‹ Recherches anthropologiques dans l'Afrique Orientale, ÉgypteChapitre 22 sur 106 · THÉBAINE · texte numérisé non relu

THÉBAINE

montagne, protégeaient les ouvriers contre les entreprises des

des filons put être reprise avec une activité «

De toutes les tribus de ces parages, celles «

foi

ui n'avait jamais

wilsconnurent ler

Bédouins, et exploitation existé auparavant.

nieux pour avoir eu maintes

à en repousser les incursions, étaient celles des Shassou, pillards effrontés, ainsi que l'indique le nom qu’ils se donnaient à eux-mêmes. Mais ce fut surtout vers l’Ethiopie que se porta l'attention des monarques de la XIT dynastie. Là, en effet, vivaient, sur les deux rives du Nil et les déserts voisins, des peuplades remuantes qui menaçaient la tranquillité

de l'Egypte. Cétaient d’abord, au-dessus de la première cataracte et jusqu’à mi-chemin de

la seconde, les Ouaouaï, ces vieux ennemis des Egyptiens que Papi avait déjà combattus. Réduits par Aménemhaït I”, ils se révoltaient sans cesse et préféraient s’expatrier plutôt que de se soumettre aux Pharaons. Plus au sud, au delà de la seconde cataracte, vivaient

s tribus aux noms étrangers! de Schemik, Khesa, Ses, Kaàs, Arquin,

d’innombrable Anou, toujours disposées aux razzias, toujours battues et jamais soumises.

La XII dynastie, dont les monarques Aménemhaït IT et Ousirtasen I* laissaient tant de conquêtes et de remarquables travaux, s’éteignit avec Aménemhaït IV. C’est avec Sebekhotep I”, que s’ouvre la XIII dynastie. L’origime de ce roi est obscure; il eut trois successeurs de son nom qui, bien que continuant les travaux des Aménembhaït et des Ousirtasen, furent témoins de la décadence de Thèbes au profit des villes du Delta, telles que Mendès, Bubaste, et surtout Tanis dont ils favorisèrent le développement. Ils semblent avoir fait de cette ville leur résidence favorite. Quand les rois de la

XIII dynastie disparurent, Thèbes perdit définitivement son rang de capitale, et ce fut une ville de la Basse-Egypte, Xoïs (Sikka), qui lui succéda et fournit les princes de la XIV®° dynastie. L'histoire de ces princes est inconnue, et ils semblent avoir disparu

au milieu de révolutions qui amenèrent la ruine du pays et l'invasion des Hyksos ou

des Pasteurs. Ceux-ci s’établirent d’abord à Sän ou Tanis; villes et temples tout fut rumé, sacrée, et le reste, femmes

pillé et brûlé par les envahisseurs. La population mâle fut ma et enfants, réduit à l'esclavage. C’est à l’époque de cette invasion asiatique que, reprenant en main les affaires, les princes thébains fondaient la XV° dynastie.

Schalit, le premier roi pasteur, choisit Memphis pour capitale et frappa d’un impôt ses sujets égyptiens. Toutefois deux périls le menaçaient: au sud, les princes thébains qui avaient organisé la résistance du pays; au nord, la convoitise des tribus cananéennes demeurées en Syrie, et l’ambition des conquérants élamites de Chaldée. Les immigrations pacifiques, si fréquentes pendant la XII° dynastie, avaient introduit dans le Delta oriental des populations asiatiques qui pouvaient, à un moment donné, mquiéter sa souveraineté. Le roi Hyksos fonda au milieu d'elles, et sur les ruines d’une antique cité, Haouara (Aoaris), un camp retranché où il forma une armée puissante qui mit de nouveau le royaume à l'abri de toute invasion. Cette armée permit aux successeurs de Schalit de ren— verser la XV° dynastie, et de rester quelque temps les seuls maitres de la terre des Pha= raons. 8

Les Bgyptiens donnaient aux tribus nomades de Syrie le nom de Shows, Shaousou

(pillards, voleurs), qui convient, comme de nos jours, aux Bédouins du désert. Ils

