DE L ICTERE ET DES CALCULS BILIAIRES
c'esr que si ces symptômes sont vrais, tantôt l'un, tantôt l'autre, ce dont je ne disconviens pas, ni l'un ni Tautre ne peuvent donc être Je signe constant et propre de ces calculs.
37. Mais si laissant de côté ces symptômes communs, nous cherchons ce que peut produire par lui-même un calcul, nous reviendrons peut-être à ce que j'ai dit un peu plus haut (i) avoir écrit moi-même dans la première Lettre Anatomique. Un calcul^ comme le dit également Boerhaave (2), ne produit aucun mal par lui-même pendant quil est en repos , si ce ri est un sentiment de pesanteur ^ mais il irrite par sa masse ^ par son poids et par ses aspérités. Si nous transportons au calcul biliaire ce que cet auteur dit du calcul urinaire, croyez -vous qu'il doive se manifester par un sentiment de pesanteur, lui qui est plus léger que le calcul urinaire , et qui grossit insensiblement? Il faudra donc attendre long-temps qu'il acquière enfin un poids plus considérable. Mais ce signe, dont nous manquerons si long-temps, et même toujours dans la plupart des cas, finirat-il par devenir sensible au moins alors, et par être hors de doute? Assurément il était sensible sur le comte dont parle Fabrice de Hilden (3)^ puisque depuis plusieurs années ce comte pouvait
(2) Praelect. ad Instit. , §, 790,
(3) Obs. suprà cil. , ad tt; 22.
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sentir à la région du foie un poids considérable, incommode et tombant d'une partie sur une autre, toutes les fois quil se tournait dans son lit d'un côté sur Vautre. Mais les calculs sur ce sujet étaient volumineux et pesaient dix-huit drachmes et demie, et cela quand ils furent desséchés; car encore frais ils étaient beaucoup plus lourds. Croyezvous cependant qu'ils le fussent plus que ce grand nombre de pierres que Greiselius (i) trouva en même temps, et qui pesaient ensemble trente drachmes? Or cet auteur n'a pas noté que le sujet sur lequel il les rencontra eût jamais senti ce poids. Mais peut-être ce sentiment était-il obscurci par La quantité énorme de graisse qui existait dans le ventre de cet homme. Est-ce donc que tous ceux sur qui on a trouvé des pierres d'un grand poids étaient très-gras? Certes, il ne paraît pas qu'une femme (2) chez laquelle le poids des calculs égalait vingt-quatre drachmes, fût trèsgrasse, pas plus qu'un prêtre (3) chez lequel ce poids était de vingt drachmes, ni qu'un homme illustre (4) chez lequel les pierres pesaient presque autant. Cependant on ne lit relativement à aucun de ces sujets, ni même relativement à aucun de ceux dont la vésicule était très-surchargée
(i) Gbs. suprà cit., ad n. 19.
(2) Eph. N. C. , dec. 3, a. 7 et 8, obs. i23.
(3) Act. N. C, tom. 5, obs. 129.
(4) Commerc. lilt.; a, 174^; hdift. 28, n. 1
DE l'ictère et des CALCULS BILIAIRES. 62 I
de calculs, ce que je me souviens d'avoir lu qu'on observait sur ce comte pendant qu'il se tournait dans son lit. Je croirais, eu égard aux époques, que c'est ce dernier sujet qu'avait en vue Slieber (i), lorsqu'il objecta à une observation de celte espèce, une autre observation de plus' de deux cents cal-culs trouvés dans la vésicule d'un homme, qui ne s^ était jamais plaint d'une douleur gravati^^e du côté droit.
Toutefois supposez que plusieurs malades se soient plaint de ce même sentiment dont se plaignit le comte de Fabrice de Hilden. Mais rappelez-vous en même temps ces petits sacs, qui chargés de calculs étaient suspendus (2) au foie, ou bien la vésicule du fiel elle-même qui a été trouvée plus d'une fois énormément distendue par une grande quantité de bile très-épaisse. Certes vous comprendrez que le même sentiment existant au même endroit peut être produit quelquefois par d'autres causes que par des calculs, et qu'il est possible que s'il dépend de calculs ce ne soit pas uniquement de ceux que la vésicule du fiel renferme. Au reste il est évident par ces mêmes exemples et par d'autres encore, que la distension sentie non-seulement par le malade, mais encore par le médecin qui approche la main de cette partie, et par conséquent l'effet de la masse
(i) Sepulchr., 1. 3, s. 17, obs. 14, §. 3^ cum schoL (2) f^id, suprà, n. i3.
des calculs, fournit un caractère équivoque de Texistence de ceux ci.
