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doute posé devant l’artiste qui se @ portraits, pour la plupart du moins, ou ces admirables peintures décore
pas sans intérêt de jeter un coup «
fourni quelques figurines humaines
provenant, soit de ses fouilles, soit cuite, les autres en ivoire. La pre
quable est celle qui a été trouvée
Fig. 20. — Ra-Horpou. Fig. 21. — N
et de Negadah. Leur hauteur vari M. de Morgan, les caractères que
amande très grands, sourcils art d’après une statuette coloriée et se tatouait.
En dehors de ces ébauches, tions fort discutables, on possède « sont d'abord la figure du roi Snof chers de POuadi Maghara, au Siné
JLATIONS
ANCIENNES
sédée de son corps'. Il est probable que nombre de ces images, les plus soignées du moins, ont été exécutées du vivant de celui qu’elles représentent. L’original a sans
hargeait d’immortaliser sa personne. Ce sont bien des que ces merveilleuses statues, ces superbes bas-reliefs nt les temples et surtout les hypogées. Il n’est donc
V’œil sur ces reproductions.
Les représentations humaines de la période memphite sont plus nombreuses qu’on
pourrait le croire & priori. Les sépultures dites préhistoriques de la Haute-Egypte ont
. M. de Morgan * a décrit quelques-unes de ces ébauches de celles de ses prédécesseurs. Les unes sont en terre mière catégorie est rare : la statuette la plus remar— à Gebel-Tarif, elle est haute de 28 centimètres, et le personnage qu’elle représente est age— nouillé dans Pattitude de la prière ou de la soumission, La tête est forte et
rejetée en arrière, le nez est retroussé,
le menton très long: les lèvres ne marquent aucune proéminence et les
oreilles sont larges et détachées. Cette
statuette 2rossière, sans doute la plus ancienne connue, montre bien que la
race dont elle donne l’image n’était
pas nègre. La seconde catégorie est
sent LA Beux, assez considérable, elle provient en erande partie, des nécropoles de Toukh * entre 6 et 18 centimètres. Voici, en résumé, d’après
ces orossières images permettent de reconnaitre. Pour
les hommes: figure ovale, lèvres peu proéminentes, cheveux courts, barbe longue taillée
en pointe. Pour les femmes : visage ovale, taille mince, hanches très larges, yeux en Ï + L à
ués et épais, cheveux courts. M. de Morgan pense,
portant des dessins sur le corps, que cette population sur lesquelles on ne peut formuler que des apprécia— e véritables monuments, œuvres de la sculpture. Ce ou, le dernier de la III dynastie, gravée sur les ro— ai. Puis les statues en calcaire blanc du prophète et
prêtre Sepa et de sa femme Nera
anciennes du monde. Il inelinait à C’est ensuite au règne de Sn
les deux admirables statues trouvé 1 Perrot, Æist, del'Art,t. I, p. 635
5 Notice des monuments exposés da
ue de Rougé* considérait comme les statues les plus à les croire de la IIT° dynastie.
ofrou, le successeur de Kéops, que Mariette attribue
es dans un mastaba voisin de celui de Méidoùm. L’une
? Ethnographie des populations indigènes de l'Egypte.
ns la galerie d'antiquités égyptiennes, 1875, p. 25.
d'elles représente un prince du sang, Ra-Hotpou ou Ra-Hotep, l’autre une femme Nefert, dite Z Belle, la sœur ou la femme de Ra-Hotep. Ces statues en calcaire blanc passent pour appartenir au dernier règne de la IIT° dynastie (fig. 20, 21 et 23).
On connait encore, à la même époque, les fameux panneaux de bois décorés de bas— reliefs et d’inscriptions, trouvés à Memphis dans le tombeau d’un personnage appelé Hosi, et conservés au Musée du Caire. L'un d’eux se nomme Ra-Hesi, l’autre Pekh-Hesi!. La >artie lisible des légendes apprend que ce sont là des scribes de condition élevée, favoris
du roi. On a prétendu que le profil de ces figures rappelle plutôt le type sémitique que le
vpe égyptien. Le nez est aquilin au lieu d’être rond, comme on l’a vu dans les statues de
ierre ; les lèvres sont minces et non charnues, comme dans ces dernières. Mais à tout
rendre, si l’on examine avec soin
ces divers personnages, on voit qu'ils ne diffèrent pas autant qu’on a dit. Chez les uns et chez les autres, le crâne est moyennement arce, les pommettes assez sailantes, le menton fort et le front uyant.
Une autre statue en pierre,
eut-être plus célèbre que la précédente, mais non moms belle, est celle du Scribe du Musée du Louvre.
