‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 107 sur 140 · XLIX · texte numérisé non relu

XLIX

Le moment critique approche. Yahwé, qui a confié à Cyrus le châtiment de la Babylonie (xLVin, 1 4-1 5), invite les Israélites à quitter le plus vite possible ce pays d'exil et à proclamer jusqu'aux confins de la terre leur délivrance et leur marche miraculeuse à travers le désert {ibidem^ 20-22!). C'est le moment d'enflammer l'enthousiasme de la troupe patriotique, gage de l'avenir religieux du monde, afin que l'exode puisse s'effectuer en bon ordre et avec un ensemble plein d'entrain. Le prophète accomplit cette tâche en exallant la mission qu'il avait reçue de Yahwé et qui, dépassant les limites nationales, est destinée à éclairer le monde. Cette mission, quoique confiée officiellement au prophète, n*en est pas moins la propriété de toute la troupe des fidèles qui ont peiné et collaboré à sa réalisation; aussi partageront-ils la gloire réservée à leur guide dont chacun d'eux est Tiuiage spirituelle.

1 , Ecoutez-moi, ô îles,

Soyez attentives, nations lointaines,

Yahwé m'a appelé dès la conception.

Dès le. sein de ma mère, il a proclamé mon nom.

2. Il a fait ma bouche pareille à une épée tranchante, Il m'a celé par l'ombre de sa main,

Il m'a transformé en flèche aiguë, Il m'a caché dans son carquois.

XLvni, 16. Puis, le seigneur Yahwé m'a envoyé avec son esprit Et m'a dit : « Tu es mon serviteur, L'Israël en qui je me glorifie. »

5 cd. Et j'ai reçu des marques d'honneur aux yeux de Yahwé, Et mon Dieu s'est déclaré être mon soutien.

4. Moi je me disais : J'ai peiné en vain. J'ai épuisé ma force sans aucune utilité. Cependant mon droit était auprès de Yahwé Et ma récompense auprès de mon Dieu.

5. Maintenant, dit Yahwé qui dès l'origine m'a créé pour être

son serviteur, Pour faire revenir Jacob auprès de lui. Afin qu'Israël s'assemble de son côté;

me glorifie >, et en lui prodiguant d'autres marques d'honneur il lui a assuré son secours. Israël en gros avait reçu les mêmes avantages et le prophète lui-même Ta proclamé dans les discours précédents. Ce qui manquait au corps des fidèles — les renégats endurcis ne comptent pas — c'était la faculté de parler bien et haut afin de préparer l'avenir glorieux qui leur est destiné. Toutefois, malgré le prestige que donne l'éloquence, le prophète a été pris de lassitude et commençait à croire que ses efforts n'aboutiraient pas à grand'chose, car à quoi Servirait le retour en Palestine si le peuple n'était pas assuré d'êlre plus heureux qu'auparavant. Mais alors Yahwé lui annonça que le retour seul n'élait qu'une partie de sa mission qui devait apporter la lumière à tous les peuples de l'univers (6). Comme dédommagement du long mépris dont il a été l'objet de la part de tous les peuples et du profond asservissement qu'il a supporté de la part des potentats, souffrances qui par leur nature même ont été partagées par tout Israël, il aura la satisfaction d'inspirer le plus profond respect aux rois et aux princes qui reconnaîtront en lui l'élu de Yahwé (7). Naturellement, condition indispensable pour amener ce splendide résultat, il faut que le rapatriement en Palestine ait lieu le plus tôt pbssible. C'est la pensée que développent les versets 8 à 1 3, dont le dernier fait pousser à l'univers un immense cri de joie en voyant que Yahwé a finalement pris en pitié son peuple si éprouvé et lui a accordé la satisfaction méritée. Dan^ cette conclusion le prophète se fond dans la masse israélite dont il incarne l'idéal et dont il ne s'est momentanément détaché et mis en vedette que par une nécessité oratoire.

