DÉFINITION
Ensemble des modifications des muqueuses utérine et ‘tubaire qui aboutissent à un écoulement sanguin plus ou moins abondant hors des voies génitales, selon un rythme périodique se reproduisant normalement tous les vingtbuit jours environ.
L'étude des phénomènes menstruels révèle du les orgares génitaux, dans l’ensemble des organes et dans le sang, des modifications nombreuses dont les principales sont les suivantes :
1° Modifications utérines
Lors des règles l’utérus augmente de volume et la cavité utérine devient plus grande.
La muqueuse utérine subit tout une série de modifications qui ne sont guère bien connues que depuis les travaux d’'Histchmann et d’Adler et de Doléris.
Tensen, Lowenthal divisent le cyele des modifications
AR de la muqueuse utérine en trois périodes: évolution, involution, puis repos. e
Hitschmann et Adler, en 1908, l’ont divisé en quatre périodes : stade intermenstruel, stade prémenstruel, stade menstruel et stade post-menstruel.
1° STADE INTERMENSTRUEL. — Il dure huit à dix jour 5, c’est la période de repos ; la muqueuse se présente comme la. décrivent les classiques.
ao STADE PRÉMENSTRUEL. — Il ä lieu dans les six à huit jours qui précèdent les règles.
La muqueuse utérine triple où quadruple d’épaisseur (5 à 7 mm.) (Rieffel) ; sa surface est imégale, veloutée, son aspect est œdématié, sa couleur de claire devient rougeà-, tre ; sa consistance est molle et friable.
Les vaisseaux sont dilatés ainsi que les fentes lymphatiques (Hensen). Le chorion est œdématié et est infiltré de Jeucocytes et de cellules rondes (caduque cataméniale) ; ses” éléments tuméfiés, tendent à prendre l’aspect de cellules déciduales (Pouchet, Bischoff).
Les glandes sont droites et notablement élargies, de ce fait elles paraissent se rapprocher les unes des autres, elles portent de grosses bosselures surtout dans leur segment profond. Leur épithélium, moins régulier que dans le stade précédent, circonscrit une lumière que distend un coagulum. Ce coagulum serait dû soit à la transsudation des liquides infiltrant le chorion, soit à une sécrétion de \’épithélium glandulaire.
STADE MENSTRUEL. — Il dure trois à cinq jours; 1@ se . deux phénomènes: l’hémorragie et la transformation de la muqueuse.
PS RE A. Mécanisme de l’hémorragie. — De nombreuses théories ont essayé d’expliquer ce phénomène: les principales
sont:
a) Le sang fait irruption par. diapédèse (Moricke et Christ). 2
b) Les vaisseaux capillaires se rompent (Coste, Ch. Robin, Wallich). ù ù
Le sang infiltre d’abord la couche superficielle du stroma, créant des petits foyers hémorragiques qui, isolés au début, confluent bientôt les uns vers les autres, décollant ainsi la muqueuse qui se rompt par places. Le sang fait irruption dans la cavité utérine, entraînant des lambeaux de muqueuse. (
B. Transformation de la muqueuse. — 11 y a suivant les auteurs :
a) Destruction et chute presque complète de la muqueuse (Kalden et Williams).
b) Soulèvement et déchirure de la muqueuse qui laisse écouler le sang des hématomes, cenx-ci vidés, la muqueuse se réapplique sur le cherion (Ruge, de Sinéty). L
c) La muqueusé resterait intacte, le sang passerait à travers elle par filtration pour ses parties liquides, par diapédèse pour ses éléments figurés. La muqueuse utérine se comporterait comme une véritable glande dont la menstruation serait l’acte sécrétoire périodique (Keïffer).
d) La zone superficielle de la muqueuse (épithélium de revêtement et partie superficielle du chorion avec ses capillaires) s’élimine par petits lambeaux par suite de la pression mécanique et de la fonte graisseuse (Kundrat et Engelmann, Léopold, Wyder, Westphalen, Hitschmann et Adler).
