MINES DE CUIVRE
Les mines de cuivre sont fort nombreuses au Caucase et leur importance commence à être connue en Europe.
M. Davidoff, propriétaire de mines en Kakhetie, dans une étude * qu'il vient de publier sur les gisements de cuivre de l’isthme caucasien, les divise en cinq groupes
principaux, qu'il classe d’après l'ancienneté de leur exploitation, savoir :
4 Fr. LENORMANT. Les premières civilisations, t. I, p.86.
? Davinorr, L'industrie du cuivre dans la Transcrucasie. Odessa, 1884.
4) Groupe du Tchorokh, fleuve côtier de la mer Noire, dont l'embouchure se trouve à Gounich, au sud et non loin de Batoum, et dont les principaux centres cuprifères sont situés entre la frontière turque et Artvin, à Khod-elia, Melo, Ortjok et Goumich-Khane.
2) Groupe du Zanguezour, au nord de PAraxe, en aval de Nakhitchevan.
3) Groupe du Bortchalo, affluent de la Koura, comprenant les gisements d’Akhtala, de Chamblouk et d’Alaverd ainsi que, plus à l’ouest, celui de Dambloud, sur la Chrama.
4) Groupe d’Elisavetpol formé principalement des exploitations de Kedabek et de Kalakent sur la Chemkoura, affluent de la Koura.
5) Groupe de la Kakhétie, situé dans la région de Telav, sur la rive gauche de V'Alazan.
Outre ces gisements de premier ordre, Bayern m’en signale un certain nombre de moindre importance en Abkhazie, en Tzebelda, en Somkhetie, en Digorie et sur l’Akstafa. Il croit aussi que la région granitique des sources de la Kobanka (Ghisel-don) n’est pas dépourvue de cuivre et de plomb. Il a trouvé des traces de ce dernier métal dans le granit près de Darial et de la pyrite de cuivre dans la vallée de l’Ardon‘.
Enfin je dois à M. l'ingénieur Léger, de Lyon, qui a fait plusieurs voyages dans
la grande chaîne et dans les ré
gions voisines, la connaissance d'anciens puits de mines de cuivre. Ces puits, fort nombreux aux environs de Krinovski-Outara, près de Backmont (bassin du Donetz) atteignent une profondeur de quatre à cinq mètres sur un mètre de diamètre. La disposition des attaques et la découverte au fond de
ces cavités d’un certain nombre de haches et de marteaux en roches dures (diorite,
quartzite) montrent des exploitations fort primitives. Elles consistaient dans l’extraction de malachite et d’azurite faciles à traiter et dont les belles couleurs avaient
dû de bonne heure attirer l’attention.
On retrouve sur les parois de ces puits des entailles en échelons sur un côté, tandis que la face opposée est polie et lisse. Les ouvriers qui exploitaient sans
boisages et se transportaient ailleurs dès que l’excavation atteignait une certaine
1 Bayern. Notes manuscrites.
AGE DU BRONZE 81 profondeur, devaient descendre et monter les charges en appuyant le dos contre la paroi.
Il serait intéressant de faire des recherches aux environs de ces gisements. Peut-être y découvrirait-on des traces de fonderies qui sans doute nous renseione-
raient sur les procédés des anciens métallurges de ces rl
ions, ainsi que sur les
diverses époques pendant lesquelles on a utilisé ces minerais.
Nous avons à faire remarquer la ressemblance des instruments en pierre découverts dans les anciens puits de Krinovski avec ceux qui ont été employés dans les antiques gisements de l’Angleterre, de l'Espagne, ainsi que par les Peaux-Rouges, jour l'exploitation du cuivre natif dn lac Supérieur.
Les mines de cuivre du Caucase sont tout au:
considérables que celles de la Hongrie et de Chypre, régions qui ont été signalées comme centres ‘de produc-
ion initiale du bronze. Il n’est cependant pas probable que l'invention de cet
alliage en soit sortie. En effet, une grande richesse en minerai de cuivre ne suffisait
as aux Caucasiens pour produire le bronze; il fallait encore avoir à proximité
‘étain, élément indispensable à sa fabrication; or, ce dernier minéral est rare au
Caucase, si toutefois même il y existe.