Que le prophète soit le sujet du monologue ci-dessus, cela a toujoursété l'opinion de l'exégèse juive à laquelle se sont joints dans les temps modernes de nombreux commentateurs chrétiens comme Gesenius, Umbreit, Hofmann et autres. L'idée d'y voir une allusion à Jésus, traditionnelle dans l'Église, n'est presque plus soutenue de nos jours. Dillmann, qui émet une opinion intermédiaire, croit que l'identité de [""Ebed Yahwé avec le prophète est en contradiction avec l'épithète de « Israël » qui lui est appliquée au verset 6. La faiblesse de cette objection saute aux yeux; partout, certains noms de

trompés en voyant dans le maître de Nazareth la réalisation deï^Ebed YoAu;^' peint par notre poète; le vrai christianisme, apparemment celui de la critique récente, voit en Jésus une entité réelle qui dépasse l'ensemble de Tidéal ( c die Idéale y> ) de r Ancien Testament (ccdas seibst die alttestamentlicben Idéale durch seine Wirkiichkeit ûberbietet » )• M. Duhm faitil allusion aux cures miraculeuses, aux singuliers exorcismes, si intimement attachés à la mission de Jésus et que les prophètes ont eu le tort de passer sous silence ou de traiter d'une manière très incomplète même sous forme de métaphores? Si M. l)uhm trouve que la caractéristique de T'Ebed Yahwé manque de relief parce que le cadre, sauf les aveugles et les sourds qui recouvrent leur sens d'eux-mêmes, ne contient pas la troupe pittoresque d'infirmes, attendant le maître, où les sourds et aveugles réels coudoient fraternellement les boiteux, les perclus, les lunatiques, les épileptiques, les lépreux, lesbémorroîsses, les possédés torturés par des démons muets ou beaux parieurs, sursautant aux grognements déchirants d'un troupeau de porcs possédés qui s'élancent dans le lac de Génézaret ; si c'est là le défaut qu'il a remarqué dans l'idéal prophétique du « serviteur de Yahwé » , dans ce cas je me garderai bien de le contredire : à chacun son goût. Mais le sévère exégète y signale encore un autre défaut, éminemment psychologique celui-ci : c'est l'absence d'enseignements nouveaux et supérieurs formant opposition à ce qui a été dit aux anciens. Ne sait-il donc pas que la série de ces antithèses (Matthieu^ y, SO-48) est loin de répondre à la stricte exactitude pour le fond, et que l'inexorable a Mais, moi je vous dis » qui revient à satiété dans ce discours et dans d'autres encore et qui vise non seulement les pharisiens, mais l'ensemble de l'ancienne Loi, émanée de Dieu lui-même, révèle des prétentions injustifiables même aux yeux du plus fervent croyant qui consent à réfléchir un instant? Au lieu de s'épuiser à corriger par-ci par-là le christianisme traditionnel, les critiques récents feraient mieux de publier un Évangile expurgé des scories accumulées par des apôtres peu expérimentés dans la psychologie qui leur est chère. Le Jésus qui en ressortira sera réellement supérieur aux mesquines conceptions de Tantiquité.

Présentons-nous ensemble! Qui est mon accusateur? Qu'il approche !

9. Voici, le Seigneur Yahwé est mon aide, qui me condamnera? Mais eux tous pourrissent, comme un vêtement que les mites dévorent !

iO. Celui parmi vous qui craint Yahwé (et) écoute la parole de son serviteur (Et) qui marche ténébreusement, sans un rayon de lumière, Qu'il se confie au nom de Yahwé et s'appuie sur son Dieu, il. Voici, vous êtes tous des incendiaires, allumeurs d'étincelles; Marchez (donc) dans la flamme dé votre feu, dans les étincelles

que vous avez allumées; Cela vous arrive de ma main; vous serez couchés dans la douleur.

Aux versets xlix, 1-4, le prophète mentionne le don d'éloquence qui lui a été accordé par Yahwé en même temps que sa protection efficace, mais que malgré celte faveur il a souvent désespéré de réussir dans sa difficile mission. Il revient ici à ce souvenir en précisant davantage les circonstances au milieu desquelles sa vocation s'est évoluée. 11 s'était fait une spécialité de satisfaire au désir de ceux qui voulaient entendre la parole divine. En agissant ainsi, il a certainement pris pour modèle le prophète Ézochiel, qui avait l'habitude de prêcher dans les assemblées privées (Ézéchiel, Viii), surtout en tirant la morale de l'ancienne histoire biblique {ibidem, xiv, xx). Tous les matins il recevait l'inspiration nécessaire pour accomplir sa tâche d'instituteur. Maintenant Yahwé, en lui envoyant son esprit, l'a formellement chargé de la grande mission qu'il est en voie d'accomplir de bon cœur malgré les brutalités de tout genre qu'il a essuyées delà part de ses auditeurs sans se révolter. Il a tout supporté : coups, giffles, injures et crachats, rien n'a pu le faire dévier de sa vocation, et fort dii la protection divine, il provoque même ses adversaires à l'ao cuser devant une cour de justice, sachant qu'ils n'oseront pas s'y présenter. Cette prémisse lui fournit l'occasion d'une part à encourager les fidèles qui souffrent comme lui à compter avec certitude sur le secours de Yahwé, d'autre part à avertir les ennemis de sa mission qu'ils seront eux-mêmes l'instrument de leur perte inévitable.

