‹ Recherches anthropologiques dans l'Afrique Orientale, ÉgypteChapitre 3 sur 106 · ÉPOQUE PALÉOLITHIQUE · texte numérisé non relu

ÉPOQUE PALÉOLITHIQUE

Bien qu'aucun gisement de la vallée du Nil n’ait encore été daté stratigraphiquement ou paléontologiquement, je réunis, cependant, sous le nom de paléolithiques, ceux qui ont donné des instruments en silex, dont les formes sont caractéristiques de cette industrie en Europe. On ne les trouve guère qu’à la surface des alluvions caillouteuses où bien sur les mamelons qui constituent les premiers contreforts de la chaîne arabique et surtout de la chaine libyque. Ce n’est malheureureusement presque jamais, ni dans les sables qui s'étendent de la limite des terres cultivées à la base de la montagne, ni dans les limons du Nil que l’on trouve ces objets. À Gizèh, à Dashour, à Keneh et ailleurs, les plateaux qui dominent la vallée que l’on a rencontré des instruments du type chelléen.

est sur

M. Legrain a fait remarquer que c’est au point où aboutissent les sentiers des cara— vanes (agabah) réunissant la vallée au plateau désertique que se présentent, le plus sou— vent, des gisements paléolithiques. Sur d’autres points, comme aux environs d’Abydos et de Thèbes (par exemple), c’est dans les ravines creusées jadis par les eaux, dans les alluvions caillouteuses que ces objets se trouvent généralement. Il semble qu’ils aïent été entrainés, du haut des plateaux, à une époque où les pluies étaient plus fréquentes que de nos jours. Malheureusement, ces silex taillés ne sont pas accompagnés, comme en Occident, d’ossements d'animaux pouvant leur assigner une date. Tout porte à croire que ces ustensiles, qui, en Europe, sont certainement quaternaires, remontent à cette époque géologique ; mais l'absence de toute trace de faune ne peut permettre encore aucune affirmation à cet égard. Toutes les probabilités pourtant sont en faveur de l’opinion qui reporte l'antiquité de Fhomme, dans cette partie de Afrique, à l’époque quaternaire, c’est—

1 Loc. cit.

à-dire à celle qui précéda Pétablissement définitif du régime actuel des eaux dans la vallée du Nil. Mais on n’en a pas de preuves absolues.

M. Sayce à cependant trouvé des silex taillés au pied de la chaine arabique, à El Kab, au sud des ruines d’Hiéracoupolis. Cette localité est située au sommet d’un ravin creusé dans les alluvions dureies formant le premier plateau de la chaine. Ces alluvions datent certainement de l’époque qui a précédé les grandes érosions, et après laquelle se déposèrent les masses de graviers qui constituent le grand système alluvial de la vallée.

MM. Daressy, Legrain et moi-même nous avons recueilli de nombreuses hachettes du type chelléen, encore en place, à 3 mètres de profondeur, dans le fond dun ravin situé au sud=ouest de Médinet Habou, près d’un ancien couvent copte. Mais on n°y à pas trouvé non plus, avec eux, de fossiles pouvant les dater d’une façon précise. En Europe, l'examen des alluvions est bien autrement facile qu’en Egypte. Partout ailleurs, en France, par exemple, elles sont exploitées pour les besoins des routes. En Egypte, on ne peut compter que sur les intempéries, lesquelles sont rares.

En dehors des premières découvertes d'objets paléolithiques faites par MM. Arcelin, Hamy et Lenormant, ainsi que de celles que j'ai citées plus haut, M. de Morgan ! en à

signalé une vingtaine d’autres dont les plus intéressantes sont celles de Toukh, au nord

de la station néolithique; Maslabat Haroun à 10 kilomètres au sud-ouest de Gizèh:

Gournah dans la vallée des Rios, et Déir el-Bahari:; Gara’at-el=Hason, près de Gebel Bayazid sur la route de Rizagat : oasis de Karghieh à Ramnieh ; le désert entre Karghieh

et Abydos, ete. Il est probable que de nouvelles observations entreprises dans les

kjæhkken-maæddings nombreux de ces régions, montreront — dans un avenir prochain

— que l’âge de la pierre s’est développé en Egypte comme dans les autres pays, en sui vant les mêmes phases évolutives. Il n’y a pas de raison pour que les industries paléoli—

thiques n’aient pas progressé ici, comme ailleurs, lentement et sans transition brusque,

pour arriver à l’époque néolithique durant laquelle ont apparu les métaux, puisque le aléolithiques dont on

type primitif est partout le même. On sait, en effet, que les formes a découvert des spécimens dans le monde entier, ont été fréquemment trouvées dans un

erand nombre de localités de PAfrique : en Algérie, en Tunisie, au Congo et dans les

régions équatoriales, ainsi qu’au pays des Somalis et des Danak au Transvaal, ete.

La mission du Bourg de Bozas vient de recueilli: en Ethiopie, aux environs de

Haron, à Ouorka, de nombreux silex taillés, associés — dans des alluvions — à des os

ments d'animaux de type quaternaire *.

Page 1