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178 CiNQUAIVTE-SIXl^.ME LETTRE.
que ces os n'en forment qu'un, tandis qu'il devrait y en avoir plusieurs, et cela non -seulement au genou, mais aussi au coude, et même dans toutes les articulations du corps entier d'un vieillard depuis la tête jusqu'aux doigts des pieds. Le vertèbres s'étaient réunies entre elles sur ce vieillard, de même que les autres os; mais cette réunion fut particulière aux vertèbres sur d'autres vieillards, d'après l'observationde Paaw (i). Longtemps avant lui, Cattus(2) avait vu la même chose sur les vertèbres des lombes en particulier, et Fallopia (3) avait écrit que les vertèbres, quifor^ ment la gibbosité ^ s'unissent entre elles par le laps du temps y au point qu elles forment exactement une seule vertèbre y et quil ne reste aucun vestige de commissure. Je suis moins étonné de l'omission de ces observations dans le Sepulchretum , que de celle des histoires plus étonnantes et plus connues de Ruysch (4), qui TemdiYC\\và plusieurs fois sur des bossus non-seulement cette disposition, mais encore celle-ci ; savoir, que les corps des vertèbres courbées en avant étaient tellement réunis en un seul, que quelques-uns d'entre eux semblaient être réduits à rien, et que quelquefois les corps de quatre ou sept vertèbres de cette espèce for-
(2) Isagog. anat., c. 3.
(3) Pragfat. ad tract, de lux. et fract. ossib.
(4) Obs. anat. cliir. 67.
tnaient un seul os, de manière qu'ils égalaient à peine le corps d'une seule. Après ces observations, j'en omets d'autres à dessein, surtout celles que j'ai indiquées ailleurs (i) avec celles de Ruysch, mais trop succinctement, qui appartiennent à des anciens, ou à des modernes, et qui sont relatives à l'union des vertèbres en un seul corps, ainsi qu'une de moi, qui ai vu cinq vertèbres unies de cette manière, lesquelles avaient été trouvées dans le cimetière de cet hôpital, et avaient été conservées par Médiavia. En effet, je pense quece que j'ai écrit jusqu'icisur les fractures des os, leurs luxations, et Its autres vices qui nuisent au mouvement, vous satisfera. Adieu.
37. J'avais écrit ceci, lorsqu'enlre plusieurs dissertations que, selon sa coutume, l'illustre Alb. de Haller a eu la bonté de m'envoyer dernièrement, j'en ai lu avec beaucoup de plaisir une qui est relative à ce que j'ai dit un peu plus haut sur la luxation des vertèbres, et qui fut publiée à ïubingen par le célèbre professeur Mauchart , l'an 1 747- Cet homme extrêmement habile dit d'abord (2) dans cette dissertation, en examinant la luxation de la nuque ^ qu'il n'y avait même pas V ombre de luxa-^ tion dans les vertèbres du cou sur aucun des sujets qu'il disséqua, quoique les bourreaux eussent abaissé leur tête en avant avec la plus grande
(i) Epist. 27, n. 32.
jSo CllfQÙAIVTE-SIXIEME LETTRE.
violence et pendant long-temps; et il ne passe pas sous silence plus bas(i) des détails que vous comparerez en même temps avec ce que j'ai rapporté dans la dix-neuvième Lettrées); savoir, que sur deuxjeunes gens qui furent disséqués, l'un par lui, et l'autre par le célèbre professeur Weiss, des muscles furent déchirés par la corde, sur le premier les sterno-thyroïdiens et les sterno-hyoïdiens , et sur le second ces derniers et les sternomastoïdiens, tandis que sur le même le cartilage cricoïde avait été brisé en plusieurs morceaux , et que le tronc de la trachée-artère avait été entièrement séparé du larynx. Quant aux autres violences extérieures, comme les coups, les chutes, et d'autres analogues, il dit (3) qu'il n'existe aucune observation précise et exacte d'une luxation de la première vertèbre et de la tête produite par cette cause, du moins à sa connaissance, quoiqu'il eût parcouru plus de cinquante auteurs célèbres de chirurgie et d'observations chirurgicales; et il rapporte en tout deux exemples (4) d'écartement de la seconde vertèbre et de la première, de la quatrième et de la cinquième, exemples qui, certes, méritent d'être lus, ainsi que plusieurs averûssemens relatifs aux luxations de ces vertèbres ,
(2) N. 8 et i3.
(3) §.9 et II.
(4) §. II et 12.
J3ES FRACTURIS DES OS ET DES LUXATIOrfS. l8l
comme celui-ci (i) : que ceux-là se trompent qui ne doutent pas que la seconde vertèbre ne soit séparée de la première, lorsqu'on peut introduire ]e doigt entre l'une et l'autre, comme si cette disposition ne pouvait pas être naturelle, surtout si les ligamens intermédiaires ont éprouvé quelque extension trop violente. Tel est encore cet autre avertissement (2), que la seconde vertèbre ne peut pas se luxer en avant, à moins que les ligamens extrêmement forts de son apophyse odontoide n'aient été rompus par une force extrême et incroyable, ou que l'apophyse elle-même n'ait été fracturée.
