DE LA FAIM ET DES LÉSIONS DE LA DEGLUT. 1Ï
légère^ si de même qu'il s'était abstenu de nourriture pendant deux jours ^ il se fût aussi abstenu de boisson. Du reste, jngez vous-même si ce soulagement de courte durée chez Atticus doit par hasard être expliqué d'après un aphorisme d'Hippocrate (4?? ^*^^ct. si ) , en disant que Je pus qui s'écoula ensuite par les lombes avait cessé alors de se former, ou s'il faut plutôt l'attribuer à Tabstinence*de la nourriture, ptiisque Rédi (i) affirme qu'il est incroyable dans quel bel état on trouve les viscères des animaux que la fiiim a fait périr. Quant à moi, je confirmerai par une expérience de Valsalva une autre sentence de Rédi, qui appartient à ce que je regrettais plus haut dans des observations de cette espèce. La force et l'âge, dit (2) Rédi, contribuent beaucoup chez les animaux à faire supporter la faim plus long-temps. Pour l'expérience de Valsalva qui est décrite avec le soin que je demande, la voici.
5. Un chien , peu de temps après sa naissance, fut enlevé aux mamelles de sa mère et éloigné de toute nourriture. Au troisième jour de son abstinence il commença à éprouver dans tout le corps des mouvemens convulsifs tantôt plus violens, tantôt plus faibles. Il mourut le quatrième.
Examen du cadavre. A l'ouverture du ventre, on trouva la vésicule du fiel remplie de bile. La
(i) Osservaz. cit.
(2) Ihid.
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poitrine ayant été ouverte, les poumons présentèrent dans le côté droit une tache ohlongue trèsnoire ; les oreillettes du coeur étaient extrêmement dilatées par du sang coagulé, dont les ventricules étaient également remplis. D'ailleurs tout ce qu'il y avait de sang dans tous les vaisseaux sanguins et surtout dans les veines, était aussi coagulé, en sorte qu'on ne le trouva liquide nulle part. Enfin le crâne ayant été coupé, on remarqua que le cerveau était mou et flasque, sans être encore assez distinctemen t partagé en deux substances, de manière qu'on pouvait à peine distinguer la corticale de la médullaire. Les deux tympans des oreilles remplis d'une gélatine transparente avaient bien leurs osselets parfaitement conformés, mais ces osselets conservaient encore alors une mollesse membraneuse.
6. IjCS mouvemens convulsifs qui avaient précédé la mort sont semblables jusqu'à un certain point à ceux que Valsalva avait remarqués avant que celte femme (i) qui s'était al^stenue pendant six jours de nourriture et de boisson , eût expiré. Quant à ce qui fut observé sur le petit chien après sa mort, la plupart de ces objets sont plus propres à un fœtus qu'à un animal que le jeûne a fait mourir; cependant quelques-uns sont communs à l'un et à l'autre, comme la quantité de la bile, qui dépend de ce que la vésicule n'est pas comprimée
(i) Epist. 17, n. 25.