1 Brugsch, Hist. de l'Egypte (/nschrift, t. I, p. 45 et 60).

’appliquèrent à leurs vainqueurs asiatiques, dont le chef devint dans leur bouche le roi des Shaousou, Hig-Shaousou : les Grecs en ont fait HMiksoussôs, Hyksos, Quant au peuple, on l’appela d’une façon générale Hentiow, les Pasteurs, ou Sassiow, les Archers. Le souvenir de leur cruauté resta longtemps vivace chez les Bgyptiens, et la haine popu—

aire les charge d’épithètes ignominieuses. On les traita de « Maudits », de « Lépreux t ».

>ourtant, ils s

assimilèrent assez rapidement au milieu, et leurs rois jugèrent qu’ils avaient plus d'intérêt à exploiter le pays qu’à le piller. Les envahisseurs durent employer

es scribes égyptiens pour leurs affaires administratives, et ils finirent bientôt par adopter

les usages pharaoniques. La cour des Khéops et des Aménemhaït, aussi bien que leur pro—

ocole royal, reparut peu à peu avec son cortège de fonctionnaires grands et petits. La religion égyptienne elle-même, sans être adoptée, fut tolérée, et Soutekh fut identifié avec Set. Le mouvement d'immigration s’accentua durant les dynasties Hyksos, et le camp d'Haouara reçut, plus d’une fois, des recrues syriennes ou arabes. Invasions, famine, guerres civiles, tout semblait entrainer vers l'Egypte les Asiatiques. Des tribus sémitiques cantonnées dans la Chaldée méridionale avaient remonté l’Euphrate, et bientôt une frac tion de ces tribus connues sous le nom d’Hébreux, franchissant le fleuve sous la conduite d’un chef que la tradition appelle Abraham, traverse la Syrie, et vient se fixer dans le pays de Canaan. Mais bientôt une de ces tribus, celle qui a pris le nom de son chef, Ben

Israël, s’abattit sur Egypte où elle prospéra jusqu’à la chute des Pasteurs. Ceux-ci, après avoir régné cent cinquante ans et fondé trois dynasties, finirent par succomber sous les coups d'Ahmosis [*, le fondateur de la XVIII dynastie. La dynastie précédente est peu connue. Pourtant le nom de la reine Aahotep a échappé à l'oubli, grâce aux merveilleux ijoux que Mariette trouva dans son tombeau, à Drah abou’I-Neogah. Elle était la mme du roi Kaïmès et la mère d'Ahmosis I*.

Les débris de armée asiatique se retirèrent en Syrie, où les Egyptiens les poursuivirent. Les Pasteurs expulsés, Ahmosis songea à remettre l’ordre dans les affaires de ’Egvpte que les Barbares avaient couverte de ruines. Afin de se faire des alliés chez les ribus éthiopiennes, Ahmosis avait épousé une femme de leur race, la reine Nofritari qui ut élevée par la suite au rang de régente et plus tard à celui de déesse, Cependant, le gros

des tribus syriennes et israélites établies entre le désert et la branche orientale du Nil

référèrent l’esclavage sur la riche terre d'Egypte aux charmes de la liberté que leur

offrait l’émigration. Ahmosis utilisa ses innombrables bras pour restaurer les temples et les palais de ses prédécesseurs et en construire de nouveaux. Aménôthès I”, e fils d'Ahmosis et de la reine noire, agrandit au sud les limites de son empire, en

portant ses armées au cœur de Ethiopie, et en acheva la conquête. Mais les guerres de

’mdépendance et les expéditions qui l’avaient suivie, avaient éveillé dans le peuple l’esprit militaire et chez les princes Pesprit de conquête. Aussi, à peine rentrée en possession d'elle-même, l'Egypte se jeta-t-elle sur Asie. Ce fut Thoutmosis [°, le fils et successeur d’Aménôthès, qui entraina les Beyptiens dans la Syrie du Nord et jusque sur les bords de PEuphrate, ainsi que dans le pays de Koush, nom du Soudan actuel, sans avoir

jamais réussi à y imposer sa domination. Quelque temps avant sa mort, Thoutmosis avait