Ce monument, découvert par Mariette au cours des fouilles du Sera— peum, dans le tombeau de Skhem— Kat, avec d’autres figures du même
style qui n’ont pas tout à fait le
même mérite, serait de la VE ou VI°
ynastie?. On doit signaler encore Fig. 22. — SHRIRH-EL-BELED.
uelques statues en bois, parmi lesquelles celle connue sous le nom de Sheikh-el-beled, et certainement la plus belle
(fig. 22). Elle a été trouvée avec une autre, de femme, à Memphis, dans le mastaba
e Ra-em-ke, et date probablement de la IV® dynastie. Le type de ce personnage
iffère de celui des précédents: sa figure pleine et ronde, sa tête courte, ses lèvres fortes, son nez court et arrondi rappellent le type copte actuel.
Le Musée de Gizèh conserve une série de statuettes en bois de la VI° dynastie,
u plus haut mtérêt, trouvées dans une tombe de la nécropole d’Aphroditopolis. Les prineipales pièces sont : 1° Le défunt vêtu d’un pagne blanc dont il tient en main un
des coms; 2° Une jeune fille dont les cheveux sont divisés en trois tresses qui pendent
sur le dos ; 3° Un groupe formé par trois servantes portant sur la tête des paniers blancs ;
! Mariette, Galerie de l'Eyyple ancienne au Trocadéro, Paris, 1878, p. 122. ? Perrot, loc. cil., p. 648
4 Deux potiers : l’un pétrit l'argile, l’autre modèle les vases ; 5° Un cultivateur tra vaillant avee un hoyau; 6° Un serviteur accroupi devant un plateau chargé de fruits d'ou il écarte les mouches avec un éventail ; 7° Un four dont une femme attise le feu ; S° Une servante écrasant du blé sur une pierre, une autre allumant un tas de charbon ; 9° Un domestique portant le bagage de son maitre ; 10° Une femme confection nant des gâteaux, une autre chauffant le four formé de disques de terre cuite.
On doit rappeler enfin quelques autres représentations humaines pouvant se rapporter
aux derniers temps de la période memphite; les statues en pierre de Ra-nefer, prêtre de
Phtah et de Sokar; puis celles de Kéops, de Ti, de Nofir, de Nefer—hotep, de Teuteta, de Nem-—Hotep. Ce dernier, à qui on a élevé un monument à Memphis, était évidemment un personnage. Îl était nain et en avait tous les caractères : tête grosse, torse long, jambes et bras courts, et non pas dolichocéphale, comme on la dit, mais macrocéphale, c’est-à-dire qu'il avait eu la tête probablement déformée
artificiellement. L'effet de cette déformation
obtenue par compression avait été de rejeter
l’occipital en arrière et en hauteur, et d’entrainer
les bosses pariétales à se développer d’une facon exagérée.
Citons encore les statues du roi Usarenra, en granit rose, de la V° dynastie ; celle du roi Neukari, en diorite noire; celle du magistrat Ateti Ankhera, de la VI dynastie: celle de dame Hakenou, de la VI® dynastie et quelques autres. On doit nommer enfin les mer—
veilleuses statues de Kephren que Mariette a
retrouvées au fond d’un puits du temple du
Sphinx à Gizèh ; ces statues paraissent être de
3. — Ra-Horpou. véritables portraits. Les inscriptions gravées sur:
les socles de ces effigies royales ont permis de connaitre, avec certitude, le fondateur de la deuxième pyramide. La plus importante de ces statues, haute de 1"08 et qui est en diorite, est admirablement conservée. Elle as
de la pen:
goéré à M. Perrot! des observations du plus haut intérêt sur le développemen
e artistique chez les Bgyptiens memphites, et sur l’idée qu’ils s'étaient faite de
cet être exceptionnel, de ce divin dieu qui s'appelait le roi des deux Egyptes.
Si les artistes de la période memphite nous ont donné de surprenants spécimens de
leur talent, comme staluaires, dans lesquels nous avons pu trouver des portraits «
quelques personnages, ceux de la période thébaine ont laissé des matériaux de cette nature
sinon plus remarquables, du moins plus nombreux. Le développement de plus en plus grand, que les rois et les dignitaires de cette époque ont donné à leurs tombeaux, et
surtout le luxe qu’ils ont apporté à leur décoration, ainsi qu'aux temples qu’ils ont con
1 Histoire de l'Art, t. I, p. 675.
TEMPS HISTORIQUES on
Struits, à donné lieu, en même temps, à ces belles statues et à ces belles peintures ou
bas-reliefs dont les plus importants nous ont été conservés par les mastaba et les hypo—
gées. La plupart de ces effigies sont, à n’en pas douter, des portraits, car l'examen des traits d’un même personnage, reproduit sur des monuments différents et par des mains différentes, semble venir confirmer cette conjecture et donner à ces œuvres une valeur véritable au point de vue de la morphologie ethnique. On peut citer, par exemple,
les statues d’Ousirtasen L* trouvées sous la pyramide de Lisht, puis enfin celle de Tanis,
les effigies que l’on voit de ce prince sur les bas-reliefs du temple de Seti, à Abydos, ainsi que quelques autres. Dans ces statues, dont M. J. Gautier! a trouvé dix exem— plaires à Lisht, c’est toujours la même tête large et ronde, aux yeux écartés du nez, aux
lèvres épaisses et souriantes. Pour M. Jequierquiles a décrites, ce n’est pas là le véritable
type égyptien de race pure, mais plutôt celui d’un homme d’une origine plus méridionale.
