ÉPOQUE NÉOLITHIQUE
Un très grand nombre de gisements complètement distincts des précédents ont donné des types variés d’ustensiles en silex que lon considère, en Europe, comme carac—
téristiques de l’époque néolithique. M. de Morgan a signalé des stations de cette catévorie
1 Oje E : La mission du Bourg de Bozas, Voyage au pays des Aroussi, Ethiopie méridionale (la Géographie, Bulletin de la Société de Géographie de Paris, 15 juin 1902).
sur plusieurs points de la Haute et de la Basse-Egypte. Quelques-unes occupent des espaces considérables, telle, par exemple, celle de Abou-Roach, sans doute un atelier. Les silex s’y trouvent sur une superficie de 200 mètres de largeur et une longueur de plus
de 20 kilomètres. À Dimeh, dans le Fayoum, le gisement qui renferme en si grand nombre
d’admirables pointes de flèches est immense. On trouve, dans ce pays, des silex taillés sur un plateau de 4 à 500 hectares, constitué par d'anciens limons lacustres, à 90 mètres d'altitude au-dessus du Birket el-Karoun. Le lac aurait baissé de 90 mètres depuis l’époque où les limons se déposèrent, et comme on ne trouve pas de silex taillés dans
Vespace compris entre la haute terrasse et le lac
actuel, on peut présumer que la station néolithi— que est antérieure à l’abaissement du niveau des eaux, ce qui indiquerait une époque fort ancienne (figures 1, 2 et 3).
À part le matériel néolithique habituel où
dominent avec les flèches et les hachettes en roches
dures et polies, d'innombrables lames de silex plus
Fig. 1.
ou moins finement retaillées, les monuments fran— < : me ? PoINTES DE FLÈCHES EN SILEX, DIMEH.
chement néolithiques sont rares en Egypte. (est (1/2 gr. nat.)
ainsi que l’on connait à peine une ou deux de ces
constructions mégalithiques si fréquentes en Europe. M. Legrain a dessiné à l’est d’Edfou, dans le Gebel Genamich, un cercle de pierres et une sorte de dolmen‘. Et M. Sayce a découvert à quatre milles d’'Esneh, dans le désert, d'énormes caërns faits de gros blocs bruts apportés de la montagne la plus voisine, encore éloignée de plusieurs milles. D’autres
monuments du même genre, mais un peu plus petits, ont été vus par M. Floyer, en face
e Gebelein*?. Les stations néolithiques sans mélange sont rares, et à part les kjækkenméæddings VEX Toukh, de Zawaidah et de Kattarah, ainsi que les stations de Dimeh,
de Koumachina et d'Hélouan, on n’en peut guère citer. I n’en est pas de même de celles
renferment des mélanges d’obje
les uns d’origine réellement néolithique, les autres appartenant à des civilisations plus récentes. Telles sont particulièrement les nécropoles explorées par MM. Flinders Petrie, Quibell, Amelineau, de Morgan, et par moi-même. Les innombrables monticules qui marquent, çà et là, dans la vallée, à la limite du
désert et des terres cultivables, des points anciennement habités, sont des mines mépui-
sables de documents. Les Fellahin exploitent ces monticules comme engrais riche en
matières fertilisantes, auquel ils donnent le nom de sebak. Les cultivateurs y trouvent
uemment des antiquités, et de temps à autre fournissent de bonnes indications pour
entreprendre utilement des fouilles. M. de Morgan a opéré de fructueux sondages dans ces dépôts de détritus de tous genres. À Toukh, localité située près de Negadah, au nord de Thèbes, le sea forme sous le sable une couche de 0"50 à 1 mètre d'épaisseur. Au milieu de débris de maisons en briques crues, on trouve des silex taillés en grand nombre,
des fragments de poteries, des outils en os, quelques menus objets de cuivre, etc.
! In de Morgan, Recherches sur les origines de l'Egypte, fig. 5, p. 239. ? Chronique d'Orient (l' Anthropologie, 1896, p. 472).
A Méidoûm, M. Flinders Petrie ! a trouvé en 1890, près de la pyramide de Snofroui (IV® dynastie), des sépultures sans cercueil ni sarcophage. Le corps avait été placé à même le sable, couché sur le côté gauche, la tête au nord, la face à l’est, les jambes repliées, le bras droit ramené sur la poitrine, le bras gauche appliqué le long du corps. Le mobilier funéraire se composait de divers ustensiles en silex, d’aiguilles en bronze ou cuivre, de poterie mal cuite, de nombreuses provisions de bouche, pain et dattes, placées à proximité du mort, dans des plats.
