‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladiesChapitre 16 sur 39 · LIX^ LETTRE AN ATOMICO- MÉDICALE · texte numérisé non relu

LIX^ LETTRE AN ATOMICO- MÉDICALE

Des Maladies produites par un poison.

1. Vjk dixième section qui vient après, dans le Sepulchretum ^ appartient en partie aux maladies occultes et chroniques, en partie à celles qui sorit produites par un poison. Mais il y a plus d'utilité à parler ici des dernières que des premières. En effet, les premières ont été décrites chacune par son observateur, ou sans aucuns signes, ou avec quelques signes; si elles Tout été sans aucuns signes, à peine retirerez-vous quelque fruit du rétuîtatde la dissection; si au contraire elles l'ont été avec quelques signes, comme la fièvre, le vomissement, la difficulté de respirer, et d'autres analogues , elles auraient certainement été rapportées avec beaucoup plus d'utilité dans les seclions dans lesquelles tous ces signes ont été considérés en particulier. Comme ceci a été fait à l'égard de quelques affections qui ont été indiquées dans cette section , il aurait fallu le faire également à l'égard des autres pour lesquelles on le pouvait. Yous voyez donc pourquoi je ne suis pas le Se^ pulchretutn dans cette partie, et même pourquoi je ne puis pas le suivre, puisque j'ai rejeté les observations de cette espèce dans d'autres Lettres , chacune en son lieu.

29^ CIKQU ANTE-JVEUVIÈME LETTRE.

2. Quant à l'autre partie qui est relative aux poisons, je la suivrai volontiers, et je vous communiquerai immédiatement un très-petit nombre d'exemples notés par Médiavia, ou par moi; car je n'en ai aucun de Valsalva.

i. Une femme, âgée d'environ soixante ans, mangea, après avoir déjà dîné, quelques pastilles d'amandes mises à part dans la partie supérieure de la maison, à l'insu de son maître qui les y avait placées. A peine une heure s'est-elle écoulée, qu'elle commença à être prise d'un sentiment incommode à l'estomac , comme si elle eût été tourmentée par des vents. Ce sentiment ayant persisté pendant fort long-temps, et ayant augmenté ensuite de jour en jour, elle eut des vomissemens et des déjeclions abondantes ; ce qui sembla la soulager. Mais l'incommoditéétantbientôtdevenue plus grave, et revenant non sans des défaillances, la femme avoua enfin ce qu'elle avait mangé, mais plus tard qu'il ne l'aurait fallu. Car ces pastilles, qui avaient été préparées pour tuer des souris, contenaient de Tarsenic. C'est pourquoi une vieille femme paya très-misérablement de sa vie une gourmandise d'enfant, douze heures après avoir mangé les pastilles, plutôt par la chute des forces que par des douleurs trop vives, ou des convulsions manifestes.

Examen du cadavre. Le cadavre fut examiné et disséqué le lendemain par ordre de l'autorité; c'était vers le commencement de mai de Tan 1727, La

face postérieure du corps était noire tout entière^ sans même en excepter les mollets et les talons. I.e corps lui-même n'était pas roide. Le ventre n'était pas gonflé. Celui-ci ayant été ouvert, ain»i que l'estomac, la face interne de ce dernier se montra corrodée çà et là, surtout à l'antre du pylore^ où l'arsenic lui-même était attaché aux parties corrodées entre des fragmens membraneux. Le duodénum lui-même ne manquait pas d'érosions. Dans la poitrine, les poumons étaient noirâtres; il y avait dans le cœur deux concrétions polypenses de la forme et de la longueur d'un doigt, tandis que d'ailleurs le sang était liquide et rouge dans tous les vaisseaux.

4. Dans les maladies qui sont produites par un poison, comme dans toutes les autres, il ne faut pas s'attendre avoir absolument les mêmes signes, ni les mêmes effets, sur tous les sujets.

Les différens états des liquides et des solides, surtout de ceux qui appartiennent à l'estomac sur les différens sujets, et en outre la vacuité de ce viscère, ou sa plénitude produite par des alimens de telle ou telle nature, peuvent faire que, quoique les poisons soient réellement les mêmes, et portés à la même quantité (car ils peuvent être les mêmes de nom et se trouver autrement préparés), ils ne se manifestent cependant pas par les mêmes signes et les mêmes effets. L'arsenic, mot par lequel on entend principalement un corps qui est blanc, et qu'on désigne souvent pai répithète de cristallifî,

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