J'omets le reste; car vous comprenez suffisamment, mêine d'après ceci , si c'est avec raison que je me suis plaint (3) de l'omission de plusieurs choses dans l'histoire de la luxation de la même vertèbre, rapportée par Panaroli. Au reste, il est certain que si vous admettez que la première vertèbre ne peut pas être luxée sur la tête, cette vertèbre empêchera nécessairement l'apophyse odontoïde de la seconde de se porter en arrière par la grande force de son ligament transverse, ou de se porter en avant par son arc osseux antérieur, du moins assez pour que cette seconde verlèbre se luxe, à moins que les ligamens ne se rompent, ou
(3) Suprà^ n. .35.
iSfA ClJVQIJANTE-SJXliME LJLTTRE.
que l'apophyse elle-même ne se fracture; et vous voyez qu'il n'en sera pas autrement en faisant attention à ce qui est opposé à l'apophyse odontoide par côté, si par hasard vous prétendez que cette vertèbre se luxe de l'un ou de l'autre côté. En effet, je parlais des véritables luxations de cette espèce, telles que je voudrais qu'elles eussent été dans les deux exemples de Mauchart; car, quoiqu'il dise que le pouce avait pu être placé entre les deux vertèbres, cependant il nie (i) positivement lui-même que la luxation fût véritable dans le premier. Je désirerais encore une chose, c'est que ce premier exemple fût de lui, et non d'un médecin son voisin ; car alors il serait fait mention de la rupture des ligamens , et de la fracture, ou de la non fracture de l'os ; mention qu'on n'a point à regretter dans le second, dans lequel cependant, s'il eût fait lui-même la dissection, comme il y assista , qu'il n'y eût eu aucun doute relativement à la déchirure des ligamens produite par la violence de la chute, ou parle scalpel, et que les vertèbres eussent été soumises à un examen très-attentif à l'intérieur et à l'extérieur, il serait maintenant beaucoup plus certain qu'il n'existait a^^c^//^d fracture des os» C'est une raison de plus d'espérer, surtout de lui, soit pour ces vertèbres , soit pour toutes les autres , que lorsque l'occasion se présentera dans la suite, cette controverse sera en-
(i) §. i6 in fin.
tièremeiit terminée, en même temps qu'on perfectionnera la doctrine anatomique sur les ligamens, dans laquelle Weitbrecht a laissé à traiter des points avec plus de soin, comme je l'ai remarqué moi-même, et comme Mauchart l'a fait voir dans la dissertation intitulée : articulation de la tête avec la première et la seconde vertèbres y avec le savoir et l'exactitude qui le distinguent eu anatomie.
Voilà ce que j'ai voulu placer au bas de cette Lettre, de crainte que parce que les exemples de cette seconde dissertation qui suit celle qui vient d'être indiquée, sont très-rares en Italie, vous n'ignorassiez ce qu'un homme du premier mérite a pensé, ou vu, relativement à la luxation des vertèbres supérieures. Adieu pour la seconde fois*
l84 CIJVQDAJVTE-SEPTIEJVIE LEÏTllE.
LVIP LETTRE AN ATOMICO- MÉDICALE.
De la Goutte et des autres Douleurs des membres.
I . J'espère que vous serez moins étonné de ce que je ne traite pas dans cette Lettre de Tempêchemerit du décubilus en supination, ou sur les côtés, et de ce que je n'y rapporte qu'un très-petit nombre d'observations relatives à la goutte, lorsque vous aurez parcouru les deux sections suivantes du Sepulchretum^ et considéré le fait en lui-même. Eu effet, quand les sujets ne peuvent pas se coucher en supination, ou sur un côté, cela dépend presqiie toujours de maladies sur lesquelles vous avez reçu plusieurs Lettres de moi dans d'autres circonstances , Lettres qui ne font pas plus mention de ces maladies, que des incommodités avec lesquelles elles coexistaient. Voilà pourquoi la septième section qui est consacrée à ces empêcliemens de décubitus, est également très-courte; non pas qu'il manque des histoires relatives à ce sujet, mais près* que toutes ayant été rapportées précédemment, chacune avec sa maladie propre, elles se trouvent indiquées ici par trois mots avec l'indication de l'endroit où on peut les lire, si on veut, comme je puis moim-ême vous indiquer surtout les Lettres xvj,xx,xxi, xxîi, XXXVIII. D'ailleurs comme la goutte e.st presque toujours la maladie des riches, et très-»
DE LA GOUTTE ET DES AUTRES DOULEURS. l85
rarement celle des pauvres, et que ce sont les cadavres de ces derniers , et non des premiers, qu'on livre aux anatomistes, ou que si quelquefois on a à ouvrir quelques corps de riches, on permet d'examiner les viscères , mais presque jamais les membres, il en résulte que les observations qui appartiennent proprement à la goutte, sont beaucoup moins nombreuses dans les livres des prosecteurs que tant d'histoires d'autres maladies. Aussi n'y en a-t41 qu'un très-petit nombre qui aient pu être rapportées dans la huitième section du Sepulchreluin ^ qui traite de la goutte; ce qui fait que cette section est composée en très-grande partie de scholies. D'ailleurs de ce petit nombre d'observations quelques-unes avaient déjà été rapportées dans les livres précédens; et, qui plus est, vous verrez que la dernière qui a été décrite, avait été rapportée en autant de mots par Bonet lui-même un peu plus haut dans la même section , et même dans la même page, si vous la comparez avec la onzième observation et sa scholie. Pour moi, j'ai résolu de ne répéter aucune histoire, quoique je pusse en répéter plusieurs de Valsalva, ainsi que quelques-unes de moimême. Lorsqu'il faudra rappeler quelque objet à la mémoire, j'indiquerai les Lettres dans lesquelles vous le relirez. Vous recevrez ici un très-petit nombre d'observations ; mais je ne vous les avais pas encore envoyées.