‹ Recherches archéologiques sur les îles ioniennesChapitre 11 sur 50 · II. — CÉPHALONIE · texte numérisé non relu

II. — CÉPHALONIE

lénie , pour la pointe septentrionale de l'île et pour la pointe méridionale :

Longitude. Latitnde.

VUle de Géphallénie : 47o 40' ST> 10'

Pointe septentrionale : 47° 40' 37» 30'

Pointe méridionale : 47» 45' 36" 40'

Quant à la ville dont G. Antonius avait commencé la construction , on ne sait rien sur son emplacement ; on a supposé qu'elle pouvait être sur la côte S.-E. de l'île, où l'on a trouvé en effet des restes de l'époque romaine ; mais c'est là en somme une pure hypothèse.

Antipatros de Thessalonique, Anthologie^ éd. Jacobs, t. II, p. 99, parle encore d'un port de Panormos :

4>oTêe, KeçaXXi^vwv Xtfxevooxc^Tcs, 6Tva nav(ip[jiou vatwv, TpT))^giri; àvrtTOpTiv îôaxiriç

Cf. Artémidore cité par Porphyre , De antro nympharum , 4 , p. 114 de l'éd. Barnes (1), et une inscription grecque publiée dans VArchàol. Anzeiger, 1846, p. 358, et dans le C. I. G., 6190 b.

Ce port de Panormos devait être situé , d'après le texte de V Anthologie et celui d' Artémidore , sur la côte E. de la presqu'île d'Eriso ; on a voulu l'identifier avec Phiskardo.

Deux questions assez difficiles sont de savoir : 1° s'il y a eu à Céphalonie une ville de Taphos ; 2° si le AcoXi^tov d'Homère était une partie de l'île de Céphalonie.

Selon Strabon, la Tacpoç d'Homère est la plus grande des Ta^twv 77)501 , situées entre Leucade et le continent (10 , 2 , 14 et 20) ; de son temps , dit-il , Taçpoç s'appelait Taçtouç (Pline ,4,19 (12), l'appelle Taphias , cf. Etienne de Byzance , s. v. Tàcpo;) ; c'est l'île actuelle de Meganisi. D'autre part, Etienne de Byzance nomme, à

côté de cette île de Taçoç, Tacptoîi; ou Ta^ptaç : « Totcpoç, itoXtç Ke(paXXïi-

viaç • vïïv âè Tacptoudffa. d Or, près de la côte 0. de la presqu'île de Paliki , il existe aujourd'hui un monastère nommé Taphio, et la montagne qui le domine s'appelle to Ta(ptov é(poç. Aussi Kiepert a-t-il placé, carte VII, en cet endroit, une ville de Taphos. — Il y a toutefois plusieurs raisons qui me font considérer l'existence de

( l) D'après ce passage, ce port était à l'O. d'Ithaque, à une distance de 12 stades.

cette ville de Taphos corarae douteuse. Elle n'est connue absolument que par le texte d'Etienne de Byzance ; or Strabon mentionne, pour la réfuter (10, 2, 14) , une théorie qui identifiait la Taphos d'Homère avec Céphallénie ; on peut donc se demander si cette fausse identification admise par certains auteurs n'a pas induit Etienne de Byzance en erreur. D'autre part on ne doit peutêtre pas attacher grande importance au nom moderne de Taphio ; suivant l'explication donnée par les gens du pays , l'origine de ce nom devrait être cherchée dans ce fait qu'un petit vallon situé dans la montagne au-dessus du monastère a la forme d'un cercueil. Ajoutons que les antiquités qu'on a trouvées dans les environs sont trop insignifiantes pour qu'on en puisse rien conclure.

Quant à AouX(j^iov, quelques anciens l'identifiaient, soit avec Céphallénie tout entière , soit avec la presqu'île actuelle de Paliki , voyez Strabon ,10,2,14: 'EXXavexoç — AouXt/tov t^jV Ke!paXXriv(av X^ywv ouTE Tf\<; KeçaXXyivtaç t^ AouXtj^iov, wç 'AvSpwv (priai oùâs IlaXe";

AouX(j(tov — w; Ypa<?e' OepexuSy)? (cf. le passage de Pausanias cité plus haut). Je ne sais sur quoi reposaient ces théories. Strabon démontre très bien qu'Homère ne faisait pas cette identification , et il renvoie aux deux passages suivants : Iliade^ B, 625 et suiv. Odyssée, H, 247 et suiv. D'après Strabon comme d'après Homère, Doulichion était une des Echinades, qui, du temps de Strabon, s'appelait Dolicha, v. 10, 2, 19. Comme on ne sait où retrouver cette île aujourd'hui, on admet qu'elle a été réunie au continent par suite des alluvions de l'Achéloûs.

Les Céphalléniotes d'aujourd'hui croient que Doulichion était la presqu'île d'Eriso (cf. la note (3) de la page 7). L'origine de cette opinion, c'est que, sur la côte E. de la presqu'île, au S. de Phiskardo , il y a une petite baie qui s'appelle Dholikha [\o\iklya selon M. Tsitselis, cf. la carte de Cramm).

Une autre tradition relative à AouX(;^tov est rapportée par Pouqueville, Voyage de la Grèce, t. IV, p. 308 : « En prolongeant la côte, je pus me convaincre que toutes les Echinades font maintenant partie du continent. Les marins qui nous conduisaient nous indiquèrent des bas-fonds du côté de Céphalonie , qu'ils appellent Dulichium. C'est une opinion commune que cette île qui faisait partie des domaines de Laè'rte est engloutie dans cet endroit. » Il n'y a sans doute à attacher aucune importance à ce témoignage. Pour peu qu'on ait voyagé en Grèce, on sait très bien comment les légendes s'y forment ; le mot de « tradition populaire » ne peut en imposer que de loin. Un voyageur passe dans un village grec ;

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