STATUES TOMBALES EN PIERRE
se termine en gaine; la figure est large et plate, le cou court. Cette statue est |
| | Fire. 21. Fi@. 18. Fra. 19.
Kamene baba de la Russie méridionale, d’après Dusois De MoNTPÉREUX. coiffée d’un petit chapeau rond d’où s’échappent deux tresses réunies à leur extrémité. Le monument est en calcaire. |
L'autre statue, plus haute, est plantée dans la terre. On y reconnait difficile-
ment une forme humaine, car il n’y a ni bras, ni jambes, ni aucun détail apparent.
Ces deux statues ont été apportées à Piatigorsk de la station minérale d’Essen-
touk, à 15 verstes de Kislovodsk.
Guldens
Kamene baba de la Russie méridionale, d'après Dusois De MONTPÉREUX.
ædt dans ses notes ne parle pas de ces baba, qu'il ne vit sans doute
pas. Mais ilen a vu d’autres, qu'il a décrites; elles étaient situées dans les envi-
rons de Stavr
opol.
D’après le journal de Guldenstædt (13 juin 1783), la première statue qu’il ren-
contra représ
entait une femme. Enfoncée dans la terre, elle sortait à la hauteur
des flancs et s'élevait à 1,20 au-dessus du sol. Cette femme dont les coudes étaient
rapportés contre le corps tenait dans ses mains, appuyée contre le ventre, une
coupe ou
gobelet. Les seins de cette statue étaient énormes et pendants, les
épaules très larges, le cou court, orné de colliers; la tête grosse et ronde, la figure
plate, large, au nez presque aplati et les yeux très accusés. En somme une physio-
nomie nogaï.
La coiffure consiste en un chapeau analogue à celui de la statue précé-
STATUES TOMBALES EN PIERRE 69 dente. La pierre couverte de mousse est un conglomérat de couleur jaune clair. Le monument est situé sur une petite élévation ou tertre aux environs duquel on en trouve un certain nombre d’autres également surmontés d’un monument de même nature.
À 5 verstes de cette statue, dit toujours Guldenstædt, il en existe un autre du même genre. Il représente un homme et s'élève à 1",60 au-dessus du sol à partir pu tronc. La tête est ronde et ne laisse voir aucun traits de la figure. Ces baba sont érigées ici, dit-il, en mémoire de quelques célèbres Nogaïs, car ces derniers portaient des ornements fort analogues à ceux des statues.
Un peu plus loin, Guldenstædt, venant de la région du Kouban, parle d’une baba colossale, nommée Ælterkath. Enfin, sur la route de Piatigorsk à Madgïar il est un endroit, dit-il, nommé Xara-Katwn (femme noire), à cause d’une statue représentant grossièrement une femme qui se trouvait dans un steppe voisin.
Malheureusement Guldenstædt donne peu de détails sur toutes ces zamene baba. Il les divise pourtant en hommes et en femmes, suivant la coiffure, et d’après leur
costume et leur type il les rattache à une race orientale. Comme on le voit, le
vague de ses affirmations est peu compromettant. Ces monuments par leur exécution, la vétusté de la pierre et l'absence de toute
inscription peuvent être considérés comme les plus archaïques de la série. IL nous
reste à parler de cel
de ces statues qui portent des inscriptions. M. Filimonoff fait une distinction entre les baba proprement dites ou bonnes. femmes en pierre, et ces dernières qu'il appelle statues tombales. Elles sont sans doute plus récentes que les
précédentes, mais elles paraissent être certainement la continuation de la même
coutume conservée par les descendants du peuple qui, le premier, éleva les kamene baba. Celles-ci datent vraisemblablement de l’époque païenne, quoique quelquesunes présentent des ornements en croix grecques.
Parmi les nombreux débris des monuments funéraires de la Kabarda, se trouvent des statues en pierre ornées de dessins en relief et d'inscriptions erecques, datant sûrement de l’époque chrétienne. Ces statues, dit M. Filimonoff, marquent très probablement le passage de l’époque païenne à l’époque chrétienne, On en a trouvé une erande quantité dans le nord du Caucase et dans le sud de la Russie. Il
faut rattacher sans doute à ce dernier groupe les statues mentionnées précédemment
par de Gille.
