‹ Recherches archéologiques sur les îles ioniennesChapitre 12 sur 50 · II. — CÉPHALONIE · texte numérisé non relu

II. — CÉPHALONIE

en présence des paysans qui se sont attroupés pour voir « l'étranger » , il exprime ses opinions sur les antiquités du pays, sur le nom ancien de l'endroit, etc. ; toutes ses paroles sont recueillies et deviennent un article de foi pour ces gens ignorants, pleins de respect pour un homme qui a lu tout ce qu'il dit a dans les livres »; qu'un autre voyageur passe dix ans plus tard au même endroit, il rencontrera une « tradition populaire » très bien établie, et il aura peut-être la naïveté de la prendre pour un souvenir des temps antiques.

Du reste l'imagination des Grecs est prompte à voir des restes de constructions submergées là où il n'y a que des bandes d'écueils à fleur d'eau. Peut-être le Dulichium de Pouqueville est-il tout simplement le banc d'écueils de Kakava, sur la côte S.-E. de Géphalonie, dont nous aurons occasion de parler plus loin.

Bondelmonte, Liber insularum Archipelagi, p. 58 :

a. ... cujus in medio mons elatus erigitur, hodie Léo (1), sine flumineque scaturiginibus aquarum dicitur. In quo multitudo fagorumque pinorum per circuitum insurgunt, et, quod plus est, silvestria non pauca errantia sine potu et nusqnam aquam invenientia ore aperto auram e montibus recipiunt in potum aestate

illa Ad occiduum ergo Viscardus portus, a Roberto Viscardo,

domino Apulise, dictus, apparet. In qua olim Petilia, ubi Chilon , Lacedœmonius philosophus , aliquibus annis stetit , ut dicifc Epipbanius Gypricus, et tantse exstitit auctoritatis industriseque quod in templo Apollinis aureis litteris hsec scribi fecit : Nosce te ipsum Gontra vero Ithacam Samus est. »

Gette prétendue ville de Pétille est aussi nommée par Porcacchi, p. 96 :

tt Al capo di Guiscardo chi' è nella pertinentia d'Erisso vedesi à marina cbe similmente vi fu una città chiamata anticamente PetUia ed al présente v' ha in esser moite ruine d'edificii. »

Je ne sais pas quelle est l'origine de cette croyance (2).

(1) L'Atlas de Bory de Saint-Vincent appelle également l'^nos monte Leone. Selon M. Wiebel, lequel, il est vrai, ne cite pas ses autorités, ce nom aurait été en usage à l'époque vénitienne. Si le fait est vrai , ce nom de monte Leone provient peut-être d'une traduction inexacte du nom de Eleo (ou Léo, v. Coronelli), que porte un district situé à l'extrémité S.-E. de la montagne, sur la pente S.-O., vers la mer (v. plus haut, note (2) de la page 6).

(,2) Selon Beeskow. Grasset de Saint-Sauveur (t. III, p. 67) appellerait Pelulia la ville qu'avait fondée C. Antonius (?).

Page 1