USTENSILES ET DIVERS
Cette catégorie d’objets faisant partie des mobiliers funéraires est beaucoup moins
intéressante que les bijoux et les armes au point de vue artistique,
mais elle présente
une importance tout aussi considérable au point de vue de l'ethnographie des peuples
scytho-byzantins.
HAcHES ET PIQUES. — Sous ce titre, j’ai rangé deux ustensi rents parce que plusieurs pièces présentent deux tranchants disti à tailler et l’autre à piocher ou à piquer. L’un de ces types (PI. X pelle quelques haches en bronze ; quant à l’autre (PI. X) il se rap et des piques actuelles.
Coureaux er rrRancHeTs. — Ces ustensiles, des plus vulgaire
es d’usages difféncts, l’un servant I, n° 1 et 3) rap-
roche des haches
s à notre époque,
ont été trouvés rarement dans les nécropoles caucasiennes de l’époc
ue scytho-byzan-
tne. Les lames des couteaux diffèrent peu de celles des épées, à part leur longueur
qui est moindre. Ils sont identiques à ceux que j'ai trouvés d
carolingiennes de Paladru, non loin de la Grande-Chartreuse ‘.
1 ErNesr CHanTre, Les Palafittes ou constructions lacustres du lac de Paladru, in-fo
ans les palafittes
lio. Lyon, 1870.
Les tranchets sont encore plus rares que les couteaux, ils consistent en lames courtes et larges, et paraissent avoir été destinés à préparer et à couper des peaux.
FAUX, FAUCILLES ET FORCES. — Quoique fort rares, ces ustensiles ont été trouvés quelquefois dans des tombeaux à Komunta. Les faux comme les faucilles ont des lames étroites et des soies larges ; leur courbure est légère.
Les forces sont semblables à celles que l’on emploie de nos jours et ne présentent aucune particularité.
Paiexes. — Cet objet, qui a fait son apparition durant l’âge du bronze, a pris son véritable développement avec l'emploi définitif du fer, et surtout avec l’adoption du miroir.
Les débris de cet ustensile découverts dans les nécropoles scytho-byzantines montrent qu'il était en bois et de forme rectangulaire comme ceux des palafittes carolingiennes.
Miroirs. — Vers la fin de la période protohistorique cet ustensile avait fait son apparition, mais ce n’est que très rarement qu’on l’a rencontré dans les tom-
beaux caucasiens. À Komunta, à Galiate et dans les nécropoles du même eroupe
et de la même époque on le trouve très fréquemment. Il affecte la forme discoïdale (PI. VI, VIII et IX); ses dimensions varient entre 0",6 et 0",10 de diamètre. Le bronze dont ils sont faits est blanc et renferme jusqu’à 30 pour 100 d’étain. La plupart de ces disques sont pourvus d’une belière sur le revers et d’ornements en relief : cercles, triangles, étoiles, ete. Ces miroirs sont identiques à ceux que l'on a trouvés à Minussinsk et dans les pays ouralo-altaïques ‘.
Mors DE BRIDES. — Après avoir été successivement en os, en bois de cerf, puis
en bronze pendant les deux premières périodes de la métallurgie, le mors de brides
a été fait avec le fer. L’emploi du bronze fut complètement abandonné pour sa fabri-
cation du jour où ce métal a été employé exclusivement pour la confection des outils et des armes tranchantes. Les premiers essais qui en ont été faits sont naturellement
rudimentaires (PI. XII, n° 7). L'un des exemplaires découverts à Komunta pré-
sente une tige et des montants quadrangulaires ; la tige est brisée, et les anneaux
qui les relient ainsi que ceux qui se trouvent à ses extrémités ont été simplement
£ AspeLiN, loc. cit., p. 66, fig. 293; p. 71, fig. 323, 324, 325, 326; p. 113, fig. 468.
rejoints au marteau et non soudés. Il est très analogue à ceux que l’on a découverts à Vladimir ‘.
ÉrriEer. — Cet ustensile qui, actuellement en Kabarda et dans d’autres récions
du Caucase est encore en bronze, était déjà en fer à l’époque qui nous occupe. Dans
les nécropoles de la Digorie et de la Kabarda on a trouvé plusieurs étriers de forme | assez rudimentaire, et n’ayant que des rapports éloignés avec ceux que l’on emploie actuellement dans le pays ; ils se rapprochent plutôt de ceux qui ont été extraits des
kourganes du pays des Mérie
Céramique. — De nature grossière, la c
unique des nécropoles digoriennes, |
osséthiennes et kabardiennes aussi bien que celle des kourganes est peu variée, et
les formes en sont peu gracieuses. Elle ne présente guère que trois types prin-
paux : les pots proprement dits, tous pourvus d’anses simples (PI. XXI) ou doubles | à col plus ou moins déve oppé et à panse moyenne (PI. XXI, n° 4) et les cruches
< ne D e | (PI. XXII) avec des goulots quelquefois étroits. Quelques-uns sont pourvus d’un
long bec tubulaire. Tous ces vases sont faits d’une terre gris noirâtre et moyenne-
ment fine. Les fonds sont tous plats et très souvent ornés au centre d’une croix inscrite
dans un cercle. À part cet ornement, assez simple du reste, ces vases sont rarement décorés; quelques quadrillés droits où en diagonale sont, avec quelques cordons,
les seuls motifs que l’on rencontre sur cette céramique qui contraste d’une façon
si extraordinaire avec la plupart des autres objets composant ces mobiliers funéraires,
et chez lesquels on observe parfois un développement artistique fort élevé. |
A côté de la céramique essentiellement indigène, on doit placer quelques objets en verre que l’on a trouvés surtout à Samthavro, et qui paraissent avoir été importés des grands centres de civilisation du Pont, en même temps qu'un grand nombre d’autres objets décrits précédemment.
Les spécimens de vases en verre de Samthavro appartiennent à la catégorie des
petites ampoules dites lacrymatoires (PI. XXV) ct ne présentent qu’un intérêt secon- |
la nature du verre dont elles sont faite. Le plus remarquable est le numéro 10 de la
1 ASPELIN, loc. cit. p. 210. fi
| daire. Quelques pièces cependant sont dignes d’attirer l’attention par leur forme et |
£ Aspeuix, loc. cit., p. 210, fig. 967.
planche XXV qui est en verre violet.
oujours si nombreux quand on classe
La panse, de forme ovoïde, est ornée d’une
série de nervures ; le col étroit et terminé par une embouchure très évasée, estrelié à
a panse par deux anses en cou de eygne. Le numéro 3 est en verre blane et d’une orme plus commune, ainsi que la plupart des autres types qui se rencontrent fréquemment dans les milieux gréco-romains et surtout dans les pays phéniciens.
Divers. — Parmi les objets pouvant être rangés dans la catéoorie des divers,
e matériel des mobiliers funéraires, on doit
citer ceux qui appartiennent aux vêtements. On remarque tout d’abord des débris
de chaussures et de sacoches en cuir
et de manteaux de laine, puis de nom
des restes de bonnets
e diverses grandeurs ;
eux fragments de lanières provenant sans
doute de harnachements. Un certain nombre de ces lanières doivent être rapportées à
des accessoires de vêtements comme la
Enfin on doit citer des débris de se
dur ; des dés à jouer en os, ete, etc.
plupart des Caucasiens en portent encore.
les ainsi que des caisses ou cassettes en bois