Gauc. III. 9
On peut voir un de ces monuments à Piatigorsk. C’est une statue en plerre repré-
sentant un guerrier armé, trouvée sur l'emplacement d’un tombeau, sans doute le
sien. situé au bord de la rivière Etoka, à 20 v.
tes environ au sud de Piatigorsk,
près de la stanitza Zolsky. Nous empruntons sa description à M. Filimonoff”. La
statue, qui a près de 2",80 de hauteur, est taillée dans un bloc de calcaire; elle ne
Fi. 27. — Kamene baba dite de Pialigorsk, d'après une photographi
présente que le buste jusqu'aux cuisses, et se termine en une g
dont chaque face est ornée de dessins en relief. La tête sans apparence de barh de cheveux, est coïffée d’un petit bonnet ou chapeau rond. La figure est p quadrangulaire, sans aucune expression, le cou très court, les épaules larg
mains croisées contre la poitrine. La main droite tient quelque chose de semh
aine quadrangu
aire e ni
ate,
s, les
able
à une corne. Ce guerrier est couvert d’une sorte de cotte de mailles courte, qui ne
descend ouère plus bas que la ceinture. Sur la nuque est représentée une croix
gravée en creux. Il porte une ceinture à droite de laquelle on voit un cart
uois
1 Indicateur de la Société des wrts anciens russes au Musée public de Moscou, rédigé par Filimonoff, n°s À
à 12, 1874 à 1876, in-folio, p. 66, en russe. Moscou, 1876,
STATUES TOMBALES EN PIERRE 71 avec cinq flèches ; à gauche, un arc et un sabre à poignée recourbée, le tout figuré | I £ poig 8
dans des proportions très minimes. Du côté de la face, la gaine porte une inscription |
dont nous parlerons plus loin, et au-dessous, un dessin en relief représentant un
groupe d'hommes réunis autour d’un vase énorme ressemblant à une jarre (fie. 27). Un des hommes vu de face plonge la main droite dans ce vase; à gauche, un autre semble tenir un verre; à droite un troisième à genoux tend aussi un verre. Audessous sont représentés deux cavaliers croisant le fer de leurs lances. Sur l’autre
ace on voit un chasseur armé d’une massue, devant lequel court un cerf. Un peu
lus bas que ce groupe sont deux hommes s’envoyant des flèches. Enfin, on voit | encore sur cette gaine un guerrier armé d’un pieu qu'il tient comme un balancier, |
uis un autre, sans doute saint Georges, brandit une lance de la main droite, tandis
que de sa main gauche il tire par une chaîne un énorme dragon à cinq têtes dont le
corps plusieurs fois enroulé occupe presque toute la face postérieure de la statue. Cet
homme tient quelque chose sur son épaule droite qui ressemble à un lazzo.
Quelque vagues que soient ces hiéroglyphes, dit M. Filimonoff, il est pourtant acile de comprendre qu’on a voulu représenter d’un côté un héros (saint Greorges |
sans doute), aux prises avec un monstre, de l’autre quelques-unes des distractions |
avorites des peuples de l’époque : jeux guerriers, chasses aux animaux sauvages,
et peut-être aussi immolations humaines. !
Cette curieuse statue avait déjà attiré l’attention de Guldenstædt qui, lui, la vit à sa place primitive, alors que l’inscription n’avait subi aucune mutilation.
Voici ce qu’il en dit dans ses notes du 19 juin 1773 : « Sur une hauteur, à l’es de la rivière Etoka, en face de la montagne Témirkoubachek, un peu plus au nor et près d’une magnifique fontaine, se trouve une statue portant une inscription don les lettres sont très semblables à celles des statues de Tchégem et de Baksan. Chez | les Tcherkesses, cette statue est connue sous le nom de Dowka-Bek, mais on ne sait
pas d’où lui vient ce nom. Ces lettres ressemblent en partie aux lettres grecques, en
jartie aux lettres slaves. Les croix et le chevalier saint Georges démontrent d’une | Le]
façon assez claire que cette statue est due aux mains de Grecs chrétiens. » Puis i
donne de ce monument une description analogue à la précédente. Mais malheureu-
sement Guldenstædt ne chercha pas à lire cette inscription qui, depuis, s’est effacée
et a presque complètement disparu.
ee
{ fl | |