Pour la majorité des auteurs, ce n’est que pathologiquement (dysménorrhée membraneuse où métrite exfo-
ile
liante) que la partie superficielle de l’endomètre se détache et s’éliminé sur une surface plus ou moins grande (caduque menstruelle contenant des: cellules déciduales). Abel admet cette élimination de la caduque comme normale. /
Fe
4° STADE POST-MENSTRUEL. — Il dure quatre à six jours. La muqueuse pâlit, les éléments mortifiés qui n’ont pas ôté éliminés sont résorbés par phagocytose, les. vaisseaux diminuent de calibre, les glandes se raccourcissent, elles sont rectilignes, normales à la surface de la DRACR EE ieur épithéhum est en voie de karyokinèse.
e Le stroma se régénère aux dépens des cellules rondes qui deviennent fusiformes ; les épithélilums se régénèreni par glissement et par karyokinèse (Westphalen) aux dé- Pbens des éléments épithéliaux que le processus de la menstruation a respectés au fond des glandes utérines (Lau- ë nois).
Schrôder, en 1913, après une étude portant sur 273 utérus, divise le cycle menstruel en sept périodes: k 1° Début de la période intercalaire: tuméfaction de la de avec de nombreuses mitoses. \ ° Milieu de la période intercalaire: prolifération cellu- Maine avec quelques phénomènes sécrétoires.
3° Fan de la période intercalaire: il n’y à plus de mi- toses, les cellules sont hautes et claires, le noyau est re- foulé vers la cavité, le stroma est hypertrophié. : 4° C'ommencement du prémenstrum :. multiplication et. disposition hélicoïdale des glandes avec leurs cellules hypertrophiées, dilatées, tuméfiées, irrégulières; il y a du mucus dans le canal glandulaire, les cellules hypertrophiées du stroma ressemblent à des cellules déciduales. 5° Fin du prémenstrum:, caractérisé par de la dégéné-
rescence nucléaire.
6° Début des règles: la couche utérine moyenne se ramollit, les vaisseaux se dilatent, les leucocytes envahissent la muqueuse; celle-ci est plus ou moins expulsée, ré- Sorbee par cytolyse et phagocytose. £ ° Fin des règles: la basale seule à son dépens se régénère l’épithélium et bientôt la muqueuse à son aspect classique.
SANG MENSTRUEL, — Le produit de cet écoulement, ou : sang menstruel, a lieu pendant quatre à cinq jours (1 à 8).
tous les 28 jours environ, il s’en écoulerait 500 à 600 gr. pour les uns (Hippocrate, Galien, Hunter), 100 à 200 gr. pour d’autres (Mauriceau, Haller, Beaudelocque), pour
d’autres enfin cette quantité ne serait que de 26 à 52 gr.
(Hoppe, Seyler, Brodersen, Rudolph). Tous ces chiffres sont extrêmement variables suivant les sujets. :
L’écoulement cataménial, d’abord muqueux, devient bientôt sanguin, 1l contient: des éléments sanguins (globules blancs, globules rouges et éléments embryonnaires), des produits de sécrétion des muqueuses tubaire, utérine, vaginale et vulvaire, des débris épithéliaux provenant de
la filière pelvi-génitale, 11 n’y a normalement pas de P £ ; À <
grands lambeaux de muqueuse utérine,
Le sang menstruel ne coagulerait pas: par action d’une
antithrombine contenue dans l’utérus, l’ovaire et le C. J. (Schikelè), par manque de fibrimogène et de fibrine-ferment (Blair, Bell), retenu par l’épithélium utérim (Keiffer).SBirnbaum et Ostern après Weil croient que la non coagulabilité du sang menstruel est de cause générale, due au C. J. pour Ribon.