Restent les aspérités. Je dis d'abord, comme je l'ai déjà dit pour le poids, et comme je pouvais le dire pour la masse, qu'elles ne sont pas toujours telles qu'elles puissent irriter, et se manifester par l'irritation qu'elles causent. Je dis ensuite que lors même qu'elles le peuvent, la vésicule est protégée contre l'irritation tantôt par la quanfilé de la bile intermédiaire, tantôt par son épaississement ; car ce qui arrive presque toujours dans la vessie urinaire a lieu beaucoup plus rarement ici, que tout le liquide étant sorti il ne reste que le calcul par lequel l'organe est piqué, attendu surtout que la vésicule ne peut pas se contracter de la même manière que la vessie , ni se serrer autoîir de la pierre ; et quand bien même elle le pourrait, il ne paraît pas que le sentiment de l'une et de l'autre soit également exquis, ce que je fais observer pour que vous ne recouriez point par hasard au gor^flemeut de l'estomac et des intestins (qui du reste n'existe pas toujours) , par lequel la vésicule serait appliquée contre le calcul. Enfin je dis que le même sentiment de piqûres qui dépendrait d'un calcul dans la vésicule, peut exister par une autre cause dans ces autres viscères eux-mêmes, là où ils peuvent comprimer la vésicule qui leur est ccJntiguë, et même qu'il peut être produit dans celle-ci par une âcreté extrême de la bile en stagnation , ou par quelque spasme; en sorte qu'il est possible ou que
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Ton croye dans la vésicule des irritans qui n'y sont pas, ou que si par hasard ils y sont, ils dépendent d'une autre cause que des calculs.
38. Les objets que j'ai discutés jusqu'ici reviennent à vous faire comprendre qu'aucun signe de ces calculs n'est constant, qu'aucun ne leur est propre. Mais pour que vous ne soupçonniez point par hasard que quelque erreur se trouve cachée sous ces raisonnemens, comme cela arrive fréquemment, tenons -nous -en à l'expérience. Je mets de côté mes observations et celles (i) de Val- $alva, dans aucune desquelles il n'exista aucun signe relatif à ces calculs , bien qu'il y en eût dans la vésicule. J'écarte également celles (2) que j'ai rapportées ailleurs d'après Gerbez et d'après Lospichler, qui prétendent qu'avec des calculs dans la vésicule les sujets avaient vécu long-^teînps en état de bonne santé et sans se plaindre ^ et quils avaient été sains et saufs. Mais si d'autres encore affirment la même chose, il est juste que vous vous rappeliez tout ce que je mets maintenant de côté.
Ainsi Rolfinck (3), médecin très-grave de son temps, dit en général , à l'endroit où il fait con-naître quelle espèce de calculs il trouva lui-même dans une vésicule, que des i^ierr^s sont cachées fort
(i) f^id. supra, n. 27.
(2) Epist. anat. I. n. 5i.
(3) Dissert, de gutta ser. coroUar. 4 ,
sous^ent pendant quelques années dans la vésicule du fiel sans être nuisibles ^ quelquefois sans douleur ^ quelquefois as^ec de la douleur, Lemery le père (t) affirme qu'il est connu que ces pierres non-seulement ne produisent pas la mort, mais «qu'elles ne donnent même souvent lieu à aucune incommodité ». Il a déjà été dit plus haut (2) que Vater observa une santé de longue durée et parfaite ]usqu'à la fin, sur une femme (Jui portait trente de ces calculs. Galeati (3) assure également qu'il ne survint rien qui indiquât une affection de la vésicule du fiel sur la femme qu'il disséqua, soit pendant la maladie (une hydropisie) dont elle mourut ^ soit auparavant ^ autant toute fois quil put le sas^oir, Themel (4) en rapportant qu'il trouva sur une fille publique quelques calculs biliaires dignes de remarque j dit aussi qu'ils furent portés sans aucune lésion de la santé. Enfin Roncallus (5) (car je ne veux pas nommer ici tous ceux qui se présentent à ma mémoire en écrivant) rapporte que sept calculs de la grosseur d'une petite noix existaient dans la vésicule d'une femme, qui déjà enceinte de huit mois avait eu pendant tout cet intervalle de temps et long- temps auparavant, une bonne constitution ,
(i) Hist. de l'Acad. Roy. des Se, a. 1703, obs. anat. i
(3) Cit. suprà, ad n. 21.
