‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 4)Chapitre 7 sur 41 · DE LA FAIM ET DES LESIONS DE LA DEGLUT · texte numérisé non relu

DE LA FAIM ET DES LESIONS DE LA DEGLUT

par la flaccidité de Feâtomac, ou de l'intestia voisin. De plus tout ce qui s'écoule de bile du foie dans les intestins est d'autant plus apparent dans leur cavité, que le mélange des alimens ne le couvre pas. Ceci est confirmé non-seulement par la raison, mais encore par ce qui a été observé, soit sur presque tous ces animaux que Rédi avait fait mourir de faim, comme nous le savons d'après le témoignage de Caldési (i), soit sur des hommes également morts de faim, comme le prouvent les observations de Peyer (2), deFontanus (3), de de Haller (4). La raison indique aussi que comme par une longue abstinence de toute boisson et de toute nourriture, les humeurs du corps deviennent trèsacres et tendent à la putridité, il doit arriver facilement que les cadavres de ceux qui meurent de faim exhalent une odeur très-fétide, comme un célèbre écrivain l'a dit, soit pour les hommes, soit principalement pour les animaux. Cet indice joint à d'autres ne serait certainement pas inutile, je ne dis pas seulement à ceux qui désirent savoir si quelques hommes sont plutôt morts d'abstinence que de maladie, mais encore quelquefois à ceux qui doutent, à ce que je vois, si c'est par-la faim

(1) Osserv. int. aile tartarughe.

(a) Obs. 7 cit. supra, ad n. 4-

(3) Dissert. ibid. cit.

(4) Ad Boerli. praelect., §, 98^ not. 2, et opusc. pathol, ;, •bs. 24.

^4 VIXGT-IIUITXÈME LETTRE.

que certains chiens sont morts, ou bien par les expériences faites sur eux. Pour inoi , laissan t maintenant ceci à d'autres qui en feront Tépreuve, et passant encore d'autres choses sous silence, je m'arrêterai à ce que j'ai promis.

Relativement aux chiens que Rédi (i) avait éloignés de toute nourriture et de toute boisson , vous comprendrez combien de temps ils vécurent dans cette abstinence, d'après la circonstance que quelques-uns parvinrent jusqu'au trente- quatrième jour, quelques autres jusqu'au trente-sixième, et qu'un d'entre eux qui était petit semblait devoir vivre plusieurs autres jours, s'il ne se fut précipité d'une fenêtre tres-élevée le vingt-cinquième. Mais quoique ce dernier fut un petit chien, il ne venait pourtant pas de naître, comme celui qui d'après l'observation de Valsalva ne put pas dépasser le quatrième jour. A la vérité je conviens qu'il peut y avoir des variétés étonnantes à ce sujet, et je l'avoue d'autant plus volontiers que je considère davantage ces exemples si nombreux et si différens d'une longue abstinence qui ont été rapportés avec science , et examinés avec soin par le savant Reccaria [i). Cependant je croirais, si Ton fait ime exception pour certaines dispositions extrêmement rares dans les choses et dans

(i) Osserv. cil. suprà, ad n. 4»

(2) T^id. de Bonon. ^ Se. Acad.^ t. 2, p. i , inter medica.

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