Le même explorateur, accompagné de M. Quibell, fouillait en 189et en 1895 les localités de Ballas et de Toukh, au nord de Thèbes, et y rencontrait des nécropoles sem— blables à celle de Müdoéim, dans lesquelles on avait pratiqué les mêmes rites funéraires.
À cette époque, M. de Morgan explorait avec succès les environs d’Abydos et y
constatait des nécropoles identiques, telles que celles d'El Amrah, d’Om el Gæab,
de Gebel el Tarif, de Béit Alam, ete. De son côté, M. Amelineau étudiait, de 1896 à
1898, la nécropole d’Abydos et M. de Morgan découvrait, en 1897, le célèbre tombeau royal de Negadah. Moi-même, en 1899, je fouillais la nécropole d’EI Khozan, qui me donnait des résultats analogues à ceux de mes prédécesseurs.
La plupart de ces lieux funéraires sont situés à la limite du désert et des terres cultivables. Les tombes sont des fosses ovales ou carrées, parfois rectangulaires. Les corps, non momifiés, étaient déposés nus, tantôt sur le sol, tantôt sur une toison ou bien dans une grande jarre en terre grossière. Le cadavre était placé, le plus souvent, replié un peu sur lui-même, les genoux rapprochés de la poitrine, les mains sur la face ou sur le cou. L’orientation n’est pas constante. Dans certains cas, on a cru reconnaitre que la tête avait été détachée du corps et placée à côté; les mains, les bras semblaient avoir été mutilés, les côtes brisées et mises à part; enfin, quelques squelettes se sont présentés complètement désartieulés. Dans une tombe, il y avait, autour de six crânes empilés, des os brisés comme pour en extraire la moelle. M. Petrie en a conclu que les cadavres étaient parfois dépecés, qu'ils avaient servi à des festins de cannibales. Il rappelle à ce propos que, d’après la tradition, Osiris aurait aboli la coutume de l’anthropophagie que pratiquaient les ancêtres des Égyptiens. Mais on sait aussi que durant l’époque néolithique de l’Europe méridionale, les cadavres n'étaient souvent déposés dans le tombeau définitif qu'après avoir été déchar— nés. Il est donc possible que les faits pris par M. Flinders Petrie pour des preuves d’anthropophagie, ce qui, d’ailleurs, n’est pas madmissible, ne soient que des restes de cette
pratique funéraire si particulière. Quant à la momification dont M. Fouquet dit avoir
constaté la présence sur les squelettes provenant des fouilles de M. de Morgan à El
Amrah, près d'Abydos, je crois qu’il y a lieu de faire des réserves. Les cadavres d'El
Amrah, aussi bien que ceux qui proviennent de nécropoles offrant des mobiliers funéraires analogues, ont pu recevoir des préparations conservatrices minérales ou végétales diverses, cela est possible, même probable. Mais je ne pense pas que le bitume ait été employé dès ces temps reculés pour la conservation des corps. Il est surtout très improbable que ceux= ci aient été soumis aux opérations multiples et compliquées que les Egyptiens pharaoniques ont recherchées plus tard pour satisfaire ce mysticisme étrange qui dominait une partie
{ Loc. cit.
TEMPS PRÉHISTORIQUE mi
de leur existence. Jai vu un grand nombre de corps retirés de sépultures non violées de
cette époque et dont le mobilier funéraire n’avait pas été dérangé, et je n’a
i jamais con— staté de traces de bitume. I] y a lieu de croire que les individus sur lesquels M. Fouquet a observé du bitume appartiennent à des sépultures postérieures.
Les peaux de bêtes ont été très employées dans ces nécropoles. On retrouve fréquem— ment des traces de peaux de gazelle ou de bœuf qui avaient servi, peut-être, de vêtement
Fig. 4.