(4) Act. N. C.j t. 5, obs. 10, propius fin.
(5) In Epist. addit. ad hist. morbor.
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une bonne nutrition et un bon teint; en sorte qu'il est évident, à moins qne ces calculs n'eussent grossi en un instant, ce qui n'est pas croyable, que la santé peut se maintenir malgré leur existence. Il est donc suffisamment démontré, si je ne me trompe, que les calculs cysliques n'ont aucun signe constant, ni par conséquent aucun qui leur soit absolument propre et particulier.
39. Pourquoi donc, dites -vous, un médecin d'une très-grande expérience, Wepl'er (i), écrivit-il ceci à Verzascha : Je ne pense pas que le col de la vésicule biliaire fût obstrué ^ parce qu'on ne parle en aucune manière de la cardialgie ^ c'est à-dire d'une douleur tensive située près du cartilage xiphoïde à un endroit qu un sou couvrirait? Ne regardait-il pas au moins ce signe comme inséparable de l'existence d'un calcul qui aurait obstrué le col de la vésicule? Mais je voudrais que vous réfléchissiez ici qu'il n'a point prononcé le mot calcul, et que d'ailleurs outre un calcul il existe d'autres corps (2) qui peuvent obstruer le conduit cystique de la bile, aussi-bien que tous les autres canaux. Ensuite, quand même un calcul aurait obstrué ce conduit, Galeati a noté, comme il a été dit un peu plus haut, qu'en pareil cas non-seulement il ne s'en était pas suivi un ictère (dont la non existence a pu être observée seule alors par Bezol-
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(1) Sepulchr. , 1. 3, s. 17, in schol. ad obs. 6 in additam.
(2) Vid, suprà, n. 33 et 34*
626 TRENTE-SEPTIÈMK LETTRE.
dus (i), et avait été prouvée par Pechlin (2) avec des exemples), mais encore qu'il n'était rien survenu qui indiquât une affection de la vésicule; Reverhorst (3) a observé à peu près la même chose, ainsi que Phil. Jac. Hartmann (4) sur deux sujets ; de Haller (5) dans l'histoire de trois individus ne dit rien de contraire à ce que j'ai avancé, et enfin Trew (6) ne le contredit pas non plus, lui qui a pu passer en revue avec soin tous les symptômes de la maladie. D'ailleurs, quoique Tacconi (7) écrive que des douleurs très-violentes jointes à une fièvre quarte existaient à la région hypogastrique, cependant il dit qu'il n'observa en même temps ni un ictère, ni même ces douleurs qui appartiennent au cartilage xiphoïde, comme il l'avait indiqué un peu auparavant au sujet d'une autre femme chez laquelle des calculs étaient placés dans le conduit commun. Vous voyez donc que lors miême que le méat cystique est obstrué par lïn calcul, comme il l'était sur tous les cadavres cités, la douleur qui a été décrite par Wepfer
(i) Dissert, de cholelilho^ cas. 1, n. 6.
(2) f^id, Act. Erud. Lips. , a. 1691^ m. maj. in recens. L ejus I, obs. 58.
(3) Diss. de mot. bil.^ §. 67.
(4) Eph. N. C, dec. 2, a. 5, obs. 76 et 77.
(5) Opusc. pathol. ^ obs. 33, hist. l\y i3, \l\. (6 Commerc. litt., a. 1743, hebd. 32, n. 3. (7) Cit. supra, ad n. 16.