{ Chabas, Inst. Egyplol., première série, p. 20-41. UE ) P

associé au trône sa sœur Hatasou où Ædtshopsitou, et l'avait mariée à son jeune frère Thoutmosis IT, Restée veuve de bonne heure, Hatasou conçut et exécuta de grands tra— aux, ainsi que la fameuse expédition au pays de Pount, la côte actuelle des Somalis, dont le célèbre temple de Deir el-Bahari a conservé le souvenir dans les merveilleux tableaux qu’elle y a fait exécuter. Thoutmosis III, son jeune frère et fils adoptif qui a été le plus grand des Pharaons, sans en excepter Ramsès IL, le Sésostris des Grecs, fut aussi le premier en date des Pharaons constructeurs.

Les règnes d’Aménôthès IL et IV et de Thoutmosis IV furent tout aussi glorieux à ce point de vue qu'au point de vue militaire, car ils eurent à maintenir les con— quêtes de leurs prédécesseurs.

La XIX° dynastie, d’origime thébaine, eut pour fondateur Ramsès I, qui appartenait à une famille, sans doute, de sang sémitique, peut-être apparentée à la race royale des Pasteurs. Après avoir rétabli l’ordre gravement compromis, il reprit les éternelles incursions des Pharaons dans le Soudan et la Syrie. Cest sous son règne qu’il est ques— tion pour la première fois des Khetas, Hittites ou Hétéens. Ceux-ci avaient constitué une

confédération des princes syriens pour résister à l'Egypte. Leur empire contrebalança

rrienne.

quelque temps l’Empire égyptien, et il ne devait tomber que devant la conquête ass Après Ramsès L‘, Seti I°° et Ramsès II guerroyèrent encore en Syrie ; toutefois ce dernier

mit fin à ces expéditions perpétuelles en concluant un traité de paix avec le roi des Khetas dont il épousa la fille. L'activité de Ramsès IT trouva des aliments dans son pays-même : ce fut le plus grand constructeur du monde entier. De Beyrouth à Ipsamboul en Nubie, il sema ses constructions comme à plaisir. Son successeur, Minephtah I°', son treizième ils, eut un règne assez agité; il eut à réprimer des révoltes intérieures et extérieures, uis à soutenir des guerres avec les Libyens et les gens de lArchipel.

Le règne de Seti IT, fils de Minephtah, fut de courte durée, car il fut bientôt supplanté a Amenmesès, fils ou petit-fils de Ramsès IT. Son successeur, Minephtah IL Siphtah se maintint sur le trône, grâce à son mariage avec Taousert ou Taousera, malgré l’anarchie montante.

A la faveur des troubles continuels, les esclaves étrangers amenés en Egypte par es Pharaons de la XVII et de la XIX° dynastie, sesoulevèrent de toutes parts, tellement ils étaient accablés de travaux pénibles, et soumis à une surveillance étroite. Le nombre

des prisonniers était considérable dans la Basse-Egypte, et parmi eux se trouvaient des ribus entières d’origine libyenne et sémitique, entre autres celle des enfants d’Israël. Aussi,

n’attendirent-ils qu’une occasion pour se dérober à la servitude des Pharaons. La tradi-

ion la plus accréditée place l’exode sous le règne de Minephtah ; ce prince serait le Pharaon de la Bible.

