‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 111 sur 140 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

j) Yahwé a tiré Teau de la pierre dure, B^obrin IIX» expression poétique synonyme de y^o» t rocher > ; cf. D., xxxii, 13, où V^DD ^^'^ ^^ parallélisme avec iJf^D^nD ^y^. Ce récit se trouve deux fois dans le Pentateuque, savoir Ex., XVII, 6, où on lit le mot ^y^ et N., xx, 10, avec le terme y^Q et la phrase q^q jj^^ K^VIJ fl"^ ^ ^^^ calquée par celle D^D nb X^ÏISn d® "^^^® verset, preuve évidente que le deutéronomiste a connu les deux passages, bien que le dernier soit de P. Les critiques passent sous silence la seconde analogie et n'invoquent que le mot -|^]f J qui est cependant moins frappant.

k) Ordre de préparer deux nouvelles tables de pierre sur lesquelles Dieu écrira de nouveau le Décalogue et de construire une arche de bois pour les y conserver ; accomplissement de cet ordre avec la remarque spéciale que Tarche a été faite de bois d'acacia (o^tJttf ^VV)* ^® premier sujet est raconté dans Ex . , xxxiv, 1 -4, qu'on nous dit appartenir au complexe JE, mais la construction d'une arche de bois et spécialement de Dois d'acacia et sa destination à garder les tablettes d)6 la loi s'appuient nécessairement sur Ex., xxv, 10-16 P. La prétention que ce fait a pu se trouver également dans un texte non sacerdotal est une hypothèse intéressée qui enlève d'ailleurs au fond même de la crilique toute valeur chronologique. Ainsi, par exemple, il est absolument oiseux de démontrer que la double description du tabernacle du désert fait partie du document

sacerdotal s*il est admis que les textes antérieurs J et E ont pu fournir une description analogue et rendre possible par là que le modèle de ce tabernacle a été pris dans le temple de Salomon ou dans un temple local encore plus ancien.

l) Remarque d^histoire religieuse : Dans ce temps eut lieu la séparation de la tribu de Lévi pour former une classe consacrée au service de Yaliwé. Elle aura à porter Tarche de l'alliance, à officier dans le sanctuaire et à bénir le peuple. La description se rapporte strictement à la fonction des aronides auxquels incombait le service intérieur du sanctuaire dont Tusurpation par un étranger était punie de mort (N., III, 10). Ce sont les prêtres seuls qui portaient l'arche sainte en voyage (D., xxxi, 9, 25 ; Josué, m, passim)^ à moins qu'elle ne fût enveloppée dans une couverture, auquel cas elle était portée par les lévites (N. , iv, 5, 1 5, 65). Puis, l'expression imifi^b niiT ^3Sb nOVb condense visiblement la phrase relative à la consécration des aronides, 'ij;')0 ^riH bn DNDD

lînps mtt/b nsîDn bx nnm^ )h (Ex-> xxvm, 43, p).

Enfin la bénédiction du prêtre est inaugurée par Aaron (L., XIX, 22) et formulée dans N., vi, 22-27 P. On peut donc dire en toute conscience que les trois dernières propositions du verset 8 sont puisées à autant de passages de P, mais le sujet n'est pas encore épuisé. La phrase initiale nx TVW Vl3n ni^n D3tt^ qwi répond littéralement à l'apostrophe dirigée par Moïse contre les lévites partisans de Coré qui exigeaient l'investiture du sacerdoce pour la tribu tout entière : t Est-ce peu de chose pour vous que le Dieu d'Israël vous ait séparés de la communauté d'Israël C^Kityi mvD DDn« bx"iB^ ^^bN Vnan)

afin de vous approcher de lui pour faire le service du cénacle de Yahwé {'j;^ y^^^^ DDDX D^"1pnb> nuance moins forte que mn^ ^3Sb IDVb) ^^ P^"^ ^^"^ ^^^^^ devant la communauté pour la servir (cmtt^b îllVri ^3Sb nOVb' i^u^bnce moins forte qu® imifi^b mn^ ^JSV novS)- •• ^^ ^^^^ vouiez aussi le sacerdoce (N., XIV, 8-10 P)» ? Le verset D., x, 9, qui explique par cette € séparation » la privation pour Lévi de tout droit à un

lot de territoire en Palestine, montre avec la dernière évidence que le deutéronomiste a pensé en même temps aux lévites non aronides. Or, la source de cette classification des lévites comme une annexe de la classe sacerdotale des aronides est N., m, 6-1 0 P (cf. N. , VIII, 5-26 P) , où Ton remarque presque toutes les expressions qu'on vient de lire.. La critique se trouvant devant le dilemme embarrassant de baptiser J ou JE les passages en cause de TExode et des Nombres ou d'arracher le passage D., X, 8-9, de son milieu comme une insertion postérieure de la part de quelque pieux fraudeur, cherche à s'échapper par la tangente en prétendant que le verset 8 se rapporte à l'appel fait par Moïse aux lévites à l'occasion des orgies organisées devant le veau d'or, Ex., xxxii, 26-29, qui serait de E malgré le nom de -}^p|^,qui figure dans chacun des quatre versets qui composent ce passage, où il n'y a pas une seule des expressions caractéristiques des versets deutéronomiques qui y feraient allusion! Nous voulons des preuves et on nous régale d'affirmations autoritaires.

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