II. Quant aux calculs qui se développent dans
(i) In addit. ad hanc i8 Sepulchr. sect. obs. 4«
le foie, Plater dit dans le Sepulchretum (i) qu'où en trouve souvent dans les dissections, et Hériénius (2) rapporte qu'on en rencontre souvent de si gros y quon a de la peine à le croire. Je ne nierai pas que cela ne soit arrivé à l'un et à l'autre de ces auteurs. Mais relativement à ce que Matthiole (3) s'étayant de certaines raisons , a cru q^ue des pierres se formaient très -fréquemment dans le foie ^ comme dans les reins ^ certes si je considère les dissections presque innombrables du foie humain faites par Valsalva et par moi, je ne puis point adopter facilement son opinion. En effet, tandis que nous avons trouvé l'un et l'autre des calculs dans plusieurs reins, il m'est à peine arrivé autrefois d'eu rencontrer dans un foie, et Valsalva n'en a observé dans aucun, que je sache. En parlant ainsi, je n'ai en vue que cette comparaison faite entre \^^ calculs de foie et ceux dès reins, n'ignorant nullement, même d'après le Sepulchretum y combien d'hommes très-célèbres en ont trouvé ou cité dans le foie. Car, outre les trois auteurs que j'ai nommés, je vois qu'on y indique encore Fallo-
pia(4), Scaliger (5), Trincavelli (6), Dodonée (7), ' — 'I '»
(1) Sect. 17, 1. hujus 3^ schol. ad J. i, obs. i3.
(2) Obs. cit., 5. 2.
(3) Sect. liâc 18, schol. ad §. 12, obs. 8.
(4) Obs. i3 cit., 5.6.
(7) Sect. 18 cit., obs. 4.
DE l'ictère et Dès calculs BTLIATRKS. 5îC)
Camenîcène (i), Peucer (ji)^ Blasiiis (3), Heer (/j), Dobrzensky (5) (car il aurai t fallu écrire ainsi le nom de ce dernier) ; et à ceux-là je pourrais en ajouter d'autres, entre autres Columbus (6), Forestus (7)^ Reverhorst (8); toutefois aucun d'eux ne rapporte des observations de cette espèce comme des cas fréquens. Si vous jetez les yeux sur chacun de ces auteurs, vous serez peut-être étonné qu'excepté Dodonée, Camenicène et Dobrzensky, il n'y en ait aucun qui fasse mention d'ictère sur ces malades, et que ceux qui en font mention écrivent que le conduit commun était en outre bouché par uu calcul, ou que le foie était plein de petits cailloux. Mais votre étonnement cessera, dès que vous aurez remarqué que pour intercepter toute voie à la bile, il ne suffit pas que des calculs peu nombreux et petits se soient développés dans le foie , et que de grands calculs ne peuvent pas non plus produire cet effet, à moins qu'ils ne soient arrêtés à un endroit où ils assiègent les phis grosses branches du conduit hépatique, et les bouchent complètement, soit en les comprimant, soit en les
(1) Ibid, , obs. 8, 5- ï2'
(2) Cit. obs. i3, §. 3 et 8.
(5) Sect. 16, obs. 5.
(6) De re anat. , 1. ult.
(7) L. 19^ obs. med. i4«
(8) Dissert, de mot. bilis, J. 52.
53o TRENTE-SEPTIÈME LETTRE.
obstruant. Au reste, quand des calculs petits, mais in nombrables , et remplissant de toutes parts le foie tout entier, d'après l'expression de Dodonée, au lieu d'être épars cà et là dans ce viscère, comni^ Forestus l'a vu, bouchent toutes les petites branches de ce conduit, c'est comme s'ils bouchaient le tronc lui-même.
12. Mais j'ai dit que les calculs interceptent la voie à la bile, soit par la compression, soit par Tobstruction. En effet, si quelqu'un prétendait que les calculs se développent quelquefois dans les grains glanduleux mêmes du foie, et que c'est à cela qu'appartenaient sans ào\\\ç;QQ,^ petits graviers que Riedlin (i) vil à la face externe de ce viscère y je ne voudrais point combattre son opinion ; quoique je croye qu'ils se forment plus souvent dans les branches mêmes du conduit hépatique, comme l'ont observé ceux qui ont poursuivi leurs recherches avec plus de soin. Ce qu'il y a de certain, c'est que de même que rien n'arriva plus fréquemment à Ruysch (2) que de trouver sur des bœufs et sur des brebis des calculs dans les pores biliaires , de même rien ne lui arriva plus rarement que d'en rencontrer dans le parenchyme même du foie; en sorte que quoiqu'// ait disséqué plus de cent foies avec beaucoup d'attention , il a trouvé sur \\n seulement un calcul qui était caché dans le pa^
(i) Epli. N. C.^ cent. 3, obs. 45.
(2) Obs. edit. cum dilucid. valvular. in lympbat. 24.
DE l'ictère et des CALCULS BILIAIRES. 53 1
renchyme , et qui ne se trouvait nullement attaché au pore biliaire. Je ne puis non plus rapporter qu'aux mêmes branches biliaires, les anciennes observations de Plater (i) sur des calculs hépatiques qui représentaient un tophus coralloïde rameiiXy,..^ et creux en dedans ^ attendu surtout que je lis que Glisson (2) enseigne positivement qu'il observa également sur des foies de bœuf dans le même pore, c'est-à-dire conduit, de petits tubes d'une telle longueur^ que si on avait pu les retirer entiers, ils auraient représenté plusieurs ramifica^ lions du pore biliaire par leur continuité pierreuse ^ qui était semblable à du coraiL Rçverhorst (3) trouva aussi sur le cadavre d'un homme les branches dç ce conduit assiégées intérieurement d'une croûte calculeuse. Et moi-même je n'ai rencontré des calculs que dans ces branches sur le foie humain (4). Je pense d'ailleurs que ce n'était pas non plus à un autre endroit que se trouvaient les pierres: que l'on croyait avoir été observées par Columbus (5) et parCamenicène (6) dans la veineporte; mais comme j'ai exposé ailleurs (7) les raisons de mon opinion à ce sujet (bien qu'elles
(i) SchoL cit., ad obs. i3.
(2) Anat. hep., c. 7.
' (3) 5. 62, cit. supra, ad n. lï.
(4) Epist. anat. 1^ n. 43.
(5) Locis cit., ad n. II.
(6) Ibid.
(7) Epist, I , cit. j, n. 49-
53^ TRENTE-SEPTIÈME LETTRl^.
n'aient point été suffisamment remarquées paf certains auteurs graves), je ne les répéterai pas ici. Ainsi, lorsqu'enfin ces calculs devenus solides de cannelés qu'îls^étaient , par l'accroissement continuel d'une matière homogène, comme cela arrive dans les aqueducs, ont entièrement occupé les voies que j'ai indiquées, il n'est point de doute qu'ils n'interceptent la voie à la bile.
i3. J'ai dit aussi qu'il ne doit pas être étonnant que l'ictère ne soit pas produit par des calculs du foie, quoique volumineux, s'ils ne se trouvent à un endroit où ils puissent boucher ces voies. Je crois bien (car je ne puis le savoir maintenant d'une manière certaine) que cette maladie exista sur un homme dont le foie présenta au centre de sa face concave une pierre de la forme et de la grosseur d'un œuf de pigeon, comme me l'écrivit il y a plusieurs années un anatomiste, mon ami, qui avait disséqué le cadavre. Mais je ne suis nullement étonné de ce qu'elle n'eut point lieu sur tpois femmes, qui, quoique ayant dans l'intérieur de la membrane du foie une pierre beaucoup plus grosse, ou des calculs plus nombreux et plus pesans, les avaient cependant a un tel endroit qu'ils semblaient être plutôt horà de ce viscère que dans sa substance; ce qui a été cause que je ne les ai pas cités plus haut. En effet, cette membrane tiraillée par le poids qu'elle renfermait et tendue en bas, avait formé un petit sac de la longueur d'un palme sur deux de ces femmes; car on n'a
DE l'ictère et des CALCULS BILIAIRES. 533
décrit sur la troisième qu'un follicule suspendu en bas. Cette dernière observation de Beniveni (i) est tout-à-fait différente de la seconde qui est rapportée dans le Sepulchretum (2) d'après le chapitre troisième de son ouvrage, comme vous le comprendrez en faisant la comparaison. Au reste après cette seconde observation est placée celle de Georg. Greiselius(3) qui lui est semblable, si ce n'est que le petit sac renfermait non pas plusieurs calculs, mais un seul avec une grande quantité d'humeur glutineuse, et que la femme ne se plaignit jamais que d'une chaleur du foie.
