‹ Recherches archéologiques en Algerier /par Stéphane Gsell. Avec des planches exécutéesChapitre 23 sur 266 · L. c, p. 653, chapitre u · texte numérisé non relu

L. c, p. 653, chapitre u

6. Je ne le trouve ni dans les inscriptions d'Afrique, ni dans les inscriptions chrétiennes publiées pir MM. LeBlaat. Hûbner, de Rossi {Romasotfrranea QtBull. di archeologiacristiana). Dans les inrficw des divers volumes du Corpu», je ne le trouTf qu'une fois (II, 4313).

dater du milieu du V siècle'. Enfin cette époque paraît bien convenir aux travaux d'embellissement qui y sont mentionnés. Venus d'Espagne en 4?.7, les Vandales avaient ravagé l'Afrique et les édifices chrétiens avaient été surtout atteints par les dévastations de ces hérétiques. Praesertim, écrit Victor de Vite, in ecclesiis basUicisque sanctorum, cymiteriis vel monasteHis sceleratius saeviebant, ut maioribus incendiis domos orationis magis quam urbes cunctaque oppidaconcrerri'irent*. Mais par un traité conclu en 435 et renouvelé en 442, Genséric rendit à l'empereur Valentinien les Maurétanies qui eurent alors quelques années de répit et purent réparer leurs ruines. Celle tranquillité dura peu : en 455, à la nouvelle de la mort de Valentinien, Genséric s'empara de toute l'Afrique romaine.

Mais on ne doit évidemment rien affirmer; il est seulement assez vraisemblable que notre Potenlius est le même que l'évèque de la lettre de saint Léon.

Potenlius fit faire, d'après l'inscription, des embellissements à l'aulel. Quant à la mosaïque, elle doit être postérieure à la mort de Potenlius, car si l'inscription avait été faite de son vivant, les deux derniers vers seraient bien peu modestes*. Je crois que toute la mosaïque de la nef (sauf les raccords mentionnés plus haut) est d'une même époque : rien n'indique que l'inscription comméraorative ait été insérée après coup dans l'ensemble en prenant la place de plusieurs motifs ornementaux.

L'inscription ne se trouve pas au milieu de la nef : elle est, comme on peut le voir sur la planche V, beaucoup plus rapprochée du bas-côté de gauche que de celui de droite. On remarquera qu'il en est de même du tombeau de Fabia Salsa, antérieur à la mosaïque, le seul monument qui pendant un certain temps (la durée ne peut en être exactement déterminée) se soit élevé au-dessus de cette mosaïque en avant de l'abside. La coïncidence est-elle fortuite? J'examinerai cette question à la fin du chapitre suivant.

En avant du tombeau de Fabia Salsa, à l'ouest, on voit la trace d'un petit monument. Il y a là deux pierres parallèles émergeant à peine du sol, longues de o",82 et o™,8r, distantes l'une de l'autre

1. La forme des A et des H convient bien à celte époque (voir Hûhaer, Exempta scripturae epigraphieae lalinae. p. liv et lix).

2. Edition Pefschenig, I, 4. — Cf. Possidius, Vie de saint Augustin, chapitre xxviii .... aedtficia ecclesiariim quam plurimis locis ignibus concremata.

3. Il faut, si finscription est contemporaine de Rptentius, restituer pro\ba^i\t.

de cn.BS (voir la pi. V)". Elles sont postérieures à la mosaïque qu'elles coupent irrégulièrement, mais antérieures au socle sous lequel on cacha le monument de Fabia Salsa, car elles ne sont pas orientées de même. Leur orientation est au contraire la même que celle des petits côtés du cippe et du sarcophage en pierre. La construction qu'il y avait à cet endroit paraît avoir été rasée lorsqu'on fit le socle et la grille qui l'entoure.

