‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladiesChapitre 17 sur 39 · CINQUANÏE-HJ-UVJÈMK LKTTRE · texte numérisé non relu

CINQUANÏE-HJ-UVJÈMK LKTTRE

es,t factice hii-même, comme le confirment positivement des hommes très-savans, Méad (i) et Boerhaaye(;i), etpeut par conséquent être préparé de différentes manières par les différens auteurs; en sorte qu^, quoique vous lisiez dans Méad qu'il se dissout tout entier dans l'eau , voîis pouvez lire dans d'autres auteurs non-seutement que des parcelles de cette substance ont été observées dans l'estomac , comme sur la femme en question, mais encore qu'on a aussi reconnu l'arsenic par la circonstance que de petits fragmens de cette substance étaient restés sous l'eau chaude, semblables à des cailloux blancs^ comme vous le voyez dans cette histoire de Wepfer, qui est la première dé la treizième observation dans les supplémens de cette section du Sepulchretwn, 11 est question , dans cette histoire, d'un petit enfant de deux ans qui avait été amaigri par des fièvres antérieures, et de deux jeunes filles adultes bien portantes : le premier avait pris deux cuillerées de bouillie qui contenait de l'arsenic, et les autres avaient pris le reste ; celui-là ne vomit pas , cellesci éprouvèrent aussitôt et dans la suite des vonvissemens considérables et fréquens, qui furent également favorisés par l'art. Ces différences amenèrentuneterminaison différente. Les jeunes filles en réchappèrent;^ et le petit enfant, chez lequel — ■ - ■ ■

(i) Expos, iriechan. venenor. tent. 4.

(2} Elément, cliem. ^ t. g, p. 2, ubi de sulph.

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aucunes convulsions ne sont notées parmi les nulles signes, périt par raffaiblissemerjt progressif àt's forces : il avait Testomac ulcéré intérieurement, et le poumon d'un noir livide.

Vous verrez qu'on rapporte au même endroit d'autres exemples d'enfans, qui ayant vomi aussitôt, ou plusieurs heures après avoir avalé de Tar-senic, et ayant été secourus avec des remèdes^ guérirent. Le tremblement des membres est cité parmi les symptômes dans un (i). Un enfant de onze (2) mois, qui avait léché la préparation arsenicale appelée sandaraque, et qui n'avait pris âes médicamens qu'après le quatrième jour, ne périt pas, dit-on, sans convulsions. Il est également question de convulsions terribles qui précédèrent la mort chez une jeune fille Ci) ^ qui vomit long-temps après avoir pris un poison corrosif, à ce que Ton soupçonnait. Ceux qui vomirent plus tôt, savoir un enfant de quatre ans (4), et sa petite sœur plus âgée que lui d'un an, en réchappèrent; il est parlé de convulsions sur celleci , et non sur celui-là. Mais le poison de ces derniers, qui était corrosif, à ce qu'il paraît, resta inconnu, ainsi que celui de la femme (5) chez laquelle il n'est point question de convulsions, et

(i)Hist. o.

(2)Hist.8.

(3)Hist.9.

(/i) Hist. 10.

(5)Hist. 11.

qui, si VOUS ne faites attention qu'à la circonstance qu'elle rejeta du sang par la bouche, peut paraître avoir été tuée par du mercure sublimé , puisque Ardoyn (i) a placé parmi les indices de cet empoisonnement le vomissement de sang comme ayant lieu quelquefois, et qu'en outre Wepfer TÎt, d'après l'observation suivante, la quatorzième (2), ce poison produire et des vomissemens et des déjections de sang (Ardoyn n'a point omis non plus de parler de ces dernières) sur un chien, qui, dit-il positivement, n'eut jamais de convulsions, et n'eut point les membres roides après la mort, tandis qu'il avait une inflammation des intestins ( qui étaient enflammés aussi en partie sur cette femme), et de l'estomac en dedans et en dehors, et que le sang n'était concrète ni dans le cœur, ni dans aucuns vaisseaux. J'ai parlé de ceci sachant combien le célèbre Méad (3), qui a vu dans l'arsenic des globules semblables à ceux du mercure, semble croire qu'il s'accorde avec le mercure sublimé dans la manière de produire la mort.

Mais revenons à ce qui a été ajouté sur l'arsenic lui-même dans la treizième ol)«ervation citée plus haut. On fait connaître à peine, outre la mort, ce qui eut lieu sur deux chiens (4) après qu'ils eurent

(1) De venen,^ L 2, c. 5.