Comme jeremarquais en me rappelant ces exemples qu'outre la vésicule même du fiel agrandie, il peut exister quelquefois une autre espèce de vésicule suspendue au-dessus du foie, laquelle se trouvant également distendue par une humeur, ressemblerait à la première quoiqu'étant tout-àfait contre nature, cette considération fit que je me conduisis dans une occasion de manière à indiquer mon opinion , mais à ne rien affirmer comme certain; c'était au sujet d'un ictérique,Laur. Bacchetti, autrefois médecin de Padoue, dont deux hommes savans ont publié après le célèbre Dom. Militia (4) l'histoire de la maladie et de la dissec-
(i) De abdit. nonnull., etc. , c. 94.
(2) Sect. 17, obs. i3^ ^. 1.
(3) Ibid, 5. 1 1 .
(4) De morb. exitial. nob. virgin.
534 TREKTK-SEPTIÈME LETTRE.
tioii. Il avait une tumeur suspendue au-dessous du foie, et on la sentait aussitôt en approchant la main de Fabdomen; elle était globuleuse et moiile, de sorte qu'en l'embrassant avec la main, on pouvait facilement la pousser à droite ou à gauche. Les uns étant d'un avis et les autres d'un autre, comme vous le lirez dans Militia, qui fait connaître les opinions de chacun, il me sembla ilans une visite que je fis au sujet après les autres médecins, que c'était la vésicule biliaire, q»{e l'humeur qui la distendait outre mesure, avait agrandie, et qui s'étendait en bas. Voilà ce que je dis à un médecin ami du malade, Dom. Stepha- Delli, qui en me reconduisant avec politesse chez moi me questionnait avec sollicitude sur cet état; mais cependant je ne l'affirmai pas comme une chose certaine. Ce que j'avais ainsi annoncé fut confirmé d'une manière si évidente par la dissection, que mon diagnostic a pu être omis par quelques auteurs, mais que le fait même n'a pu l'être par aucun.
J'avais vu cette disposition d'autres fois, et nommément sur un vieillard d'après lequel je l'avais déjà décrite dans la première Lettre analomique (i). Je me souvenais d'ailleurs de l'avoir lue beaucoup plus souvent non seulemerît dans les anciens, comme lorsque Vésale (2) observa que sur
(2) Epist. (le rad. cliin.
DE l'ictère et des CALCULS BILIAIRES. 535
Martelli la même vésici\]e iw^it la grosseur de deux poùigSy ou lorsque Fernel (i) écrivit qu'elle était distendue quelquefois par une surabondance de bile, au point de présenter un volume considérable^ mais encore dans les modernes, par exemple dans Zwinger (2) qui la trouva environ six fois trop grosse ^Ql surtout dansDuverney (3) le jeune, ainsi que dans Yung dont l'observation qui fait mention d'une ampleur encore plus monstrueuse, est citée par Abr. Yater (4); de telle sorte qu'après cette dernière je ne crois pas qu'il soit très-nécessaire d'en indiquer d'autres qui ont été rapportées dans la suite, ni de chercher davantage quelle était la grosseur de la vésicule trouvée par Lancisi, et que Pacchioni avait l'intenlion de décrire à raison de sa longueur remarquable, comme il le disait dans une lettre qu'il m'écrivit Tan 1710. Toutefois je ne dois nullement omettre deux observations que je lisais d.ernièrement dans le grand Van-Sw^ieten (5); l'une appartient à des médecins célèbres d'Edimbourg, qui trouvèrent la vésicule remplie de huit livres de bile, et cela sur un enfant de douze ans; l'autre est de l'auteur lui-même qui rencontra sur une femme la même vésicule distendue au point
(ijPathoL.L 6,c. 5.
(2) Act. N. G., lom. I /obs. 78.
(h) Mém. derAcad. Roy. des Sc.^ ann. 17GI.
(4) Dissert, qiia calcul, in ves. felL, etc., ihes. 5-
(5) Comment, in Boerh,, aph. J. 960 et 935.
qu'elle parvenait jusqu'à Tos ilium du côté droit, et qu'elle formait une saillie par sa propre masse, entre cet os et les côtes inférieures, même avant qu'on n'ouvrît le cadavre qui était extrêmement maigre. Du reste on a trouvé encore cet organe si exlraordinairernent distendu sur un sénateur polonais (i), (\\x on pouvait le palper as^ec les mains pendant la vie.
Mais, pour revenir à ce qui avait déjà été publié dans ce temps-là, c'est-à-dire l'an lySs , quoique je me rappelasse fort bien ces faits, cependant n'ayant pas oublié les trois observations que j'ai indiquées en premier lieu sur le petit sac suspendu au foie, ni l'avertissement qui se trouve à la fin du sixième livre sur les Maladies Epidémiques , savoir que des analogies trompent même les bons médecins^ et à plus forte raison les autres, je ne voulus point imiter Baglivi, qui, s'il vivait et qu'il lut ce qui se trouve dans Vallisnieri (12) et dans Scheffel (3), se repentirait sans doute d'avoir écrit ce qui suit (4) avec trop de précipitation, en ayant égard à certaines observations, et non pas à toutes celles qu'il pouvait considérer : Lorsque vous verrez que des ictères sont opiniâtres ^ et même qu'ils guérissent, mais qu'ils récidivent ^ soyez cer-
(1) Commerc. litt. , a. 1 733 , hebd. 1 1 , n. 2. (a) Opère , t 3, p. G, Jett. 37, annol. 1. (3) Disseï t. de lithiesi fell. , J. 28. (/i) De experim. circa bilera.
13E l'ictère et des CALCULS BILIAIRES. 537
tain quils sont produits par un calcul de la vésicule dujlely et dès lors sachez quils sont incurables,
\L\, Pour parler, comme je Tai prorais, des calculs de cette vésicule (car ils sont placés hors de la substance du foie), il y en a tant d'observations recueillies sur des hommes, qu'on ne peut en aucune manière comparer leur nombre avec celui des histoires qui appartiennent aux calculs An foie. Si vous cherchez la raison de cette différence, vous en trouverez plus d'une lorsque vous considérerez les causes qui font qu'il s'en forme aussi fréquemment dans la vésicule. Vesling (i) a indiqué à ce sujet l'épaississement de la bile cystique, son long séjour dans la vésicule, ainsi que l'étroitesse et les valvules du conduit cystique qui prolongent ce séjour. Toutefois vous remarquerez que ces causes sont particulières à la vésicule, de telle sorte que vous ne pourrez point les transporter de la même manière aux conduits hépatiques, et qu'il est étonnant qu'un médecin d'une très-grande autorité parmi les modernes, qui admet ces mêmes causes de la différence en question , n'ait pas assez réfléchi qu'elles sont communes aussi à l'espèce des bœufs; or comme il avoue à cet endroit que les calculs hépatiques sont plus fréquens sur ces animaux, il devait indiquer en même temps quelque cause de
(i) Synt. anat.^ c. 4.
