle d'un jeune homme qui était tombé sur l'abdomen, de manière que la vessie se rompit intérieurement, et que l'urine s'épancha dans la cavité du Ventre, d'où résulta un changement dans le mouvement péristahique des intestins, qui étaient irrités par une acrimonie extraordinaire, comme le prouva leur inflammation, qui lut suivie de gangrène; tel est aussi le cas où une contusion de l'abdomen d'un fétus déjà à terme, à la suite d'une chute semblable que fit la mère, fut cause que le sang s'arrêtant et se putréfiant dans les vaisseaux des intestins, produisit les mêmes effets sur ces derniers en les irritant; car l'enfant ne rendit rien
( 1 ) Act. , l. 7 , obs. 1 00 , et cent, i et 2 ^ obs. 1 54.
(2) Cent. 7, obs. 3o, et Act. , t. 3, obs. i3i.
DE LA DOtJLEtJR DES INTESTINS. 3S5
par le ventre, et rejeta tout par la bouche, même le méconium, et il mourut misérablement dans l'espace de huit heures après sa naissance.
Que si l'irritation produit des convulsions ^ les expériences de Brunner (i) (je parle du petit-fils, digne de son aïeul) feront voir ce dont celles-ci sont capables, non-seulement en produisant des intus-susceptions, comme je l'ai dit plua haut (2), mais encore en troublant le mouvement des intestins sans intus-susceptions. D'après ces expériences on voit que des convulsions ayant été excitées sur les intestins de certains animaux, les excrémens qui déjà ne pouvaient pas sortir par le ventre montèrent dans l'estomac et dans l'œsophage* D'ailleurs, le célèbre Riilbel (3) a expliqué par des contractions convuLsives, une maladie qui approchait beaucoup du volvulus par des tranchées très-violentes, par des vomissemens continuels, et par le rétrécissement extraordinaire des gros intestins, tandis que les intestins grêles étaient extrêmement gonflés et rouges, et qu'ils se trouvaient remplis d'une quantité remarquable de sang épanché et liquide* Vous jugerez vous-même si l'effet de ces contractions convulsives qui revenaient de temps en temps, se conserva sur les mêmes intestins, qui avaient des parties inégales,
(0 Experim. circaHg^il. nerv. , J. 3i.
(3) Commerc. liu.„ a. 1737^ hebd. 20^ n. 2.
et qui étaient rétrécis contre nature à des intervalles inégaux, sur l'anatomiste Guill. Albrecht, qui fut très-souvent sujet (i) pendant sa vie à l'iléus hématite.
36. Mais parmi les causes qui donnent quelquefois lieu à la passion iliaque par Tirritation qu'elles produisent, il faut compter les vers. Eu effet, chez quelques sujets ils causent des intussusceptions et un volvulus, en excitant des convulsions , comme il a été dit plus haut (2) ; du reste il n'est douteux qu'ils ne puissent aussi produire le volvulus sans intus-susceptions. Chez d'autres ils donnent lieu seulement à des douleurs des intestins. Dans certains cas, ils ne causent même pas de ces douleurs. Bien plus, il arrive quelquefois qu'on en trouve xni grand nombre sur des sujets chez lesquels il y avait à peine, pendant leur vie, quelque indice de vers; ce que vous verrez suffisamment confirmé en relisant l'histoire d'une femme de la campagne dont j'ai fait la description dans la seizième Lettre (3), ou ce que j'écrivis autrefois sur ce chien de chasse qui (4) avait jusqu'à soixante ténias. A.u contraire il existe quelquefois des symptômes de lombrics, et cependant on n'en trouve aucuns, comme l'apprend le petit enfant
(i) Eta. 1736, liebd. 12, n. i.
(4) Epist. ariat. 14^ n. 48.