(2) Hist. 2.

(3) Tentam. cit.

(4)Hist. 12.

pris de Tarsenic. Cependant on ne néglige pas de dire jusqn'à quel point après leur mort Testomac V était enflammé chez l'un et chez Tautre, et combien les tuniques de ce viscère étaient amincies, les intestins corrodés et perforés , et le sang noir et grumeleux sur l'un. Enfin, quoique les charlatans avalent impunément de l'arsenic lorsqu'ils ont l'estomac rempli de mets gras et huileux, cependant ils le rejetent bientôt au moyens de vomitifs à l'insu de tout le monde; mais, s'il sont forcés de différer le vomissement contre leur habitude, on ne laisse pas ignorer comment ils meurent (i). Au reste, tout cela se trouve dans les supplémens, où on lit encore ceci, qu'un chat (2) qui était très-mal après avoir pris de l'arsenic, resta vivant après qu'on eut provoqué le vomissement avec un petit morceau de tabac, qui fut avalé avec de la nourriture.

Mais, dans la section elle-même, il faut surtout faire attention à une observation (3) qui confirme ce qui a été dit tout à l'heure. Voici le fait : un mets ayant été apporté à la fin du repas dans un festin, mets dans lequel on avait mêlé de l'arsenic au lieu de farine, ceux des convives qui avaient mangé et bu très-peu jusqu'alors, furent aussitôt enlevés par le poison , tandis que ceux qui avaient

(i) Vid, etiam schoL, ad obs. 3.

(2) In eod schol.

(3} §. 5;, in obs. 4.

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déjà distendu leur estomac en mangeant et en buvant, furent guéris par le vomissement, de telle sorte cependant qu'on vit sur les cadavres de ces sujets qui moururent plusieurs années après, des marques d'érosions, qui pourtant avaient été larges et profondes. Que si vous lisez en entier ce qui suit immédiatement (i) d'après Paré, vous ne désapprouverez peut-être pas ce que je conjecturais un peu plus haut sur cette femme.

Il y a en outre, dans le Sepulchieium^ d'autres observations qui sont relatives aux empoisonne- Hicns , quoique, contre ce qui a été fait souvent ailleurs , elles ne soient pas citées dans celte section. Dans la septième section du troisième Livre, vous en trouverez sept, au plutôt six ( car l'histoire qui est rapportée au second Livre, dans la dix-septième observation, est si évidemment la même que celle qui avait déjà été rapportée sur ce professeur de Padoue, qu'il est étonnant qu'on ne s'en soit pas aperçu); et, dans la huitième section du même Livre, vous en trouverez ciiiq ou six, dont la première, qui est sous le numéro V, appartient nommément à l'ai'senic , dont douze petits morceaux en viron furent trouvés si étroilenient attachés aux tuniques de l'estomac, qu'on pouvait à peine les en arracher ; or les mêmes tuniques étaient amincies, comme je l'ai dit sur le chien, et en outre le fond du même

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viscère était corrodé et enflammé, et le cadavre entièrement livide par derrière. Mais il n'est question dans ce cas d'aucuns symptômes arjtres que des vomissemens et des déjections.

Quant aux autres observations que j'ai énumérées dans les deux sections, elles sont relatives ou à d'autres poisons, ou à des poisons inconnus. Les effets de ces poisons examinés sur les sujets morts, furent presque toujours l'inflammation et l'érosion de Testomac et des inteslins; mais, pendant la vie, les symptômes furent différeras sur les différens individus; toutefois aucun ne fiit plus fréquent que le vomissement, et si quelquefois de vains efforts de vomissemens existèrent à la place du vomissement lui-même, ou lui succédèrent bientôt après, alors les malades furent plus mal, et moururent plus promptement que ceux chez lesquels les autres accidens semblaient les mêmes. Comme ce signe du vomissement est également commun à ceux qui ont avalé de l'arsenic, si par hasard vous cherchez quel autre signti on a remarqué le plus souvent sur ces mêmes sujets , vous trouverez qu'on a observé l'affaiblissement des forces, ou des symptômes qui le dénotent; savoir, le froid des extrémités, ou de tout le corps, des sueurs froides, la pâleur, et quelquefois la syncope elle-même. Cet affaiblissement des forces dépendant de l'affection de l'estomac, qui agit sympathiquement sur le cœur par le moyen des nerfs, est précédé, je crois, et accom-