DE l'ictère et des CALCULS BILIAIRES. 627
n'est pas un signe constant et inséparable de son existence.
4^- Mais bien que je cherchasse ici les indices du calcul quand il est entré dans ce méat et lorsqu'il existe en général dans la vésicule biliaire, cependant je ne serai pas fâché de voir si le signe de Wepfer est propre à celui qui est tombé dans le conduit commun, puisqu'il ne peut l'être à celui qui est arrêté dans la vésicule, comme je l'ai suffisamment indiqué plus haut (i) en disant quelques mots du sentiment de distension. Car relativement à ce qu'on rencontre dans le Sepul-^ chretum (2) une observation qui a pour titre, /)o2/leur aux environs du cartilage xiphoide ^ produite par des calculs situés dans l'estomac et dans la vésicule du fiel ^ gardez- vous de croire que l'obserValion réponde à son titre; en la lisant tout entière, vous verrez bien que plusieurs calculs étaient trèsfortement adhérens au fond et à la substance de l'estomac, mais vous ne trouverez pas qu'il en existât quelqu'un dans la vésicule du fiel, ou ailleurs. Cette histoire vous apprendra plutôt que ce signe qui indiquait que des calculs étaient fixés à l'estomac, n'est donc pas propre à ceux qui se trouvent dans le conduit commun. De plus , quand même il eût existé d'autres calculs dans le conduit commun, outre ceux de l'estomac, il y au-
(2) L. 3, s. 7^ob«, 3^»
6'i8 TRENTE-SEPTIEME LETTRE,
rait cependant eu lieu à douter auxquels il aurait fallu rapporter la douleur. Il en est de même lorsque dans une histoire de la même douleur il est question en même temps de calculs dans ce conduit, et d'une matière de mauvais caractère et de lésions très-graves dans presque tout le foie, et lorsque dans une autre il est dit qu'il existait beaucoup de tumeurs dans le foie, et que Tune de ces tumeurs comprimait considérablement ce conduit; quoique si l'on croit que la compression ou Tobstruction du canal commun soient la cause de la douleur dont je parle, cette douleur ne sera donc pas le caractère propre des calculs fixés dans ce canal, puisqu'il a été suffisamment démontré plus haut (i) qu'il peut être comprimé et obstrué sans calculs, et que rien n'empêche de penser que la bile interceptée dans ce canal est ou devient quelquefois si abondante et si acre par sa stagnation, qu'elle peut, de la même manière que les calculs, et le distendre et l'irriter.
Ne croyez pas que l'art et l'habileté de ceux qui cherchent la vérité et qui s'efforcent de faire faire des progrès à la médecine, soient moins estimés par moi que par l'homme célèbre qui approuve l'explication de la douleur en question par l'adhérence ferme du ligament suspensoire du foie à la partie du péritoine qui couvre le cartilage xiphoïde. Toutefois animé du même zèle et du
(i)N. lo et 34,
DE l'ïCTÈRE et des CA.LCULS BILIAIRES. 629
même amour de la vérité que moi , il ajoute bientôt après ce qui suit : « Ce n'est pas seulement « dans les affections calculeuses du foie, mais en- « core dans les phlegmons ou dans d'autres tumeurs (c du même viscère qui ont leur siège non loin des c< racines de ce ligament, que ces considérations « sont propres à expliquer les différens symptômes (f de cette espèce produits par cette cause, et surce tout la douleur du cartilage xiphoïde qui a été « indiquée , et qui a coutume d'accompagner assez « souvent les inflammations du foie dans des circ( constances semblables. »