538 TRENTE-SEPTlÈMt; LETTRE.
cette autre différence entre l'espèce humaine et celle des bœufs.
Mais ce que Vesling avait fait connaître le premier, avait été éclairci et développé par d'autres dans cet intervalle de temps, soit en notant que la bile est plus épaisse sur certains hommes et plus disposée à la concrétion, soit en reconnaissant que sa trop longue stagnation dépend de crispations et de conslrictions spasmodiques du conduit cystique, ou de l'affaiblissement de la force de contraction dans les tuniques relâchées de la vésicule. Cet affaiblissement des tuniques devient ensuite d'autant plus considérable, qu'il s'y arrête plus de bile, comme il arrive dans hi vessie urinaire, lorsque ses forces sont paralysées par la quantité d'urine retenue; comparaison dont se sont servis autrefois Galien (i) , et de nos jours Duverney le jeune (^). Au reste vous concevez que c'est de là que dépend presque toujours la cause principale pour laquelle se forment ces énormes développemens de la vésicule dont il a été parlé un peu plus haut.
A ces considérations d'autres furent encore ajoutées, surtout par Abr. Vater (3), dont le nom ne devait pas être passé sous silence par ceux qui
(p) De loc. aff. , I. 5, c. 7, haud ita procul. a fine.
(2) Cit. suprà^ ad n. i3.
(3) Obs. jariss. calcul. 3, 5- I-
J3E l'ictère ht des calculs biliaires. 539
les répétèrent après lui. En effet , cet auteur ayant remarqué que la montée de la bile était difficile à cause de la position déclive du fond de la vésicule, et que son passage n'était pas facile à raison de l'obliquité du conduit, pensa, en ayant égard à ces deux causes, que la vésicule étant comprimée par Tchtomac il ne sort que la partie la plus ténue et la plus liquide, et qu'il reste toujours sur les sujets sains la partie la plus épaisse, qui se concréterait facilement, si elle n'était délayée bientôt après par un nouvel afflux de bile bépatique qui vient la réparer. Mais cette réparation ne pouvant pas se faire convenablement quand il s'opère une sécrétion de bile trop peu abondante ou trop visqueuse, cette partie plus épaisse se change avec d'autant plus de facilité en calculs. Au reste, Vater et même Vesling avaient été éclairés jusqu'à un certain point par Fernel (i), qui a écrit que ces calculs tiraiefit leur origine de la bile jaune ^ qui retenue trop long temps dans son propre réceptacle y et ri^ étant ni évacuée à propos , ni renoui^elée par V afflux d'une nouvelle bile, s'endurcit d'une manière étonnante.
i5. Puis donc qu'il existe dans cette grande faiblesse de la vie humaine et dans l'intempérance des causes si nombreuses et si faciles qui produisent des calculs cystiques , il ne faut pas s'étonner que les anciens et les modernes en aient trouvé si
(i) C. cil, ad n. i3.
54o TRENTK-SEPTIÈME LETTRE.*
souvent. En effet, après que Gentilils (i) et Nicolus (a) eurent affirmé qu'ils avaient vu une pierre, celui-ci dans la vésicule du fiel, et celui-là dans son méat, Beniveni (3) , Vésale (4) :, Curtius(5), Fallopia (6), Fernel (7), Etienne (8), Columbus (9), Coiter (10) (pour passer sous silence des auteurs d'un nom moins illustre), rapportèrent leurs observations; et depuis le temps où l'on commença à disséquer beaucoup plus souvent des cadavres bumains jusqu'à ce jour, presque aucun de ceux qui ont écrit sur l'Anatomie ou sur la Médecine, n'a eu occasion de parler un peu longuement de cette vésicule, qu'il n'ait dit y avoir vu des calculs ; eu sorte que le célèbre professeur Fabricius (11) écrit avec raison qu'on a remarqué presque plus souvent des calculs dans la vésicule biliaire que dans la vessie urinaire, et que l'illustre de Haller (11) a fait voir que dans certains pays on en rencontre même beaucoup plus fréquemment dans la pre-
(1) Apud Donat. , de med, hist. mir. , 1. 4> c. 3o.
(2) Ibid.
(3) Cit. supra, ad n. i3.
(4) Jblcl,
(5) Comment, in Mund. anat. ubi de liepate in fin.
(6) Obs. anat.
(7) Cit. ad n. 14.
(8) De dissect. part. corp. hura., 1. 3, c. /|2.
(9) De re anal., 1. ult.
(10) Obs. anal.
(11) Propempt. ad dissert. Jo. Barlh. Hoffmann. (l'jt) Opubc. palliol., obs. 3:>.
DE l'ictère et des CALCULS BILIAFRES. 54 ï
ïTîière. Ainsi ne vous étonnez pas si je dis qu'en écrivant ceci j'avais sous les yeux au moins deux cents observations, dont dix-neuf m'appartiennent; vous vous étonnerez plutôt que je n'en aie pas lu ou que je ne m'en sois pas rappelé un bien plus grand nombre. Cependant celles que j'ai indiquées ne sont pas peu nombreuses, et si vous me demandez ce qui se voit plus souvent ou plus rarement relativement aux calculs biliaires, et que je réponde d'après elles, je ne paraîtrai pas le faire avec témérité. Or vous pouvez surtout demander sur qui on les trouve plus fréquemment; car Ch. Etienne (i) écrivit autrefois qu'il en avait vu principalement sur les femmes fort avancées en âgCy et Fréd. Hoffmann (2) a dit dans ce siècle qu'0/2 en trousse plus rarement sur les sujets du jeune âge y mais plus fréquemment sur les vieillards^ et plus sous^ent sur les frmmes que sur les hommes.
Je réponds donc que la première assertion de Hoffmann est beaucoup plus vraie que la dernière. En effet, je vois que dans les observations citées, le nombre des mâles est presque égal à celui des femelles. Mais tandis que je trouve soixante et un vieux sujets de l'un et de l'autre sexe indifféremment, autant que les observateurs, l'ont indiqué, je nçn vois pas plus de huit jeunes; or parmi ces derniers il n'y avait aucun petit enfant, et un seul
(1) C. 42, modo cit.
(2) Medic. rat. , t. 4^ P- ^ , s. 2 , c. 3 , ^. 1 2,
était adolescent; le moins âgé de ces linit individus avait douze ans, et le plus âgé vingt-neuf. C'est que les sucs dans le jeune âge sont plus ténus et plus vifs que dans l'âge de retour,. et ils circulent aussi avec plus de vitesse , comme Hoffmann l'a observé, dans ce premier âge, que chez les vieillards et chez les femmes, par la raison surtout que la vie de ceuxci est moins active. C'est pour cela que de Hal- 1er (i) déjà cité rapporte au repos des muscles les calculs nombreux de la vésicule du fiel ^ quil troussa sur des accusés qui avaient été enfermés pendant long-temps dans une prison. Vous attribuerez à la même cause ce que rillustre Van-Swieten (2) vit dans une bile qui n'avait point été agitée; car l'ayant laissée dans un vase de v>erre propre pour quelle se putréfiât^ il trouva au fond du vase des grumeaux çalculeujo.Cepeuilaniïêi^e moyen, quoiqu'il soit actif, n'a point ses sucs comp«trables à ceux du jeune âge; d'où il résulte qu'il ne peut pas résister également à 1 intempérance et aux effets des affections de l'âme, deux causes auxquelles il est encore plus exposé que la vieillesse. Si à ceci vous ajoutez qu'une grande partie des femmes du peuple ne mènent pas une vie aussi oisive, et si vous comparez tout cela avec ce qui a été écrit plus haut (3) sur les causes qui produisent les calculs
(1) Experlui. anat, de sang, mot.;, c. 6.