VASES EN TERRE ROUGE, NÉCROPOLE DE NÉGADAH. (1/4 gr. nat.)
aux! défunts pendant leur vie. Le tout était enveloppé de feuilles de palmier, sans trace d’étoffe. Parmi les‘objets les plus importants, et surtout les plus nombreux, des mobiliers
funéraires accompagnant ce genre de sépultures, se place la poterie. On a trouvé dans une
seule tombe jusqu’à quatre-vingts vases ou plats jamais moins de dix à douze. Cette
poterie est faite à la main. Elle est de couleur rouge et noire etses formes rappellent quelquefois celles des époques plus récentes. Des jarres pourvues d’anses ondulées et renfermant de la graisse parfumée ou du limon du Nil étaient déposées près de la tête. D’autres vases grossiers, en terre brunâtre, terminés en pointe, contenant des cendres et des débris de
poissons étaient placés sur le milieu du corps. Un grand nombre de ces vases portaient
encore à leur surface les traces des formes en osier dans lesquelles ils avaient été moulés et cuits. Les poteries rouges sont fort nombreuses : beaucoup ont le bord peint en noir.
Les panses sont parfois ornées de dessins peints en blanc figurant des lignes géométriques,
des personnages, des animaux ou des végétaux. Les plus remarquables, parmi ces vases funéraires, sont ceux de couleur jaune, décorés de rouge. Is affectent les formes les plus
diverses et parfois même — rarement — ils représentent des animaux. Leur décoration, des plus simples, consiste en spirales, ligries brisées, ondulées, losanges, chevrons, puis des animaux : gazelles, antilopes, éléphants; des représentations humaines et aussi des bateaux (figures 4 à 9). Ces motifs décoratifs font songer aux gravures rupestres que M. Legrain a rencontrées sur les rochers de la Haute-Egypte, et que M. Flamand a découvertes plus récemment dans le Sud Oranais,
A côté de la poterie, on doit ranger des vases
en pierre de formes assez spéciales et de natures
diverses. Jusqu'au moment des fouilles de M. de ionorait l’ancienneté relative de ces
Morgan, on
vases. Depuis qu’il en a trouvé un certain nombre dans les nécropoles de Toukh, d'El Amrah, d’Aby— dos et de Gebel el Tarif, dans des sépultures ne renfermant que des silex taillés, on est certain que, si leur usage a persisté jusqu'aux temps historiques, ils ne datent pas moins, pour lui, de l’époque néo— lithique.
Ces vases sont souvent en albâtre, mais les plus archaïques sont creusés soit dans une brèche jaunâtre venant des côtes de la mer Rouge, vers Cosseir, soit dans une diorite des montagnes arabi— ques de l’Etbaye, peut-être. Leurs formes affectent
celles de certaines poteries ; leur fond généralement
rond ne leur donne qu’une stabilité imparfaite. La
plupart ont des sortes d’anses tubulaires percées hori- VASES EN TERRE ROUGE, NÉCROPOLE DE NÉGADAH, : ; zontalement. Certaines coupes rappellent les vases
(1/4 gr. nat.) en pierre ollaire qu’emploient encore les Bicharieh.
Après la céramique, les plus importants objets composant le mobilier funéraire de ces nécropoles sont les ustensiles en silex. Ce matériel néolithique, au nom duquel on a classé ces nécropoles dans cette époque préhistorique, est incontestablement considérable comme nombre et comme beauté. En dehors des mnombrables éclats taillés en hachettes, couteaux, arattoirs, racloirs, tranchets, scies et perçoirs, se trouvent assez fréquemment de grands coutelas taillés des deux côtés et finement retouchés. Quelques pièces, incurvées, sont arrondies à l’une des extrémités et avaient été sans doute pourvues d’un manche (fig. 10); d’autres, taillées des deux côtés, affectent la forme d’une tête de lance ou de javelot à deux pointes. On trouve également des têtes de flèches et de lances pourvues de dentelures.
Les pointes de flèche, fort nombreuses aussi, constituent des séries aussi riches que variées. Les unes, simplement triangulaires, portent des ailerons ou un pédoncule ; les autres sont évidées à la base ou portent des encoches symétriques au-dessus des ailerons.
Il faut ajouter à toutes ces pièces des massues discoïdales en pierre dure percées d’un trou d’emmanchement : des grains de collier en cornaline et en coquillages, des bracelets en nacre, en albâtre, en roche schisteuse et en silex. À côté de ces objets de parure, il faut
citer encore des figurines ou palettes taillées dans la roche schisteuse, représentant des ornements et des animaux : tortues, poissons, oiseaux et autres bêtes dont les yeux sont indiqués par de la nacre ; des plaquettes triangulaires, en forme de disque ou rectangu— laires. On trouve encore certaines petites figurines en pierre, en os et en ivoire, des poinçons en os, des peignes en ivoire, décorés de petits animaux, puis des pendeloques
en os et en coquille, de formes diverses mal définies. Aux séries si variées composant ces
mobiliers funéraires, il faut enfin ajouter quelques objets en métal (cuivre ou bronze): rases, coupes, anneaux, hachettes, couteaux, épingles, poin— cons, aiguilles, etc.
