CI lYQUAlVTE-IIUÏTrKME LETTRE
sujets. Je me hâte d'arriver à mon antre observation, quelle qu'elle soit.
i3. Un boucher, âgé d'environ quarante ans, infecté de la maladie vénérienne, et s'enivrant fréquemment, était devenu sujet, déjà depuis long-temps, à des maladies de poitrine, et avait été d'autres fois à cet hôpital pour ces maladies. Y étant enfin revenu , outre une fièvre aigué pour laquelle on lui tira deux fois du sang, qui offrit une couenne polypeuse la première et la seconde fois, il avait une toux continuelle, qui augmentait trois ou quatre fois toutes les heures, au point cju'il devenait violet par les efforts qu'il faisait. Il expectorait une matière purulente; il avait le pouls vibrant. Après avoir éprouvé ces symptômes pendant environ quinze jours, les forces à la fin diminuèrent peu à peu et de plus en plus en un jour, et il cessa de vivre vers la fin de janvier de Tan l'j/l'j*
Examen du cadasn^e. Je ne pus examiner alors de ce cadavre que quelques parties de la poitrine, parce que j'étais occupé d'autres objets que je devais démontrer, d'après l'usage, dans le cours public d'anatomie. Les poumons étaient putréfiés, et exhalaient une forte odeur. Le cœur était mou; sur l'une des valvules de l'aorte, le petit corps d'Aranti était beaucoup plus gros qu'il ne devait l'être. Au-dessous de ce corps et sur la face par laquelle celte valvule regardait les autres^ \t?i lames membraneuses dont elle était composée
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étaient tellement séparées clans un petit trajet, que je pus introduire un stylet entre Tune et l'autre, à Tendroit de leur séparation. Quant au tronc de l'artère voisin de cet endroit , il était parsemé çà et là intérieurement de taches blanchâtres, sans être trop lisse, et même il était légèrement inégal. Mais bientôt après, à sa courbure, il était distendu en forme d'anévrisme; en sorte que je fus moins étonné, comme je l'ai dit ailleurs (i), de ce que j'observai sur cette valvule.
i4- Quoique je n'aie pas pu achever cette observation pour le motif indiqué tout à l'heure , je n'ai cependant pas voulu l'omettre, afin que vous puissiez la réunir aux autres, qui ont été citées au commencement de cette Lettre (t:^), et d'après lesquelles j'ai fait voir qu'assez souvent, dans la maladie vénérienne, les poumons s'altèrent, et l'aorte se vicie et se dilate en un anévrisme. J'aurais peut-être trouvé aussi sur cet homme une lésion des reins; car ces quatre organes, le poumon, Faorte, les reins et leurs appendices, m'ont présenté un peu plus souvent que vous ne le croirez facilement d'après la lecture de la plupart des livres, des lésions sur ceux qui avaient été affectés de cette maladie pendarit long-temps et d'une manière grave. Quant au viscère, que des hommes très-savans d'autrefois ont dit être sur- — - Il I ■- I . li I I I - I ■
(0 Episl. 27, n. 7.
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tout altéré, et être même le siège de cette maladie, comme vous le voyez dans le Sepulchretum (i)^ opinion qui n'est cependant pas partagée par d'autres, comme vous le verrez dans le même ouvrage (2) (je parle du foie); je ne me souviens pas pour le moment de l'avoir jamais vu vicié sur les mêmes sujets. Ce n'est pourtant pas une raison pour nier que ce qui s'est offert plus rarement, ou jamais à moi, ait pu se présenter plus souvent à d'autres, et que ce qui s'est offert plus souvent à moi, ait pu se présenter plus rarement à d'autres. Car je n'ai voulu vous faire connaître ici que ce qu'il m'est arrivé de voir plus fréquemment, sachant bien que de même que cette maladie peut se cacher quelquefois sous le masque d'une affection quelconque, elle peut de même vicier un viscère quelconque. Mais vous n'établirez pas facilement quels sont ceux qu'elle attaque plus fréquemment, ou moins fréquemment, avant d'avoir réuni un grand nombre d'observations de plusieurs auteurs. Toutefois on est porté à s'étonner que puisque les sujets infectés de cette maladie sont morts et meurent en si grand nombre, les dissections qui restent sont loin de répondre à ce nombre. En effet, vous verrez que celles qui ont été rapportées dans cette section du Sepulchretum ne sont pas très-nombreuses. Aussi la section est-elle
(i)Obs. 2, 5. I, 2, 3.
(2) Ibid.,%, 4 ^ 5 ^ et obs. 4.
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courte, et d'autant plus courte, qu'elle n'est pas consacrée tout entière à la maladie vénérienne, mais aussi à la plique polonaise, et qu'une grande partie de ce qui traite de la première, est composée de scolies, dont quelques-unes ne se lisent pas à la place qui leur est propre, comme celle qui est placée la troisisième après le §. i^'de la prenûère observation, où il n'est point question des os gonflés et en supuration ^ tandis qu'elle appartient, autant que je puis le juger, au §. 2 , qui est distant du premier de trois pages. k\x reste, presque toutes les scolies sont de Sylvius, qui s'efforce de faire connaître la nature acide de ce virus par des détails , dont quelques-uns pouvaient être omis, tandis que quelques autres pouvaient leur être substitués , comme (i)ceux où il a conjecturé que les bubons se développent dans les glandes inguinales, parce qu'elles ^oxxlfort près des vaisseaux sperinatiques . Ils pensaient mieux ceux qui disaient autrefois, avec Brasavolus (2), que quelque maus^aise qualité monte par le pénis aux émonctoires et aux parties glanduleuses des aines ^ et y forment des bubons. Car, quoiqu'ils n'indiquassent pas une voie qui conduisît à ces glandes, ils xi^tn proposaient cependant pas une qui n'y conduisait pas. La voie qui peut y conduire fut enfin indiquée six ans
(i) Scliol. ult. ^ ad Ç. 4, obs. 1.
(2) \i de morbo Gall, iibi de caiis.
3^o cinquantk-uuitiî:mk lkttrf.
avant que Je Sepulchretum ne parût avec les supplémens, dans lesquels il aurait fallu consigner ce fait, et cela par Guil. Cowper, comme vous l'avez lu dans mes Adversaria (i), où jai également transporté la même conjecture aux femmes; et, depuis ce temps , je m'en suis servi dans les consultations,lorsqu'il était question debubons qui avaient succédé à des érosions du prépuce et du gland, et qui dégénéraient en ulcères chancreux profonds , comme je l'ai vu plus d'une fois. Toutefois il y a dans ces scholies des détails qui semblent appartenir à des dissections, comme (2) ceux où il est question de l'infection vénérienne, qui, du sinus des femmes, monte jusqu aux cornes deVii^ térus y qui les corrompt , et qui y excite des ulcères; ce qui s'accorde très-bien avec l'observation de Vallisnieri (3) sur une femme chez laquelle, nonseulement tous les sinus, mais encore la trompe droite /étaient ulcérés par la même maladie. Vous pourrez augmenter le nombre assez peu considérable, comme je l'ai dit, des observations renfermées dans cette section du Sepulchretum y de ce que Vallisnieri a vu sur des organes chez la femme, et de ce que Genselius (4), Saltzmann (5) , Cas-
(i) IV, animadv. 22 et 27.
(2) Ad §. 4cit., schol. I.
(3) Ist, delta generaz., P» ^> c. 5, n. 2i.
(4) Eph. N. C, cent. 6 , obs. 84.
(5) Acl. N. C, t. a, obs 99.