(2) Comment, in Boerh. , apli. §. gSo^
DE l'ictère et des CALCULS BILIAIRES. 543
de la vésicule, vous comprendrez facilement que les observations s'accordent avec la raison.
16. Que si vous demandez maintenant si Reverhorst(i) a dit vrai, lorsqu'il a averti qu'il faut remarquer que ces calculs sont d'une couleur d'autant p/as /aibie ^ c'est-à-dire pâle , qu'ils appartien^^ nent à un corps plus jeune ^ qu'ils ont une couleur faune au moyen âge y et que dans un âge plus avancé leur couleur est plus obscure et même noirâtre^ la réponse sera beaucoup plus facile. En effet, vous demandez ici non pas ce qui est plus fréquent, mais ce qui est constant; en sorte que je puis affirmer en ne jetant même les yeux que sur mes observations, que cela a été écrit avec trop de précipitation. Car j'ai trouvé aussi sur plusieurs sujets du moyen âge, des calculs trèsnoirs, et à plus forte raison noirâtres, tandis que sur un jeune homme de vingt-cinq ans et sur une vieille femme de soixante-quinze (celui-là est le plus jeune et celle-ci la plus vieille de tous ceux de la vésicule desquels j'ai retiré des calculs jusqu'aujourd'hui) ces corps ne présentaient pas une couleur très-différente , attendu qu'ils n'étaient pas noirâtres sur la vieille femme, ni très-pâles sur le jeune homme, comparativement surtout à wn calcul d'une couleur cendrée que j'ai rencontré sur une femme de cinquante-neuf ans.
Mais pour que vous ne vous en teniez point à
(i) Dissert, de motu bilis, §. 57.
5/|4 TRKNTE-SEPTIÊME Ll-TTRE-
mes seules observations, il est certain que je n'ai lu l'histoire d'aucune femme sur laquelle on ait trouvé des calculs cystiques, qui fût plus jeune que cette fille de dix-neuf ans, dont l'observation a été décrite par Bonet (i) dans le Livre précédent. Cependant toutes les petites pierres étaient jaunes sur elle, et ressemblaient à la bile par leur couleur. Au contraire, elle était d'un âge fort avancé cette femme de soixante-trois ans, dont l'histoire a été rapportée avec soin par Tacconi (2) de Gaète, et qui de plus était affectée d'un ictère noir. Néanmoins tous ses calculs non-seulement approchaient d'une couleur blanche, c est- à - dire d'un jaune affaibli, mais encore avaient des écorces blanchâtres y brillantes , et semblables à la face intérieure argentée de la mère des perles , tandis qu'ils étaient jaunes en dedans. C'est qu'il ne faut pas tant avoir égard à l'âge, qu'à la matière dont ils se composent, ou dont ils se sont composés; car ils n'imitent pas toujours la couleur de la bile dans laquelle on les trouve; or celle-ci peut quelquefois suivant la différence du vice du sang ou des organes, être différente, ou l'avoir été, même dans le même âge , ou bien elle peut encore avoir caché sous la même couleur des parcelles d'une espèce différente, dont le calcul se formait principalement. C'est ainsi qu'Abr. Vater (3), c'est
(i) Sepulchr. , 1. 'i , s. 4^ obs. 35.
(2) De raris quibusd. liepat. affect. observ.
(3) Dissert, qua calcul, /etc. , llies. 4 ^t 5.
DE l'ictère et JDES calculs BILIAIRES. 5l{5
ainsi que le célèbre Trew (i) (pour passer sous silence d'autres observations d'autres auteurs et de moi), trouvèrent, le premier un calcul hlcin-châtre dans une bile très-épaisse et noirâtre^ et le second dans une bile d'une couleur de jaune cVœiiJ un autre calcul dont l'extérieur était blanchâtre dans la plus grande partie , et brun dans le reste , et qui devenait extrêmement blanc par une très- légère friction^ tandis que son intérieur était pâle ^ si Fou en exceptait une tache roussâtre; or ils observèrent cela, l'un sur un homme fait, l'autre sur un vieillard, et non sur quelque jeune adolescent.
17. Ceux qui ont écrit en général qu'o/z trousse ordinairement ces calculs noirs ^ un peu noirs ^ ou bruns ^ ne viennent pas davantage à l'appui de l'opinion de Reverhorst. Au reste de même que je sais que les anciens et d'autres ont trouvé fréquemment des calculs avec une couleur de cette espèce, et que j'avoue moi-même en avoir vu plus souvent dans les dernières années de mes observations que dans les premières, de même il e^st nécessaire qu'un assez bon nombre d'autres observations de moi, et une bien plus grande quantité appartenant à d'autres auteurs, me sortent de la mémoire, avant que je croye facilement qu'on les rencontre ordinairement a\ec cette couleur. Kent-
(1) Commerc. litler. , a. i743,hebd. 32, n.3,ethel)d. 36, n. 4«
04Û TRENTE-SKPTIEME LETTRE.
niann, comme ou le voit clans Schenck (i), dit en écrivant en général sur les mêmes calculs, iis sont tous dune couleur qui approche du jaune , et qui devient insensiblement safranée pendant quils grossissent; et effectivement il rapporte bientôt après (les exemples de calculs qui étaient comme un peu jaunes ^ ainsi que celui d'une pierre yV^^/^e qui fut trouvée ici par Fallopia. Cependant, il y a dans le même Schenck un bien plus grand nombre d'exemples de calculs d'une autre couleur. C'est vrai; mais à ces exemples il faut en opposer d'autres, comme celui de J. Franc (2) qui vit de petites pierres ^une couleur safranée^ celui de Caesalpin (3) qui en observa avec la même couleur, celui de Bosch (4) qui en rencontra avec une couleur citrine ^ et ceux de Panaroli (5) et de Dobrzensky (6) qui en trouvèrent avec une couleur jaune. Mais il ne faut point omettre non plus Iloechstetter (7), Sclielhammer (8), Steinius (9), Lierling (10), qui en virent àe jaunes ^ de jaunâ-
(1) Obs. med., 1. 3 , ubi de vesic. fell. lapid., obs. 1.
(2) Ibid,
(3) Qiisest. nied. , 1. 2 , in ipso fin.
(4) De faciilt. anat. , lect. 2.
(5) Jatrol. penl. 5^ obs. 22.
(6) Eph. N. C, cent., obs. 129.
(7) Obs. med. dec. 10, cas. 9.
(8) Apud Scheflel dissert, de lith. fell.^ \. 10. - (9) lUd.
(10) Sepulchr., 1. 4, s. 1, in add., obs. 12.
DE l'ictère et des CALCULS BILIAIRES. 547
très y de safranés ^ ni Horst (f) et Helwig (2) qiii eu ayant trouvé tous denx une quantité énorme, observèrent une couXeixY jaunâtre , le premier sur une partie de^ siens, et le second sur tous. A ces auteurs ajoutez Platner (3) et Bezoldus (4), dont l'uk trouva des calculs avec une cùuXiùuv jaune ^ et l'autre avec une couleur d'un jaune blanchâtre y ainsi que plusieurs autres, et surtout les médecins d'Edimbourg (5) déjà cités qui en virent de jaunâtres sur cet enfant de douze aris : n'oubliez pas non plus le célèbre' Trew (6) qui en observa avec une couleur légèrement jaune à V extérieur sur \xw sujet âgé de plus de soixante-quatorze ans, et principalemen t l'illustre de Haller (7) qui vit même sur une femme âgée de cent ans ^ à ce que l'on disait, des calculs qui étaient peut-être Xowsjaunes, mais dont un présentait certainement cette couleur. Le même auteur en ayant trouvé seize sur une autre vieille femme (8) , écrit que treize étaient jaunes ^ et il rapporte que sur un pendu (9) il en
(i) Jhid. , 1. 2, s. 7, obs. 126.
