‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 4)Chapitre 5 sur 41 · DE LA FAIM ET DES LESIONS DE LA DEGLUT. TQ · texte numérisé non relu

DE LA FAIM ET DES LESIONS DE LA DEGLUT. TQ

veines et les artères étaient vides d'une manière étonnante y au point quil s'écoula à peine de la veinecave deux ou trois cuillers de sang et rien de V aorte y elles faisaient aussi mention d'autres objets également clignes de remarque, comme de l'âge des sujets, de leur tempérament, de leur constitution , de leurs forces, des symptômes de l'abstinence qui précédèrent la mort tous les jours jusqu'au dernier, de l'état des viscères, et d'autres choses de cette espèce s'il en existait. Cette exactitude aurait été très-utile, principalement sur le premier, parce qu'il avait un corps sain du reste lorsqu'il prit la résolution de se faire mourir de faim. En effet, ceux qu'une maladie force à ne rien manger, ou qui y sont réduits par les douleurs qu'elle cause, ne peuvent rien apprendre de certain ni pendant leur vie ni après leur mort, puisqu'on ignore de combien de jours la maladie elle-même a peut-être diminué la vie , et ce que la faim a produit d'extraordinaire par elle-même sur les viscères. C'est ainsi qu'il y a dans le célèbre Pey er ( i ) , je parle du fils, l'histoire des dissections d'un homme et d'une femme dont la cause de la mort fut la faim ; mais dans l'une et dans l'autre je vois des lésions des parties internes , telles que reconnaissant qu'elles dépendaient d'une maladie, je ne regrette pas beaucoup les autres renseignemens que j'ai indiqués un peu plus haut. Au contraire,

(i) Obs, anat. i et 7.

20 VINGT-HtJITiÈME LETTRE.

le grand Fontanus (i) a noté soigneusement la plupart d'entre eux sur une femme qui refusa de la nourriture avec une extrême opiniâtreté jusqu'au cinquantième jour, où elle mourut. Mais comme elle en prit cependant deux fois tant soit peu, et comme (il faut faire plus de cas de ceci) elle buvait de Feau, quoique en très-petite quantité ^ elle n'est pas comparable à cet homme dont j'ai fait mention en premier lieu. En effet, il est prouvé combien la boisson de l'eau peut être utile pour prolonger la vie des affamés en diminuant la pénurie des humeurs, et en tempérant leur acrimonie, deux états qui leur sont surtout nuisibles; cela est prouvé, dis-je, par les expériences de Ptédi (12), qui ayant gardé plusieurs chapons sans leur donner aucune nourriture, remarqua qu'aucun de ceux auxquels il refusa aussi de la boisson ne vécut au-delà du neuvième jour, tandis que celui à qui il donna autant d'eau qu'il en voulut, dépassa le vingtième, ayant bu avec la plus grande avidité et très-souvent pendant les seize premiers jours. D'ailleurs je ne crois pas facilement que lorsque Pomponius Allicus (3) mourut d'une maladie très-grave dans le cinquième jour de son abstinence, la fiè^^re eût cessé tout à coup y et la maladie commencé à des^enir plus

(1) Disserl. anat. renov. 1.

(i) Osservaz. int. agli animall vivcnti, etc.

(3) yid. ejus vitam apud Corn. Nepot.

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