Au milieu du désordre surgit une dynastie nouvelle, celle de Ramsès IT, qui ouvre a XX° dynastie. Celui-ci, après avoir châtié les Bédouins, se tourna vers les Libyens, puis

vers les Syriens ainsi que vers les gens de l’Asie Mineure etdel’Archipel qui avaient repris

a route du Delta. Ramsès III, de son vivant, appela au trône son fils Ramsès [IV dont e règne n’eut qu’une courte durée, puis lui succédèrent Ramsès V et les quatre fils de Xamsès [IL enfin Méiamoun, Méritoun et Ramsès XI, Méiamoun IL, etavec Ramsès XVI, s’éteignit sans gloire la XX° dynastie. Les grands prêtres d'Ammon, chefs suprêmes du

6 POPULAMIONS ANCIENNES

sacerdoce thébain, n’avaient cessé de croître en influence politique depuis l’avènement de la XX° dynastie et cherchaient à s'emparer du pouvoir civil. Mais Tanis, soulevée par Si-Mentou-Méiamoun, ressaisit l’autorité et fonda la XX[° dynastie.

NÉCROPOLES

L'usage d'élever des pyramides dura encore pendant la période thébaine. Un grand nombre de ces dernières étaienten pierre, maisla plupart étaient en briques, comme celles de Dashour, ouvertes en 1893 par M. de Morgan. Celles du nord renfermaient les sépulures de douze princesses, femmes ou filles d'Ousirtasen IIT, et celles du sud, les corps de ersonnages princiers de la fin de la XIT° dynastie, entre autres ceux d’Aménemhaït IL et d’'Aménemhaït IT. Parmi les autres pyramides appartenant à la même époque, on doit citer encore celle de Lisht, fouillée en 1894 par M. J.-E. Gautier. On sait que cette »yramide a été élevée en l'honneur d’Ousirtasen I‘, le second roi de la XIE dynastie, un des monarques les plus puissants et les plus vénérés de la période thébaine.

Deux autres pyramides sont encore dignes d’attiver Pattention à cause de l’imporance des personnages à qui elles furent destinées. La première, celle d’Iahoum, fut élevée ar Ousirtasen IT; la seconde, celle d'Haouara par Aménemhaït IL. Ces pyramides, ou vertes pour la plupart depuis longtemps, mal fouillées par les pillards, ont fourni peu ou

soit de momies, Il ne m’a pas été donné d’en étudier une seule en provenant sûrement. Peu à peu l’usage des hypogées, qui avait pris naissance presque en même temps que celui des pyramides, se développa vers la fin de la XI° dynastie, comme le montrent ceux d’Eléphantine, d’Assouan, de Drah abou’I-Negoah, de Déir el-Medineh, de Beni Hassan, ete.

La haute colline qui s’élève su: la rive gauche du Nil, au nord-ouest d’Assouan, et en face de l'ile d'Eléphantine, est criblée de grottes antiques creusées de main d’homme. Les unes sont béantes, les autres ont leurs ouvertures encombrées de sable. Elles ren— fermaient jadis d'innombrables sépultures, dont les plus anciennes remontent aux IV, VIet XIF dynasties. Une partie de ces hypogées ont été fouillés en 1885 et 1886 par Greenfell". Quelques-uns portent les cartouches de Neferkeré Papi IT de la VI dynastie.

D’autres, les plus nombreux, appartiennent au commencement de la XII° dynastie.

Is paraissent avoir été préparés pour les princes d’Eléphantine. Ce seraient done des tombeaux de Nubiens. Eléphantine était la capitale d’une principauté féodale dont le ter ritoire couvrait une partie de la Nubie. Les plus beaux tombeaux de ces hypogées étaient ceux des princes du nom de Noub-Kaouri-Nakt et de Si-Renpaoult, qui vivaient sous Ousirtasen [*. Je n’ai retrouvé dans ces tombeaux que quelques cernes datant sans doute

de la XIT° dynastie. Quelques hypogées voisins de ceux dont il vient d'être question, qui

n'avaient pas encore été fouillés en 1898, et qu'il ne m’a pas été permis d'ouvrir, donneront sans doute des momies entières bien datées. Parmi les autres hypogées les

plus remarquables, on doit rappeler ceux de Beni-Hassan, puis ceux de Thèbes. Les plus

? Maspero, Deuxième Rapport à l'Institut égyptien sur les fouilles et les travaux exécutés en

Egypte en 1885 et 1886.

Fig.

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