(2) Ibid., 1. 3, s. 7, in add. ^ obs. i.
(3) Progr. eclit. 17, mart. a. 1746.
(4) Diss. de cliolelitlio cas. 1.
(5) Cit. supra ^ ad n. i3.
(6) Commerc. litter., a. 1734^ hebd. 6^ n. 5 in fine,
(7) Opusc. pathol., obs. 33, liist. 4.
(8) Ihid. y lîist. 1 1, (9) /ézU , bist. i3.
vit qui étaient d'un hlanc jaune. De plus, Weitbiecht (i) en trouva i\e jaunes sur un vieillard.
Outre ces observations, il en est d'autres que j'ai citées un peu plus haiït, ou que je citerai plus bas; mais j'en omettrai à dessein d'autres en assez grand nombre ; car je n'ai pas l'intention de les indiquer toutes, et je veux seulement en rappeler autant qu'il en faut pour faire voir qu'on ne trouve donc pas ordinairement les calculs de la vésicule noirs ou bruns. Bien plus , Vater (2), Hoffmann (3), Bezoldus (4), ont parlé en général des couleurs de ces calculs, de telle sorte que les deux premiers ont placé les jaunâtres parmi ceux qui s'observent communément o\\ plus fréquemment ^ et que Bezoldus a écrit positivement qu'//^ tendent le plus souvent à la couleur jaune,
18. Au reste, quoiqu'un bien grand nombre d'auteurs qui ont parlé des calculs cystiques, n'aient pas dit de quelle couleur ils étaient, cependant ceux qui n'ont pas gardé le silence à ce sujet sont assez nombreux , pour que l'on voye suffisamment que ces calculs sont la plupart du temps ou jaunes ou noirs. J'ai dit la plupart du temps, parce qu'on en a vu aussi de bleus, comme Coiter (5), Nere-
(i) Commerc. liuer.^ a. modo, cit., hebd. 9, n. a.
(2) Diss. supra, ad n. i3 cit. , ihes. 3.
(3) C. 3 suprà, ad n. i5 cit., §. 2.
(4) Diss. modo cit. , 5- 5.
(5) Obs. anal.
DE l'ictère et des CALCULS BILIAIRES. S/jQ
tius (i), et Goritz (2) qui remarqua aussi de pe-^ tits points rouges. Ces petits points étaient-ils des parcelles adhérentes de la vésicule déchirée ça et là? car le calcul y était si étroitement enfermé, qu'il dût en être arraché avec force. On en a vu aussi de rouges, comme Camenicène (3) et Bartholin (4); de cendrés, comme Fabrice d'Aquapendente (5) et Boscus (6); de blanchâtres, comme Reverhorst (7), Va ter (8), de Haller (9) , Van-Swieten (10)5 et même d'une couleur d'argent, comme Plater (11); d'une couleur d'or, comme ce dernier {\'i) et d'autres (car je n'ai pas entrepris de les nommer tous ici); et enfin d'une couleur verte ou verdâtre, qui est beaucoup plus fréquente que celles qui viennent d'être indiquées, ou que d'autres qui ont été omises pour abréger; en sorte que j'ai vu cette dernière fort souvent, la cendrée quelquefois , et la dorée partiellement dans certains
(1) Apud Schenck.^ obs. cit. suprà, ad n, 17.
(2) Eph. N. C.^ cent, 8, obs. 20. ^
(3) Epist. ad MaUhioL
(4) Cent 3 ^ epist. med. 86.
(5) Apud Schenck., obs. cit.
(6) De facult. anat. , lect. 2.
(7) §. cit. suprà^ ad n. 16.
(8) Diss. ibid. cit. ^ tlies. 4«
(g) Obs. cit. ad n. 1 7, hist. i et 6.
(10) Comment, cit. suprà, ad n. i5, ^, gîi ad 2,
(11) Obs. 1. 3, iibi de terrestf. excret. (1,2) Ihid,
55o TRENTE-SEPTIÈME LETTRE.
cas, et que je n'ai pas eticore observé les autres. Cependant j'ai vuaussi des calculs tachetés, comme je l'ai écrit dans la Lettre que j'ai adressée (i) à Schroecke; Gerbez (2) en a observé qui étaient bruns et blancs, et Baeumiin (3) en a trouvé quelques-uns qiîi étaient verdâtres et d'un blanc jaune, tandis que d'autres qui existaient en grand nombre dans la même vésicule, étaient parsemés de taches d'une couleur de pierre ponce et livides.
Assurément parmi ces couleurs et les autres qui ont été citées tout à l'heure, vous direz qu'il n'en existait aucune qui fut proprement noire. A ceci ajoutez encore les pierres qui nen ont aucune, ou presque aucune : tel était ce gros calcul qui non-seulement remplissait, mais encore distendait la vésicule, que Scultet (4) trouva, et qui était transparent comme du cristal : tels étaient aussi ceux nui furent observés parTamponettius (5) autrefois chirurgien royal, et par Manchius (6); cehii du dernier était transparent ^ friable en quelque façon et de la grosseur d'une noisette y et celui du y^vç:\x\\evé\'à\\.dela grosseur d'un œuf de pigeoîi y transparent et mou comme de la gomme concrétée.
(1) In Act. N. C, t. 2, obs. 147.
(2) Eph. N. C. , cent, i , obs 57.
(3) Comnierc. litt. , a: 174^^ hebd. 28, n. 2.
(4) Armata^ chir. obs. 61.
(5) Zodiac, med. Gall. , a. i, april. obs. 7.
(6) IhicL inaj. , obs. 8.
DE l'ictère et des CALCULS BILIAIRES. 55 I
circonstance qui me rappelle le calcul qui a été décrit par le célèbre Heister (i), et qui sous une surface rugfueuse m^ait une substance et une couleur qui ne différaient presque pas de celles de la gonime arabique un peu ferme : tel était encore celui dont nous avons le dessin fait par Bezoldus (2), qui était cristalliforme et parfaitement transparent ^ qui fut trouvé par Heur.- Albert Nicolaï, et qui est indiqué dans l'observation cinquième (3). De plus, ce calcul blanchâtre qui devenait blanc, et que j'ai cité deux fois d'après Vater (4), était clair et transparent ; et à celui-là, si vous faites moins d'attention à la couleur, vous pourrez ajouter d'après le Sepulchretum (5j ces trente trouvés par Scharp, qui étaient transparens comme du carboucle ^ et peut-être aussi les quatre-vingts queSanctorius (6) vit, et qui étaient semblables à des pierres chaysolithes; comparaison tirée, jCvCrois, de ce que Pline (7) a appelé chrysolithes les pierres transparentes de couleur d'or.
Que si nous ne voulions avoir égard qu'à l'éclat dans les^calculs cystiques, il faudrait en citer d'au-
(1) Act N. C. , lom. \, obs. i8r.
(2) Diss. de cholelitho, §. 5, fig. 4.
(3) Dec. obs. ilîust.
(4) Thés. 4, hic cit. et 5.
(5) L. 3^ s. 17. in add. append. , ad obs. 2^ §. 1,
(6) Comment, in I Fen.^ I can. Avic. , qu. 76.
(7) NatJiist., 1,37, c. 9.