Lxu, verset 13, ^^^ij^^. Le verbe V^Bfn» ^ ^^^^ intelligent», est souvent synonyme de n^^î^H» " réussir» (Josué, I, 7; II Rois, xvin, 7), avec la nuance que le succès obtenu est la conséquence d'intelligence et de sagesse, et l'expression inynS (l, 11) montre que le serviteur de Yahwé a fait usage de ces qualités (Dill.). M. Duhm, prétextant que le verbe V3t2^,-| n*a pas d'emploi dans la suite, le retire arbitrairement du texte; cependant, pour arriver à un rang, il faut d'abord réussir dans ses entreprises.

Verset 14. Au lieu de n^^y , il faut lire avec le Targum et

la Peàitta i>'*^y, en conformité avec les suffixes suivants qui sont ceux de la 3' personne, singulier. Ces derniers ont été changés à tort par les Septante en ceux de la 2* personne afin de les mettre d'accord avec "l^^t;, niais par cela môme ils attestent quMIs n'ont rien compris au sens de-ce poème. — Il est évident que la formule comparative p — IttfJO n'offre aucun sens raisonnable. Dillmann traduit p par < tellement », et voit dans cet hémistiche une phrase parenthétique. M. Duhm suppose quelque interpolation ou quelque perte qu'il n'a pas soin de définir. Toute incohérence disparaît quand on corrige p en ^3; cette particule revient au

verset suivant. — nTlE^D» mieux nntîto-

Verset 15. p répond naturellement à la^JO du verset

précédent ; mais que signifie 0^31 q^i j nr ' ^^ version christologique à peu près commune à la Peéitta et à la Vulgate HK^JiD NDDy NDID N3n> « Iste asperget gentes multas > (cf. Hébreux, ix, 7-14), sans valeur intrinsèque, semble confirmer la leçon massorétiquc ,-|p. Les Septante ont lu ^nn> p

Vby D^31 D^U ^^ inon^ p = O^^^ç Baviianovrat iOvn TroXXi eir' aÙTG), «ainsi s'étonneront de lui beaucoup de peuples 3), phrase dont, contrairement à la Massore, la particule yi^r^ fait partie. Le fait que le verbe nnn ^^^^^ ^^^té qu'en araméen, ne serait pas une objection irréfragable; ,-|oj-| * l'avantage de se présenter plusieurs fois dans la Bible, mais ni l'un ni l'autre de ces verbes n'exprime l'idée d'admiration qu'exige

u En raison de cette dirficulté et étant donnée la nérattacher yl^^ à la phrase suivante, il me paraît plus ire 0^31 Qi'fj (l\'n^» * '^s grands peuples le louelieu de -||^, dont le sens de « faire tressaillir ou suraufspringen machen) est bien peu vraisemblable, ire se reconimande fortement par le parallélisme yhy TDDB^o" D01 ®st également le sujet du verbe, observé par les Septante. La proposition suivante : 7D lî^Bp^ yhVf donne lieu à une difficulté de fait, îe absolu des rois à la vue du serviteur de Yahwé, idmiré par tant de peuples, n'est pas possible. Com- -ils pas eu la curiosité, sinon de le connaître perînt, du moins d'en connaître l'histoire? Si le poète maginer une pareille indifférence, il aurait enlevé toute base à la mission de son héros qui consiste it à instruire et à éclairer les peuples les plus éloignés «cLix, 6). Et qui ne voit pas que l'accumulation des étonner, faire tressauter, fermer la bouche > sans ifestation plus active est au fond un verbiage indigne utour? La chose me paraît juçée : le poète a dû contraire que les peuples et les rois parlassent beau- Hu de Yahwé et d'une manière conforme aux cirsolennelles de sa glorification. Donc, il fautcom- ^^ UTVQ lî^Bp^ ^^^ l'idée du silence absolu, de la causée par l'apparition de l'inconnu, mais la caste de paroles de blasphème et de mépris. Dans les Lges bibliques qui la présentent, la locution p|jj ygp

jet nSlV (=nnSv)' «iniquité» (Job, v, 16; 3Y1I, 42). Celte explication, strictement philologique, lî^BP^» confirme la correction (!|)m^ pour -|p, et

beau parallélisme entre les deux expressions. Car i que, à moins d'être aveuglé par une haine indéraî qui n'est nullement le cas des peuples et des rois rendre hommage au serviteur de Yahwé (xlix, 7), n des injures serait insuffisante si elle ne se compléir l'aveu sincère de Terreur commise et par un înt d'éloges sur le caractère du héros et la recon-