Le sang menstruel paraît entraîner un certain nombre de substances toxiques: les anesthésiques généraux (éther,
chloroforme, kélène) sont éliminés par le sang menstruel lors d’anesthésie générale pendant les règles.
DATES Tarsenie (Gautier), le calcium (Blair, Bell) s’élimineraient en forte proportion lors des règles. Charrin a montré que la toxicité du sérum sanguin diminue après les règles. a Le sang menstruel ne possède aucun pouvoir toxique ni aueune flore: microbienne spéciale.
2° Modifications tubaires -
Jaegerson et Delporte ont signalé l’hyperémie et l’œdématiation du tissu Conjonctif tubaire lors des règles. L’épithélium tubaire perd ses cils.
Moreux étudiant les modifications de structure des trompes par rapport à l’ovulation, indique :
1° À la période de maturation des follieules: élaboration d’un prodnit muqueux par toutes les cellules épithéliales.
.2° A Ja période de rupture des follicules: excrétion du produit muqueux qui durera tant que le C. J. n’est pas complètement élaboré. | us
3° A la période d’involution du C. J.: tout rentre en repos.
3° Autres modifications génitales
Les ligaments larges, la vulve, le vagim sont tuméfiés. La sécrétion vulvo-vaginale est plus abondante et acquiert une odeur spéciale.
Stapfer étudiant par le toucher les variations de vojume de l'utérus ét des annexes, pendant et entre les périodes menstruelles, a constaté une augmentation de volume de tous ces organes au cours des deuxième et qua-
Ti
trième semaines de l’espace intermenstruel. Au ‘cours de la deuxième semaine, il y aurait quelques fois un léger écoulement sanguin dit «règles de quinzaine ».
Les seins sont tendus et douloureux lors des règles.
4 Modifications à distance
Lors des règles, il se produit une hypertrophie thyroïdienne prémenstruelle très nette. On noterait aussi de la congestion de divers organes, notamment du foie (Chwestech et Dibaïlow). :
9° Modifications circulatoires
Nombreuses, mais très variables, sont les modifications cytologiques signalées par les auteurs.
La tension artérielle paraît peu varier avec la quantité de sang perdue mais plutôt avec la date par rapport aux règles ; avant les règles elle augmente de 1 à 3 mm. de mercure puis baisse de 1 à 3 mm au-dessous de la normale lors des règles et redevient normale quelques jours plus tard (Siredey et Francillon, Gilles). ? |
Une modification qui nous intéresse tout particulièrement dans cette étude liée à celle du C. J. est la modification du taux de la cholestérine dans le sang pendant le cycle mentruel. N |
Chauffard, Grigault et Guy Laroche sont arrivés à définir le C. J. comme un foyer adénomateux de cholestérini- ‘ sénie, comme un des centres de la cholestérine normale et pathologique au cours de la grossesse. Chauffard et Goenalons ont étudié les variations de la cholestérinémie durant le cycle menstruel : “
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Le cycle courant de la cholestérinémie se caractérise par deux périodes d’hypercholestérinémie: l’une prémenstruelle, 5. à 7 jours avant les règles, suivie d’une baisse, l’autre menstruelle moins accusée que la précé-. lente et durant autant que l'écoulement; le taux cholestérinémique redevient normal deux à trois jours après. Jn autre type évolutif est caractérisé par l'accroissement progressif de la cholestérine du sang dans les cinq à six Jours prémenstruels avec acmé dans la période menstruelle. La courbe serait irrégulière et acyclique en cas d’aplasie génitale et dans deux cas on a observé un cycle hypercholestérinémique menstruel malgré l’absénee de menstruation; ces deux cas étaient, l’un, un post partum, Pautre un Basedow. :
6° Modifications générales
On à signalé de très nombreuses modifications du côté du système rerveux, du facies, du système urinaire; des algies (règles douloureuses de Stapfer), de la température. Mais toutes ces modifications sont variables à l’infini, suivant les périodes et suivant les sujets.