Ires ici, comme d'après Greiselius (i) celui qui était un peu plus petit qu'un œuf dé poule, et qui après avoir été brisé reluisait comme s'il eût été rempli de nitre ^ ou d'après J.-Th. Schenck (2) et J. Ehodius (3) ceux qui étaient beaucoup plus petits , et qui après avoir été également brisés .brillaient comme des cristaux de tartre^ ou comme du talc. Le premier que j'ai cité (4) d'après Trew^ brillait aussi comme du talc; et moi-même j'ai vu (5) le noyau de quelques-uns parsemé ça et là d'espèces de points brillans. Quant aux calculs de Neretins (6) qui élaient bleus et brillans ^ et à ceux de Plater (7) qui brillaient tantôt d'une couleur d' argent ^ tantôt d'une couleur d or ^ mais à l'extérieur seulement (car je n'ai pas lu qu'ils eussent été brises), je pense qu'ils appartenaient moins à ceux dont je parlais tout à riieure, et auxquels je crois que pouvaient se rapporter plutôt ceux que Baglivi (8) a décrits, et qui jetaient pour ainsi dire des étincelles y comme s'ils eussent été un assemblage de sel noir cristallisé. Mais il est certain que c'est à ces calculs qu'appartenaient surtout les deux que le
(i) Vi(L in modo cit. sect. 17, obs. i3 , §. 1 1.
(2) Vid. ad Sachlli Gammatolog. , epist. addit. 7^ ad c. 14
(3) Cent. 3, obs. nied. Lfi.
(4) Suprà, n. iG.
(5) Obs. cit 147.
(6) Locis paulo ante cit.
(7) Jbld.
(8) De experiin. circa bilem.
DE l'ictère et des C/VLCULS BILIAIRES. 553
célèbre Morand (i) a fait connaître depuis assez peu de temps, l'un d'après l'observation de l'illustre Geoffroy, et l'autre d'après la sienne propre : le premier était brillant et presque entièrement transparent dans une partie de son intérieur, et le second Tétait dans une très -grande partie de l'extérieur et de Tintérieur. Tels sont aussi d'autres calculs qui ont été décrits par d'autres auteurs, et notamment par le grand de Haller (2); mais j'aurai une occasion plus favorable pour en parler plus bas en même temps que de cette apparence cristalline, lorsqu'il sera question (3) de la structure des petites pierres de la vésicule, si pendant ce temps-là je puis les trouver dans Fabrice de Hilden.
19. En effet, je dois dire auparavant quelques mots sur la différence de la grandeur, du nombre, de la forme et du siège des calculs. On en trouva donc autrefois un qui non-seulement remplissait, mais encore distendait la vésicule, comme je le disais un peu plus haut, et qui la distendait même considérablement ^ comme vous le verrez dans le Sepulchretum (4). Vous lirez dans le même ouvrage (5) plus d'un exemple où le calcul égalait
(1) Mém. de TAcad. Roy. des Sc., ann. i74i«
(2) Opusc. patholog.^ obs. 33.
(3) N. 23 et 24.
(4) L. 3, s. jo, in addit.^ obs. 1.
(5) Ibid.^s. iS^obs. 12^ §. 7; et s. 18, obs. 8^ §. i4-
554 TRENTE-SEPTIKME LETTRE.
la vésicule. Tantôt il avait la grosseur de la moitié d'un œuf de poule, comme Fallopia (i) en trouva un , tantôt celle d'un œuf de pigeon (car je passe sur les modes de grosseur intermédiaires entre le premier et le second, et entre le second et le troisième), comme plusieurs autres en ont vu après Coiter (2), et entre autres Vallisnieri (3), qui eu ayant rencontré un sur le dernier duc de la famille de Gonzaga de Mantoue, était persuadé que cette maladie était aussi héréditaire, par la raison que Bartoletti (4) avait également trouvé un calcul à l'orifice de la vésicule sur Ferdinand Gonzaga , qui était aussi seigneur de Mantoue; argument qui ne serait point inadmissible, si ce dernier duc était descendu de Ferdinand, qui ne laissa aucun fils. Mais la plupart du temps on trouve les calculs bien au-dessous de cette grosseur; ils sont même quelquefois si petits, que Vésale (5) les compara sur Martelli à des grains de millet.
Comme la vésicule de ce sujet, qui égalait facilement la grosseur de deux poings, d'après ce que j'ai dit aussi plus haut (6), él^'it pour ainsi dire pleine de calculs de cette espèce, vous pouvez juger
(r) AjHid Schenck. , obs. i cit. supià, ad n. 17.
(3) Obs. anal.
(i) Epist. suprà cit. ad n. i3, adrtot. 9..
[k) /^/V/. Rliod., cent. ?» , obs. incd. 2.
(5) Epist. de rad. cliin.
(ei)N. i3.
DÉ l'ictère et des CALCULS BILIAIRES. 555
par là combien est considérable quelquefois le nombre de ces calculs. En effet, ceux qui les ont comptés après Fallopia (i), qui en trouva cent vingt-trois avec cette grosse pierre, en ont vu nonseulement trois cents ^ comme Bartoletti (2), ou trois cent six ^ comme le frère de Plater (3), et un plus grand nombre encore que j'ai observés moimême, mais encore au-delà de sept cents , comme Menlzel (4), et même au-delà de mille, comme Graseccius (5); en sorte qu'il est étonnant que quelques auteurs en parlant en général du nombre à^^ calculs cystiques, se soient arrêtés à l'exemple de Joach. Camerarius (6), qui n'en compta que cent quarante-trois. Que sera-ce, s'il existe maintenant d'après le célèbre Storch (7) l'histoire d'un vieillard noble sqr lequel on en comptait plus de deux mille ^ et \\\\ exemple d'après Fasch (8), qui trouva dans la vésicule agrandie d'un certain gladiateur trois mille six cent quarante-six petits grains d'une bile concrétée ^ quil avait même coutume de montrer aux curieux? Au reste, bien qu'il n'eu
existe quelquefois qu'un, comme il a été dit un
(i) Obs. 1 modo cit. , apud Schenck.
(2) Obs. 1 , Rhod. modo cit.
(3) L. 3 , cit. supra , ad n. 1 7.
(4)Eph. N. C, dec. i, a. 9, obs. 18 r.
(5) Apud Schenck. in fine, obs. 1, modo cit.
(6) In eadem i^ obs.
(7) Commerc. b'U. , a. 1735, hebd. 69, n, 4.
(8) Vid. in obs. 68, tom. 5 , Act. N. C.
peu plus haut, cependant on en trouve plusieurs beaucoup plus souvent.
Pour ce qui regarde la forme des calculs, il en est bien quelques-uns qui approchent de celle d'une sphère, ou de celle d'un ovale, ou d'une autre non-anguleuse, comme le prouvent même les comparaisons dont les observateurs se servent dans ces cas pour les décrire, en les comparant à une noix, à une olive, à un œuf, ou à d'autres corps analogues; mais le plus souvent ils sont anguleux. C'est la figure de la vésicule elle-même vicieiisement contractée et trop arrondie, ou naturelle, qui conforme ainsi ces premiers calculs lorsqu'ils la remplissent, soit qu'il n'y en ait pas plus d'un, soit qu'il y en ait plusieurs, pourvu qu'ils soient encore assez mous (car ceux même qui sont un peu gros conservent quelquefois (i) la mollesse du fromage frais) pour pouvoir être tous réduits à une forme de cette espèce, comme vous voyez dans le Sepulchretum (^i) qu'à la place de la bile il y avait une pierre orhlculaire composée de neuf autres calculs d'une forme triangulaire^ appuyés les uns sur les autres^ et facilement séparahles avec la main* 11 existe une observation (3) semblable à celle-là, si ce n'est qu'elle est beaucoup plus étonnante par la circonstance que la pierre se divisa en parties
(i) Eorumd., t. 3, append., n. VIII^ app. i^ ad obs. lo. (2)L. 3, s. 17, obs. i4, §.5.