dont je vous ai décrit Thistoire d'après Valsalva dans la trente-unième Lettre (i), et, pour ne pas être trop long sur un objet qui se présente en passant, comme l'apprend aussi un autre enfant dont l'observation est rapportée dans cette section du Sepulchretum. (2)
Mais je trouverai peut-être une autre fois une occasion pour écrire sur les vers qui produisent des douleurs du ventre, et pour chercher plus longuement si de même qu'ils irritent souvent les intestins pendant la vie, de même l'on doit croire que dans toutes les histoires qu'on cite pour faire voir qu'ils les perforèrent avant la mort, ils le firent après la mort, et, dans le cas où ils les auraient traversés avant la mort, si ce fut par un endroit où un abcès ou bien un ulcère leur aurait ouvert une voie pour sortir du canal intestinal. En effet, on met en avant à ce sujet des observations nombreuses et variées, et il suffira de vous citer au moins ici quelques-unes de celles qu'on pourrait ajouter au Sepulchretum. Voyez -en d'abord deux, si vous voulez, dans les Actes de TAcadémie (3) de Vienne. Plus dans l'une d'elles les intestins étaient remplis d'un bout à l'autre d'une quantité incroyable de lombrics, plus il semblera peut-être vraisemblable qu'excités surtout par une
(2) Obs. 1 ^ J. 2.
(3) Tom. 1 , obs. 1 72 , et tom. 5, obs. 68 , prope fin.
certaine dose d'élixir amer, ils avaient commencé pendant la vie à perforer les intestins, d'où ils étaient déjà à moitié sortis. Molinetti (i) Ironva dans un cas, autant, et même plus de lombrics; car outre ceux dont tous les intestins étaient remplis et farcis, il y en avait d'autres qui étaient sortis du tube intestinal perforé comme un crible, et qui remplissaient de tous côtés la capacité du ventre. Mais ce fut après la mort que ceci fut observé, de même que ce que j'ai trouvé aussi (2) sur une poule.
Que sera-ce, si on a vu ce fait pendant la vie? Il existe bien une observation très-ancienne d'Hippocrate (3) sur un enfant très-jeune de Dinius, par l'ombilic duquel il soTldiiX quelquefois un grand lombric. Mais comme il était resté à cet endroit unefistuleç\u\ provenait d'une blessure antérieure, et que le lombric et des matières bilieuses sortaient par là, il était bien certain que l'intestin grêle était perforé , mais qu'il l'avait été par la blessure; car le grave interprète Vallesio (4) ne soupçonnait même pas qu'il l'eût été par le lombric. Il existe aussi, pour ne pas trop m^éloigner, contre mon but, de ce qui se trouve joint à la dissection du cadavre; il existe, dis-je, dans les
(i) Dissert. anat. pathol., 1. 6 , c. 4-
(2) Episl. anal. i4> n. 44-
(3) Epid. , 1. 7, hand ita procul a fine»
(4) Comment, in eum, 1. n. io5.
Actes citésun peu plus haut (r), un exemple de quinze lombrics qui sortirent de l'hypochondre droit et de la région lombaire correspondante; mais c'était par des tumeurs qui* s'étaient développées à ces deux parties et étaient en suppuration, et dont l'origine est bien attribuée à l'érosion de l'intestin colon produite par les vers, mais en même temps à une saburre de mauvaise nature, corrompue et rongeante, qui était accumulée dans le même intestin.
Lors donc que vous lirez dans les Centuries i (2) et VII (3) de la même Académie de Vienne, d'au» très observations de cette espèce, vous verrez ce que l'on peut soupçonner; quoiqu'il ne soit fait mention dans l'une d'elles d'aucune tumeur ni d'aucun abcès, peut-être à cause de leur peu d'étendue. Car pour moi, je me suis proposé ici, comme je l'ai dit, de citer des exemples relatifs aux différentes causes des douleurs intestinales, et non point de chercher comment ces exemples eurent lieu. Lorsque je m'occuperai de cette recherche, il faudra faire aussi celle qui est provoquée par une observation (4) de Plater, laquelle appartient également au volvulus, savoir si les lombrics sont vivipares. Cet auteur vit les intes-
(i) Tom. 6, obs. gS.
(2) Obs. 39.
(3) Obs. 7.
(4) L. 3 , obs. ubi de exluberanlia.
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tins cruncfifant ou plutôt d'un petit jeune hoinme, roulés, entortillés, embarrassés et énormément distendus, i!s étaient remplis non-seulement d'excrémens et de •vents, mais encore d'un très grand nombre de vers vlvans, oblongs ^ qui à leur tour étaient reinplis d'autres vers plus petits. Vous lirez également cette observation dans \e Sepulchretum , soit dans la section quatorzième (i) qui nous occupe, soit aussi dans la vingt-unième (2); et vous y ferez encore plus d'attention, si vous tombez sur une dissertation où l'habile médecin Zamponi fait au célèbre Planci la description d'un lombric qui fut rendu par un autre enfant, et qui donna bientôt naissance sous ses yeux à vingt-huit petits vermisseaux tout vivans. Au reste tout cela appartient aux vers cylindriques.
