‹ Recherches anthropologiques dans l'Afrique Orientale, ÉgypteChapitre 23 sur 106 · Anmosis IV · texte numérisé non relu

Anmosis IV

intéressants et les plus anciens de Beni-Hassan sont ceux de Amoui-Aménemhaït et de Khnoumhotpou. Les parois de ces tombeaux sont recouvertes, non plus de sculptures comme celles des #astaba memphites, mais de peintures à fresque sur pierre ; elles retra— cent à nos yeux, d’une façon particulièrement vivante, l'existence d’une féodalité qui caractérise la fin de la XII° dynastie.

Les nécropoles des dynasties suivantes, de la XIT° à la XVIII, sont peu connues, à art celles de Drah abow’l-Negeah à Thèbes. Celles-ci ont donné à Mariette des tom— eaux de rois des XI°, XIT et XVII dynasties. Mais la belle époque des hypogées est celle qui s'étend du milieu de la XVII à la fin de la XX° dynastie. Durant ce laps de emps, les rois d’Egvpte ont établi leurs tombeaux dans la vallée de Biban el-Molouk,

dite vallée des Rois, au nord-ouest de Thèbes. Strabon connaissait quarante tombeaux

royaux dignes d’être visités. Les savants de l’expédition française de 1798 en ont men—

ionné onze; actuellement, on en compte vingt-cinq d’accessibles, et dont les portes sont

numérotées et soigneusement gardées. Ces hypogées ont été trop souvent décrits depuis

fantiquité jusqu'à nos jours, pour que jy revienne ici. Qu'il me suffise de rappeler qu’ils renfermaient les tombeaux des rois les plus célèbres de l’'Egvpte, et que l’on a pu en étudier, non seulement la décoration et le mobilier funéraire, mais encore les momies elles-mêmes. Voici la liste des rois auxquels étaient destinés ces hypogées d’après Vordre dans lequel ils sont situés : Seti I‘, Seti IT, Ramsès L”, Ramsès IT, Ramsès II, Ramsès IV, Ramsès V, Ramsès IX, Ramsès X, Ramsès XII, Minephtah I*°, Amenmesès, Amenôthès LIT et quelques princes royaux. Les figures 49 à 54 donnent les effi—

gies de quelques-uns de ces personnages d’après les dessins de Rosselin relevés sur les parois de ces hypogées.

Si les pharaons ont choisi pour leurs tombeaux la vallée de Biban el-Molouk, une

autre vallée déserte située à l’ouest de Medinet Habou, appelée Biban el-Harim ou Biban el-Soultaneh, a été consacrée à ceux des reines dont une partie remontent à la XVIIE dy—

nastie. On y remarque les tombeaux de la reime Titi et de la reine Eset, mère de Ramsès VI; ceux des femmes et filles de Ramsès IT, Merit-Amon, Nebt-Teoué, et Bent—Anat ; ceux de Sit-Rè, femme de Seti [*, et de quelques autres moins connues.

Il faut citer enfin le puits de Deir el-Bahari, situé non loin de la vallée de Sheikh abd-el-Gournah, où M. Maspero a découvert, en 1881, la cachette des rois du nouvel ëmpire que Padministration de l’époque avait voulu soustraire aux déprédations des

voleurs. Les momies recueillies dans ces cachettes sont celles des rois Ahmosis L‘", Thout-

mosis III, Ramsès II, Seti I, Ramsès IIL Nofitari, femme d’Âhmosis Sognouri, Amenhopou, Thoutmosis IT, la rene Athetpou et plusieurs autres princes et princesses ; enfin, l’importante série des prêtres et prêtresses d’Ammon.

Mais à côté des hypogées royaux de Biban el-Molouk, on doit citer ceux qui ont été creusés dans la colline de Sheikh abd-el-Gournah, et qui renferment les tom-— beaux d’un certain nombre de hauts fonctionnaires de la XVIII dynastie. Les plus

remarquables sont ceux de Ramose, grand vizir, qui vivait sous Amenôthès IV ; de Khàen-Hèt, mtendant des grains sous Amenôthès IIT; de Nakt, personnage de la XVII dynas—

tie; de Bekhmeré, d’Amenouoser, de Sennofer, d’'Emounzeh, d’Emenemheb, d’Aremhab,

de Tenna, d’Amenotep, de Neferhotep, ete., ete. Citons encore les hypogées de la vallée

Déir el-Medineh et de Gournet-Mouraï, ayant renfermé des sépultures nombreuses de personnages appartenant aux mêmes époques. Rappelons enfin qu’à Medineh el-Gournah se trouvent également d'innombrables hypogées populaires de la même période, dont quelques-uns ont une étendue considérable.

MORPHOLOGIE ANTHROPOMÉTRIQUE

D'APRÈS LES MOMIRS

Grâce au développement et à la perfection que la pratique de l’embaumement a acquis durant la période thébaine, les restes de la population d’une grande partie de

l'Egypte se sont conservés jusqu’à nos jours. C’est ainsi que les innombrables hypogées

d’Eléphantine, de Thèbes, de Beni-Hassan et de bien d’autres localités sont remplis de corps ayant gardé, pour la plupart, leurs formes et les traits de leur physionomie. Cet état de conservation, que l’air sec des hypogtées a sans doute beaucoup contribué à obte— nir, est tel qu’une étude morphologique et anthropométrique des habitants de ces villes mortes à jamais, semble, & priori, se présenter à l’observateur avec presque autant de acilité que celle de la population actuelle du pays. De grands obstacles pourtant viennent

entraver ce genre de recherches. Cest d'abord incertitude constante qui plane sur l’iden—

ité des sujets en présence desquels on se trouve, Dans les hypogées populaires, par exem—

e, qui doivent fournir le type réel de la population, les momies qui y sont entassées

ne portent que fort rarement des indications relatives à leurs origines. Il ne faut pas { l!

oublier non plus que les spoliateurs de toutes les époques ont jeté le désordre dans le

lus grand nombre des nécropoles; on sait pourtant que tel ou tel hypogée a été utilisé vendant telle ou telle dynastie. Le mode d’embaumement peut offrir aussi quelques ren—

eignements sur l’ancienneté relative des momies. Il est également à peu près sûr que

iaque race avait — dans chaque localité — ses propres hypogées ; que les Ethiopiens, es nègres et les Juifs n’étaient pas inhumés dans la même nécropole que les Egyptiens. Mais il est extrêmement difficile d'obtenir des notions précises en cette matière, de toute emière nécessité cependant pour des recherches ethnologiques. t

"e exact des nécropoles

On doit regretter que les égyptologues qui auraient pu fournir aux anthropolog

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