naissance de son triomphe décisif. Outre cela, nous tranchons d'une manière définitive la question de savoir quels sont ceux qui prononcent le mea culpa de un, 1 -12 ; ce ne peuvent pas être les Israélites récalcitrants dont il n'est pas fait mention aux versets 1i-15, mais uniquement les peuples et les rois, ou, plus exactement, les rois parlant au nom de teurs peuples. Nous reprendrons du reste ce sujet en commentant l'ensemble du poème. — La fin du verset veut dire que les rois ont vu et reconnu des choses dépassant toutes les merveilles qu'on leur racontait auparavant, mais cela n'implique pas la pensée qu'ils n'avaient jusqu'alors aucune connaissance du serviteur de Dieu (Dillmann ; pour M. Duhm c'est même selbsverstàndlich). Le héros lui-même avait annoncé sa mission aux îles les plus lointaines ; ce n'est, je l'accorde, qu'une figure poétique, il ne pouvait donc pas se contredire dans la scène de son triomphe qui couronnait son œuvre. La fiction poétique a, elle aussi, sa logique intransigeante qu'il devait respecter d'autant plus que, même dans l'horizon étroit des pays avoisinant la Palestine, il y avait assez de peuples et de rois qui étaient familiers avec les prophètes de Yahwé (II Rois, m, 12; v, 3-4; vi, 12; Jérémie, xxvii, 2-3; xli, 5). En un mot, notre poète suppose que les païens connaissent l'histoire du serviteur de Dieu, mais seulement la partie initiale, la période de son avilissement dont ils étaient en partie les facteurs inconscients. Sa gloire imprévue les stupéfie, mais ils finissent par s'en rendre compte lorsque le but de sa mission se fait clair dans leur âme.

LUI, verset 1. L'embarras causé par ce verset aux exégètes modernes est des plus curieux. Dillmann écrit:

« Avec LUI, 1, le sujet parlant change; un discours à € Nous > se continue jusqu'au verset 6. Par < Nous » on ne peut pas comprendre les peuples (lii, 1 5) parce que lii, 1 5 b serait annulé par un, la; le t serviteur > ne peut pas être celui qui parle, parce qu'il y est parlé de lui à la 3* personne, mais les parleurs ne peuvent être non plus le prophète ni les prophètes, parce qu'alors on devrait admettre qu'au verset 1 lui ou eux parlent en leur propre nom et dans 2-6 au nom du peuple, voire que ces derniers versets sont prononcés par lea

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gloire qui remplira le monde. Pendant qu'il se prépare à r vêler ce qui n'a jamais été raconté, le poète s* écrie : < Qui crc à notre révélation! » Ce qtfil veut dire est presque incroyabl ne peut réellement être cru que par ceux à qui la puissani miraculeuse de Yahwé s'est révélée, qui possèdent la facul du voir et de l'entendre prophétiques!

Nous laissons au lecteur le soin d'apprécier cette interpr tation superfine. En supprimant notre incrédulité, nousauroi du moins l'avantage d'échapper de la part de M. Duhm à \\ postrophe anéantissante : c II faut être moi pour me coc prendre ! » Nous nous astreignons donc à faire remarquer r que le suffixe pluriel de lan^lDlîfb "® P^^* ^^ rapporter un singulier, au poète. Des trois exemples qu'il cite pour ju tifier cet emploi, deux (Job, vi, 27; xv, 9 et suiv.) sont d pluriels on ne peut plus authentiques, et le troisième {ibiden XVIII, 2-3), s'il n'est pas corrompu, vient d'un autre contex où le pluriel était en situation; 2* que, comme son synonyn C^U^n» '® verbe ,-|^j, se rattachant à y-||, ne saurait exprimi une révélation prophétique, mais exclusivement une manife tation matérielle de puissance, notamment de puissance ( secours aux bons et de châtiment aux méchants. Cette intei prétation est corroborée par le complément indirect ^^ q donne à n^j la signification de t mettre à nu, dévoiler > (L; mentations, ii, 14; iv, 22), tandis que pour la connaissan< de ce qui n'existe pas encore, comme la révélation prophétiqu< il faut ^^ nbj ^^ b nbj* ^" ^^^^ ^^^^ ^^ cause, le verset doit être autre chose qu'une exclamation du poète.

