‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladiesChapitre 4 sur 39 · Voilà de longs détails sur ce qui me fut écrit · texte numérisé non relu

Voilà de longs détails sur ce qui me fut écrit

(i) Ci 3 cit.

et sur ce que je répondis moi-même pour une maladie qui ji'est pas très-fréquente p;^rrni nous. Au reste j'aurais peut-être réfléchi s^il y aurait lieu à proposer aussi dans ce genre de gangrène, l'écorce du Pérou à Tintérieur, et Feau tiède à l'extérieur, si les observations de cette affection, recueillies par d'autres hommes très-savans, surtout celles qui ont été répétées à Bologne par les Académiciens (i) très-expérimentés de cette ville, eussent existé alors, quoiqu'elles aient offert des résultats différens; et j'aurais fait conuaître l'heureuse habitude où Bénévoti était de se servir de l'eau tiède, principalement d'après cette observation, dans laquelle (2) il triompha par ce moyen d'une gangrène qui rendait la peau non-seulement noire, mais encore dure. Pour ce qui concerne l'écorce du Pérou, bien que je sache qu'elle a été louée dans la gangrène sèche par le célèbre chirurgien Guisarde (3), et que je comprenne (4) qu'un autre praticien a révoqué sa vertu en doute^ cependant il semble que parmi les autres expériences dans lesquelles on a reconnu l'utilité du quinquina contre d'autres gangrènes, il faille surtout

(i) Gomment, de Bonon. Se. Acad. , tom. 2, p. 1^ inter medica.

(3) jT^icL apud Haller. in access. ad Boerh. metli. stud. med., p. i3, c. 4.

(4) F'id, Act. Erud. Lips. , sl/i^5i, m. jul.

8fl ClNQUAi>/Tl£-ClNQUlÈl\rE LETTRE.

avoir égard à celle dans laquelle tous les symp^r tomes s'amélioraient pendant qu'on prenait cette écorccy et empiraient quand on la négligeait, et enfin s'amélioraient de nouveau lorsqu'on l'employait de nouveau. Je croirais d'ailleurs qu'une observation semblable, qui se trouve dans l'Histoire de l'Académie Royale des Sciences de Paris (i), n'est pas d'une mince autorilé pour démontrer l'utilité du même remède, même dans la gangrène sèche; car une gangrène sèche, qui avait commencé à un pied, allait alternativement mieux et pire, suivant qu'on administrait ou qu'on négligeait le quinquina, jusqu'à ce qu'elle fut guérie par l'usage de cette écorce, qu'on ne suspendit plus.

Mais vous voyez qu'il est à désirer ici que l'on répète fort souvent l'expérience, non-seulement lorsque la gangrène commence, mais lorsqu'elle est déjà entièrement déclarée, et qu'il n'y a point Jieu alors à la méthode de Bénévoli (pour passer aux remèdes externes), puisqu'il a été établi qu'on doit, non pas enlever ce qui est sec, mais le rendre encore plus sec pour conserver plus longtemps le malade, effet pour lequel il faut appliquer des remèdes qui puissent embaumer la partie morte, comme un cadavre. Au contraire, il faut nous garder de plus en plus de recourir facilement, dans de semblables gangrènes, aux moyens

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qui excitent le pus, nous souvenant de ces médecins qui dans l'espoir qu'ils sépareraient , par la suppuration, le mort du vif, dans le pouce du pied, portèrent jusqu'à la cuisse, dans l'espace de trois jours, la gangrène que Boerhaave (i) avait arrêtée à cet orteil pendant six mois. Bien plus, quoique la suppuration fût déjà excellente dans un cas très-analogue, cependant le célèbre Diet. Sproegel (2) rapporte qu'il ne put pas sauver le nialade, en avertissant que dans les maladies de cette espèce il ne faut pas se fier très-facilement aux suppurations, même à celles que l'on désire, et qui réussissent à souhait. Cette circonstance, même seule, pourrait diminuer l'espoir de ceux qui recommanderaient l'amputation du membre mort dans ces sortes de gangrènes chez les vieillards. Mais il s'y joint encore d'autres considérations, par exemple, si, comme Hulm (3) le pensait, et comme cela est vrai quelquefois, la gangrène avait été produite par Tossification et le rétrécissement des artères dans les parties supérieures, ou s'il existait dans le sang, comme cela arrive très-fréquemment, une cause de gangrène invincible, d'où il est arrivé le plus souvent que la même maladie attaquait bientôt après la partie

(1) Vid* apud Swieten. in Comment, ad illius Aphor.

(2)Obs. Select., J. 87.

(3) T^UL supià., n. 23.

survivante du même membre , ou une portion d'un autre membre, soit que l'amputation eût été pratiquée par un chirurgien, comme dans les observations de Fabrice de Hilden (i), de Tulpius (2) et d'autres, soit que la séparation eût été opérée par la nature elle-même, comme on peut le voir dans les gangrènes épidémiques produites par les grains de seigle viciés, et que j'ai citées plus haut (3),

Ainsi ces causes, outre la décrépitude, ne permirent pas de songer à famputalion du pied sur Je malade dont j'ai fait la description. Mais quand même cet homme, très-vieux, auraitpu supporter ce genre de secours extrême, et que le même mal ne serait pas revenu un peu plus tard à un autre endroit, cependant il était difficile d'empêcher que quelque autre incommodité du grand nombre de celles auxquelles le dernier âge est sujet, venant à se manifester bientôt après, ne l'enlevât. En effet, pour me servir de l'exemple d'une maladie seulement, exemple qui a rapport au sujet de cette lettre, un médecin de mes plus anciens auditeurs a vu ici, et dans un espace de temps assez court, trois vieillards attaqués, l'un d'un ulcère au calcanéum ^ les autres d'une gangrène à la même partie, et qui furent guéris; mais la guérison fut

(1) Cent. 4^ obs. 92.

(2) Obs. med. ^ I. 3 ^ c. 47.

suivie chez tous d'un pissement de graviers, celui-ci d'une inflammation de la vessie, et cette dernière de la mort. Ainsi de même qu'il y a lieu , dan.^ la force de l'âge , aux traitemens qu'on appelle héroïques (car au danger se trouve opposé l'espoir d'une vie longue et heureuse), de même comme il n'y a dans l'extrême vieillesse presque rien à opposer à un grand danger, et que les vieillards guéris par un traitement sûr et doux, meurent néanmoins bientôt après, il ne semble pas que l'on doive imprvulemment s'éloigner de cette seconde manière de hs traiter. Adieu.

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