‹ Recherches archéologiques en Algerier /par Stéphane Gsell. Avec des planches exécutéesChapitre 22 sur 266 · T. XVII (1891), p. 416, n · texte numérisé non relu

T. XVII (1891), p. 416, n

4. Au second vers, je supplée opus qui rend le vers encore plus faux, mais il faut uo mot très court, le bas de la palme rouge prenant une partie de la place à gauche. Cf. pour ce vers une inscription que Sixte III fit placer à San Pietro in Vincoli, à Rome :

Presbyteri tamen hic labor est et cura l'hilippi,

vers qui fut copié avec de légères variantes dans une inscription de l'église d'Aïn-Ghorab, près de Tébessa :

[Pr]esb[yteri ta]men hic olpus est] et cura Probanti.

Voir à ce sujet de Rossi, Bull, di archeologia cristiana, série III, t. 111 (1878), p. 14 sq. La restitution [Pot]enti est de M. de Uossi. — [Sibi qui gau]det est de M. l'abbé Duchesne. — Vers 4 : M[arttjr] peut être considéré comme certain, on voit encore l'attache de l'A et la place est suflisante. — Vers 6 : [gau]dens, restitution de M. Gagnât. — Vers 7 : [m]eritum, de M. Gagnât ; M. de Rossi propose NT {intei-itu7n), mais avant ...eritum, il ne me semble pas qu'il y ait un T. — Même vers : pro[bavi]t, de M. Gagnât. Le sens des deux derniers vers semble être : « heureuse d'accorder au saint Potentius une faveur réciproque, elle a rendu témoignage de son mérite dans le royaume des cieux. »

Les vers sont détestables, ce qui ne doit pas nous étonner dans une inscription do cette époque et en Afrique, pas plus que le mauvais jeu de mots Sulsa dulciornectare : M. Le Riant a cité plusieurs exemples analogues sur des inscriptions chrétiennes oupayennes' et l'on sait que des pointes semblables se retrouvent dans les écrits des plus illustres Pères africains.

Au sujet de notre inscription, M. de Rossi a fait une conjecture des plus ingénieuses». Cest lui qui a vu que la fin du si.\ième vers contenait un nom propre, Potenlio, et qui a reconnu le même nom à la fin du second, [Pût]enti. — Il est même allé plus loin et il s'est demandé si l'on ne pourrait pas identifier Potentius avec un personnage déjà connu. Dans une lettre aux évêques de la MauretanieCésarienm^, écrite avant 455 et probablement vers 446% le pape Léon le Grand dit qu'ayant appris que des élections irrégulières d'évêques avaient eu lieu dans cette province, il avait précédemment chargé Potentius d'une enquête à ce sujet : ... vicem citrae noslrae proficiscenti a nobis fratri et consacerdoti nostro Votmtio delegantes, qui sccundum smpta* quaep.r ipsumndvos direximus, de episcopis quorum culpabilis ferebatur eleclio quid veritas haberet inquireret, nobisque omnia fideliier indicaret. Unde quia idem plenissime notitiae nontrae cuncta reseravit, et sub quibus qualibusque rectoribus quaednm Chrisli plèbes in partibusprovinciaeCaesariensis habeantur sincera nobis relatione patefecit , etc.. Plus loin saint Léon l'appelle fratris nostn Potentii '. Potentius était donc un évêque qui était allé à Rome et qui lors de sou départ avait été chargé parle pape de cette mission en Maurétanie Césarienne.

Le rapprochement fait par M. de Rossi est très séduisant. Le nom Potentius est rare*. Rien dans l'inscription n'empêche de la

1. Inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. I, p. 34 sq. ; L'épigraphie chrétienne en Gaule et ilam l'Afrique romaine, p. 11, n. 2. Par exemple, celle-ci (C. /. L., Vi. 19055) :

3oc iacet in tumulo secura Glyconis honesto : Bulcis nomine eral, anima quoque dulcior usque.

i. Voir Comptes rendus de l'Académie des inscriptions (1891), p. 194 (leltr* de M. Geffroy).

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