M. — XXX
Description de l'anéantissement de l'armée assyrienne et de la joie de Hiérosolymitains délivrés. En dehors de certaines corrections verbales indispensables, le verset 32 qui annonce la joie du peuple doit se placer après le verset 29 qui a une teneur analogue, sauf toutefois la phrase finale qui doit terminer le verset 31, qui a trait au sort d'Assur. Voici la traduction du passage :
Voici, [e nom de majesté imposi
Ses lèvres pleine Son souffle pare (TÏ n pour -)> Pour agiter les
Et (pour poser) i Vous aurez (part
a été sanctifiée Une joie de cœu
de la flûte Pour se rendre
d'Israël.
t2). Et tous les
(n^DTO pour n; Éclateront de jo Et Yahwé fera
puissance de s (Animé) d'une c
dévorant, Des explosions, Car Assur sera 1
pour ns»») avec î). Et il engager Car le bûcher es
à son roi (niDSî Sa pile a été faii
(Xàp pourt&H, - Le souffle de Ya
incandescence
fans cette pièc thenticité n'a ^ 3 doit examine set 29. Au suje luit unanimenK ation de la fête im : wie in de ïuement discul e a voulu parle
d* après M. Duhm, ce serait la fête des tabernacles, qui est le jn par excellence. Ce dernier conimentateur se lance ensuite dans des spéculations assez bizarres. Il admet que c'était une sorte de réveillon dont les participants à la danse de la fête se sanctifiaient par des purifications, des abstinences, etc., et en chantant des formules anciennes, où on invitait la Divinité à venir. Comme Tannée commençait avec la fête de l'automne, la nouvelle lune doit y avoir joué son rôle, et son apparition a été peut-être le signal pour le départ de la procession. Tout en félicitant M. Duhm de son ingénieux calendrier selon les rites pré-pentateutiques, nous nous permettrons de faire remarquer que jn Bf^pn^ b^bs ^® saurait équivaloir à ^^^3 jn nilî^yb (ou jnb) bnpn It^npnn- P»îs, les préparatifs rituels de la fête doivent précéder la nuit de la célébration au lieu de coïncider avec elle. ;;n ne peut être que le complément direct de ^î;^pn^> ®* ^^^^ P^^ conséquent désigner, non la fête in abstracto, mais le sacrifice de la fête (Exode, xxiii, 1 8 ; Malachias, 11, 3; Psaumes, cxviii, 26), qui doit être apporté par un particulier à l'état de pureté, et immolé par un prêtre aussi rituellement pur. Il devient aussitôt clair qu'il tio peut s'agir d'autre chose que de l'agneau pascal, au sujet duquel la première condition est de rigueur (Nombres, ix, 1-14). Le second cas, le défaut de prêtres purs, s'est présenté exceptionnellement au temps d'Ézéchias (II Chroniques, xxx, 3), et la Pâque a été remise au mois prochain, où on l'a célébrée saintement (iitnpn^V ibidem^ 15), avec une grande joie et en récitant des t louanges » de Yahwé (nVnj nniûlîD ni»Tb D^bbnDV ibidem, 21); ce sont au fond les expressions : y^f I2f^pn^ ^^ 22^ nnoit^ ^^ ^^^^^^ verset, et on est obligé de supposer qu'lsaïe fait allusion à cette célébration, bien qu'elle ne soit pas mentionnée dans le livre des Rois. Notons toutefois que, même en faisant abstraction du récit des Chroniques, l'allusion à la Pâque au verset 29 est indubitable, car aucune autre fête n'est inaugurée par un sacrifice nocturne. A ce propos, la remarque de M. Duhm est bien curieuse : « Qu'lsaïe ait choisi précisément cette nuit (= celle de la fête des tabernacles) à titre de comparaison,
Dans notre verset, nbB ^^t employé dans le sens général de
e. défendre > et dans le but évident de comparer la destruction des Assyriens et la délivrance des Judéens à la célèbre nuit de Pâque où Yahwé, se tenant près des maisons israélites, en défendait l'entrée à l'ange destructeur qui frappait à mort les premiers-nés des Égyptiens (Exode, xîi, 13, 23, 27). L'emploi intentionnel du verbe qui a produit le nom de la Pâque, nOÔ» achève de prouver que la fête à pèlerinage
dont il est question dans xxx, 29, est également la Pâque. Tant pis pour les systèmes des critiques outranciers.