On remarque enfin que plusieurs des nécropoles qui ont donné les mobiliers funéraires dont je viens de faire Pinventaire sommaire renferment des tombeaux offrant l'aspect de véritables constructions. Celles-ci, en brique crue, se composent de plusieurs chambres, qui conte naient, comme à Abydos et à Négadah, des sépultures de rois dont les noms sont révélés par des sceaux et des stèles..……
M. de Morgan, de même que M. Amelineau, considère jourtant les tombeaux royaux de Negadah et d'Abydos comme appartenant encore aux temps préhistoriques, et d’une époque de transition entre le néolithique et l’arrivée des métaux. « Leur archaïsme, dit-il', est indiscutable; leur origine royale n’est pas moins certaine. Quant à leur âge, il est difficile de le fixer, car on peut tout aussi
ien les attribuer à des rois autochtones qu’à des souverains
rentrant dans la première ou la deuxième dynastie. Mais à
Fig. 10.
a manière de voir de MM. de Morgan et Amelineau, les : AS EN SILEX, NÉCROPOLE
. (1/2 gr. nat.)
égyptologues les plus autorisés ont fait des objections
uissamiment motivées.
M. Maspero ?, par exemple, ne croit pas au prétendu archaïsme des tombes royales découvertes par M. Amelimeau. Il pense que rien ne justifie une supposition aussi hasar— deuse que de faire remonter les sépultures d’Om el Ga’ab aux temps préhistoriques. € Je suis Convaineu, moi aussi, ajoute-t-il, qu’il existe des monuments antérieurs à Ménès. J’ai souvent signalé Abydos comme pouvant en conserver plusieurs, au même titre que les environs du Sphinx. Toutefois, avant d'admettre que les trouvailles de M. Amelineau rentrent dans cette catégorie, j’aurais voulu qu’il me fournit une preuve, une seule, qu’on ne peut les attribuer ni aux trois premières dynasties, ni aux VIT, VII, IX et
® dynasties. » Mais depuis la question a été tranchée par la lecture des inscriptions archaïques découvertes dans ces nécropoles. À Abydos on reconnait d’abord les noms de
quelques rois de la première dynastie et, peu après, le nom de Ménès sur une plaque en
1 De Morgan, loc. cit., p. 83.
? Revue critique, 8 février 1897.
L'Ecypre.
RORI
:ATIONS ANCIENNES
ivoire du tombeau de Negadah. Il existe donc plus de doute sur lancienneté de ces nécropoles ; elles ne peuvent plus être considérées comme préhistoriques.
Les sépultures d’'Abydos, comme celles de Negadah, révèlent un fait de la plus hau
importance, bien qu’il ne soit pas isolé, c’est-à-dire la persistance de l’industrie de la pierre au milieu d’une civilisation plus avancée et en possession des métaux.
On voit que M. Flinders Petrie! a trouvé dans les ruines de Æahoum qu’il a fouillées en 1889, et qui sont situées près de la pyramide d’Ilahoum construite par un roi de la XII dynastie, de nombreux silex taillés semblables à ceux des tombes d’Abydos. Tout
semblait démontrer que cet outillage, pareil à celui des néolithiques, se rapportait
non à des usages funéraires, mais aux besoins journaliers de la vie. Les mêmes faits ont été
constatés par le même archéologue, dans les ruines de Gourob, qui datent de Toutmosis LIT et de Ramsès II.
Le silex est si abondant en Egypte qu’il ne serait pas surprenant que l’on ait continué à l’employer dans toutes les circonstances où il pouvait économiser le métal. A toutes les
époques, comme de nos jours, l'Egypte a offert le contraste singulier de populations possédant encore les usages les plus primitifs à côté de maitres pourvus d’une civilisation avancée. Il est possible qu’une partie des usages des néolithiques ait persisté chez les paisibles Fellahin de la XII ou de la XVIII dynastie, de même que les Nubiens Bicharieh de notre époque ont conservé l'usage des vases en pierre. Il en est de même, chez tous les riverains du Nil, de Pusage persistant de la chadouf que lon voit déjà représentée sur les murs des tombeaux de l’ancien Empire. Mais il faut reconnaitre que ces survivances ne sont que des exceptions localisées se rapportant à des usages spéciaux et non à l’ensemble d’une civilisation.