Dans les vues de Dillmann exposées plus haut et qui m cette exclamation dans la bouche de l'Israël amendé, les ol jections qu'on vient de lire disparaissent entièrement, ma elle donne lieu à des difficultés non moins graves quoique d't autre ordre d'idées. Elle suppose d'abord que l'Israël futi persisterait dans son incrédulité jusqu'à la glorification impr vue du Serviteur. Or, s'il y a une conviction commune à toi les prophètes hébreux, c'est bien celle que le retour de Vej marquera la fin de toutes les iniquités d'Israël. Isaïe II a lu même cultivé cette croyance avec prédilection dans ses discou (xL, 2; xLir, 1-4 ; xiiv, 22; xlv, 25 ; lx, 21 ; lxi, 3, 6, î

Septante; il y a cependant des raisons pour en douter. On rapporte d'ordinaire le suffixe à Yahwé, mentionné au verset précédent, mais une plante qui pousse sous les yeux de Yahwé devait par cela même être vigoureuse et belle ; la misère d'une créature est, d'après la conception biblique, Teffet de ce que Yahwé a détourné sa face et n'a pas voulu la regarder, La lecture 13^35^, « devant nous >, devant ceux qui parlent, remédierait bien à cet inconvénient, mais pendant que p2T^

forme parallélisme avec a^ity^i du membre de phrase suivant, "^ TÎSsS ^^ 1^33^ "^ peuvent s'aligner avec j^)^ V1ND- ^" est donc obligé de supposer que le poète avait écrit p3VD bî^^l DBDD> * î' s'éleva comme une pousse du milieu de pierres d (DBDD = DBD ^'^'zd)^ c® Q"i parfait le parallélisme attendu. L'image de la plante qui sort d'entre les pierres se constate aussi dans Job, viii, 17. — Plusieurs exégètes rattachent inNIJI ^"^ ^^^^ précédents : « 11 n'a ni forme ni beauté pour que nous le regardions >; cependant, pour bien connaître la laideur et les infirmités d'une personne, il faut d'abord la voir et regarder avec attention. De plus, dans ce cas, la première moitié du distique deviendrait trop longue et la seconde trop courte, sans ajouter de l'énergie à la phrase. Conservons donc la division massorétique, mais, pour satisfaire en même temps aux exigences de la grammaire et du sens, lisons les deux verbes avec le ^ conversif parallèlement au verbe précédent bl^^V Toute l'action est au passé, et cette circonstance qui met le troisième verbe en relation d'effet à cause avec nXID xbv < nous l'avons regardé et nous avons vu qu'il était laid (mot à ce mot : une non-beauté >), alors nous l'avons... », oblige à chercher un verbe qui désigne le contraire de non» ^^ désirer, affectionner », qu'offre la forme reçue irnon^V acceptée auî^si par les Septante, et à donner la préférence à la leçon supposée par le ^n^j^JHii de la Peâitta, savoir inHOrUV • ^^ nous l'avons détesté >, de "ïdPI' * *^^^^ ^" abomination, en horreur, détester >.

Verset 3. La leçon générale nî33 ^^ semble douteuse par cette raison que le poète n'aurait pas employé sans aucune

moins exclusivement le petit groupe des rapatriés poète est la plus haute incarnation.

Verset i. Aveu de Terreur commise. La maladie et leurs dont nous avons vu souffrir le Serviteur étaient e celles que nous aurions dû supporter nous-mêmes, ta nous voyions en lui un homme justement blessé, frap[ turé par Élohîm, c* est-à-dire un criminel endurci qui le châtiment le plus atroce. ;^2yis) DMbî< HDD V^Jconstruction élégante pour U'^rhH rU^DI HDD yiJ> ticipe qal ^îjjjj signifie toujours < frappé, blessé », c ment c lépreux > dont l'expression euphémique sera

Verset 3, Développement .du début de la propositio dente, dont il explique la mise en œuvre et la coni pour les exemptés. La transmission des péchés des C( sur rinnocent a eu pour la victime un effet foudro; fut comme quelqu'un qui a le corps transpercé par i (bbriD) ^t '®s membres broyés (jono) par une massu aux coupables, ses souffrances les ont délivrés du cl que leur auraient valu leur longue quiétude etleurinsi (mbtt^ ; cf. Psaumes, lxxiii, 3), et guéris (^j^ î<B"u) ( visibles qui allaient bientôt se former dans leurs corpi piation de leurs crimes.

Verset 6. ij^3, « nous tous », peuples et rois (lu, premiers ont erré comme des brebis mal surveillées conds s'en sont allés chacun de son côté sans admin justice avec désintéressement, et Yahwé a fait expier i leur les péchés que nous avons tous commis dans d'anarchie. La métaphore des pasteurs intéressés revii

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