(3) Act. modo cit. ^ t. 5, obs. 129.
DE l'ictère r.T DES CALCULS BILIAIRES. Soi^
qui avaient exactement le même poids , ce qui est presque incroyable; c'est celle à'unglobecalculeux qui pesait deux onces et demie y et qui après avoir été retiré- de la vésicule qui ne renfermait rien autre chose , se sépara en soixante petits calculs d'un jaune obscur y friables y tous pentaèdres et pesant un scrupule.
Mais il y a encore d'autres exemples de calculs cystiques semblables (i) à un œuf de pigeon, et c\u\ paraissaient être le résultat de la concrétion de calculs plus petits j ou qui éX'^x^wX formés (2), ou composés (3) de véritables petits grains. Toutefois dirons-nous que les petits grains de cette espèce soient les premiers commencemens de tous les calculs de la vésicule? Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on en a trouvé assez souvent dans cet organe; car aux observations que j'ai rapportées ici, vous pourrez en ajouter d'autres, et d'autres encore, comme celle d'une fille dont parle Duverney le jeune (/j), et celle d'un vieillard dont le célèbre J. Séb. Albrecht (5) fait mention , puisque sur cellelà la bile était concrétée en un aussi grand nombre de petits grumeaux, et que sur celui-ci elle était formée comme du sucre granulé , ou comme de
(i)Commerc. litt., a. 1745, hebd. 24, n. 1.
(2) Eph. N. C. ^ cent. 8^ obs. 20.
(3) Halleri opusc. pathol. , obs. 33, hist. i3.
(4) Cit. suprà, ad n. i3.
(5) Act. N, C, tom. 4^ obs. 49*
la graine de millet dépouillée de son écorce; telles sont encore, pour ne pas être trop long, les observations de tant d'autres sujets (i) chez lesquels les calculs ayant «//ze surf ace grenue ^ ou ayant la forme d'une mûre tuberculeuse de tous côtés ^ il semble que de petits grains s'attachèrent à leur surface et se confondirent avec elle, iiinsi il n'est pas douteux que quand les calculs sont composés de petits grains de bile concrétée , ceux-ci ne soient les commencemens de ces calculs.
D'un autre côté on a trouvé plus d'une fois dans la vésicule, en même temps que des calculs, une matière (-2) sablonneuse et muqueuse ^ et une grande quantité de sable; en sorte que le même qui vit cette matière, le célèbre Bergen (3), pensa quelle devait être considérée sans aucun doute comme Vori-
gine des calculs. Par conséquent si la bile s'accole à un grain de sable comme à un noyau , vous voyez qu'on doit dire que le principe de ces calculs est différent. A ceci ajoutez les remarques que j'ai faites ailleurs, et que j'aurai une occasion plus favorable de rappeler plus bas (4) , et vous comprendrez fa- , cilement qu'un petit grain de bile concrétée ne peut pas être le principe de tous les calculs.
(1) Eorumd. Act. , t. i, obs. 20^ cum lab. 3, fig. 3 et 4 ; et Eph., cent. 5, tab. i, fig. 3 ^ 4 , 5 et 6 ; et Halleri, obs. cit., hist. 5.
(2) Commerc. lilt. , a. i733, bebd. 45, post. n. 6.
(3) Et a. 1739, hebd. Sg, n. 1. , (/i) N. 22..
DE l'ictère et 1)E5 CALCULS BILIAIRES. 669
Mais puisque j'ai dit que les calculs étaient anguleux la plupart du temps, à quoi attribueronsnous Torigine des angles? Si plusieurs calculs roïids encore mous se réunissent en un seul, soit ovale, soit sphérique, comme dans les deux exemples rapportés un peu plus haut, de telle sorte qu'en s'appliquant les uns contre les aulres ils prennent ces formes nouvelles, et qu'ensuite ils se séparent par quelque cause, il est facile de comprendre comment les angles se sont formés. Mais comme les exemples de cette espèce se rencontrent très-rarement, je ferais dépendre le plus souvent les angles du frottement que les calculs ronds exercent les uns sur les autres. En effet, qui niera ce frottement lorsqu'on remarquera le poli de leurs faces, ou qu'on jettera les yeux sur ces deux grands calculs cystiques qui sont dessinés dans Fabrice de Hilden (i), dont l'un est tellement creux ^ quil peut recevoir presque le tiers de Vautre; or // est cer-tain que c'est là un ^ii^l du frottement continuel que Vun exerça sur Vautre ^ dit cet auteur qui avait pu voir aussi quelquefois dans les calculs de la vessie urinaire des dispositions semblables produites par la même cause. Voyez également ce grand calcul composé de trois parties, qui avait distendu la vésicule, et dont le célèbre Bechmann (2) a donné
(i)Cent. 4, pbs. 44.
(2) Commerc. lilt., a. 1742^ hebd. 32, n. i, cum tab. 2^ fig. 10.
56o TRENTE-SEPTIÈME LETTRE.
la description et le dessin» Quand vous aurez vu combien la partie moyenne surtout entrait dans rinférieure, et que vous aurez considéré le poli parfait des surfaces contiguës, vous confirmerez que cet effet est certainement dû au frottement. 20. Au reste il n'est pas facile d'établir d'après les observations des autres quel est le nombre des angles des calculs cystiques, ni quels sont ces angles, ni comment ils sont placés, c'est-à-dire de déterminer quelle est la forme la plus ordinaire de ces calculs; ce qui dépend non-seulement de la grande variété qu'on remarque souvent aussi sur ceux même qui sont renfermés dans une seule vésicule, mais encore de ce que l'indication des figures par des mots propres, ou une description suffisante pour l'intelligence, ont été trop fréquemment négligées par ceux-là même qui devaient le moins les négliger. Lorsque je lis Vésale (i) faisant sur un jurisconsulte du Siennais la description de dix-huit calculs qui avaient une forme triangulaire avec des côtés et des surfaces égales de toutes parts ^ il me semble bien comprendre qu'il indique un tétraèdre proprement dit. Mais lorsque plusieurs autres auteurs donnent aux calculs les noms de triquètres^ ou de triangles^ ou de triangulaires, je ne sais ni si ces calculs avaient la forme d'un prisme ou d'une pyramide, ni (quelle que fût celle de ces deux formes qu'ils
( j ) Epist. de Rad, chin.
DE l'jctèri: et des calculs biltatres. 56i
observèrent) s'ils étaient compris dans des plans égaux ou inégaux. Au contraire, lorsque Greiselius (i) écrit qu'il trouva quatre gros calculs ciihi^ ques avec d'autres très-petits presque innombrables qui représentaient également un cube^ autant ^ qu'il put le voir, je n'ai pas de doute sur ce qu'il veut dire; mais je suis dans l'incertitude quand d'autres écrivains en assez grand nombre se servent des mots carrés ^ ou quadrangles ^ ou quadrangulaires; car vous voyez combien d'espèces de parallélipipèdes ces expressions peuvent désigner.