4i. Mais non-seulement ce signe est commun aux autres maladies qui ont été indiquées soit hors du foie, soit dans le foie, soit dans le conduit commun lui-même, mais il n'existe même pas toujours lorsqu'il y a des pierres dans ce conduit. En effet, tous les calculs biliaires qui sont rendus par le ventre doivent nécessairement pour parvenir aux intestins , traverser l'étroitesse de ce méat; et cependant, quoiqu'il y ait un aussi grand nombre d'obs^vations d'évacuations de pierres de cette espèce, dans combien d'entre elles en définitive lisons -nous qu'il existait antérieurement une douleur au cartilage xiphoïde? Je n'ignore pas que tous les calculs évacués ne doivent pas être rapportés au foie. J'avoue même volontiers que des observations presque innombrables relatives à ces corps et recueillies depuis le temps où on
63o TRENTE-SEPTIÈME LETTRE,
avait commencé à en observer avant Galien (i) jusqu'à celui-ci, ayant été rassemblées parDonatus (2), Schenck (3), Rhodius (4), Schroecke le père (5), et d'autres, il me semble que ces calculs s'étaient développés en grande partie dans les intestins mêmes, ou dans l'estomac' En effet, des exemples anciens font voir qu'ils se forment aussi dans ce dernier viscère. Le premier de ces exemples est cité par Donatus (6), et a pour sujet un de mes compatriotes, «le maître de J. Julianus, « qui envoya de Forli à Gentilis une pierre de la (( grosseur d'une noix , qui avait été rejetée par le ic vomissement après une douleur d'estomac; la a dureté de cette pierre surpassait celle du gypse , ce et sa forme était comrhe celle d'un œuf». J'en vis autrefois dans mon pays une autre semblable à celle-là, si ce n'est qu'elle ne dépassait pas la grosseur d'une jujube, qu'elle était d'une couleur blanchâtre, et sans couches manifestes; elle avait également été vomie après des douleurs d'estomac de longue durée par une femme.
D'un autre côté, tandis que d'autres auteurs ont cru avoir prouvé dernièremeiflc par des exei
(i) /^iW. apud Schenck. , obs. med., 1.3, ubi de intestin, lapid. , obs. 1.
(2) Cap. suprà^ ad n. i5 cit.
(3) Obs. i modo cit.
(4) Cent. 2, obs. med. 74*
(5) Obs. supra, ad n. 24 cit.
(6) Cap. modo cit.
DE l'ictère et des CALCULS BILIAIRES. 63 1
pies qui ne sont peut-être pas assez convenables, que des calculs s'étaient formés dans les intestins mêmes, il est un cas qui me paraît surtout propre à le démontrer; c'est celui que vous lirez dans Bâillon (i) relativement à une pierre perforée qui existait dans les intestins de Pérou ^de telle sorte qu elle laissait une voie ouverte à la matière la plus liquide ; car il semble qu'elle grossit peu à peu aux dépens des parcelles terreuses et visqueuses qui s'attachaient tout autour de l'intestin, tandis que les autres parties passaient au milieu d'elles, et entretenaient l'ouverture de la voie. Mais qui niera en outre que des pierres extrêmement grosses, composées ea totalité d'une seule et même matière de cette espèce, ne commencèrent pas à se former dans les intestins, comme il est certain qu'elles y grossirent? Bien plus, quoique je lise que certaines pierres étaient d'une grosseur, ou d'une couleur, ou d'une forme, telles que quelqu'un pourrait facilement les rapporter à des calculs cys tiques, comme (^) celles qui étaient tantôt plus grandes tantôt plus petites que des pois y ou que des noisettes^ qui avaient une couleur roussâtre ^ ou jaune en grande partie ^ qui étaient triangulaires ^ ou anguleuses d'une autre manière, qui enfin , pour embrasser plusieurs objets dans un seul exemple, ressemblaient à des nèfles par leur cou-
(i) L. 2^ consil. medic. 74.
(2) Vid, apud Schenck.^ obs. j^ modo cit.
leur^ par leur grosseur et par lew forme ^ cependant j'omettrai volontiers tous ces calculs , attendu surtout que les symptômes antérieurs n'ont point été décrits, ou ne l'ont été qu'avec trop peu de soin. J'arriverai à ceux que les auteurs qui les ont décrits, ou d'autres hommes graves, ont pris non sans motif pour des calculs cystiques, ou du moins pour des calculs biliaires.