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pagné d'une anxiété très-incommode, plutôt que d'une douleur lancinante. Ce qu'il y a de certain, c'est que nous ne lisons pas que les enfans, ou les chiens, dont nous avons la description des symptômes, aient poussé des cris, tandis que nous lisons que l'anxiété que les enfans savent à peine exprimer,existasurdeux.Dureste, on trouve notés, sur un, des indices de tranchées, et le hoquet; sur nn autre, le gonflement de Tabdomen ; sur quelques-uns, la soif; sur d'autres, la tuméfaction de la langue, ou des aphthes dans la bouche, ou l'empêchement de la déglutition, ou un sentiment de chaleur et d'ardeur. Quant à ceux chez lesquels des convulsions furent ou ne furent pas manifestes, je les ai indiqués plus haut. Mais, parmi tous ces symptômes, les uns sont produits quelquefois par d'autres poisons corrosifs, et d'autres le sont assez souvent. Bien plus, du moment que vous vous serez éloigné du Sepulchretum , d'après lequel il semblait qu'on pût dire , relativement aux effets de l'arsenic et du mercure sublimé , ce que je disais tout à l'heure des cris et des douleurs, et ce que j'ai dit plus haut des déjections de sang, je ne doute pas que vous n'adoptiez aussitôt, et avec raison , une aulre opinion.

5. Ainsi, pour que vous puissiez lire fort attentivementetcomparer les histoires quenous n'avons pas dans \e Sepulchretum y je vais vous en indiquer tout de suite un très-grand nombre, toutes relatives également à des poisons minéraux. Le célèbre

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Baeumlin (i) a noté , parmi les autres symptômes qu'éprouva un cocher à qui on avait donné du verre d'antimoine mal à propos, des déjections sang!iinolentes, des mouvemens spasmodiques, et enfin la mort; or, l'estomac était corrodé intérieurement, et teint d'une tache rouge près du pylore. D'un autre côté, bien qu'un chien à qui J. A. Sproegel (2) avait fait avaler du même verre d'antimoine, n'éprouvât que des convulsions violentes, tandis qu'il voulait vomir, et qu'il ne le pouvait pas, parce qu'il lui avait serré le museau avec un lien, cependant l'expérimentateur (3) a averti que la nature des animaux beaucoup plus forte et le plus souvent très-difjérente de la nôtre , peut triompher de certains poisons, dont la nôtre ne peut pas. Il existe même des observations (4) qui font voir quelle espèce de paralysie et de convulsions se joignit aux aboiemens sur un autre chien qui avait avalé de ce verre d'antimoine, et à quel endroit de l'estomac il se développa une inflammation manifeste; en sorte que si on ne l'eût pas disséqué pendant qu'il était encore vivant, des accidens plus graves auraient peut-être pu survenir. Elles font aussi mention d'une femme qui, après avoir avalé du même verre, était éten-

(1) Commerc. litt., a. 1739, hebd. 16, n. i.

(2) Experim. circa varia venena, etc., exper. 4'» {Z)IbicL, §. 5o.

(4) In addit. , ad sect. hanc Sepulchr., obs. 12^ liist» 2 et 3.

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due à terre comme une morte en éprouvant des vomissemens énormes; elle était roide, convulsée, et elle fut attaquée à l'un des pieds d'une douleur très- vive, et bientôt après d'une gangrène et d'un sphacèle; en sorte que ce poison fut sur elle, comme sur le cocher, non pas la cause prochaine , mais cependant la cause et l'occasion de la mort.

Un autre expérimentateur, Jac. Félix (i), ayant donné à un chien du tartre émétique, et l'ayant ouvert pendant qu'il vomissait encore, vit une très -grande inflammation au pylore dans une étendue de quelques pouces. Je n'ignore pas qu'il existe des hommes très-célèbres (ti) qui prétendent que de véritables parcelles d'arsenic n'ont point encore été démontrées dans l'antimoine. Ce n'est pas pour cela que j'ai rapporté ces exemp>les, et c'est bien moins encore pour ce motif que je rapporterai, d'après l'ilbislre Henckel (3), celui du beurre d'antimoine qui fut pris par erreur, et qui donna lieu aussitôt à la conslriction et à une ardeur extrême de la gorge et de l'estomac, et ensuite, pendant des mois et des années, à des affections de l'estomac telles qu'il fut évident que si du lait donné sur-le-champ et largement (celte

(i) Experim. ii y inter ea quae addidit dissert, de mot. perist. intestin.