37. En effet, relativement à ce que je me souviens d'avoir lu sur les ténias et sur les ascarides, que lesdifférens entre-nœuds des premiers étaient remplis de plusieurs ascarides, comme pour leur servir d'ovaires, ou plutôt d'utérus^ ou je me trompe fort, ou la supposition est de telle nature, que je ne crois pas devoir faire des recherches à ce sujet, pas plus que sur la question de savoir si les ténias sont des ascarides qui se tiennent les uns aux autres, attendu surtout que ceux qui enseignent cela, avouent que les ascarides se trou-
(i)Subn. XXI,§. 1.
r:i)Subn. XXII, 5.4.
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vent seulement dans V intestin rectum\\^ ne chercherai pas non plus si les ascarides sont des vers propres pour ainsi dire au corps humain^ si les autres espèces de vers sont plus rares ^ et d^'autres choses analogues qu'il conviendrait, je crois, d'interpréter autrement qu'il ne le semble au premier abord. Ce qu'il y a de certain, c'est que Vallisnieri (i) ne doutait pas, non pas que les ascarides, mais que les vers qu'il appelait cucurbitains avec d'autres auteurs, ne se tiennent les uns aux autres et ne forment ainsi le ténia, se servant entre autres preuves d'une comparaison dont je vois qu'Homère (2) lui-même s'était servi autrefois pour une autre chose, c'est-à-dire de celle des chauve-souris, qui se tiennent les unes aux autres suspendues à une pierre dans l'enfoncement d'un grand antre. Mais l'opinion que Vallisnieri soutenait, j'ai été souvent étonné de ne pouvoir la confirmer sur tant de ténias, soit de quadrupèdes, soit de poissons, soit d'oiseaux, que j'ai vus et examinés avec soin; ce que vous reconnaîtrez facilement, si vous lisez avec attention les observations que j'ai publiées dans la quatorzième Lettre anatomique (3), et Tnême celle que Vallisnieri (4) mit au jour autrefois avec une Lettre que je lui avois écrite ; vous
(i) Consideraz. in t. alla generaz. de' vermi^ etc.
(2) Odyss., 1. 24, sub initium.
(3) N. 47 usque ad 55.
(4) In cake modo cit. Hbri.
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verrez qu'il résulte de ces observations que tous ces ténias étaient plutôt des vers très-longs, que des chaînes de plusieurs vers. Mais actuellement mon étonnement a cessé, depuis que je sais que le célèbre et habile Winslow a enfin découvert un conduit, dont l'existence a été confirmée par l'injection d'une matière extrêmement liquide, conduit unique qui s'étendait dans toute la longueur du ténia. Si ce conduit eût été connu du temps où Vallisnieri ou moi écrivions, si on avait eu connaissance des expériences d'après lesquelles il est certain que des vers d'eau divisés en plusieurs morceaux, ont vécu sans nourriture pendant environ trois mois, et si par une nouvelle observation faite sur une autre espèce de ténias il était devenu plus croyable que la tête de ces vers était à l'extrémité la plus fine, qui semblait être la queue, moi j'aurais compris plus facilement ce que je voyais, et lui aurait cherché d'autres preuves pour soutenir son opinion, ou plutôt il l'ainail rtbandonnée, parce que c'était un homme qui aimait beaucoup la vérité. Mais ce que j'ai dit, fut piil)lié postérieurement, comme vous l'apprendrez dans une dissertation que Bonet, médecin très-expérimenté, a écrite sur le ténia avec soin, avec science et avec art, et qu'il a offerte (i) à l'Académie Royale des Sciences de Paris. Cette dissertation me fournira peut-être l'occasion de
(i) Mém. présentés à l'Acad. Roy. des Se, tom. i
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faire d'autres recherches, qui seront publiées dans un autre temps. Maintenant, ne perdant pas de vue mon sujet, auquel je reviens en abandonnant les questions que j'ai rencontrées sur mon passage, je vois qu'il y a encore dans ce qui appartient à la douleur des intestins, certaines choses qui méritent d'être examinées et d'être connues ; mais pour que cette Lettre ne soit pas trop longue, je renvoie le reste à la suivante. Adieu.