Cependant, lorsque j'examine avec attention tous ces calculs que j'ai chez moi (or j'en ai beaucoup), d abord je conçois qu'il est très-difficile de trouver une figure parfaitement reg«///èAe dans ceux qui sont anguleux, et je pense que Vésale lui-même et Greiselius ont voulu désigner une figure qui approchait du tétraèdre suivant le premier, et du cube suivant le second : ensuite je crois que ceux qui se sont servis des mots triangulaires ou quadrangulaires, ont indiqué une figure qui approchait en quelque sorte xl'un tétraèdre ou d'un cube : enfin je pense que ces deux figures étant irrégulières (si vous l'entendez ainsi), et offrant le plus souvent certaines faces qui paraissent au premier abord plus semblables à la première ou à la seconde, plusieurs les ont rapportées à l'une, (jt plusieurs autres à Tautre; niais
(r) Eph. N. C. , dec. i, a. 3, obs. 45,
502 TREHTE-SEPÏIÉME LETTBK.
que si on tourne avec plus de soin les calculs dans tous les sens, on reconnaît la plupart du temps la figure que j'ai indiquée autrefois dans la première Lettre Anatomique (i). Au reste cette figure que j'ai indiquée à cet endroit, comme je le disais, fait voir suffisamment que les calculs ont trèssouvent plus d'angles que ne le comportent les deux autres dont il est question. D'ailleurs Rentmann (2) a enseigné autrefois qu'ils en ont beaucoup plus, et d'autant plus, qu'ils sont plus nombreux dans une même vésicule. Quant à moi, tout en avouant que la première assertion est vraie quelquefois, je ne suis pas assez certain qu'il en soit de même de la seconde, et je sais même, eu égard aux observations de Greiselius et à quelques-unes des miennes, qu'elle n'est pas toujours vraie.
Mais quel que soit le nombre des angles, dès lors que quelques-uns d'entre eux sont très-aigus, ou que la surface des calculs est hérissée d'aspérités, ces corps peuvent, s'il s'y joint en même temps un trop grand poids, non-seulement irriter la vésicule, mais encore la rompre dans certains cas. Il existe un exemple extrêmement rare de cette rupture dans \e SepulcIiT^eturn (3). Quant à l'irritation , elle peut produire des phlogoses, des
(1) N. /,4 in fin.
(2) Apud Sclienck., obs. j, cit. suprà^ ad n. 17.
(3) L. 3, s. 14, obs, 5^ §. /j«
lîlcères, et des excroissances, comme j'en ai vu moi aussi (i), et du moins un épaississement des tuniques, si nous comparons entre elles, avec Wepfer (2) , la vessie urinaire et la vésictile du fiel. En effet, la vessie urinaire devient souvent quatre fois plus épaisse par le frottement continuel des calculs ^ comme le dit cet auteur, et comme nous le verrons en son lieu (3). Il trouva lui-même les tuniques de la vésicule devenues plus épaisses qu elles ne devaient Vêtre par la même cause, à ce qu'il croit. D'autres ont aussi observé quelquefois cet épaississement, et dans ce nombre se trouvent non-seulement quelques-uns de mes disciples (4)? n-jais encore le savant Trew (5) qui ne le vit pas sans une matière purulente, et surtout le célèbre Bezoldus (6) qui écrit que ces tuniques étaient endurcies , épaissies et comme cartilagi-^ neuses. Toutefois ce dernier en cherche la cause ailleurs que dans les calculs que ces tuniques contenaient dans son exemple et dans ceux qui ont été cités tout à l'heure; et en effet cet épaississement peut (7) dépendre d'ailleurs dans d'autres
(1) Epist. anat. i , n. 4^-
(2) In auctar ad obs. de apopl. , liist. i3 in schol.^ n, 5,
(3) Epist. 42.
(4) Epist. ad Schrock. , de qua supra ^ ad n. 18.
(5) AcL N. C.^ tom. 4 , obs. 140.
(6) Disp. de cholelitho , ^.6.
(7) J^id. Sepulchr.^ 1. 3^ s. 21, obs. 4; 5- *i*
564 TKENTK-SEPTIÈME LETTRi:.
circonstances. Du reste, la surface de ces calculs ^st souvent lisse, comme Vésale l'observa sur ce jurisconsulte, surtout s'ils sont de l'espèce des jaunâtres qui, quand on les touche même dans un état de dessiccation, semblent être enduits de savon ; toutefois j'ai observé ()) d'une manière encore plus remarquable un poli comme onctueux de cette espèce sur certains calculs qui étaient verdâtres.
21. Quant à ce que j'ai dit de l'irrilation, je ne doute pas qu'elle n'ait lieu aussi lorsque les calculs grossissent entre les tuniques de la vésicule, pourvu qu'ils aient des aspérités ou qu'ils soient gros. Or je crois qu'on peut expliquer de celte manière une observation de Gendrot (2) relativement à une dysenterie dépendante d'un afflux continuel de bile dans l'intestin duodénum, attendu qu'il y avait dans la vésicule deux calculs un peu gros et inégaux, qui étaient enveloppés d'une membrane particulière. Au reste vous penserez qu'après s'être formés et avoir grossi dans les glandes de la vésicule, ils étendirent leur siège jusque dans l'intervalle de ces tuniques, entre lesquelles ces glandes existent elles-mêmes. Car vous vous souvenez que j'ai trouvé (3) et fait voir autrefois de pelils calculs biliaires dans ces glandes, dont l'orifice était ma-
(1) Epist. modo cit. , ad Schi^ock.
(2) Zodiac, med. galL^, a. i, maj.^ obs. 6.
(3) Episl. anal. 1, n. 56.
DE l'ictère et des calculs BILIAIRES. 56j
nifestement ouvert, et qui par conséquent ne doivent point être révoquées en doute. J'ai appris ensuite avec le plus grand plaisir, lorsque le premier volume des Mémoires de l'Académie (i) des Sciences de Bologne fut publié, que le célèbre Galeati a trouvé et reconnu de ces calculs avec habileté, dans une observation^arfaitement semblable à la mienne, avec la différence que les orifices n'étaient pas apparens. D'ailleurs je parlerai plus bas (2) d'un autre petit calcul que j'ai aussi observé de cette manière entre les tuniques de la vésicule.
Maintenant ce sera à vous de voir si dans cette observation deGreiselins que j'aicitée plus haut(3) cette autre tunique développée au fond de la vésicule, et qui contenait un calcul plus gros que tous les autres y tel qu une pierre cubique, doit être entendue de la même manière. Certes, pour moi, je ne doute pas qu'on ne puisse expliquer ainsi une observation du célèbre Eller, que j'ai lue il y a quelques années, si je m'en souviens bien, dans le quatrième volume des Mélanges de Berlin. En effet, je croirais facilement que ce fut dans quelqu'une des glandes de la vésicule que se forma le petit calcul rond et jaunâtre qu'il trouva concrète au fond de celle-ci, et entouré d'une membrane
(i) P^icL in opnsc, {0.) N. 29 in fin.
566 TREJVTE-SEPTIEME LETTRE.
qui était un prolongement des pellicules de cet organe. Mon esprit incline même à penser qu'il peut se faire que ce ne soit pas ailleurs (comme l'annoncent tous les indices) que se développa un calcul biliaire dont la partie la plus grosse était cachée dans un petit sac compris entre les tuniques de la vésicule, tandis que l'autre partie bouchait (j) le col de cette dernière; tant s'en faut que je croye qu'il soit démontré par cette obscr- "vation que la vésicule ne possède aucunes glandes! Et en effet , ce col ne peut pas être bouché par un corps dur et épais de cette espèce, sans que d'autres parties nécessaires aux fonctions de la vésicule soient facilement comprimées, ou sans que cet organe tout entier se contracte et' se crispe par Teffet de l'irritation ; en sorte qu'il ne faut pas s'étonner après cela si la sécrétion de ses glandts est empêchée ou viciée. Or croyez que je dis pre^sque la même chose des expériences de ceux qui ont fait la ligature du conduit de la bile sur un animal vivant.
Ainsi les anatomistes n'inventent point les glandes de la vésicule, mais ils les reconnaissent ^ d'après des observations certaines, telles que ce grand nombre que j'ai citées dans la première Lettre Anatomique (ti). Cependant je n'y ai point parlé seulement de quelques glandes voisines du
(i) Hist. deTAcad. Roy. des Se, a. Ty.'iS, obs. anat. i. (3) N. eod. 56.