(i) Comraerc. litt. , a. cit. , hebd. 24, n. 1. (^>} Acî. N. C. , tora. 5, obs. 90.

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précaution fat prise trop tard par ce cocher, et par conséquent inutilement) n'eût pas produit du soulagement, non pas tant en aidant le vomis- *sement, qu'en fixant le poison extrêmement corrosif sur des coagalum caséeux qui furent rendus en grande quantité, le sujet aurait péri de la mort la plus cruelle. Au reste, cette force de corrosion n'existerait pas dans ce poison , si on ne le préparait pas avec le mercure sublimé. Mais, pour que vous puissiez pourtant comparer les effets de ce dernier avec ceux de ce beurre d'antimoine, lisez le traitement de Rramer (i) consistant non-seulement en du lait, mais encore en un mélange de tartre d'huile par défaillance, comme on dit, pour rectifier le mercure, et en d'autres choses; or, ce traitement réussit. Vous comprendrez que les érosions de la bouche, de l'œsophage et de l'estomac étaient telles, avant que les remèdes ne fussent administrés, qu'une grande quantité de sang était rendue, soit par le vomissement, soit par les déjections, et cela fort souvent, avec des angoisses, des tranchées, des défaillances, des convulsions, et d'autres symptômes analogues. De son côté. Bassins (2) a noté, à la suite du même mercure sublimé pris en moins grande quantité, à ce qu'il paraît, mais certainement avec d'autres substances, une chaleur de l'estomac, des îraîi-

(i) Commerc. litt., a, 1785, liehcl. 3o^ n. 3.

(9.) De venejxis, etc. , ubi an vetienum nutriat,, etc.^ n. 6,

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chées cruelles, des vomissemens violens, au milieu desquels le sujet rendit à la fin, trois jours après, un ichor purulent et brûlé ^ et l'âme en même temps. Il ne dit pas ce qui fut trouvé dans la dissection, si toutefois elle fut faite. Quant à Sproegel (i), ayant fait prendre du mercure sublimé à un chat et à un lapin , il rapporte que le premier mourut en cinq minutes, et le second presque aussitôt qu'il eut pris le poison, sans qu'il eut observé aucuns symptômes antérieurs, si ce n'est des convulsions très-légères sur celuilà, et un vomissement sur celui-ci; et il ajoute que, sur l'un, la membrane interne de l'estomac était enflammée partout, mais plus à son fond, et que, sur Taulre, elle ne l'était nulle part, et qu'elle n'avait pas pu l'être, parce que le chou que l'animal avait mangé auparavant avait empêché cette inflammation; et que la mort avait été aussi prompte, parce que le poison, donné avec de l'eau, et délayé par elle, avait aussitôt porté son action sur les nerfs. En ayant également donné à un chien (a), mais qui avait l'estomac vide, il trouva la tunique villeuse de ce viscère remplie partout de ce poison, et par suite partie rouge, partie un peu livide; comme il vit aussi toute la bouche, et même l'estomac , surtout son orifice supérieur , extraordinaîrement enflammés , noirs , et gangrenés, bien

( I ) Exper. cit. , exp. 26 et 29.

(2)Exp. 0.8.

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qu'il eût disséqué ranimai encore vivant, après avoir observé sur lui, pendant une heure et plus, de grands efforts de vomissemens , joints à un état d'inquiétude et à des aboiemens. Il n'a pas dit que le sang fût noir et coagulé dans le cœur sur aucune de ces trois bêtes , excepté sur la première.

Pour Jac. Félix (i), je ne vois de lui qu'une seule expérience qu'il fit avec le même poison , mais en même temps avec une. égale quantité d'arsenic, sur un chien qu'il disséqua immédiatement après deux vomissemens qu'il éprouva presque aussitôt qu'il eut avalé ces poisons, et sur lequel il trouva cependant une grande inflammation de l'estomac. Il trouva également une inflammation dans l'estomac d'un autre chien (2), surtout vers le pylore, inflammation qui était trèsconsidérable dans les intestins voisins; mais elle se trouvait d'autant plus légère, qu'elle approchait davantage des gros intestins. Quant à ce dernier chien , à qui il n'avait donné d'autre poison que de l'arsenic, il le disséqua encore vivant, mais seulement après qu'il eut vomi neuf fois.

Puisque je fais ici principalement des recherches sur ce poison , comme l'exige l'histoire (3) que j'ai rapportée, je ne passerai pas sous silence les

Çi) Addit. ad dissert, cit., exp. 10.

(2) Exp. g.

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