Un mot pour terminer. Notre verset fournit une éclatante illustration de la fatuité incroyable avec laquelle la critique moderne rejette comme interpolations les mots ou les expressions qui ne sont pas à son goût. Prétendant que la comparaison niÔÏ^ D'^ISVS "^ convient ni à Dieu ni à j^j^, M, Duhm
déclare ces mots non isaïques et les attribue au compilateur postexilique. L'image évangélique de la poule qui cherche à couvrir 4e ses ailes les poussins réunis (Matthieu, xxiii, 37) suffit à réduire à néant toute l'argumentation. D'autre part, l'antiquité de la composition niBJ^ D'^IBV ^^^ garantie par l'expression assyrienne équivalente i$$uri mutaprishutiy si fréquente dans les annales ninivites. Il n'existe donc pas une ombre de raison pour suspecter son origine isaïque. Ajoutons que le second hémistiche du verset 4, que M. Duhm déclare également être une interpolation insensée, ne laisse rien à désirer aussitôt que l'on y introduit les deux corrections signalées dans la traduction précédente.
Appendice.
Le nin^ naV d'Isaïe, LU, 13-liii, 18.
Ce passage, dont l'unité n'a jamais fait l'objet du moindre doute, contient la description du serviteur de Yahwé qui arrive à la glorification universelle après avoir subi toutes les tortures morales et matérielles imaginables, y compris la mort etFenterrement ignominieux au milieu de malfaiteurs. Pendant longtemps, les dogmatismes juif et chrétien y ont vu l'image de
Babylone). Les rois (= vassaux fidèles des Babyloniens), pris de terreur, se réunissent pour agir ensemble et réparent leurs idoles délabrées afin de se les rendre favorables. Les Israélites captifs craignent que cette coalition ne détermine la victoire des Babyloniens, les ennemis mortels de leur nationalité; le prophète les rassure par les paroles ci-après :
8. Mais toi, Israël, mon serviteur (^-j^v)» Jacob que j*ai élu, race
d'Abraham mon ami,
9. Toi que j'ai pris des extrémités de la terre, que j'ai appelé de
ses confins, à qui j'ai dit : « Tu es mon serviteur »; je t'ai irrévocablement élu ;
10. N'aie pas peur, car je suis avec toi; ne désespère pas (?), car je
suis ton Dieu : Je te fortifie, je t'apporte mon aide et je te soutiens de la droite de ma justice.
11 . Voici, tous ceux qui te chicanent seront couverts de honte et
d'opprobre, et ceux qui t'attaquent seront réduits à néant et périront.
12. Tu les chercheras, mais tu ne les trouveras pas, ceux qui t'ac-
cablent de leurs querelles ; ceux qui te combattent disparaîtront comme un rien sans existence.
13. Car moi, Yahwé ton Dieu, je fortifie ta droite; c'est moi qui te
dis : N'aie pas peur; je t'apporte mon secours.
14. N'aie pas peur, ô ver, Jacob, ô vermisseau, Israël (= Israël ré-
duit au dernier degré de faiblesse et de mépris) ! Je viens à ton secours, dit Yahwé, et moi, le Saint d'Israël, je suis ton rédempteur.
15. Voici, je te transformerai en un pic neuf à plusieurs tranchants ;
tu écraseras menu les montagnes, tu réduiras les collines (= les ennemis superbes) en fétus ;
16. Tu les disperseras et le vent les emportera, pendant que tu te
réjouiras en Yahwé, que tu t'exalteras par le Saint d'Israël.
Inutile d'ajouter le moindre commentaire. Le serviteur de Yahwé est bien Israël en chair et en os, mais tombé et avili au rang d'un vermisseau qu'on écrase de dégoût. Yahwé promet de le relever et de le fortifier au point qu'il sera lui-même en état de se débarrasser de ses ennemis éventuels. L'origine deutéro-isalque du poème est formellement reconnue par M. Duhm.