On a reproché à M. de Morgan d’avoir nié la persistance de l'emploi du silex pour
les usages domestiques pendant les temps historiques. C’est qu’en effet, on ne peut considérer: les faits présentés en faveur de cette manière de voir que comme des exceptions.
& Nous connaissons aujourd’hui, dit-il?, bon nombre de localités renfermant des ruines du moyen Empire. Les principales sont : Dashour, Lisht, Hawara, Kahoum,
Gourob, Beni-Hassan, Siout, Gournah, Assouan. Or, de tous ces points, aucun de ceux
où 11 n’a été possible de suivre les recherches n’a présenté un nombre important de silex taillés appartenant, d’une manière certaine, au moyen Empire, et constituant de véritables gisements. » Si les conclusions de M. Flinders Petrie, au sujet de Gourob et de Kahoum sont justes, ces localités constituent des exceptions uniques en leur genre. Je suis plutôt porté à croire que les monuments de la XII dynastie ont été construits à Kahoum et à Gourob sur l’emplacement d'anciennes stations néolithiques. La nature et le grand nombre des objets qui y ont été trouvés sont en faveur de cette hypothèse.
On a signalé d’autres faits importants tendant à prouver la persistance de l'emploi du silex jusqu’à l’époque de la XIT° dynastie, mais ils ne sont pas concluants. L'un d’eux est relatif à la découverte que M. J.-E. Gautier? a faite durant ses fouilles de Lisht près de Maharraq. Là se trouvent deux pyramides, l’une, celle du sud, construite par
1 Kahun, Garob and IHawara, London, 1890.
* De Morgan, Loc. cit., p.
* J.-E. Gautier, Fouilles de
Lisht (Revue archéolog., 1896).
e roi Amenembât I* (XII dynastie), l’autre, celle du nord, par son successeur Ousirtasen [, Or, sous la pyramide du nord, M. Gautier à trouvé de nombreux silex aillés. Il y en avait jusque dans le mortier qui reliait les pierres de la pyramide. On ne
eut done douter que sur ce point existait une station de l’âge
Des faits de ce genre ne sont pas rares en Europe, et i sépultures gauloises ou mérovingiennes qui n'aient rencontr unéraires de ces époques, quelques silex taillés. Tout le mont gaulois du mont Beuvray près d’Autun dont les vestiges repc hiques. Mais ces considérations n’autorisent personne à ra remières dynasties plutôt à l’époque néolithique qu’à l’âge du
Quant à l’assertion de M. Griffith tendant à démontrer q jusqu’à la XII dynastie, elle repose sur: une fausse imterpré
représentées sur l’un des tombeaux de Beni-Hassan !. Je sui
de la pierre.
est peu d’explorateurs de é, au milieu de mobiliers e connait le superbe camp
rs néoli—
sent sur des foy tacher les nécropoles des bronze.
ue l’emploi du silex à duré ation de certaines scènes
S disposé, aussi bien que
M. Griffith, ‘adoption définitive des métaux, mais je ne crois pas qu'il parvienne à faire partager
à admettre que lusage du silex a continué longtemps encore après
son opinion à quiconque regarde d’un peu près les peintures dans lesquelles il voit des
iommes taillant des couteaux. La planche VIIT, de son ouvrage représente plutôt la
abrication d’une écuelle que la taille de couteaux en silex?. D'ailleurs, M. de Morgan a fait justice déjà des nombreuses affirmations qui ont été présentées en vue de dé montrer le peu d'ancienneté relative à laquelle remonte l’âge de la pierre en Egypte, comme on a cherché à le faire, jadis, pour l’Europe.
Un fait positif et indiscutable ne reste pas moins acquis, c’est que l’industrie néoli-
thique arrivée à son apogée a persisté dans la vallée du Nil, alors qu’une civilisation déjà fort avancée s’y était développée. Sous des influences dont les origines sont encore peu connues, se sont infiltrés la connai:
ance des métaux et de nouveaux usages, en même temps que s’installaient les premières dynasties royales. Mais ce ne sont plus là des
événements préhistoriques : c’est l’aurore de l’histoire qui se montre.