‹ Recherches archéologiques sur les îles Ioniennes (volume 3)Chapitre 16 sur 136 · I. — CORPOU · texte numérisé non relu

I. — CORPOU

de plusieurs autres , avec des fragments du fronton et de Tentablement, étaient disséminés dans le voisinage. D*aprës une tradition qu'on lui rapporta , les autres colonnes auraient été renversées par les midshipmen d*un bateau de guerre anglais, mouillé au pied des rochers.

Vischer, qui vint à Corfou en 1853, décrit ainsi les restes du temple {L L) : y> Le mur de la cella est encore en grande partie conservé, sauf le côté E.; au coin S,-E., une colonne cannelée est encore debout, entièrement conservée, avec son chapiteau ; plusieurs autres et beaucoup d'autres fragments d'architecture sont épars , en partie couverts à demi par la terre. A l'intérieur de la cella il y a un espace particulier , clos de murs , avec une seule ouverture donnant sur la cella, du côté N. «

Nous donnons plus loin la description des restes, bien moins considérables encore, qui existaient en 1876 (voyez p. 35 et suiv.) (1).

§ 7. — Après la découverte du temple de Cardachio vint en 1843 la découverte de la nécropole antique , voyez les articles d'Orioli dans la Gazetta degli Stati Uniti délie isole lonie (2), 1843, n*»» 668, 669 , 673. 1846 , no» 74 , 77 , 78 , 83 ; ces articles sont résumés comme il suit par Mustoxidi , p. 271 et suiv. :

» En octobre 1843 , on démolissait le fort du Sauveur (au S. de Corfou , à l'entrée de Kastradhis) , quand , sur la pente orientale du monticule et dans le terrain qui s'étend de là à la mer, on vint à découvrir un cimetière antique. On trouva d'abord des monnaies vénitiennes au nom d'Agostino Barbarigo (1486-1501) et d'Andréa Gritti (1523-1539), puis au-dessous, dans une couche formée de débris, des fosses pouvant contenir chacune un cadavre, rectangulaires, revêtues de briques sur les côtés et au fond, et recouvertes d'un toit de briques en forme d'échiné d'âne (3) , avec de la terre par-dessus. Au-dessous venait une couche de

(1) Railton donne aussi le dessin d'un chapiteau dorique trouvé, dit-il, dans une église ruinée à l'intérieur des lignes françaises. J'ignore quel est ce chapiteau et quelle est cette église.

(^) On trouve la collection de cette gazette à la bibliothèque de Corfou.

(3) 1846, n» 75, Orioli dit : « Çà et là, sur la colline, il y a aussi des fosses quadrangulaires, revêtues intérieurement de briques, et d'autres fosses qui présentent la forme d'une échine d'âne renversée , revêtue et recouverte anciennement de la même façon au moyen de briques. » — Mustoxidi semble ici avoir transcrit inexactement.cette^ phrase^d'Orioli.

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terre argileuse , également transportée en cet endroit , dans laquelle étaient ouvertes des fosses plus ou moins irrégulières , où l'on trouva, avec des fragments de vases , peut-être remplis à l'origine de matières grasses et résineuses , des os et du charbon , et de l'argile cuite et roussie par le feu à une profondeur de 3-4 doigts tout autour. Il y avait aussi des fosses où le charbon n'était pas bien brûlé et où l'on avait ajouté , dans la fosse ou par-dessus , de la chaux , pour achever de consumer le corps d'abord brûlé imparfaitement.

» Entre ces fosses, à différents niveaux, on trouva un bon nombre de vases , grands ou petits , de terre cuite sans vernis , dans le genre des vases à vin ; les petits finissaient quelquefois en pointe comme les amphores , mais n'avaient ordinairement pas d'anses ; les grands , semblables à d'immenses jarres , pouvaient contenir deux hommes debout ; à l'intérieur il y avait de l'argile, du sable de mer, de petites coupes qui y avaient été mises exprès pour remplir le vide , des os calcinés ou entiers , des crânes , quelquefois des vases ronds en cuivre où étaient recueillis des restes de cadavres carbonisés, plus souvent, près de la bouche du grand vase, d'autres vases en général brisés, d'argile grossière , souvent peu cuite, sans vernis ou avec un vernis noir peu adhérent. Les formes de ces vases étaient diverses ; il y avait des vases à parfums , des pofxêuXai, des Xi^xuôoi, des TceX^xai, des S^izon , desnasiternss avec leurs couvercles triangulaires, etc., tous de fabrique très ancienne, avec ou sans enduit rougeâtre ou noir , avec des peintures à bandes sur un fond de terre naturelle et avec la grecque sur les anses. On rencontra aussi des vases ou fragments de vases soit de couleur peu brillante, soit de travail plus soigné, avec des peintures rouge d'ocre sur fond gris , représentant des fleurs ou des animaux et monstres bachiques (lionnes, tigres, léopards, cygnes, sphinx), séparés par des branches de vigne, et de style antique , ou bien quelqu'une de ces longues processions de personnes couvertes d'un manteau qui se tiennent ou veulent se tenir par la main , à contours mal dessinés , à couleur en général effacée , reconnaissables seulement pour un œil exercé. La grande jarre était tantôt inclinée, dans sa position primitive, tantôt renversée , le couvercle en bas ; elle était tantôt couverte d'une grande tuile , tantôt d'une grande pierre ronde ou polygonale , tantôt aussi d'un autre vase en forme de cône tronqué ou de demi-sphère , dont les larges lèvres ouvertes s'appliquaient à la bouche du vase qui était placé dessous. Ces divers couvercles étaient soudés au vase avec de l'asphalte , du sable mêlé d'as-

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