Parmi les plus anciennes statues de Pempire thébain, on doit citer encore celle d’Amenémhait L en granit rose, découverte à Tanis. Il est assis et porte sur la tête la coiffure d'Osiris. Sa tête est large, son nez court, sa bouche épaisse et ses yeux bien fendus. On a découvert dans le même sanctuaire les statues d'Amenémhäit IT et sa femme Nofrit. Celle de cette dernière est en granit noir et sa tête s’écrase sous la lourde perruque.
Volontairement ou non, remarque M. Maspero?: le sculpteur idéalisait l’image
de ses souverains. Les caractères de l’âge n’y prédominaient point, les traits portent | l'empremte d’une jeunesse éternelle; l’accentuation de la physionomie, l’accentuation des sourcils, la saillie des pommettes, la projection de la lèvre mférieure et du menton
s’atténuent, comme à plaisir, et disparaissent sous une expression uniforme de majesté |
tranquille. Un seul souverain, Amenémhäit IT, ne se résigne pas à subir cet effacement
1 Fouilles de la pyramide de Lisht (Revue archéol., 1896). É Histanc.,t- 1, pA502.
perpétuel, et se fait portraiturer tel qu'il est. Dans toutes les statues que l’on possède de lui, et qui viennent, sans doute, de Tanis, notamment sur celles que M. Golenischeff a décrites, on trouve un air de famille indéniahle entre ses traits et ceux de ses ancôtres, mais on sent que l'artiste n’a rien fait pour flatter son modèle (fig. 24). Le front est bas et un peu fuyant, serré aux tempes, le nez vigoureux, arqué, large du bout; la bouche épaisse et dédaigneuse presse les lèvres: le menton est lourd et charnu; les yeux petits, étroits, clos de fortes paupières; les pommettes sont osseuses, proéminentes, les joues se creusent, les muscles qui cernent le nez et la bouche s’aceusent puissamment. L'ensemble présente un air si étrange que l’on s’est obstiné à regarder ces œuvres comme les produits dun art demi-égyptien : on à voulu les attribuer aux rois Pasteurs, plus spécialement au dernier Apopi. M. Maspero à montré que ces statues étaient certainement antérieures aux Pasteurs, et M. Golenischeff! a prouvé qu’elles représentaient Amenémhäit IL. A partir de ce moment, jusqu’après les ténèbres dans lesquelles tomba l'Egypte pendant l'invasion des Hyksôs, c’est-à-dire jusqu'aux XVIL et XVIIE dynasties, on ne connail que quelques statues ou bas-relicfs remarquables représentant des personnages connus, tels que Sorthotpou.
La période thébaine est véritablement l’époque des colosses. C'est à Thèbes qu’on en construisit le plus, mais toutes les autres métropoles religieuses ou politiques de l'Égypte,
telles que Memphis, Abydos et Tanis avaient leurs statues géantes. Les plus grands colosses
sont ceux de Ramsès IT à Ipsamboul qui dépassent 20 mètres. Parmi les autres, on
remarque ceux d’Aménôthès IL et celui du Ramsès du Ramesseum, qui devaient avoir 17 mètres de hauteur, puis celui de Memphis qui a 13 mètres. La tête de ce dernier est un travail des plus soignés. C'est un véritable portrait du grand roi, comme du reste la celle de Turin (fig. 25).
M. Perrot”, comme M. Maspero, pense que les artistes ont tou—
plupart de ces statues, entre autre
jours pris la peine de donner une fidèle copie de leur auguste mo— dèle, aussi cette époque nous a-t-elle laissé nombre de beaux por traits dont la sincérité ne saurait être mise en doute. Ces morceaux de sculpture paraissent si exacts que, dans la statue de Thoutmosis III, par exemple, où dans celle de la reine Tarpa, femme d’'Aménôthès IT, on peut facilement reconnaitre deux types absolument étrangers à FEgypte. Chez le premier, la forme
de son nez, ses yeux relevés par leurs bords externes, le
dessin de la bouche, les contours généraux du visage rappellent, suivant M. Gabriel Charmes, la race armé— nienne. En ce qui me concerne, je préfère y voir le type barabra. Dans la statue de la reine Tarpa, qui
passe pour un véritable chef-d'œuvre de la statuaire
yptienne, on trouve une physionomie plus fine, le
! Amenémhait III et les sphinx de San{ Recueil des travaux, t. XV, p. 131).
* De la réorgauisation du musée de Boulaq. Perrot, Loc. cit, p. 624.