Fernel, que j'ai nommé ailleurs (i), dit seulement avoir observé sur la plupart des sujets qu'^près un ictère de longue durée ^ un flux de ventre se déclarait^ et que des calculs innombrables de la na-^ tare de la matière évacuée , et gros comme un pois ou comme de Vorge^ étaient expulsés. Coiter (2) écrit également qu'il connaissait une femme qui fut délis>rée d'une ictéricie très-incommode et de trèslongue durée ^ en rendant un calcul avec les excré^ mens. Je sais, d'après le célèbre de Haller (3) , que Sal. Alberti observa souvent qu après un ictère de longue durée ^ des calculs avaient été rendus par le ventre; mais je ne sais pas s'il est entré dans plus de détails, parce que je n'ai pas le second discours de cet auteur que de Haller cite. Au reste je ne parle pas du discours qui se trouve parmi les trois qui furent publiés l'an i585, mais de celui qui est dans les quatre qui furent mis au jour
(1) Advers. 3, animad. 28.
(?) Obs. anat.
(3) Ad Boerh. praelect., §. 3/|8, not. m'^.
DE l'ictère et des calculs biliaires. 633 Fan 1690; car je ne doute pas que de Haller n'indique ce dernier, que je vois ainsi intitulé dans Vander-Linden (i) : Du Débordement de la bile dans les intestins^ etc. Il a été dit plus haut (.i) que Malpighi avait écrit qu'une pierre fut rendue par une àdiVCit après de grandes douleurs et une longue ictéricie. J'ai lu aussi que Ruysch (3) avait conservé un calcul qui venait de la vésicule du fiel et qui fut rendu par Vanus; mais je n'ai pas lu ce qui avait précédé la déjection. Je passe à dessein sous silence d'autres auteurs qui n'en ont pas dit plus que Ruysch sur les circonstances antérieures, ni même autant que Malpighi.
42. Il vaut donc mieux passer aux écrivains qui ont parlé du siège de la douleur qui précède dans ces cas. Hoffmann le père, d'après le rapport de son fils (4), a écrit qu'il existait des douleurs très-aiguës dans Vhjpochondre droit. Dillen (5) dit qu'à des douleurs qui occupèrent bien long-temps le même hypochondre, succédèrent des douleurs colico-néphritiques. Bartholin (6) parle dans l'observation d'un teinturier, de beaucoup de plaintes relatives à une douleur du côté droit qui s' étendait jusqu aux
(i.) Rénovât, de script, med., 1. i.
(3) Praelect. ad ihes. animal. I.
(/i) Medic. rat. , t. 4 ^ P- 2 , s. 2 , c. 3 in fin.
(5) Eph. N. C, dec. 3^ a. 9, obs. 246.
(6) Cent. 4, hist. anat. 49-
634 TRENÏE-SEPTIÈMK LETTRE.
intestins. Lentilius (i) rapporte qu'il existait aux environs de la région du foie une très grande douleur avec une tumeur ; toutefois le. malade s'était déjà -plaint de cette douleur pendant dix ans. Wolfstrigel (2), qui est entré dans plus de détails que tous les autres, dit que des douleurs qui avaient existéybr^ souvent antérieurement, ^X qui simulaient des douleurs colico - néphritiques ^ s'étaient enfin renouvelées d'une manière très-violente; que cette maladie ayant récidivé, comme elle le fait souvent, il se déclara une douleur des lombes^ et une autre douleur lancinante aux environs de Vhypochondre droite à V endroit où le canal cholédoque s'insère au duodénum; et qu'ayant récidivé une seconde fois, il se manifesta une douleur qui simu-lait plutôt la colique^ attendu quelle se faisait sentir non pas aux environs des lombes et de l'iiypochondre droit ^ mais principalement vers l'ombilic. Enfin , Vallisnieri (3) qui a aussi examiné toutes les circonstances avec soin , ayant observé des cas semblables, d'abord dans son pays, et ensuite ici (à Padoue), n'a écrit que ceci relativement aux douleurs, «Qu'il en existait de très-violentes à la « région du foie, et qu'elles s'étendaient vers l'om- ^( bilic. w
J'ai passé à dessein sous silence les cas rapportés
I lin.-'
(1) Eph. N. C. ;, dec. 1 , a. 7, obs. 1^6!
(2) Earuind. dec. I, a. 2, obs. 89,
(3) Epist. siipià, ad n. i3 cit.