CHAPITRE IV
OUDANAIS ORIENTAUX
ETHNOGÉNIE ET ETHNOGRAPHIE
Les habitants de l'Egypte proprement dite, tant de fois envahie par des conquérants
de races et d'origines si différentes, sont en contact intime depuis la plus haute antiquité avec les nègres du Haut-Nil et des régions adjacentes. Cette terre des Pharaons, dont les
limites naturelles sont marquées au sud par la première cataracte du Nil et, au nord, Jar >]
Pembouchure de ce lement inondée par eaux.
L'Afrique équa
leuve dans la mer Méditerranée, devait être, à certaines époques, fata— des flots humains, tout comme elle est périodiquement par les
oriale, ce grand réservoir, est aussi une grande réserve humaine. Si
des lois naturelles régissent la marche des cours d’eau, il en est aussi qui régissent la
marche des populations. Celles-ci descendent généralement les fleuves, qu'ils s’écoulent
vers le nord ou vers le sud. En Egypte, tout a concouru à pousser les populations à suivre
le cours du grand f les Oua—Oua que Per
on à une preuve certaine que ces tribus négritiques ont, dès l’époque de la VI dynastie
euve depuis ses origines jusqu’à la Méditerranée. C’est ainsi que, si i Merina repoussa victorieusement de ses Etats sont bien des Nègres,
memphitique (c’est-à-dire vers 2500 avant J.-C.), tenté des incursions sur la frontière méridionale de l'Egypte.
Des inscriptions du moyen et du nouvel empire, c’est-à-dire des premières dynasties thébaines (2000 à 1500 avant J.-C.) relatent, d’après les Éeyptologues, des luttes nom— breuses à la suite desquelles furent introduites des masses considérables de captifs des deux sexes. « Sinombreuse fut cette classe mfortunée que ce fut la gloire des rois égyptiens, nous dit Diodore, d’avoir fait construire les monuments de Louqsor et de Karnak par des étrangers seulement. » De l'esclavage des nègres — en particulier — les peintures et les sculptures nous donnent d’abondantes images. € Les Noirs, dit Sir G. Wilkinson, désignés comme natwrels de la terre étrangère de Coush, sont généralement représentés sur les monuments égyptiens comme des captifs ou des porteurs de tributaux Pharaons. »
On n’a pas encore déterminé d’une façon précise l’époque à laquelle appartiennent les plus anciennes représentations de nègres. Un des faits les plus certains, c’est la « Procession » de l’époque de Touthmès IV à Thèbes, dans laquelle des nègres figurent comme apportant des tributs à ce monarque ; cette scène date d'environ 1700 ans avant Jésus-Christ.
M. Wilkinson décrit une peinture dans une catacombe de Thèbes de l’époque d’Aménophis IL, dans laquelle ce roi, assis sur son trône, reçoit les hommages et tributs de diverses nations. Parmi celles-ci sont représentés plusieurs € chefs noirs de Koush en Ethiopie » dont les présents consistent en anneaux d’or, pierres précieuses, panthères, et
des peaux d'animaux à grandes cornes dont les têtes sont étrangement ornées de mains et
de têtes de nègres. L'auteur ajoute que ces dernières effigies étaient probablement artifi— cielles, car le peuple de Koush n’aurait pas décapité ses propres enfants pour orner ses tributs à un prince étranger; cependant, à cette.même époque, ces symboles étaient clairement employés pour exprimer l’abaissement et le vasselage le plus abject.
D’autres figures de nègres sûrement déterminées, comme époque, sont trouvées sur les monuments de Ramsès IT, Ramsès LIL, sur différents points de l'Egypte etde la Nubie. Le premier de ces rois, qui appartient à la XIX° dynastie, est représenté debout sur une plate-forme qui est supportée par des nègres agenouillés.
On doit citer encore une autre scène gravée sur le temple de Beit-el-Oualli, en
Nubie, dans laquelle Ramsès IT est représenté dans une bataille contre les nègres ; ceux-ci,
défaits, sont prosternés devant lui; au milieu d'eux, Ramsès figure sur son char.
La chasse aux esclaves, dont les Pharaons donnèrent parfois exemple, accrut encore ces importations qu’Arrien estimait à une moyenne annuelle de 3000 individus. Sous la domination des Turcs, ce chiffre a été beaucoup plus considérable et, d’après Hamont, le nombre des esclaves, pour la plupart nègres, que l’on transportait annuellement, il y a trente-cinq ans en Egypte, était de 10.000 environ.
in admettant avec Hamy et Morton? la moyenne d’Arrien, qui concorde avec celle de Maddenÿ, il faudra évaluer à 10 ou 12 millions la masse d’hommes, de femmes et
! Revue de l'Orient, t. II, p. 228, 1898.
? Les Nègres de la vallée du Nil {Revue d'anthrop., t. IV, 1881, p. 223). $ Crania egyptiaca, Philadelphie, 1884, p. 59.
Dans toute autre contrée, il n’en eût pas fallu 1 fondément le type de la race maitresse du sol. Mais, absolue, inclément aux émigrants de toute provenan s’établissait et se propageait en Egypte était infaillil masse des Égyptiens.
D’après Clot-Bey!, il n’y avait, en 1840, pas
total des esclaves nègres vivant en Egypte à 40.000,
importations.
Mais si les nègres soudanais ne se multiplient
métissages et ont-ils modifié le type du fond de la pc Von peut se poser. À priori, on ne constate aucune population de l'Egypte. Cest tout au plus si en s’ave Egypte, où le nombre des nègres est de plus en plus
rapproche de la Nubie, on rencontre des Fellahin et
dans cette région, d’abord parce qu’elle est plus rap que le gouvernement y cantonne, notamment à Asst
nombreux émigrants des contrées envahies par
Madistes. C’est d’ailleurs, grâce à ce concours de ci
Ils appartiennent à la grande famille des Soud groupes Nilotiques, Tehadien, Kanori et Nubien. Cet
tribus où peuplades.