‹ Recherches archéologiques sur les îles Ioniennes (volume 3)Chapitre 45 sur 136 · II. — CÉPHALONIE · texte numérisé non relu

II. — CÉPHALONIE

Torthographe de ces noms est souvent douteuse. J'ai , de plus , retranché de ma carte les noms propres qui ne se rencontrent pas dans le mémoire lui-même.

§ 3. — DESCRIPTION PHYSIQUE DE l'ÎLE.

L'île de Céphalonie est formée par une chaîne de montagnes qui la traverse dans toute sa longueur, de son extrémité S.-E. jusqu'à son extrémité N., et qui envoie ses ramifications dans toutes les parties du pays.

Le point culminant de cette chaîne est la masse imposante de l'ancien iEnos, aujourd'hui « la montagne, la grande montagne, la montagne noire » (1) (IXarou to pouvcJ dans une chanson populaire) (2), qui occupe l'extrémité S,-E. de l'île. La hauteur en a été évaluée de façons diverses ; M. Wiebel cite les chiffres suivants : selon Smyth 5,246 pieds, selon Slater 5,306, selon Mousson 4,400, selon Unger (mesure par l'hypsothermomètre) 4787 (à 200 p. au moins sous le sommet) , selon Ansted 5,400 , selon Mansell (mesure trigonométrique) 5,218 = 1,590m, selon Napier (mesure barométrique) 5,380 ; la carte de Grèce levée par l'état-major français donne i,620m (3). Cette montagne s'élève d'unehauteur considérable

(1) Je n'ai point entendu ce dernier nom dans la bouche des paysans grecs ; mais le nom italien de la « montagne » de Céphalonie est a monte nero » et le nom anglais « black mountain » .

(2) Afoâexa utol xoO Aiyevij

Tcave va xuvYiyi^ffouv • in^yopt \ TÀv icaTépa touc va icàpovv t9jv eOxi^ tou.

(( SOpTe, izaiàtâ {aou, \ ta xaX6,

(TtipeTe \ Ti^v eOx^ \lom,

xi^ àTu' TOU èXàxou xà ^ouvô,

éxeTOe (ii^v TcepâtrOe,

yi^Ti elvat ëva xaxà 6Y)pi6,

xal 6à (jôç 9àet ÔXouç. »

*£xeTvoi èTcapàxoucrav ta XÔYia^TOu itaxépa twv, x9j èêyfjxe ta xaxà Oriptây xi^ Itpayé Touc dXouç.

Sur cette chanson populaire , que j'ai recueillie à Samos , cf. un article de M. Stamatelos (de Leuc^de), dans la Ko pi wa, 1876, p. 141 et suiv.

(3) Cette carte ne comprend pas les îles Ioniennes , qui ne faisaient point partie du royaume de Grèce à l'époque où la carte fut levée ; toutefois les

au-dessus du reste de la chaîne ; le sommet, d'où Ton a un point de vue merveilleux, est une crête rocheuse et escarpée , composée d'une série de pointes aiguës , de plus en plus hautes , sortant du milieu d'une forêt de sapins, qui forme à la montagne une espèce de couronne. Quand on vient d'Argostoli et qu'après avoir gravi la pente blanche et nue qui s'élève au-dessus du monastère de Hayos Yerasimos on est arrivé à une hauteur de plus de 1,000 mètres, on entre brusquement, sans transition aucune, sous l'ombre épaisse de cette forêt, aux grands arbres séculaires et aux frais tapis de mousse recouvrant les roches ; il semble que l'on marche dans une forêt suisse, et, au dire des botanistes, les plantes mêmes qu'on voit autour de soi appartiennent à la flore alpestre. Le sapin de la montagne deCéphalonie paraît former une variété particulière, qu'on ne rencontre qu'à cet endroit (1) . En 1797, la forêt couvrait encore la plus grande partie des deux pentes ; en cette année ou l'année suivante un incendie terrible la dévora presque tout entière. Cet incendie dura plusieurs semaines ; on raconte que les brandons enflammés allaient tomber jusque dans l'île de Zante, et qu'à Argostoli on y voyait clair pendant la nuit. Même depuis , on ne prend aucun soin pour conserver ce qui reste encore de cette forêt ; il y a des endroits où elle est déjà bien éclaircie, et il est à craindre qu'elle ne finisse par disparaître un jour complètement. L'incendie de 1797 paraît avoir modifié d'une façon sensible les conditions climatériques de l'île : depuis, dit M. Wiebel, l'été est plus chaud, l'hiver plus froid, les fièvres plus violentes. La neige reste quelquefois surl'iEnos depuis la fin d'octobre jusqu'au mois de mai ; Davy assure qu'avant l'incendie elle y restait jusque vers le mois d'août.

Au N.-O. de l'iEnos, au N. des villages de Pharaklata (2) et de Dhilinata (3) , la chaîne de montagnes qui est la continuation de l'u^nos forme un col, au delà duquel s'ouvre une vallée qui partage cette chaîne en deux massifs : au S.-E. le massif de î'Haya Dynati, qui s'étend jusqu'aux vallées de Pylaros et de Samos (hauteur : 1,1 33™ selon la carte de l'état-major , 3,132 pieds

îles de Leucade, Ithaque, Céphalooie et 2ante y sont représentées, sans les dé* tails de leur configuration physique, il est vrai, mais avec un certain nombre de noms, assez bien écrits en général, et avec quelques indications de hauteurs. (i) Cf. toutefois Orphanidis, cité par Postolaka (v. § 18), p. 121.

(2) A Céphalonie, un grand nombre de noms de villages se terminent en -axa et sont dérivés du nom d'une famille : Pharaklas, Pharaklata ; Metaxas, Metaxata ; Phokas, Phokata ; Razis, Razata ; Zervos, Zervata ; Annino, Anninata, etc.

(3) 'ASeiXivaTtt ou AeiXivâTa, selon M. Tsitselis.

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