‹ Recherches archéologiques en Algerier /par Stéphane Gsell. Avec des planches exécutéesChapitre 6 sur 266 · Catalogua codieum, p · texte numérisé non relu

Catalogua codieum, p

le gardien du phare, ce qui n'est pas naturellement un indice suffisant.

Le port antique de Tipasa, où la mer porta le corps de la martyre, se trouvait à l'est de la colline des temples, en avant de la colline orientale (voir le plan) 11 était assez petit et en partie fermé du cAté de la mer par deux îlots'. Sur l'ilot de Test, le plus petit des deuXjOnvoit encore le bas d'un gros mur en pierres de taille et en béton qui a dû servir de brise-lames. Des habitants de Tipasa m'ont dit qu'entre cet îlot et la côte, par conséquent sur le côté oriental du port, on voit encore au fond de la mer, par les temps calmes, les traces d'une jetée : je ne les ai pas aperçues pour ma part. Dans les flancs de la colline, en face des deux îlots, un escalier creusé dans le roc permettait de descendre au port : il est bien moins visible qu'il y a quelques années, car la mer en a fait récemment éclater la plus grande partie. Ce port devait être surtout un havre de refuge, car il n'y a pas de trace de quais de débarquement : le rivage est à pic à cet endroit. Il est probable que les marchandises se débarquaient, quand la mer était belle, à l'ouest de ce port antique, près du port actuel : là, le long d'une côte peu escarpée, on voit, semble-t-il, la trace d'une ligne de quais, taillée dans le roc*.

La sainte fut ensevelie près du port : {Corpus) in portum absqiie ulla iniuriae vexalione [mare] constituit, ac propemodum finilimum futiiro sepulchro ienaci admodiun in statione fundavit^. De plus, il résulte du récit de l'hagiographe que la sépulture de la martyre se trouvait en dehors du rempart, puisque Firmus, assiégeant Tipasa, put y accéder librement. Or, au sommet de la colline orientale, en face du port antique et à 3oo mètres environ des ruines en blocage du rempart, on voit encore les restes d'une grande basilique chrétienne entourée d'un vaste cimetière. L'hagiographe ne parle que d'une humble chapelle [brevi admodum tabeimacido), précédée d'un vestibule*, mais la piété des fidèles a du agrandir avec le temps le monument élevé en Ihonneur de la

1. C'est à cet endroit que d'autres personnes, plus compélentes que nous eu cotte matière, placent aussi le port antique. Voir amiral Moucliei, Instructions nautiques sur les côtes de l'Alrjérie (Paris, 187'J), p. 109; — Ports maritimes de la France (publication du Ministère des Travaux publics), t. VIII, première partie, p. 445-446. — M. Fischer {Petennanns Mittheilungen, t. XXXllI, 18(57, p. 8) suppose qu'il n'y avait dans l'aiiliquilé qu'une seule ile que l'action des vagues a depuis coupée eu deux.

2. La Cote a été aussi très rongée par les flots à cet endroit.

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