Toujours en avant du tombeau, à la hauteur des quatrièmes piliers (mais un peu plus du côté de l'abside, voir les pi. I et V), on voit encore au ras du sol trois amorces rectangulaires en pierre*, disposée sur une seule ligne perpendiculairement à l'axe de l'église. Les nombreux débris que nous avons trouvés tout autour prouvent qu'il y avait là un cancel en pierre, fermant le fond de la nef, probablement avec une porte au milieu. Bien qu'on ne puisse pas l'affirmer, vu le mauvais état de la mosaïque à cet endroit, il est probable qu'il est postérieur à la mosaïque, comme semblent l'indiquer les vestiges des motifs avoisinants qui devaient se continuer aux endroits actuellement occupés par les amorces en pierre. — Ce cancel présentait des ornements découpés à jour. Les fragments de droite sont en si mauvais état qu'il a été impossible de les recomposer. A gauche, au contraire, un morceau important subsiste. Il est reproduit planche VII, figure n. L'une des extrémités est occupée par une croix monogrammatique, accostée de l'alpha et de Voméga; sur la branche horizontale de la croix, à gauche, est représentée une colombe. Le tout est enfermé dans un cercle'. Le style appartient, semble-t-il, à la seconde moitié du V' siècle*. Le reste du cancel est formé de ce côté par des séries superposées de demi-cercles^.

1. La plus Toisine de la tombe est simplement rectangulaire, l'autre présente un appendice faisant retour vers la tombe.

2. Celle de gauche mesure 0™,42 de long, celle du milieu 0™,38, celle de droite 0'n,39; largeur : 0^,iZ, 0™,24, Û™,iS.

3. Cf. une transenna trouvée à Alger : Mevue africaine, t. XIX, 18T5, pi. Il de l'article de Devouli. p. 425, n* i' .

i. Cf. en partirutier l'inscription d'Aïn-Abid (province de Constantine), publiée par deRossi, Bull, di archeologia cristiana, série III, t. I (18T6), pi. IV-V et t. II (1877}, p. 113 sq.; — la fenestella en marbre de Capoue publiée parle mén e eavant {ibid., série l'.I, t. VI (1881}, p. 147, pi. X, fig. 1} : M. de Rossi la croit imitée d'œuvres africaines.

5. Sur ce motif d'ornementation très fréquent, voir Holtzinger, Die altchnstliehe Architektur, p. 150.

VII. —Emplacement dr l'autel. Ou se trouvait le corps de sainte Salsa avant la construction du socle portant son sarcophage?

Dans les anciennes églises clirétiennes l'autel était placé, soit au lond de la nef, immédiatement en avant de l'abside, soit àl'intéi'icur même de l'abside. Pour ce qui concerne en particulier les églises d'Afrique, on a peu de renseignements sur la place de l'autel. Cependant on conmit plusieurs exemples d'autels placés dans la nef, non pas immédiatement, mais quelques mètres en avant de l'abside'. Voici ce que disent MM. Lavoignat et de Pouydraguin d'une basilique de Theleple(Feriana)- :«Des fouilles exécutées dans le chœur, à un mètre de profondeur et à deux mètres en avant de l'abside, ont amené la mise au jour de la confession. Le tombeau était recouvert d'un socle unique en pierre, portant quatre colon nettes encastrées d'ordre composite et se reliant au pavage en dalles du monument [c'est l'autelj. Ce socle, reposant sur un lit de sable fin et présentant au centre un évidement rectangulaire eu forme de cuvette, couvrait une mosaïque encadrée de torsades polychromes. » Cette mosa'ique est ornée d'une inscription où on lit les noms : [I]anuari et comitum^. « Sous cette mosa'ique, assise sur un lit de pouzzolane sèche, le sépulcre taillé dans le roc et recouvert de deux dalles renfermait des ossements. »— M. Pedoya décrit ainsi Tautel d'une autre basilique de Thelepte, situé cinq mètres en avant de l'abside* : « Au milieu de la cclla [lisez : du chœur], se trouve une large assise en pierres plates, formant saillie audessus du dallage. Cette sorte de soubassement présente de chaque côté trois trous carrés de même dimension, dans lesquels on a trouvé une assez grande quantité de morceaux de plomb. Cette trouvaille semble prouver que ces trous servaient à supporter la charpente en fer de l'autel, scellée au sol à l'aide de coulées de

1. Dans la grande basilique de Carlhage, fouillée par le Père Delattre, basilique qui présente du reste une disposition architecturale toute particulière, l'autel se trouvait au milieu de l'édifice (voir Delattre, Recueil de Constantine, t. XXVI, 1892, p. IHG et pi. 1).

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